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Betty,
Le Times,
Philippe Labro,
.....

 

Revenu d'ailleurs, ce que dit Dominique Bromberger nous stupéfie... Revenu aujourd'hui au royaume des vivants, l'auteur se réhabitue à vivre parmi nous.

 

 

 


Recits
Les expériences de mort imminente présentent de nombreuses similitudes entre eux.

 

 

 

 

 

 

 

Betty, sortie de la mort clinique


Melvin Morse, médecin, chroniqueur au "New York Times", directeur d'un groupe de recherches sur les expériences aux frontières de la mort à l'université de Washington, présente avec enthousiasme cet ouvrage, best-seller aux Etats-Unis. " Betty, sortie de la mort clinique (...) revient avec un simple message d'amour: nous devons nous aimer les uns les autres. (...) Un véritable manuel de l'expérience au seuil de la mort, écrit comme une pure et merveilleuse histoire que nous pouvons tous comprendre, (...) Elle raconte pourquoi la vie est rarement facile, et pourquoi le malheur frappe les vertueux. Elle éclaire la raison pour laquelle ceux qui meurent rechignent souvent à retourner dans leur corps (...) Elle nous rapelle que ces voyages aux frontières de la mort sont souvent importants pour ce qu'ils nous enseignent au sujet de la vie.(...) Dans les bras de la lumière renferme un secret sublime."

" J'entendis un léger bourdonnement dans ma tête et sombrai plus profondément encore, jusqu'à sentir mon corps s'immobiliser et perdre vie. Puis j'éprouvais une montée d'énergie. Quelques chose en moi me fit l'effet d'éclater ou de se dégager, et mon âme sortit par ma poitrine et s'éleva, comme attiréée par un aimant géant. (...) J'étais au dessus du lit et planais à hauteur du plafond.(...) Une monstrueuse tornade m'engloutit. Je ne voyais rien que ces épaisses ténèbres presque palpables.(...) D'autres gens, ainsi ques des animaux, voyageaint en ma compagnie, mais à une certaine distance.(...) Une petite lueur brillait au loin. La masse ténébreuse qui m'entourait prenait la forme d'un tunnel que je traversais à une vitesse encore plus élevée, fonçant vers la lumière. "Arrivée à proximité de l'homme, je me mis debout. Le halo qui l'entourait directement était doré, un peu comme une auréole. Sa lumière attira la mienne et s'y mêla littéralement ...

L'auteur : Née de mère indienne et de père de souche irlando-écossaise, BEtty J. Eadie assume tous les drames d'une enfance déchirée : divorce des parents, orphelinat, séparation d'avec ses frères et soeurs, échec d'un premier maraige. Aujourd'hui remarié avec Joe, mère de huit enfants, grand-mère, elle connait enfin la sérénité après son extraordinaire expérience. Elle donne de nombreuses conférence de par le monde, et s'occupe de l'accompagnement auprès des mourants. Son livre, "récit vécu" de sa propre mort ne peut que fasciner.

Paru aux éditions : filipacchi 1994 - Socièté SONODIP 63, avenue des Champs- Elysées - 75008 Paris. Chez le même editeur : Lino Sardos albertini - "L'au-delà existe", " Au-delà de la foi", " Indices et preuves de l'existence de l'Au-Dela".

 

 

Le Times de Los Angeles, le 30 mars 1983

On y relatait l'expérience vécue par un jeune homme d'affaires de Hollywood. Dan O'Dowd, copropriétaire d'une société de vidéo à Los Angeles, faillit mourir le 27 août 1979 lorsqu'un chauffard en état d'ivresse lui fit quitter la route sur la Pacifie Coast Highway, qui descend le long de la côte de la Californie du Sud. Une cinquantaine d'interventions chirurgicales furent nécessaires pour redonner au malheureux une apparence humaine. Son expérience de la mort imminente se produisit pendant une opération éprouvante qui dura 15 heures à l'hôpital Cedars-Sinai Médical Center de Beverly Hills. Il gisait sur la table d'opération lorsque, comme il le rapporta par la suite :

