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Betty,
Le Times,
Philippe Labro,
.....
Revenu d'ailleurs,
ce que dit Dominique Bromberger nous stupéfie... Revenu aujourd'hui
au royaume des vivants, l'auteur se réhabitue à vivre parmi nous.
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Recits
Les expériences
de mort imminente présentent de nombreuses similitudes entre
eux.

Betty, sortie de la mort clinique

Melvin Morse, médecin, chroniqueur au "New York Times", directeur
d'un groupe de recherches sur les expériences aux frontières de la
mort à l'université de Washington, présente avec enthousiasme
cet ouvrage, best-seller aux Etats-Unis. " Betty, sortie de la mort
clinique (...) revient avec un simple message d'amour: nous devons
nous aimer les uns les autres. (...) Un véritable manuel de l'expérience
au seuil de la mort, écrit comme une pure et merveilleuse histoire
que nous pouvons tous comprendre, (...) Elle raconte pourquoi la vie
est rarement facile, et pourquoi le malheur frappe les vertueux. Elle
éclaire la raison pour laquelle ceux qui meurent rechignent souvent
à retourner dans leur corps (...) Elle nous rapelle que ces voyages
aux frontières de la mort sont souvent importants pour ce qu'ils nous
enseignent au sujet de la vie.(...) Dans les bras de la lumière renferme
un secret sublime."
" J'entendis un léger bourdonnement
dans ma tête et sombrai plus profondément encore, jusqu'à sentir
mon corps s'immobiliser et perdre vie. Puis j'éprouvais une montée
d'énergie. Quelques chose en moi me fit l'effet d'éclater ou de
se dégager, et mon âme sortit par ma poitrine et s'éleva, comme
attiréée par un aimant géant. (...) J'étais au dessus du lit et
planais à hauteur du plafond.(...) Une monstrueuse tornade m'engloutit.
Je ne voyais rien que ces épaisses ténèbres presque palpables.(...)
D'autres gens, ainsi ques des animaux, voyageaint en ma compagnie,
mais à une certaine distance.(...) Une petite lueur brillait au
loin. La masse ténébreuse qui m'entourait prenait la forme d'un
tunnel que je traversais à une vitesse encore plus élevée, fonçant
vers la lumière. "Arrivée à proximité de l'homme, je me mis debout.
Le halo qui l'entourait directement était doré, un peu comme une
auréole. Sa lumière attira la mienne et s'y mêla littéralement
...
L'auteur : Née de mère indienne
et de père de souche irlando-écossaise, BEtty J. Eadie assume tous
les drames d'une enfance déchirée : divorce des parents, orphelinat,
séparation d'avec ses frères et soeurs, échec d'un premier maraige.
Aujourd'hui remarié avec Joe, mère de huit enfants, grand-mère,
elle connait enfin la sérénité après son extraordinaire expérience.
Elle donne de nombreuses conférence de par le monde, et s'occupe
de l'accompagnement auprès des mourants. Son livre, "récit vécu"
de sa propre mort ne peut que fasciner.
Paru aux éditions : filipacchi 1994 - Socièté SONODIP
63, avenue des Champs- Elysées - 75008 Paris. Chez le même editeur
: Lino Sardos albertini - "L'au-delà existe", " Au-delà de la foi",
" Indices et preuves de l'existence de l'Au-Dela".
Le Times
de Los Angeles, le 30 mars 1983
On y relatait l'expérience vécue
par un jeune homme d'affaires de Hollywood. Dan O'Dowd, copropriétaire
d'une société de vidéo à Los Angeles, faillit mourir le 27 août
1979 lorsqu'un chauffard en état d'ivresse lui fit quitter la route
sur la Pacifie Coast Highway, qui descend le long de la côte de
la Californie du Sud. Une cinquantaine d'interventions chirurgicales
furent nécessaires pour redonner au malheureux une apparence humaine.
Son expérience de la mort imminente se produisit pendant une opération
éprouvante qui dura 15 heures à l'hôpital Cedars-Sinai Médical Center
de Beverly Hills. Il gisait sur la table d'opération lorsque, comme
il le rapporta par la suite :
Soudain, je ne me sentis plus
drogué par les produits de l'anesthésie, mais, au contraire, complètement
lucide, les yeux sur l'électrocardiographe qui affichait une ligne
droite. J'étais tout à fait éveillé, tout en sachant que j'avais
les paupières closes. Cela donnait l'impression de voir des images
à la télévision. Puis je m'élevai et me regardai d'en haut. Je
planais à environ un mètre au-dessus de mon corps.» Il assista
en spectateur stupéfait au diagnostic du médecin : il était mort.
