| |
|

Les récits
des « expériences aux portes de la mort » rapportent-ils
une expérience de l'au-delà ?

Le Dr Moody avec le
livre "La vie après la vie"- 1975 - qui rapportaient les
récits convergents d'un certain nombre de « rescapés de l'au-delà»
a attiré l'attention du public sur l'après-vie .
Les visions
relatées par ces sujets ayant frôlé la mort sont
nommés les Near Death Experiences (NDE). L'appellation Expérience
de Mort Imminente en est la traduction française (E.M.I.).
La caractéristique
première des NDE est qu'elles révèlent d'une
réalité inaccessible à nos facultés de
perception ordinaires, faculté qui a déjà été vécue par des
millions de personnes à travers le monde. En 1982, un sondage réalisé
par l'institut Gallup aux Etats-Unis a estimé à 8 millions (environ
une personne sur trente) le nombre d'américains ayant vécu une NDE.
On estime aujourd’hui que 30 à 35% des personnes, ayant à un moment
ou à un autre de leur vie frôlé la mort, ont connu cette expérience.
Le schéma type est celui-ci :
un accidenté plongé dans le coma ou un opéré en état de mort apparente
éprouve le sentiment de flotter en apesanteur et hors de son corps.
Il est emporté dans un long tunnel obscur après avoir entendu une
sonnerie quelque peu désagréable, débouche dans une chaude lumière,
fait la rencontre d'êtres venant l'accueillir pour l'aider à faire
le passage, parfois celle d'un « être de lumière », et accède dans
certains cas à la vision finale d'une cité radieuse. Le voyageur
revient de cette expérience radicalement transformé.
Les NDE expriment dans leur contenu des images liées à
l'histoire personnelle, aux préférences culturelles,
religieuses ou sociales.
De quoi s'agit-il
donc ?
De nombreux chercheurs ont recueilli et analysé un nombre important
de témoignages, dont le Pr K. Ring, les Dr Sabom et Osis en donnant
différentes interprétations de l' origine des NDE.
D'aucuns y voient comme
le fruit d'une altération due à des agents chimiques et provoquée
par une overdose de neuromédiateurs à l'approche de la mort. Ou bien
comme un réveil de la force vitale de la Kundalini orientale. Ou encore
comme des phénomènes parapsychologiques à explorer.
C'est le point ultime jusqu'où un homme peut aller vers l'autre côté
du miroir. Mais puisqu'il en revient, il n'y a pas eu véritablement
mort. L'expression « Near Death Expérience », « Expérience aux Portes
de la Mort » n'évoque pas un voyage sur l'autre rive ; mais les sentiments
éprouvés lors d'un événement dramatique de la vie raconté avec toute
la puissance émotionnelle que recèle le registre du symbolique, de
l'imaginaire et de l'affectif. Cette expérience émotionnelle intense,
même si elle traduit aussi parfois une projection de l'inconscient
personnel et collectif, peut devenir « spirituelle ». En transformant
une vie. Et pour certains elle représentera une « preuve » de l'au-delà
ou à une aspiration à l'espérance.
Beaucoup de théories
psychologiques et physiologiques ont été avancées pour tenter d’expliquer
ce phénomène, mais aucune ne permet pour l’instant de rendre compte
de l’ensemble des aspects de la NDE. Une telle complexité nécessite
une approche pluridisciplinaire.
Depuis près de 30 ans, des milliers de
NDE (Near Death Experience) ont été recensées et minutieusement
analysées à travers le monde. Bien que leur phénoménologie soit
actuellement très bien connue, les NDE soulèvent d'innombrables
questions auxquelles il n'existe toujours pas de réponses. L'un
des aspects les plus surprenants est justement la clarté de conscience
et de pensée, ainsi que la précision de la mémoire qui sont associées
aux NDE. Ces malades, aux confins de la mort, n'ont pas vécu cette
situation comme angoissante, mais comme un moment de grande intensité
au plan affectif, sensoriel et spirituel.
Peut-être s'agit-il
d'hallucinations, un mécanisme naturel destiné à aider le mourant
à passer de vie à trépas. Mais cela n'explique pas les cas où le
mourant déclare avoir eu la visite de quelqu'un dont il ignorait
qu'il était mort...
Des émissions de télévision ont donné la parole à des malades
en coma dépassé, qui auraient atteint les limites de l'au-delà,
et rapporté des sensations intéressantes sur ce qui se passe au
moment de la mort.
Qu'ont-ils vu exactement ? Plusieurs hypothèse s'affrontent
:
1 -Une autre réalité
Leur propre corps inerte qu'ils étaient en train de quitter et
un chemin de lumière vers un Etre de splendeur indescriptible.Alors
que le patient manifeste tous les signes d'une mort apparente,
ou du moins d'une inconscience totale au moment de l'expérience,
il est capable de rapporter une description très précise de ce
qu'il a vécu et des faits qu'il a observés durant ce laps de temps.