Soudain, je ne me sentis plus drogué par les produits de l'anesthésie, mais, au contraire, complètement lucide, les yeux sur l'électrocardiographe qui affichait une ligne droite. J'étais tout à fait éveillé, tout en sachant que j'avais les paupières closes. Cela donnait l'impression de voir des images à la télévision. Puis je m'élevai et me regardai d'en haut. Je planais à environ un mètre au-dessus de mon corps.» Il assista en spectateur stupéfait au diagnostic du médecin : il était mort. Il semble que cet homme ait vécu une expérience de mort temporaire lors d'un problème survenu sur la table d'opération.
Ensuite, O'Dowd se retrouva dans le couloir où étaient rassemblés les membres de sa famille et assista en spectateur incrédule à l'annonce par le chirurgien de l'échec de l'opération. O'Dowd fut bientôt de retour dans la salle d'opération où les médecins, en dépit de leur pronostic négatif, essayaient encore de le sauver. Ébahi, il fut le témoin d'une tentative de réanimation, menée dans l'espoir que les chocs électriques du défibrillateur feraient repartir son cœur. «Un type a saisi des électrodes, expliqua-t-il aux journalistes, puis quelqu'un m'a enduit de gel tandis que je regardais la scène et que j'avais l'air d'être vraiment mort. Puis ils posèrent les électrodes sur moi et il y eut un grand choc. Rien ne s'est produit la première fois. Mais la seconde, cela me fit faire un bond en arrière : je sentis que j'étais aspiré et que je perdais connaissance. Puis plus rien.»

Les parents se souviennent encore du moment où les chirurgiens leur dirent que son cœur avait cessé de battre et qu'ils allaient tout faire pour tenter de le sauver en dépit de leurs maigres chances de succès. Son médecin, le docteur Mohammed Ataik, fut lui aussi déconcerté par cet incident. «Je ne veux pas mettre sa parole en doute, déclara-t-il au Times, mais je ne peux fournir aucune explication médicale.

 

 

Lyne Léon

auteur de "Ma mort et puis après", éditions Philippe-Lebaud

Elle a vécu plusieurs jours de coma après un grave accident et a connu, dans cette période, plusieurs 'décorporations'. Elle se voyait dans son lit d'hôpital, voyait son corps, son visage, les draps du lit mais ne visualisait pas les appareils de réanimation qui l'entouraient. Preuve sans doute qu'il ne s'agit pas d'une réalité physique d'évasion de 'l'âme' hors du corps matériel. Elle se 'déplace' aussi dans l'hôpital et 'visite' d'autres locaux, dont elle avait peut-être gardé un souvenir inconscient et où elle a pu être transportée durant son coma. Elle croise le buste, inanimé, de son père, mais celui-ci ne parle pas. Elle voit une lumière douce ressentie comme une paix absolue mais dont elle refuse de s'approcher. Elle ne rejoint cette béatitude qu'au paroxysme de la peur. Certains aspects de son expérience apparaissant très négatifs : sentiments d'angoisse, de froid, d'obscurité, vision de bêtes, de formes humaines sombres, bruits, ... Elle les associe à son refus de la mort, les ressent et les interprète comme un passage de son 'âme' vers autre chose. Elle précise n'avoir pas manifesté jusque là de sentiments religieux. D'autres impressions ressenties par Lyne Léon dans cette expérience se sont révélées fausses. L'enfant qu'elle portait est mort durant son coma ; elle le croyait toujours vivant.
1) L'obscurité se déchire brutalement : la porte de l'ascenseur est ouverte et il n'y a pas de plancher. Mes yeux fixent le trou béant. Le gouffre veut m'aspirer... Je me cramponne de toutes mes forces, mais mes doigts vont lâcher, ils lâchent, et je tombe, je tombe ... je veux crier mais la nuit m'oppresse.J'ai si froid, si peur... (...) je ne cesse de tournoyer, en hurlant, aspirée par le vide interminable.
J'erre, je flotte. La nuit n'est pas franche : on m'observe. Je tourne la tête... Mon père est assis, en image claire contre ma nuit. Mon père... Mais il est mort ! Mon père est revenu ! Je ferme les yeux, je les rouvre : mon père est bien assis, tout près... Je l'ai aimé si fort !
La joie me submerge. Mais pourquoi reste-t-il loin de moi. Il est si près et je ne peux le toucher ! Viens ! Je veux me blottir contre toi ! Retrouver tes bras, comme avant, quand j'étais petite fille !
Il me regarde, attentif, inquiet. Je ne vois que son buste, sa chemise blanche, le col ouvert, les manches retroussées. Il est venu veiller sur moi, il est venu m'aider à dormir , Papa... Je t'ai retrouvé, retrouvé...
J'ouvre et je ferme les yeux. Il reste là, il veille. Je vais dormir dans la joie.(...)
2) J'aperçois des marches. La première semble sculptée dans la lumière. Une lumière dorée, très brillante, que je sens chaude et venue d'un soleil. Je serais bien là-haut. Je me sens dans une paix absolue, comme je ne l'ai jamais été.
(...) Ma lueur était si fragile... Elle s'est réchauffée, abreuvée à ce qu'aujourd'hui, je nommerai l'Extase. Un plaisir quasi divin, inexplicable, qui prenait possession de moi avec une puissance, une violence sans égale... Comment une telle sensation a-t-elle pu habiter ce cercueil qu'était devenu mon corps ?