Il semble que cet homme ait vécu une expérience de mort temporaire
lors d'un problème survenu sur la table d'opération.
Ensuite, O'Dowd se retrouva dans le couloir où étaient rassemblés
les membres de sa famille et assista en spectateur incrédule à
l'annonce par le chirurgien de l'échec de l'opération. O'Dowd
fut bientôt de retour dans la salle d'opération où les médecins,
en dépit de leur pronostic négatif, essayaient encore de le sauver.
Ébahi, il fut le témoin d'une tentative de réanimation, menée
dans l'espoir que les chocs électriques du défibrillateur feraient
repartir son cœur. «Un type a saisi des électrodes, expliqua-t-il
aux journalistes, puis quelqu'un m'a enduit de gel tandis que
je regardais la scène et que j'avais l'air d'être vraiment mort.
Puis ils posèrent les électrodes sur moi et il y eut un grand
choc. Rien ne s'est produit la première fois. Mais la seconde,
cela me fit faire un bond en arrière : je sentis que j'étais aspiré
et que je perdais connaissance. Puis plus rien.»
Les parents se souviennent encore
du moment où les chirurgiens leur dirent que son cœur avait cessé
de battre et qu'ils allaient tout faire pour tenter de le sauver
en dépit de leurs maigres chances de succès. Son médecin, le docteur
Mohammed Ataik, fut lui aussi déconcerté par cet incident. «Je ne
veux pas mettre sa parole en doute, déclara-t-il au Times, mais
je ne peux fournir aucune explication médicale.
Lyne
Léon

auteur de "Ma mort
et puis après", éditions Philippe-Lebaud
Elle a vécu
plusieurs jours de coma après un grave accident et a connu,
dans cette période, plusieurs 'décorporations'. Elle
se voyait dans son lit d'hôpital, voyait son corps, son visage,
les draps du lit mais ne visualisait pas les appareils de réanimation
qui l'entouraient. Preuve sans doute qu'il ne s'agit pas d'une réalité
physique d'évasion de 'l'âme' hors du corps matériel.
Elle se 'déplace' aussi dans l'hôpital et 'visite' d'autres
locaux, dont elle avait peut-être gardé un souvenir inconscient
et où elle a pu être transportée durant son coma.
Elle croise le buste, inanimé, de son père, mais celui-ci
ne parle pas. Elle voit une lumière douce ressentie comme une
paix absolue mais dont elle refuse de s'approcher. Elle ne rejoint
cette béatitude qu'au paroxysme de la peur. Certains aspects
de son expérience apparaissant très négatifs
: sentiments d'angoisse, de froid, d'obscurité, vision de bêtes,
de formes humaines sombres, bruits, ... Elle les associe à
son refus de la mort, les ressent et les interprète comme un
passage de son 'âme' vers autre chose. Elle précise n'avoir
pas manifesté jusque là de sentiments religieux. D'autres
impressions ressenties par Lyne Léon dans cette expérience
se sont révélées fausses. L'enfant qu'elle portait
est mort durant son coma ; elle le croyait toujours vivant.
1) L'obscurité
se déchire brutalement : la porte de l'ascenseur est ouverte
et il n'y a pas de plancher. Mes
yeux fixent le trou béant. Le gouffre veut m'aspirer... Je
me cramponne de toutes mes forces, mais mes doigts vont lâcher,
ils lâchent, et je tombe, je tombe ... je veux crier mais la
nuit m'oppresse.J'ai si froid, si peur... (...) je ne cesse
de tournoyer, en hurlant, aspirée par le vide interminable.
J'erre, je flotte. La nuit n'est pas franche : on m'observe. Je tourne
la tête... Mon père est assis, en image claire contre
ma nuit. Mon père... Mais il est mort ! Mon père est
revenu ! Je ferme les yeux, je les rouvre : mon père est bien
assis, tout près... Je l'ai aimé si fort !
La joie me submerge.
Mais pourquoi reste-t-il loin de moi. Il est si près et
je ne peux le toucher ! Viens ! Je veux me blottir contre toi ! Retrouver
tes bras, comme avant, quand j'étais petite fille !
