Comprendre l’Outre-Vie

L’outre-vie c’est traverser la rigidité des évidences, des préjugés, des peurs, des habitudes, c’est traverser le réel obtus pour entrer dans une réalité à la fois plus douloureuse et plus plaisante, dans l’inconnu, le secret, le contradictoire, ouvrir ses sens et connaître.
(citation de Marie Uguay)

Une fois le voile de l’oubli et de la séparation franchi, se révèle le rôle crucial des dragons dans le processus de l’Ascension. L’avènement d’une nouvelle ère cristalline ressuscite l’antique alliance entre la lignée des dragonniers et les esprits de cristal, ouvrant la voie au retour des dragons sur Terre. Les dragons sont les gardiens des clefs d’activation et d’ancrage des matrices cristallines et de la géométrie sacrée.

L’âme de chacun est en attente de poursuivre son initiation. S’ouvrir à l’outre-vie est une étape au réveil intérieur du dragon, à la réactivation du Maître dragonnier en soi et la mise en lumière de l’une de ses expressions de son Soi multidimensionnel.

Les différentes traditions relatent des symboles communs puissants qui sont autant de clés pour l’outre-vie et la reconnexion avec les esprits dragons.

Le mythe du phénix

Le Phénix, oiseau fabuleux qui renaît toujours de ses cendres, est le symbole de résurrection le plus répandu dans le monde. Sa légende trouve son origine à Héliopolis, ancienne ville égyptienne où l’on vénérait le dieu du Soleil, Râ, dont le héron Bennou (nom du Phénix en Égypte), serait une incarnation. Les mythes diffèrent sur quelques points de détail – la couleur du plumage, par exemple -, mais ils relatent tous à peu près la même histoire.

Le Phénix, unique oiseau de son espèce, était un animal fabuleux, doté d’une longévité miraculeuse (cinq cents ans ou plus, d’après certains auteurs), qui avait le pouvoir de renaître de ses cendres. Quand l’heure de sa fin approchait, il se construisait un nid d’herbes aromatiques, puis s’exposait aux rayons du soleil et se laissait réduire en cendres. Trois jours plus tard, il renaissait. Alors qu’il ne représentait, au début, que l’apparition et la disparition cycliques du soleil, le Phénix devint rapidement un symbole de résurrection ; il incarne l’âme ou l’immortalité dans les différentes iconographies. Les créatures ailées figurées au-dessus d’un bûcher funéraire ou s’échappant du corps d’un défunt ne sont pas toutes, pour autant, un phénix. Il peut s’agir d’un autre oiseau, un aigle, par exemple, qui symbolise parfois l’âme des empereurs. Le Phénix rappelle la capacité de l’homme de s’extraire de son corps physique au travers de ses corps subtils.

L’Oiseau, symbole de la résurrection du chaos est très fréquent en Chine et au Japon. et constitue un parallèle intéressant avec le Phénix mythique des Égyptiens et plus tard avec celui des Grecs et des Romains. D’une façon générale. l’Oiseau est le symbole de l’âme, de la renaissance, mais aussi de l’esprit et de la lumière. Dans la tradition chinoise, l’oiseau légendaire Feng-Huang, qui symbolise le bonheur conjugal, est l’équivalent du Phénix; il est issu de l’union des forces solaire et lunaire.

Le Midrach Rabba (judaïsme) rapporte que lorsqu’Adam et Ève mangèrent de l’arbre de la connaissance et que la mort fut décrétée pour eux, tous les animaux mangèrent eux aussi du fruit interdit et partagèrent le même sort sauf un seul oiseau appelé Khôl (עוף החול) qui ne mangea pas de ce fruit. C’est pourquoi cet oiseau vit éternellement. Et Rabbi Yanay explique que sa vie se déroule ainsi : il vit une période de mille ans au terme de laquelle un feu jaillit de son nid et le consume ne laissant plus qu’un œuf, et de cet œuf il grandit de nouveau.