Perdu dans le froid de ma nuit, comme je l'attendais avec ferveur, ce paroxysme ! Comme je le guettais ce moment lumineux ! Ma chair et mon âme en resteront définitivement marquées.Jusqu'à la nostalgie. Peut-on survivre d'avoir touché à l'extase ?

(...) Mais je ne peux toujours pas, quinze années plus tard, m'enfoncer dans le sommeil sans songer à l'autre nuit, la mienne. À cette mystérieuse Extase qui me laisse un arrière-goût de regret.

 

Analyse d'une interview de Lyne Leon par les sceptiques
http://spsafis.ctw.cc/207arch25.htm sceptique

Chaque expérience est bien sûr un cas particulier. Lyne Léon , présente sur le plateau, nous a détaillé la sienne. Elle a vécu plusieurs jours de coma après un grave accident et a connu, dans cette période, plusieurs 'décorporations'. Elle se voyait dans son lit d'hôpital, voyait son corps, son visage, les draps du lit mais ne visualisait pas les appareils de réanimation qui l'entouraient. Preuve sans doute qu'il ne s'agit pas d'une réalité physique d'évasion de 'l'âme' hors du corps matériel. Elle se 'déplace' aussi dans l'hôpital et 'visite' d'autres locaux, dont elle avait peut-être gardé un souvenir inconscient et où elle a pu être transportée durant son coma. Elle croise le buste, inanimé, de son père, mais celui-ci ne parle pas. Elle voit une lumière douce ressentie comme une paix absolue mais dont elle refuse de s'approcher. Elle ne rejoint cette béatitude qu'au paroxysme de la peur. Certains aspects de son expérience apparaissant très négatifs : sentiments d'angoisse, de froid, d'obscurité, vision de bêtes, de formes humaines sombres, bruits, ... Elle les associe à son refus de la mort, les ressent et les interprète comme un passage de son 'âme' vers autre chose. Elle précise n'avoir pas manifesté jusque là de sentiments religieux.D'autres impressions ressenties par Lyne Léon dans cette expérience se sont révélées fausses. L'enfant qu'elle portait est mort durant son coma ; elle le croyait toujours vivant.

" Ma mort, et puis après ", Lyne Léon , éditions Philippe-Lebaud. Lyne Léon fut victime d'un dramatique accident de la route dans lequel devait périr son mari et l'enfant qu'elle attendait.

 

 

Lise Thouin

Lise Thouin, une comédienne québécoise, est victime en 1985, au retour d'un voyage en Europe, d'une infection virale fulgurante, une virémie. Tout son organisme est atteint, organes vitaux compris. Hospitalisée d'urgence son état se détériore rapidement et, ainsi qu'elle le dit, sa vie aurait dû s'achever là. Lise a en effet basculé "de l'autre côté des choses". Pourtant, après une brève mais intense "excursion" hors de son corps sa conscience réintègre celui-ci, et avec elle la vie.