Il me regarde, attentif,
inquiet. Je ne vois que son buste, sa chemise blanche, le col ouvert,
les manches retroussées. Il est venu veiller sur moi, il
est venu m'aider à dormir , Papa... Je t'ai retrouvé,
retrouvé...
J'ouvre et je ferme
les yeux. Il reste là, il veille. Je vais dormir dans la joie.(...)
2) J'aperçois
des marches. La première semble sculptée dans la lumière.
Une lumière dorée, très brillante, que je sens
chaude et venue d'un soleil. Je serais bien là-haut. Je me
sens dans une paix absolue, comme je ne l'ai jamais été.
(...) Ma lueur était
si fragile... Elle s'est réchauffée, abreuvée
à ce qu'aujourd'hui, je nommerai l'Extase. Un plaisir quasi
divin, inexplicable, qui prenait possession de moi avec une puissance,
une violence sans égale... Comment une telle sensation a-t-elle
pu habiter ce cercueil qu'était devenu mon corps ?
Perdu dans le froid de ma nuit,
comme je l'attendais avec ferveur, ce paroxysme ! Comme je le guettais
ce moment lumineux ! Ma chair et mon âme en resteront définitivement
marquées.Jusqu'à la nostalgie. Peut-on survivre d'avoir
touché à l'extase ?
(...) Mais je ne peux toujours pas, quinze années plus tard,
m'enfoncer dans le sommeil sans songer à l'autre nuit, la
mienne. À cette mystérieuse Extase qui me laisse un
arrière-goût de regret.
Analyse d'une interview
de Lyne Leon par les sceptiques
http://spsafis.ctw.cc/207arch25.htm sceptique
Chaque expérience est bien sûr un cas particulier. Lyne Léon , présente
sur le plateau, nous a détaillé la sienne. Elle a vécu plusieurs jours
de coma après un grave accident et a connu, dans cette période, plusieurs
'décorporations'. Elle se voyait dans son lit d'hôpital, voyait son
corps, son visage, les draps du lit mais ne visualisait pas les appareils
de réanimation qui l'entouraient. Preuve sans doute qu'il ne s'agit
pas d'une réalité physique d'évasion de 'l'âme' hors du corps matériel.
Elle se 'déplace' aussi dans l'hôpital et 'visite' d'autres locaux,
dont elle avait peut-être gardé un souvenir inconscient et où elle
a pu être transportée durant son coma. Elle croise le buste, inanimé,
de son père, mais celui-ci ne parle pas. Elle voit une lumière douce
ressentie comme une paix absolue mais dont elle refuse de s'approcher.
Elle ne rejoint cette béatitude qu'au paroxysme de la peur. Certains
aspects de son expérience apparaissant très négatifs : sentiments
d'angoisse, de froid, d'obscurité, vision de bêtes, de formes humaines
sombres, bruits, ... Elle les associe à son refus de la mort, les
ressent et les interprète comme un passage de son 'âme' vers autre
chose. Elle précise n'avoir pas manifesté jusque là de sentiments
religieux.D'autres impressions ressenties par Lyne Léon dans cette
expérience se sont révélées fausses. L'enfant qu'elle portait est
mort durant son coma ; elle le croyait toujours vivant.
" Ma mort, et puis après ", Lyne Léon , éditions
Philippe-Lebaud. Lyne Léon fut victime d'un dramatique accident
de la route dans lequel devait périr son mari et l'enfant qu'elle
attendait.
Lise
Thouin

Lise Thouin, une comédienne
québécoise, est victime en 1985, au retour d'un voyage
en Europe, d'une infection virale fulgurante, une virémie.
Tout son organisme est atteint, organes vitaux compris. Hospitalisée
d'urgence son état se détériore rapidement et,
ainsi qu'elle le dit, sa vie aurait dû s'achever là.
Lise a en effet basculé "de l'autre côté
des choses". Pourtant, après une brève mais intense
"excursion" hors de son corps sa conscience réintègre
celui-ci, et avec elle la vie.
Comme bien d'autres Lise Thouin conserve
un souvenir plein d'amertume de son séjour de l'autre côté
des choses. Les dates anniversaires de sa renaissance sont pour
elle l'occasion d'une réflexion nostalgique
24 février 1986
Prête à fêter seule l'étrange anniversaire
de ma mort et de mon retour à la vie. Sept mois déjà
depuis cet éclatement doré qui m'a éclaboussée,
brûlée vive, anéantie et recréée
dans le même instant. Une fraction de moment de plus, une
fraction de douleur de plus et j'étais désintégrée.
