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NDE
négative, vision de l'enfer
ou expiation d'une faute imaginaire ?
NDE négative
Une NDE négative
est effrayante, voire même angoissante et par conséquent elle n'est
agréable ni pour celui qui l'a vécue et la relate, ni pour celui
qui l'étudie, ni pour celui qui en prend connaissance.
On peut estimer que
les NDE infernales demeurent des phénomènes marginaux.
Kenneth Ring et Peter Fenwic ont
estimé à 5% le nombre de NDE négatives (1999). Pourtant ces NDE
négatives existent indéniablement et même si elles sont statistiquement
peu significatives.
Pourquoi y a-t-il si peu de récits d'expériences négatives
? Différents chercheurs ont émis l'hypothèse
que les gens avaient d'autant plus peur d'en parler que les recherches
avaient mis à jour des milliers de récits positifs.
Peut-être craignent-ils de susciter des moqueries, étant
donné ce qu'elle paraît sous-entendre à leur
sujet. Mais il se peut que ces récits soient peu nombreux
tout simplement parce que l'expérience négative est
rare.
Ces expériences sont
souvent teintées de connotations religieuses telle que la vision
de l'enfer illustrée par la rencontre avec une foule de gens croupissant
dans un endroit laid, sale et sombre, plongé dans une chaleur insupportable.
Ces personnes tendent leur bras dans une supplication vaine pour
obtenir un verre d'eau illusoire, condamnées à souffrir mille morts
jusqu'à la fin de l'éternité.
Rawlings,
le découvreur
Rawlings découvrit
ce type d'expérience de la mort temporaire en tenant de réanimer
un de ses patients victime d'un arrêt cardiaque : celui-ci ne cessait
de crier qu'il était en enfer. Le cardiologue rassembla par la suite
de nombreux exemples de mort imminente infernale. Ainsi, l'une des
personnes interrogées, qui avait connu ce type d'expérience à l'issue
d'une crise cardiaque, fit le récit suivant :
Je me souviens
que: " Je n'arrivais pas à reprendre ma respiration, puis
j'ai dû perdre connaissance. Ensuite, j'ai vu que je sortais de
mon corps. Ce dont Je me souviens, c'est que je suis entrée dans
une pièce lugubre où j'ai vu dans une des fenêtres un énorme géant
au visage grotesque qui me fixait du regard. Il y avait des petits
lutins ou des elfes qui couraient sur le rebord et qui semblaient
être avec le géant. Celui-ci me fit signe de venir avec lui. Je
ne voulais pas y aller, mais je ne pouvais faire autrement. Au
dehors, tout était noir, mais j'entendais des gens gémir autour
de moi. Je sentais des choses bouger à mes pieds. À mesure que
nous avancions dans ce tunnel ou cette grotte, les choses empiraient.
Je me souviens que je pleurais. Puis, sans que je sache pourquoi,
le géant me laissa aller et me renvoya d'où je venais. J'eus l'impression
d'être épargnée. Je ne sais pourquoi. Puis je me souviens de m'être
retrouvée dans mon lit d'hôpital. Le docteur m'a demandé si j'avais
pris de la drogue. (...).
Curd Jurgens
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Jean-Baptiste Delacour dans son ouvrage "
Glimpses of the beyond "(Visions
de l'au-delà) raconte la délicate
intervention chirurgicale au cours de laquelle
Curd Jurgens est passé par un épisode
de mort clinique. Voici ce que le comédien
se rappelle de sa " mort " :
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Le sentiment
de bien-être que j'éprouvai peu après l'injection
du Penthotal ne dura pas longtemps. Très vite l'impression
que la vie me quittait s'installa en moi, venant de mon subconscient.