Comme bien d'autres Lise Thouin conserve un souvenir plein d'amertume de son séjour de l'autre côté des choses. Les dates anniversaires de sa renaissance sont pour elle l'occasion d'une réflexion nostalgique

24 février 1986
Prête à fêter seule l'étrange anniversaire de ma mort et de mon retour à la vie. Sept mois déjà depuis cet éclatement doré qui m'a éclaboussée, brûlée vive, anéantie et recréée dans le même instant. Une fraction de moment de plus, une fraction de douleur de plus et j'étais désintégrée. Pas morte, disparue. Devenue rien. Étrange rappel de cet instant qui m'a laissée écartelée entre deux mondes. Un monde trop petit pour moi maintenant et l'autre dont on m'interdit l'accès. Écartelée au-dessus du vide. Avec ce mal dans mon corps qui est revenu depuis quelques jours pour me dire qu'il n'aurait pas fallu l'oublier. Mais pourquoi m'avoir ouvert la porte si c'était pour la refermer aussitôt ? Pourquoi m'avoir fait connaître la lumière si c'était pour me la retirer dans le même instant ? Pourquoi m'avoir.appelée et comblée si c'était pour me laisser ici seule et brisée ? J'ai sept mois aujourd'hui. Je ne suis plus tout à fait d'ici... Je n'y trouve pas ma place. Je m'ennuie de «là-bas». Je me sens différente.

23 juillet 1986
Le tournage de Cogne et gagne est terminé. Demain, c'est le 24 juillet, mon premier anniversaire. J'aurai un an. Un an depuis le moment horrible où cette lumière, plus brillante et plus cruelle que l'or en fusion, a jailli en moi et m'a embrasée tout entière. Une brûlure intolérable a longé ma colonne vertébrale, du sacrum jusqu'à la tête. J'ai flambé à l'intérieur comme une torche vivante. Puis l'or liquide venu des profondeurs a brutalement éclaté dans mon crâne vitrifié, devenu transparent pendant cette fraction d'instant comme le fond inversé d'une éprouvette. J'ai hurlé si fort qu'on a entendu mon cri sur tout l'étage de l'hôpital. Je reprenais possession de mon corps dans la douleur et la terreur.

J'ai vécu les jours qui ont suivi déchirée, avec l'impression terrifiante d'être doublée. Bien sûr, j'étais consciente qu'une partie de moi souffrait sur un lit d'hôpital, et pourtant tout ce qui m'entourait me semblait n'être qu'une vague illusion. Ma vie, ma famille, mes amis, tout cela était à peine réel, c'était comme un reflet dans un miroir déformant. Il y avait un autre moi bien plus vivant qui existait ailleurs au fond d'un espace inconnu. De là, je comprenais toutes choses. Je jonglais avec des milliards d'équations mathématiques complexes et je les résolvais toutes dans un bonheur indicible, presque orgasmique. Je jouais avec les idées, les concepts abstraits en série. Je faisais plus que les comprendre, je les pénétrais, je les contenais tous. Ils étaient moi et j'étais tout. Comment avais-je pu vivre autrement qu'en sachant tout cela ? Le temps, l' espace, la vie, l'éternité, c'était si simple, si intelligent, si magnifiquement évident. La douleur de mon corps était réelle, mais elle ne m'atteignait pas vraiment, comme si j'avais été un peu «au-dessus».

Quelques jours plus tard, les deux parties séparées de moi se sont confondues doucement et se sont rejointes à l'intérieur. Malgré la douleur intolérable que je ressentais de nouveau, il m'est arrivé après avoir été réunifiée, d'avoir peur de redevenir deux -- deux sur l'oreiller -- irréconciliables. Visions de la mort toujours. Et puis je me suis mise à parler, pour leur dire ce que j'avais vécu, ce que l'avais su. Aussi pour ne pas oublier. Il ne me reste que quelques souvenirs des mots que je leur ai dits, c'est tout ce que je me rappelle, juste.quelques mots, quelques images éparses et incomplètes... Personne n'a rien noté. Ils me regardaient, incrédules, en se demandant si j'avais toute ma tête. Je parlais sans arrêt. Du temps, de l'espace, de la lumière, de la mort... Pourquoi n'ont-ils rien noté ? Parfois me vient une colère sourde...