Pas morte, disparue. Devenue rien. Étrange rappel
de cet instant qui m'a laissée écartelée entre
deux mondes. Un monde trop petit pour moi maintenant et l'autre
dont on m'interdit l'accès. Écartelée au-dessus
du vide. Avec ce mal dans mon corps qui est revenu depuis quelques
jours pour me dire qu'il n'aurait pas fallu l'oublier. Mais pourquoi
m'avoir ouvert la porte si c'était pour la refermer aussitôt
? Pourquoi m'avoir fait connaître la lumière si c'était
pour me la retirer dans le même instant ? Pourquoi m'avoir.appelée
et comblée si c'était pour me laisser ici seule et
brisée ? J'ai sept mois aujourd'hui. Je ne suis plus tout
à fait d'ici... Je n'y trouve pas ma place. Je m'ennuie de
«là-bas». Je me sens différente.
23 juillet 1986
Le tournage de Cogne et gagne est terminé. Demain,
c'est le 24 juillet, mon premier anniversaire. J'aurai un an. Un
an depuis le moment horrible où cette lumière, plus
brillante et plus cruelle que l'or en fusion, a jailli en moi et
m'a embrasée tout entière. Une brûlure intolérable
a longé ma colonne vertébrale, du sacrum jusqu'à
la tête. J'ai flambé à l'intérieur comme
une torche vivante. Puis l'or liquide venu des profondeurs a brutalement
éclaté dans mon crâne vitrifié, devenu
transparent pendant cette fraction d'instant comme le fond inversé
d'une éprouvette. J'ai hurlé si fort qu'on a entendu
mon cri sur tout l'étage de l'hôpital. Je reprenais
possession de mon corps dans la douleur et la terreur.
J'ai vécu les jours qui ont
suivi déchirée, avec l'impression terrifiante d'être
doublée. Bien sûr, j'étais consciente qu'une
partie de moi souffrait sur un lit d'hôpital, et pourtant
tout ce qui m'entourait me semblait n'être qu'une vague illusion.
Ma vie, ma famille, mes amis, tout cela était à peine
réel, c'était comme un reflet dans un miroir déformant.
Il y avait un autre moi bien plus vivant qui existait ailleurs au
fond d'un espace inconnu. De là, je comprenais toutes choses.
Je jonglais avec des milliards d'équations mathématiques
complexes et je les résolvais toutes dans un bonheur indicible,
presque orgasmique. Je jouais avec les idées, les concepts
abstraits en série. Je faisais plus que les comprendre, je
les pénétrais, je les contenais tous. Ils étaient
moi et j'étais tout. Comment avais-je pu vivre autrement
qu'en sachant tout cela ? Le temps, l' espace, la vie, l'éternité,
c'était si simple, si intelligent, si magnifiquement évident.
La douleur de mon corps était réelle, mais elle ne
m'atteignait pas vraiment, comme si j'avais été un
peu «au-dessus».
Quelques jours plus tard, les deux
parties séparées de moi se sont confondues doucement
et se sont rejointes à l'intérieur. Malgré
la douleur intolérable que je ressentais de nouveau, il m'est
arrivé après avoir été réunifiée,
d'avoir peur de redevenir deux -- deux sur l'oreiller -- irréconciliables.
Visions de la mort toujours. Et puis je me suis mise à parler,
pour leur dire ce que j'avais vécu, ce que l'avais su. Aussi
pour ne pas oublier. Il ne me reste que quelques souvenirs des mots
que je leur ai dits, c'est tout ce que je me rappelle, juste.quelques
mots, quelques images éparses et incomplètes... Personne
n'a rien noté. Ils me regardaient, incrédules, en
se demandant si j'avais toute ma tête. Je parlais sans arrêt.
Du temps, de l'espace, de la lumière, de la mort... Pourquoi
n'ont-ils rien noté ? Parfois me vient une colère
sourde...
Maintenant, j'ai perdu la clé...
