Le tunnel

La rapidité du déplacement varie selon les récits : d'une allure
modérée (escalator ou ascenseur) jusqu'à la vitesse de la lumière
(fréquemment citée), en passant par la sensation d'aller très vite
tout simplement.
Les lieux les plus fréquemment dépeints par ceux qui ont atteint
ce stade de l'EMI ont pour caractéristique commune l'obscurité : tunnel,
vallée, immense tuyau ou tube, couloir, entonnoir, espace vide et
infini, etc.Quelques expérienceurs déclarent avoir éprouvé le sentiment
diffus d'une présence qui les aurait accompagnés et rassurés, alors
que d'autres l'ont nettement identifiée à un (ou des) guide(s) .
Les
ames en peine
Ces âmes égarées ? Les personnages avaient un aspect plus humanisé
(...) mais aucun n'avait une forme tout à fait humaine comme nous.
(...) dans cet endroit particulier tout était d'un gris terne, très
triste. Ils paraissaient hésiter, ils regardaient en arrière (...)
Ils avaient l'air de planer ; leur regard était toujours tourné vers
le bas, jamais en haut. (...) ils avaient l'air abattu, accablé, gris.
Extrêmement désorientés. On les voyait en train d'essayer d'établir
le contact, mais personne ne se rendait compte de leur présence, personne
ne faisait attention à eux. Ils essayaient de communiquer, mais ils
n'y réussissaient jamais. Personne ne paraissait savoir qu'ils étaient
là."
La rencontre avec des guides ou
des défunts
Le contact avec les " chers disparus " peut avoir lieu à un moment
quelconque des phases précédentes, voire se prolonger tout au long
de la NDE. Ces retrouvailles suscitent un vif sentiment de bonheur.
Si le plaisir de ces rencontres est réciproque, au bout d'un certain
laps de temps, les défunts retrouvés invitent généralement le visiteur
à rebrousser chemin et à réintégrer son corps.
" Avec moi il y avait mon frère aîné qui était mort quand j'étais
encore un gosse. Je ne pouvais pas le voir, mais je savais qu'il
était tout près de moi, il m'a même tapé sur l'épaule en me disant
: " C'est vraiment comme tu veux... tu peux rester et je serai à
tes côtés et tout ira bien. ". L'expérienceur communique avec eux
grâce à une sorte de langage télépathique qui autorise un échange
de pensées et d'émotions instantané.
La
perception de la lumière
Il s'agit maintenant d'une luminosité intense : " mille fois plus
puissante que le soleil ". L'extrême clarté envahit peu à peu tout
l'espace sans que, paradoxalement, il en soit ébloui. Certains témoignages
situent cette vision dès l'entrée dans l'espace sombre, sous forme
d'un point lumineux qui s'agrandit au fur et à mesure de la progression
du sujet. Selon d'autres descriptions elle n'intervient qu'après la
sortie de la zone d'obscurité, brutalement parfois. Les nuances relevées
varient du blanc très brillant à l'orangé ou au doré, parfois au rougeoyant
ou au bleuté, mais les descriptions s'attardent davantage sur son
intensité et sur le rayonnement dont elle emplit tout l'espace.
L'être de lumière
Parmi les expérienceurs parvenus à ce stade de l'EMI, un faible
pourcentage, quelques-uns estiment avoir été en symbiose avec tout
l'univers, évoquant un sentiment de fusion avec le cosmos et de savoir
universel . Ils ont connu un état d'expansion de la conscience difficile
à décrire, là aussi, et disent avoir possédé une faculté de perception
infiniment supérieure à celle de leur état habituel de conscience.
Même s'ils ne gardent qu'un souvenir flou de leur " enseignement "
ils affirment qu'à cet instant précis de leur expérience ils possédaient
l'explication de toute chose. Si le bouleversement émotionnel alors
ressenti est toujours parfaitement mémorisé, ce n'est pas le cas,
hélas, de cette connaissance illimitée. D'autre part, beaucoup se
plaisent à souligner l'impression de familiarité ressentie de " l'autre
côté ", comme s'ils étaient revenus chez eux après une brève absence.
Il est fréquent que l'entité lumineuse se voie attribuer une identité
: Dieu, Jésus, Allah, Mahomet, Bouddha, la Vierge, un saint, un prophète,
un messager divin ou quelque autre figure emblématique de la religion
de l'intéressé.
Ces apparitions sont incontestablement en relation directe avec la
culture religieuse de l'expérienceur, subjugué par le réalisme de
ces représentations -- difficile cependant d'affirmer que ces interprétations
ne sont pas faites a posteriori, lorsque le sujet se remémore les
visions. C'est un élément culturel du même ordre qui préside sans
aucun doute au choix des sites merveilleux qui accueillent le visiteur
: cités étincelantes d'or et paysages paradisiaques. La vision de
ces tableaux exprime un ravissement des sens, une profonde extase.
Le
bilan
L'intéressé assite au bilan de sa vie passée qui se déroule devant
ses yeux sans qu'il lui soit demandé le moindre effort de mémoire.
L'expérienceur perçoit les menus détails de chaque scène et en ressent
toutes les émotions ; les siennes tout autant que celles des autres
protagonistes. " L'Être de lumière ", ainsi que le désigne Moody en
se faisant l'écho des paroles de nombreux témoins, se montre compréhensif
et compatissant. Il se garde de tout jugement moral, laissant au sujet
lui-même le soin de le faire. Il est intéressant de noter que bien
des d'expérienceurs estiment s'être livrés à une sorte d'auto-jugement,
considérant "l'Être de lumière " comme l'émanation transcendée de
leur propre conscience. Dans quelques récits il est également fait
mention d'une impression de moquerie amusée manifestée par la lumière.
La frontière et le retour
Vient le moment où l'expérienceur, même s'il n'a pas parcouru l'ensemble
des phases précédentes, rencontre une sorte de frontière matérielle
ou symbolique : barrière, grille, porte, fleuve, orée d'un bois, montagne,
ravin, souvenir des proches laissés en arrière ou sentiment de responsabilité
à leur égard (enfants), notion d'une oeuvre, d'un destin ou d'une
vie inachevés... À son grand regret, encore sous le coup des extraordinaires
sentiments d'amour, de paix et de joie qu'il a connus, l'expérienceur
doit réintégrer une enveloppe charnelle souvent douloureuse et revenir
à une vie qui lui semble, comparativement, triste et futile. D'autres
fois c'est de sa propre initiative que l'expérienceur revient dans
son corps, généralement parce qu'il pense que son rôle ici bas n'est
pas achevé.
Qu'en
reste-t-il ?
Les personnes ayant vécu une telle expérience en sont
profondément modifiées. Elles ont la certitude de la
réalité de cette expérience, elles revoient leur
échelle des valeurs, relativisant les problèmes matériels
et privilégiant lamour et la compassion. Elles pensent
quil est fondamental de devenir responsable de ses actes, de
réparer volontairement ses fautes, de pardonner...
Ce changement de repères influent sur la qualité de sa relation aux
autres et n'échappent pas à son entourage.
Elles ont pris conscience quil ny a dautre jugement
sur leur comportement terrestre que le leur propre, que lévolution
des êtres ne se termine pas avec la mort mais quelle se
prolonge dans lAu-Delà, donc quil ne faut pas avoir
peur de la mort.
Tout ce chemin permet datteindre un état de conscience
plus élevé. Il est dailleurs intéressant
de noter que certains sujets auraient acquis des dons paranormaux
après une N.D.E.