Maintenant, j'ai perdu la clé... Décourageant d'avoir à fonctionner au jour le jour avec un cerveau terrestre minuscule, lent et lourd. Impression furtive et bienheureuse d'avoir retrouvé le fil, la connexion égarée, au moment où je m'endors, dans le petit instant lumineux qui s'ouvre parfois avant que les rêves ne commencent. Mais, au réveil, tout s'efface. Et se battre encore et encore pour ne pas mourir de nouveau. Je ne cherche pas des souvenirs, je cherche quoi abattre, quel mur briser pour refaire le contact.

" De l'autre côté des choses ", THOUIN Lise, Ed. Presses de la Renaissance - 1996

 

 

Jean-Pierre Liegobel

François sombre dans le coma après une banale intervention chirurgicale. Au fil des jours passés dans les unités de soins intensifs, où l'on tente de le "récupérer" et où l'on considère parfois ses chances de survie comme nulles, il endure des souffrances innommables. Mais, de temps à autre, sa conscience abandonne ce corps de douleur pour les horizons d'une réalité d'un autre ordre.

L'ouvrage de Jean-Pierre Liegibel ainsi que le présente son éditeur, est «un "roman vrai" grave et tonique, un récit d'espoir, un acte d'amour, un témoignage de foi dans la vie.»

Je m'endors pour l'éternité. Dans l'apparence de mort qui est la mienne, mon futur proche, je donne l'image lisse et molle d'un corps déserté par la vie. Transformation inquiétante, avant de retomber en poussière, j'aborde le végétal. Monstrueux légume. Les claquements réguliers du respirateur, le scope, attestent qu'un fil ténu, bientôt prêt à se rompre, me retient encore aux vivants.Où suis-je donc ? Dans un espace illimité. Temps et matière abolis. Je suis moi, bien sûr, mais quintessence, sublimation. Je suis esprit, pensée flottante, attaches terrestres larguées. Une lumière sidérale, lumineuse et douce. Je suis l'éther. Les matins laiteux sur la mer n'atteindront jamais cette puissante beauté. Je brandille, je navigue, je vole, attiré, fasciné par le coeur d'une source lumineuse de plus en plus claire, de plus en plus intense aussi. Impression de calme. Incandescence. Je ne suis pas ébloui. Les mots n'ont plus la même valeur pour définir les couleurs, leur intensité. Je suis dans la nuit. Elle est blanche. Et j'avance vers une lumière plus phosphorescente encore. Je suis le blanc, la transparence. Je suis la lumière. Nulle crainte, je suis en paix. Je suis la paix. L'aurore. Parfois de grands feux d'artifices assombrissent l'espace, l'obscurcissent, me volent la clarté.Couleurs violentes. Tout s'inverse. Je suis en négatif. De larges gerbes, des taches éclaboussent ma nuit incolore. Fleurs noires, rouges et or. Parfois, les étoiles noires et or s'estompent, s'évanouissent. Le rouge envahit mon espace. Fleurs de sang qui respirent, palpitent. Fleurs vivantes. Leur couleur me fait mal. Je suis dans un bain rouge. Moments fugaces. La transparence revient et je marche, je vole, fasciné. Une force inconnu m'appelle, impossible de lui résister, vers le coeur de la blancheur, le coeur de l'éblouissante et froide lumière. Les éclatements noir, or et pourpre stoppent ma progression. Lorsqu'ils disparaissent, il me semble que la source lumineuse s'est éloignée. Elle m'échappe, s'enfuit plus loin encore. Et je recommence ma quête.

" Quelques pas dans l'au-delà ",

 

 

Phillipe Labro

Philippe Labro est un homme de médias qui n'avait nul besoin d'exhiber une expérience de mort imminente pour s'assurer une notoriété à laquelle son talent de journaliste, de cinéaste et d'écrivain l'avait depuis longtemps accoutumé. Les répercussions de son EMI, consécutive à un oedème du larynx, l'ont conduit à apprécier des aspects de la vie auxquels jusqu'alors il n'avait pas vraiment prêté grande attention. Son récit est lui aussi d'une très grande qualité émotionnelle, sans fausse pudeur, vrai tout simplement. Voici quelques passages qui évoquent des éléments typiques d'une NDE :