Décourageant d'avoir à fonctionner au jour le jour
avec un cerveau terrestre minuscule, lent et lourd. Impression furtive
et bienheureuse d'avoir retrouvé le fil, la connexion égarée,
au moment où je m'endors, dans le petit instant lumineux
qui s'ouvre parfois avant que les rêves ne commencent. Mais,
au réveil, tout s'efface. Et se battre encore et encore pour
ne pas mourir de nouveau. Je ne cherche pas des souvenirs, je cherche
quoi abattre, quel mur briser pour refaire le contact.
" De l'autre côté
des choses ", THOUIN Lise, Ed. Presses de la Renaissance - 1996
Jean-Pierre Liegobel

François sombre dans le coma
après une banale intervention chirurgicale. Au fil des jours
passés dans les unités de soins intensifs, où
l'on tente de le "récupérer" et où
l'on considère parfois ses chances de survie comme nulles,
il endure des souffrances innommables. Mais, de temps à autre,
sa conscience abandonne ce corps de douleur pour les horizons d'une
réalité d'un autre ordre.
L'ouvrage de Jean-Pierre Liegibel ainsi que le présente
son éditeur, est «un "roman vrai" grave et
tonique, un récit d'espoir, un acte d'amour, un témoignage
de foi dans la vie.»
Je m'endors pour l'éternité.
Dans l'apparence de mort qui est la mienne, mon futur proche, je
donne l'image lisse et molle d'un corps déserté par
la vie. Transformation inquiétante, avant de retomber en
poussière, j'aborde le végétal. Monstrueux
légume. Les claquements réguliers du respirateur,
le scope, attestent qu'un fil ténu, bientôt prêt
à se rompre, me retient encore aux vivants.Où suis-je
donc ? Dans un espace illimité. Temps et matière abolis.
Je suis moi, bien sûr, mais quintessence, sublimation. Je
suis esprit, pensée flottante, attaches terrestres larguées.
Une lumière sidérale, lumineuse et douce. Je suis
l'éther. Les matins laiteux sur la mer n'atteindront jamais
cette puissante beauté. Je brandille, je navigue, je vole,
attiré, fasciné par le coeur d'une source lumineuse
de plus en plus claire, de plus en plus intense aussi. Impression
de calme. Incandescence. Je ne suis pas ébloui. Les mots
n'ont plus la même valeur pour définir les couleurs,
leur intensité. Je suis dans la nuit. Elle est blanche. Et
j'avance vers une lumière plus phosphorescente encore. Je
suis le blanc, la transparence. Je suis la lumière. Nulle
crainte, je suis en paix. Je suis la paix. L'aurore. Parfois de
grands feux d'artifices assombrissent l'espace, l'obscurcissent,
me volent la clarté.Couleurs violentes. Tout s'inverse. Je
suis en négatif. De larges gerbes, des taches éclaboussent
ma nuit incolore. Fleurs noires, rouges et or. Parfois, les étoiles
noires et or s'estompent, s'évanouissent. Le rouge envahit
mon espace. Fleurs de sang qui respirent, palpitent. Fleurs vivantes.
Leur couleur me fait mal. Je suis dans un bain rouge. Moments fugaces.
La transparence revient et je marche, je vole, fasciné. Une
force inconnu m'appelle, impossible de lui résister, vers
le coeur de la blancheur, le coeur de l'éblouissante et froide
lumière. Les éclatements noir, or et pourpre stoppent
ma progression. Lorsqu'ils disparaissent, il me semble que la source
lumineuse s'est éloignée. Elle m'échappe, s'enfuit
plus loin encore. Et je recommence ma quête.
" Quelques pas dans l'au-delà
",
Phillipe Labro

Philippe Labro est un homme
de médias qui n'avait nul besoin d'exhiber une expérience
de mort imminente pour s'assurer une notoriété à
laquelle son talent de journaliste, de cinéaste et d'écrivain
l'avait depuis longtemps accoutumé. Les répercussions
de son EMI, consécutive à un oedème du larynx,
l'ont conduit à apprécier des aspects de la vie auxquels
jusqu'alors il n'avait pas vraiment prêté grande attention.
Son récit est lui aussi d'une très grande qualité
émotionnelle, sans fausse pudeur, vrai tout simplement. Voici
quelques passages qui évoquent des éléments typiques
d'une NDE :
Je me sens sortir de mon corps.