Dans ses récits, le patient relate souvent des événements qui
se sont produits autour de son corps pendant son inconscience,
mais parfois aussi des faits qui ont eu lieu dans d'autres pièces
auxquelles il n'a pas eu physiquement accès.
Cette interprétation nous emmène vers l'existence
d'une autre réalité, d'une conscience en dehors
du corps lien vers un au-delà mystérieux.
2 - L'immortalité de l'âme
Pourtant, malgré la qualité des témoignages, il ne s'agirait pas
d'expériences après la vie, mais d'avant la mort. La description
qu'ils donnent de ces phénomènes de conscience relève enfin d'une
''vision matérialiste du spirituel". ils évoquent des sons, des
couleurs, des expériences spatiales qui risquent de réduire le
spirituel à une réalité encore très matérielle et nécessairement
terrestre .
Cette perception du phénomène réduit cette
expérience à un phénomène neuro-biologique
dont lecaractère universel et spirituel nous révéle la
mort comme toute autre chose qu'un retour au néant ou à la poussière
et induit une certaine forme de transcendance et l'immortalité
de l'âme.
3 - Dysfonctionnement du cerveau
Pour l'écrasante majorité des médecins et
spécialistes, l'explication est á rechercher du
coté du cerveau. Lorsqu'il est confronté á
la perspective de sa propre fin, notre noble organe se mettrait
à dysfonctionner, engendrant une batterie d'hallucinations.
Le Dr Olaf Blank neurologue a conforté cette hypothèse.
En diffusant par hasard un faible courant électrique dans
le cortex temporal d'une patiente atteinte d'épilepsie,
il a fait naître chez cette personne des sensations de sortie
du corps; elle se voyait comme flottant deux mètres au-dessus
d'elle-même.
Que dit la science ?
L'étude de Sam Parnia (2001)
Une nouvelle étude menée auprès de patients
qui sont passés à un cheveu de la mort contient juste
assez d'éléments pour satisfaire ceux qui veulent
croire et juste assez d'incertitudes pour convaincre les autres
qu'il peut y avoir une autre explication.
Un médecin britannique prétend détenir les
preuves qu'en cas de mort clinique, déclarée lorsque
le cerveau ne produit plus aucune activité, la conscience
fonctionne encore. Sam Parnia, chercheur et médecin à
l'hôpital général de Southampton (Grande-Bretagne),
tente de le prouver. Il a exposé ses arguments lors d'une
conférence qui s'est tenue le 21 juin au California Institute
of Technology (USA). Ses conclusions s'appuient sur une étude
clinique menée auprès de 69 personnes victimes de
crises cardiaques. Il s'agissait de sujets qui, après avoir
été déclarés cliniquement morts parce
que leur cerveau ne fonctionnait plus, sont revenus à la
vie.
Quatre d'entre eux se souviennent notamment d'avoir pensé,
raisonné et d'avoir ressenti des sentiments de joie, de paix
et d'harmonie. Certains affirment aussi avoir communiqué
avec des personnes décédées qu'elles connaissaient.
Pour Sam Pernia, "ces résultats tendent à prouver
que la conscience peut survivre en cas de mort cérébrale.
A ses yeux, ces récits pourraient être la preuve de
l'existence d'une "conscience" indépendante des
fonctions cervicales.
Ces preuves suggèrent que l'esprit ou la conscience sont
sans doute séparés du cerveau et que le cerveau agit
comme un intermédiaire qui exprime la pensée plutôt
qu'il ne la produit". Lors de sa conférence, le médecin
ne s'est pas contenté d'exposer ses résultats. Il
a aussi répondu à ses détracteurs.
Dans un article publié par le magazine en ligne Cosmiverse,
on apprend notamment que les sujets de l'étude n'ont reçu
ni oxygène ni aucune substance susceptible de provoquer ce
type d'hallucinations. Sam Parnia a également tenu à
préciser que, contrairement à ce que prétendent
ses détracteurs, ces souvenirs ne correspondent pas au moment
exact où les sujets ont perdu ou retrouvé leurs fonctions
cérébrales. "En cas de crise cardiaque, les dommages
sur le cerveau sont tellement graves qu'ils bloquent complètement
son fonctionnement, explique Sam Pernia dans l'article de Cosmiverse.
On doit donc s'attendre à une profonde perte de mémoire
avant et après l'accident.". Mais que Sam Parnia demeure
prudent: "" II n'est pas exclu que les informations rapportées
aient pu être obtenues par le biais de sources sensorielles
tout á fait ordinaires ""
L'hypothèse séduit, mais elle est à prendre
avec des pincettes. Tout d'abord, elle n'explique pas pourquoi 59
des 63 patients n'ont pas vécu une telle expérience.
Ensuite, rien ne garantit que cette "expérience"
ne soit pas un souvenir rajouté après coup. "Nous
savons, explique le Dr Chris Freeman, psychiatre à l'hôpital
rotal d'Edimbourg, que la mémoire est extrêmement faillible.