Je me sens sortir de mon corps. J'ai l'impression que je me vois sur le lit, entouré des hommes en blanc et en vert, avec, derrière ce rideau d'hommes, les assistantes et les infirmières. Je vois toute la pièce, les objets, les murs, la machine et les écrans. Je peux les décrire avec une précision de laser : cheveux -- ailes du nez -- manchettes de chemises sous les blouses -- boucles blondes -- gants en plastique -- masques et tissu piqueté des masques.Et puis, je me vois étendu sur le lit ; je suis très maigre, très jaune, les tubes et les bandelettes de coton encombrent mon visage et le dessinent comme en plusieurs morceaux. Je ne suis pas rasé. Il y a beaucoup de gris sur mes joues. Du gris et de la cendre. La vérité, c'est que je ne suis pas très beau à voir. Je prends un peu d'altitude et je flotte au-dessus de la pièce et au-dessus de mon corps et j'entends, plus précisément que tout à l'heure, tout ce qui se dit, les consignes données, les questions posées sur la suite de mon traitement, les rendez-vous pour l'extubation -- ce sera le matin, dans quarante-huit heures. Dans le vocabulaire du cinéma, on pourrait dire que j'ai une vue en "plongée" de toute la scène.(...) Je suis devenu une caméra qui se promène autour de moi-même. Je suis une caméra, l'expression est un peu trop facile -- mais que recouvre-t-elle ? Ce ne sont pas mes yeux qui ont vu mon corps sur le lit, entouré des médecins. C'est mon esprit, c'est ce qu'il y a dans mon cerveau -- ou bien est-ce autre chose, à quoi aucun d'entre nous ne peut trouver un nom ?(...) Or, le tunnel n'a plus rien d'effrayant. Non seulement il n'est pas en pente, il ne descend pas, mais il semble monter doucement, dans une ascension bienveillante. En outre, il est clair, de plus en plus clair, il devient même tellement lumineux que je suis aveuglé par cette lumière et je ne vois plus que cela : de la lumière.(...) Ici, maintenant, il n'y a aucune souffrance. La lumière vient m'apporter une sensation de paix comme je n'en ai pas connu depuis mon entrée en réa, depuis que je me suis retrouvé subissant la machine et les prises de sang, les étouffements et le chaos. Je n'éprouve qu'une consolante et surprenante sensation de paix et encore plus d'amour que je n'en ai ressenti récemment, à l'égard des miens ou des autres. Cet amour est indéfinissable. Je voudrais pouvoir le donner et l'offrir autour de moi comme du miel, mais je ne suis entouré que de lumière. Comme des voiles de lumière, des passages et des courants de blancheur, quelque chose de diaphane, quelque chose de cristallin. Il n'y a personne vers qui je puisse dispenser l'abondance d'amour qui me submerge. Il n'y a personne jusqu'à ce que, fugacement, apparaissent des formes.

(...) C'est comme si je vivais ma première traversée à l'envers. Au cours du premier voyage, je m'étais trouvé de façon vertigineuse dans un trou noir au bout duquel je ne devinais que l'horreur et dont il fallait que je m'échappe. Au cours de ce voyage-ci, aucune voix ne me pousse à quitter cet espace blanc, illuminé, doux et fraternel. J'aurais même la tentation de vouloir m'installer dans cette nébuleuse de lumière, de pousser plus loin mon voyage, tant il est bienfaisant."

" La Traversée ", Ed. Gallimard, 1996

 

 

Danielle Perron, psychologue

Danielle Perron, jeune étudiante de 23 ans, rentre à l'hôpital pour subir une opération de routine mais, soudain, les choses tournent mal. A la suite d'un arrêt cardiaque, elle frôle la mort :

«Je me suis mise à flotter peu de temps au-dessus de mon corps... ... avant d'être aspirée dans un tunnel noir »,Ma vie se rétrécissait à la façon d'un entonnoir inversé : le bout de cet entonnoir, c'était la mort... » Elle poursuit : « A mon étonnement, je continuais d'être. Mes membres se détachaient de mon corps [...]. J'avais peur. [...] Une présence communiqua avec moi par télépathie. J'ai entendu : "Je suis là." [...] J'ai vu une porte largement entrouverte. Une belle lumière blanche en sortait. » Danielle est attirée par cette lueur. Elle veut l'atteindre. : « Cette "présence" est entrée en moi par le côté gauche, puis je me suis mise à avancer à une vitesse vertigineuse vers cette lumière que je désirais plus que tout. » Une fois parvenue dans cette bulle de lumière, d'amour et de paix, Danielle affirme avoir traversé un jardin : « [...] J'ai regardé mon corps devenu transparent et je me suis rendu compte qu'il était guéri. [...] Instantanément, j'ai douloureusement réintégré mon corps, ce corps qui me faisait mal [...]. »