Aujourd'hui, j'aime à dire que ceci se produisit au moment
où mon coeur cessa de battre. Sentir que la vie m'échappait
fit naître en moi la terreur. Je m'accrochais à
la vie plus qu'à tout autre chose, mais en vain. Je fixai
la coupole de verre qui surplombait la salle d'opération
et, soudain, elle commença à se transformer. Elle
s'embrasa violemment. Je voyais des faces déformées
et grimaçantes me regarder. Submergé par la terreur
je tentais de lutter pour me redresser et me défendre
contre ces fantômes livides qui bougeaient toujours plus
près de moi. Alors j'eus l'impression de voir la coupole
se muer en un dôme transparent qui me submergea. Maintenant,
une pluie dense et brûlante tombait mais, bien que les
gouttes soient énormes, aucune ne me touchait. Elles
s'écrasaient autour de moi et engendraient de menaçantes
langues de feu qui rampaient vers moi. Je ne pouvais taire plus
longtemps l'horrible vérité : il ne faisait aucun
doute que les faciès régnant sur ce monde rougeoyant
étaient ceux des damnés. J'éprouvai un
sentiment de désespoir, la sensation d'être atrocement
seul et abandonné. L'intensité de l'horreur me
choquait et j'étais sur le point de suffoquer.
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Vraisemblablement,
j'étais en enfer et les langues de feu pouvaient m'atteindre
d'un moment à l'autre. Dans cette situation, la silhouette
noire d'un être humain se matérialisa brusquement
et s'approcha. Tout d'abord, je ne l'apercevais qu'indistinctement
au milieu des flammes et de la fumée rouge, mais bien
vite, elle se précisa. Il s'agissait d'une femme recouverte
d'un voile noir, une femme élancée à la
bouche sans lèvres et avec, dans les yeux, une expression
qui me donnait le frisson. Lorsque nous nous trouvâmes
face à face, tout ce que je pus voir c'était deux
orbites noires impressionnantes et vides. Elle tendit les bras
vers moi et, attiré par une force irrésistible,
je la suivis. Un souffle glacé m'atteignit et je pénétrai
dans un monde vibrant au rythme des plaintes et des lamentations.
Pourtant, il n'y avait personne. Comme je questionnais la dame
pour savoir qui elle était, une voix me répondit
: " Je suis la Mort. " Je rassemblai toutes mes forces
et pensai : " Je ne la suivrai plus, je veux vivre. "
Avait-elle perçu mon intention ? Quoi qu'il en soi, elle
se rapprocha de moi et posa ses mains sur mon torse nu pour
me soumettre à l'envoûtement de sa force magnétique.
Je sentais ses mains glacées sur ma peau et son regard
orbitaire était inexorablement fixé sur moi.
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Je rassemblai
à nouveau mes pensées et les concentrai sur la
vie afin d'échapper à la mort qui avait pris cette
apparence féminine. Avant d'entrer dans la salle d'opération,
j'avais embrassé Simone, mon épouse. Maintenant,
son fantôme venait m'aider à sortir de cet enfer
et à revenir à l'existence terrestre.
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Lorsque Simone
apparut, la femme au voile noir s'évanouit sans un bruit,
un sourire terrible sur son visage sans lèvres. La mort
ne pouvait rien contre elle, pétulante de jeunesse et
de vie. Je ne ressentais plus que tendresse et fraîcheur
alors que me tenant par la main elle me faisait parcourir en
sens inverse ce chemin fait précédemment sous
l'envoûtement de la dame sombre. Lentement nous quittions
l'effrayant royaume des ombres pour nous rapprocher de la grande
lumière. Cette luminosité nous guidait et devint
finalement si brillante qu'elle m'aveugla et que je dus fermer
les yeux.
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Puis, brusquement,
une douleur lourde et forte déchira ma poitrine. Je pressais
la main de Simone de plus en plus fort depuis ma soudaine reprise
de conscience. Je trouvai ma femme assise sur mon lit portant
un uniforme blanc d'infirmière. Je n'eus que la force
d'esquisser un faible sourire. C'était tout ce que je
pouvais faire et j'articulai : " Merci ". Par ce mot,
je mis fin à un voyage effrayant mais fascinant dans
la vie future, un voyage que je n'oublierai jamais tant que
je vivrai.

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