J'ai l'impression que je me vois sur le lit, entouré des
hommes en blanc et en vert, avec, derrière ce rideau d'hommes,
les assistantes et les infirmières. Je vois toute la pièce,
les objets, les murs, la machine et les écrans. Je peux les
décrire avec une précision de laser : cheveux -- ailes
du nez -- manchettes de chemises sous les blouses -- boucles blondes
-- gants en plastique -- masques et tissu piqueté des masques.Et
puis, je me vois étendu sur le lit ; je suis très
maigre, très jaune, les tubes et les bandelettes de coton
encombrent mon visage et le dessinent comme en plusieurs morceaux.
Je ne suis pas rasé. Il y a beaucoup de gris sur mes joues.
Du gris et de la cendre. La vérité, c'est que je ne
suis pas très beau à voir. Je prends un peu d'altitude
et je flotte au-dessus de la pièce et au-dessus de mon corps
et j'entends, plus précisément que tout à l'heure,
tout ce qui se dit, les consignes données, les questions
posées sur la suite de mon traitement, les rendez-vous pour
l'extubation -- ce sera le matin, dans quarante-huit heures. Dans
le vocabulaire du cinéma, on pourrait dire que j'ai une vue
en "plongée" de toute la scène.(...) Je
suis devenu une caméra qui se promène autour de moi-même.
Je suis une caméra, l'expression est un peu trop facile --
mais que recouvre-t-elle ? Ce ne sont pas mes yeux qui ont vu mon
corps sur le lit, entouré des médecins. C'est mon
esprit, c'est ce qu'il y a dans mon cerveau -- ou bien est-ce autre
chose, à quoi aucun d'entre nous ne peut trouver un nom ?(...)
Or, le tunnel n'a plus rien d'effrayant. Non seulement il n'est
pas en pente, il ne descend pas, mais il semble monter doucement,
dans une ascension bienveillante. En outre, il est clair, de plus
en plus clair, il devient même tellement lumineux que je suis
aveuglé par cette lumière et je ne vois plus que cela
: de la lumière.(...) Ici, maintenant, il n'y a aucune souffrance.
La lumière vient m'apporter une sensation de paix comme je
n'en ai pas connu depuis mon entrée en réa, depuis
que je me suis retrouvé subissant la machine et les prises
de sang, les étouffements et le chaos. Je n'éprouve
qu'une consolante et surprenante sensation de paix et encore plus
d'amour que je n'en ai ressenti récemment, à l'égard
des miens ou des autres. Cet amour est indéfinissable. Je
voudrais pouvoir le donner et l'offrir autour de moi comme du miel,
mais je ne suis entouré que de lumière. Comme des
voiles de lumière, des passages et des courants de blancheur,
quelque chose de diaphane, quelque chose de cristallin. Il n'y a
personne vers qui je puisse dispenser l'abondance d'amour qui me
submerge. Il n'y a personne jusqu'à ce que, fugacement, apparaissent
des formes.
(...) C'est comme si je vivais ma première traversée
à l'envers. Au cours du premier voyage, je m'étais
trouvé de façon vertigineuse dans un trou noir au
bout duquel je ne devinais que l'horreur et dont il fallait que
je m'échappe. Au cours de ce voyage-ci, aucune voix ne me
pousse à quitter cet espace blanc, illuminé, doux
et fraternel. J'aurais même la tentation de vouloir m'installer
dans cette nébuleuse de lumière, de pousser plus loin
mon voyage, tant il est bienfaisant."
" La Traversée ",
Ed. Gallimard, 1996
Danielle Perron, psychologue
Danielle Perron, jeune étudiante de
23 ans, rentre à l'hôpital pour subir une opération de routine mais,
soudain, les choses tournent mal. A la suite d'un arrêt cardiaque,
elle frôle la mort :
«Je me suis mise à flotter peu de
temps au-dessus de mon corps... ... avant d'être aspirée dans un
tunnel noir »,Ma vie se rétrécissait à la façon d'un entonnoir inversé
: le bout de cet entonnoir, c'était la mort... » Elle poursuit :
« A mon étonnement, je continuais d'être. Mes membres se détachaient
de mon corps [...]. J'avais peur. [...] Une présence communiqua
avec moi par télépathie. J'ai entendu : "Je suis là." [...] J'ai
vu une porte largement entrouverte. Une belle lumière blanche en
sortait. » Danielle est attirée par cette lueur. Elle veut l'atteindre.