L’ascension de l’âme

L’échelle est un symbole universel de l’ascension graduelle de l’âme, dont le terme consiste en la vision béatifique : elle apparut à Mahomet lorsque celui-ci fut ravi aux Cieux. Sa verticalité met en rapport les différents mondes de l’au-delà. Dans de nombreuses traditions, en effet, l’au-delà possède une structure bipolaire et stratifiée.

Dans la mythologie sumérienne, le christianisme, l’islam, l’hindouisme, le bouddhisme, le jaïnisme et les religions précolombiennes, le paradis est associé aux plus hautes régions du Ciel tandis que les régions infernales sont souterraines. La psychologie contemporaine, en particulier à travers l’œuvre de Jung, a mis en lumière le rôle des symboles dans l’évolution psychique individuelle et l’édification des sociétés humaines. Les représentations symboliques de l’enfer et du paradis rendent compte des processus mentaux à l’œuvre dans la conscience des mourants. Elles semblent correspondre au conflit mis en évidence par Jung entre le Moi, la conscience limitée, et le Soi, qui constitue la totalité psychique d’où émanent les images symboliques. Tandis que le Moi tend à rester prisonnier des conditionnements multiples de l’existence, le Soi vise à réaliser les aspirations inconscientes du sujet en quête d’une plus grande plénitude de vie. Ainsi ceux qui n’arrivent pas à gravir l’échelle du salut sont hantés par le souvenir de leurs mauvaises actions : ils perdent l’équilibre, chutent et deviennent la proie facile des démons du tourment et de la culpabilité ; cette souffrance morale est symbolisée par le feu dévorant de l’enfer. L’engloutissement dans la gueule du monstre sanctionne l’incapacité de l’âme à se purifier de la mémoire du passé. Inversement, la rencontre avec des entités lumineuses toujours bienveillantes, anges ou divinités, signifie que les âmes ayant surmonté les obstacles psychologiques peuvent libérer des forces ascensionnelles et s’ouvrir à l’expérience de la transcendance.

La roue de la vie

La roue de la vie de la tradition égyptienne est représentée par le scarabée, qui pendant la nuit, fait rouler la sphère du soleil à travers les enfers en direction de l’orient où Horus portera l’astre à travers le jour. Toute vie est liée au soleil, et le voyage égyptien, selon le Livre des Morts, représente le périple des âmes jusqu’au moment de la renaissance de leur lumière. C’est pourquoi le scarabée se trouve dans la nuit la plus profonde au moment où le soleil entame le cycle de sa renaissance.

La roue de la vie du bouddhisme tibétain représente l’essence de toutes les doctrines de la renaissance et de la libération ou de la délivrance du cycle renouvelé des naissances. Au centre, trois animaux symbolisent le vice et sont à l’origine du demi-cercle noir de la damnation. Le demi-cercle blanc représente la manière de vaincre le mal pour accéder au Nirvana. Les six mondes sont des lieux de renaissance dans les domaines des dieux, des titans, des hommes, des animaux, des esprits de la faim et des êtres infernaux. Par ses actes, l’homme décide lui-même du domaine où il renaîtra.

Le pont du jugement

Le symbolisme du pont est très répandu. Il manifeste la difficulté du passage dans l’au-delà.

Le pont chinvat, qui signifie le « diviseur » ou « trieur » dans la tradition iranienne, est un passage périlleux, large pour les justes, étroit comme une lame de rasoir pour les impies. Dans l’islam, ce pont, plus fin qu’un cheveu et plus tranchant qu’un sabre, s’appelle tantôt « la voie de l’enfer », tantôt « la voie droite » que suivent les croyants. Seuls les élus le traversent, les damnés sombrent dans l’enfer… L’élu franchit le pont plus ou moins vite selon la qualité de ses actions ou la force de sa foi. Il est remarquable que le titre de pontifex, qui fut celui de l’empereur romain et demeure celui du pape, signifie « constructeur de ponts ». Le pontife est à la fois le constructeur et le pont lui-même, comme médiateur entre le Ciel et la Terre.