Nous sommes très bons pour savoir que quelque chose s'est
produit, mais nous sommes très mauvais pour savoir quand
il s'est produit."
http://www.caltech.edu/ La fondation de Sam Parnia
http://www.horizon-research.co.uk/ Le communiqué sur le
site de l'Université de Southampton:
http://www.soton.ac.uk/~pubaffrs/0128.htm L'article de Cosmiverse:
http://www.cosmiverse.com/science07020101.html
L'avis du Dr Jourdan
Jean-Pierre Jourdan, Membre de IANDS-france recueille depuis quinze
ans des témoignages. Il propose une théorie scinetifique
plus exotique.Il évoque une cinquième dimension à
laquelle accèderait la conscience qui superviserait les quatres
autres dimensions pour les englober dans un tout immédiatement
accessible et n'importe lequel de ses points. Tout repose sur des
témoignages.
Pendant une NDE, il semble qu'un accès soit ouvert vers un état
de conscience différent, dans lequel une réalité plus vaste, transcendant
le temps, l'espace et la matière, englobe la réalité ordinaire.
Et apparemment cet accès ne se referme pas totalement après l'expérience.
Il semble, comme le formule si bien K. Ring, qu'une semence ait
été plantée, libre de germer ou non avec le temps. Quelques citations
donnent une idée de ce qu'elle pourrait être : " ma sensibilité
s'est développée, rêves prémonitoires parfois, télépathie très
souvent. Je décide d'appeler ma mère ou ma fille, ou je pense
qu'elles vont m'appeler, et dans les cinq minutes j'ai un coup
de fil ; après mon expérience j'ai fait plusieurs sorties hors
du corps "... " sensibilité plus développée, possibilités télépathiques,
et grande facilité pour la décorporation, possibilité de soigner
et d'aider les autres ". " La sensibilité est plus grande, j'apprends
plus vite, je me concentre mieux, j'ai plus de mémoire et de dons
psychiques, mais surtout je cherche à m'incarner et à ne plus
me dédoubler ; c'est dans et à travers le corps que l'expérience
de la vie se déroule, et nulle part ailleurs. " Chez un autre
témoin se produisaient " des décorporations de nuit (en sommeil
conscient), ce qui me permettait d'aller aider des mourants dans
le monde à sortir de leur corps sans peur. ".
La NDE semble, en donnant à la conscience la possibilité d'avoir
des liens moins étroits avec le corps, être à l'origine d'OBE fréquentes
comme chez ce témoin qui, cloué au lit après un grave accident,
vivait une OBE presque toutes les nuits. Pendant ces expériences,
il avait la sensation d'une identification totale à ce sur quoi
se portait son attention (si, dans une forêt, il s'intéressait à
un arbre, il devenait cet arbre, ses feuilles, ses racines, son
histoire). Ces quelques exemples donnent l'impression que les NDE
se rapprochent de ce qu'ont pu éprouver les mystiques de tous temps,
aussi bien chrétiens, gnostiques que soufis, bouddhistes, et védiques.Toutes
les traditions font référence à cet éveil à une conscience plus
élevée.
Cette fameuse kétamine
Le psychiatre Jansen, de Londres, avait constaté que des
injections intraveineuses de kétamine, un médicament
classé comme stupéfiant permettaient de provoquer
artificiellement les étapes d'une NDE. Or, la kétamine
modifie le fonctionnement normal de certains neurones et active
a leur surface des récepteurs; dits récepteurs NMDA,
susceptibles de faire halluciner."Toutefois, écrit Jansen,
cette hypothèse n'a pas la prétention de valoir pour
toutes les NDE et elle n'est pas incompatible avec d'autres théories.
Karl Jansen confessait " je ne suis plus opposé aux
explications spirituelles concernant les NDE. après douze
ans d'étude, je suis à présent convaincu que
la kétamine comme d'autres phénomènes ouvre
des portes vers un endroit auquel nous ne pouvons normalement accèder.
Il existe une âme indépendante de l'expérience".
En fait, les spécialistes des neurosciences reconnaissent
qu'ils ne savent pas expliquer les NDE dans le détail...
mais que c'est le cas de beaucoup de phénomènes liés
au cerveau! Néanmoins, dans cette tâche, il leur faudra
prendre en considération de troublants constats enregistrés
par leurs collègues.
Pim Van Lommel écrit dans ses conclusions : " L'idée,
soutenue jusqu 'á présent mais jamais démontrée,
que la conscience et la mémoire sont situées dans
le cerveau doit etre discutée. " En clair, si notre
esprit a besoin de notre cerveau pour exister, il ne se réduit
pas á pas cela-ce qu'il serait bien hâtif d'interpréter
comme le signe de l'existence de l'âme.
Malgré l'importance considérable
d'un tel phénomène peu d'investigations scientifiques sérieuses
ont été entreprises laissant ainsi la place à une pseudoscience
qui évoque les "preuve de l'au-delà".
Mais les temps changent ...
|