: « Cette "présence" est entrée en moi par le côté gauche, puis
je me suis mise à avancer à une vitesse vertigineuse vers cette
lumière que je désirais plus que tout. » Une fois parvenue dans
cette bulle de lumière, d'amour et de paix, Danielle affirme avoir
traversé un jardin : « [...] J'ai regardé mon corps devenu transparent
et je me suis rendu compte qu'il était guéri. [...] Instantanément,
j'ai douloureusement réintégré mon corps, ce corps qui me faisait
mal [...]. »
Danielle Perron, psychologue à Hull,
au Québec
Durdane Khan, deux ans et demi

La petite Durdana Khan, deux ans et demi, est partiellement paralysée,
aveugle par intermittence, et souffre sans arrêt. Un matin d'automne,
en 1968, alors qu'elle repose sur son lit d'enfant, dans le jardin
de ses parents, au pied de l'Himalaya, elle semble renoncer à son
combat pour vivre. Immédiatement, sa mère fait appeler son mari qui
est médecin. Il ne décèle aucun signe de vie. Madame Khan transporte
sa fille dans la maison où le docteur tente une dernière fois de la
ranimer tout en murmurant : « Reviens, mon enfant, reviens! » Dans
une ultime tentative, la mère verse dans la bouche de son enfant quelques
gouttes d'un stimulant respiratoire. Elles coulent, inutiles, sur
ses joues. Soudain, à l'étonnement de ses parents, la fillette ouvre
les yeux et dit qu'elle trouve le médicament amer. Au bout de quinze
minutes de mort clinique, Durdana est revenue à la vie. Un voyage
dans l'Inconnu.
Le lendemain, madame Khan demande
à sa fille ce qui s'est passé pendant ce quart d'heure. La mère apprend
que sa fille est allée dans un jardin au milieu des étoiles dans lequel
poussent pommes, raisins et grenades. Il y avait là quatre fleuves,
un blanc, un bleu, un vert et un marron. Et aussi des gens : « Mon
grand-père, sa mère et une femme qui te ressemblait. Pépé a dit qu'il
était content de me voir et sa mère m'a prise dans ses bras... Puis
j'ai entendu papa m'appeler : "Reviens, mon enfant, reviens !" » A
ce moment-là, le grand-père lui a dit qu'ils devraient solliciter
de Dieu la permission de retourner vers son père. Ils sont allés à
Lui. Dieu lui a alors demandé si elle voulait repartir. « II le faut,
mon papa m'appelle. Très bien, a dit Dieu, va ! Et je suis redescendue
des étoiles. » D'après Durdana, Dieu est bleu. Malgré les questions,
elle ne peut pas en dire davantage.
Peu après son étrange expérience,
elle subit une opération à Karachi, au Pakistan. Pendant sa convalescence,
elle rend visite avec sa mère à un oncle du docteur Khan. Elle se
promène dans la pièce quand, soudain très excitée, elle désigne du
doigt une photo posée sur la table. « C'est la mère de grand-père,
dit-elle. Je l'ai rencontrée dans les étoiles. » Durdana n'a jamais
vu son arrière-grand-mère, ni même son portrait. Il n'existe d'elle
que deux photos, qui se trouvent toutes deux à Karachi, chez ce grand-oncle
que la fillette voit pour la première fois de sa vie.
Par la suite, la famille Khan va vivre
à Londres. Au début des années 80, Durdana apparaît à la télévision
anglaise avec des peintures du jardin qu'elle a visité dans les étoiles.
Le lendemain, une patiente du praticien, Rachel Goldsmith, téléphone
à propos de l'émission. Elle a eu la même expérience de la mort dans
un camp de concentration, en Allemagne. Elle aussi est allée dans
un jardin. Elle y a même vu un des endroits peints par Durdana. Quand
elles se rencontrent, madame Goldsmith décrit certains détails dont
Durdana se souvient, mais qu'elle n'a pas représentés dans sa peinture.
Que dire de l'aventure de Durdana ? Elle admet volontiers que des
pommes, des poires et des grenades sont mentionnées dans le Coran,
ainsi que les quatre rivières du paradis. Mais Durdana n'a pas été
élevée dans la religion musulmane et n'a jamais mis les pieds dans
une mosquée.
Le fait que Durdana ait reconnu son
arrière-grand-mère sur la photo, et madame Goldsmith le dessin de
Durdana, suggère que pendant ce quart d'heure où l'enfant est resté
sans vie, quelque chose d'autre que son imagination a été à l'œuvre.

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