Bouddha est aussi considéré comme le Grand Pont. Lieu du passage, le pont figure l’inévitable épreuve morale de la conscience qui place l’homme devant l’obligation de choisir. Son choix le damne ou le sauve. C’est ce qu’exprime un autre symbole du jugement, la balance.

Dans l’Égypte ancienne, le défunt devait faire admettre son innocence devant le tribunal d’Osiris ; la pesée du cœur, celui-ci révélant sa légèreté ou sa lourdeur devant la vérité, témoignait pour ou contre le défunt. Ce thème sera repris dans l’iconographie chrétienne, où l’archange Saint Michel surveille les plateaux de la balance. Au Tibet, ceux-ci sont respectivement chargés de cailloux blancs et de cailloux noirs qui répartissent les bonnes et les mauvaises actions.

En Perse, l’ange Rashnu pèse les esprits sur le pont du destin. La vie humaine est ainsi passée au fil de l’épée, mesurée à l’aune des principes divins du vrai et du bien : celui qui aura emprunté la bonne voie sera justifié car les actes de l’homme ici-bas engagent son avenir céleste.

Le rôle des rêves

Outre l’extase prophétique, le rêve était pour les Anciens une autre forme du dialogue avec les dieux. Dans l’Antiquité, on ne rêvait pas comme on rêve aujourd’hui : non seulement les interprétations données étaient différentes, mais l’expérience onirique elle-même était autre. Le rêve était vécu non comme une manifestation de notre subjectivité, de notre inconscient, mais comme un fait objectif, la visite réelle, mais dans un autre ordre de réalité, d’un messager venu d’ailleurs, dieu, ancêtre ou ami mort. Certains rêves, très fréquents dans l’Antiquité, ont disparu aujourd’hui : les rêves d’avertissement ou de conseil, expérience différente de la vision prophétique qui préfigure en clair l’événement à venir. Le « visiteur » onirique manifeste une présence objective : il se fait reconnaître à certains signes, il se trouve dans la pièce où le rêveur s’est endormi, il s’adresse à lui comme on le fait dans la vie ordinaire et lui révèle un secret sur l’avenir ou un danger qui le menace.

Les rêveurs privilégiés qui reçoivent ce type de messages « envoyés par les dieux sont habituellement des rois ou de hauts personnages. Actes politiques ou religieux, constructions d’édifices, décisions d’alliance ou entreprises belliqueuses ont souvent eu pour origine un rêve. Des inscriptions mises au jour par les archéologues et des textes historiques en témoignent. Pour provoquer ces rêves divins, un certain nombre de techniques furent mises au point : isolement, prières, jeûne, sommeil sur la peau d’un animal sacrifié, et surtout « incubation », sommeil dans un lieu consacré aux dieux ou près de la tombe des ancêtres, que les Égyptiens pratiquaient depuis le XVe siècle avant J.-C.

Des papyrus magiques, sorte de clé des songes, montrent que certaines de ces pratiques vont même jusqu’à l’automutilation, comme chez les Indiens d’Amérique : en s’amputant d’une phalange d’un doigt ou d’un orteil, en se coupant un morceau d’oreille, on est sûr de provoquer la venue d’un « visiteur » nocturne.Très rares, avant l’époque romaine, sont les traces de scepticisme à l’égard de Delphes, des prophéties en général et des rêves. L’Antiquité n’accepta jamais entièrement des explications rationnelles. Si leurs analyses et leurs observations ont abouti parfois à des théories que la science moderne n’a pas encore dépassées, les Anciens gardèrent la conviction qu’existaient, à côté de la voie royale de l’intelligence, des chemins plus secrets. Sans doute avons-nous perdu aujourd’hui une certaine sensibilité qui ouvrait l’accès à l’invisible si présent aux hommes de l’Antiquité.