Danielle Perron, psychologue à Hull, au Québec

 

 

Durdane Khan, deux ans et demi


La petite Durdana Khan, deux ans et demi, est partiellement paralysée, aveugle par intermittence, et souffre sans arrêt. Un matin d'automne, en 1968, alors qu'elle repose sur son lit d'enfant, dans le jardin de ses parents, au pied de l'Himalaya, elle semble renoncer à son combat pour vivre. Immédiatement, sa mère fait appeler son mari qui est médecin. Il ne décèle aucun signe de vie. Madame Khan transporte sa fille dans la maison où le docteur tente une dernière fois de la ranimer tout en murmurant : « Reviens, mon enfant, reviens! » Dans une ultime tentative, la mère verse dans la bouche de son enfant quelques gouttes d'un stimulant respiratoire. Elles coulent, inutiles, sur ses joues. Soudain, à l'étonnement de ses parents, la fillette ouvre les yeux et dit qu'elle trouve le médicament amer. Au bout de quinze minutes de mort clinique, Durdana est revenue à la vie. Un voyage dans l'Inconnu.

Le lendemain, madame Khan demande à sa fille ce qui s'est passé pendant ce quart d'heure. La mère apprend que sa fille est allée dans un jardin au milieu des étoiles dans lequel poussent pommes, raisins et grenades. Il y avait là quatre fleuves, un blanc, un bleu, un vert et un marron. Et aussi des gens : « Mon grand-père, sa mère et une femme qui te ressemblait. Pépé a dit qu'il était content de me voir et sa mère m'a prise dans ses bras... Puis j'ai entendu papa m'appeler : "Reviens, mon enfant, reviens !" » A ce moment-là, le grand-père lui a dit qu'ils devraient solliciter de Dieu la permission de retourner vers son père. Ils sont allés à Lui. Dieu lui a alors demandé si elle voulait repartir. « II le faut, mon papa m'appelle. Très bien, a dit Dieu, va ! Et je suis redescendue des étoiles. » D'après Durdana, Dieu est bleu. Malgré les questions, elle ne peut pas en dire davantage.

Peu après son étrange expérience, elle subit une opération à Karachi, au Pakistan. Pendant sa convalescence, elle rend visite avec sa mère à un oncle du docteur Khan. Elle se promène dans la pièce quand, soudain très excitée, elle désigne du doigt une photo posée sur la table. « C'est la mère de grand-père, dit-elle. Je l'ai rencontrée dans les étoiles. » Durdana n'a jamais vu son arrière-grand-mère, ni même son portrait. Il n'existe d'elle que deux photos, qui se trouvent toutes deux à Karachi, chez ce grand-oncle que la fillette voit pour la première fois de sa vie.

Par la suite, la famille Khan va vivre à Londres. Au début des années 80, Durdana apparaît à la télévision anglaise avec des peintures du jardin qu'elle a visité dans les étoiles. Le lendemain, une patiente du praticien, Rachel Goldsmith, téléphone à propos de l'émission. Elle a eu la même expérience de la mort dans un camp de concentration, en Allemagne. Elle aussi est allée dans un jardin. Elle y a même vu un des endroits peints par Durdana. Quand elles se rencontrent, madame Goldsmith décrit certains détails dont Durdana se souvient, mais qu'elle n'a pas représentés dans sa peinture. Que dire de l'aventure de Durdana ? Elle admet volontiers que des pommes, des poires et des grenades sont mentionnées dans le Coran, ainsi que les quatre rivières du paradis. Mais Durdana n'a pas été élevée dans la religion musulmane et n'a jamais mis les pieds dans une mosquée.

Le fait que Durdana ait reconnu son arrière-grand-mère sur la photo, et madame Goldsmith le dessin de Durdana, suggère que pendant ce quart d'heure où l'enfant est resté sans vie, quelque chose d'autre que son imagination a été à l'œuvre.

 

 

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