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Insolite
La similitude des NDE décrites
sur une période de deux mille ans est assez étonnante.

L'ascension vers
l'empyrée

Jérome Bosch, à la fin du moyen age aurait-il eu connaissance
de cette expérience appélée aujourd'hui , NDE ?. Sa peinture évoque
le puits de lumière passage entre les ténèbres de la mort vers
un au-delà gardé par l'être de lumière.
L'ascension vers l'empyrée, après 1500, Palazzo
Ducale
Venise .Jérome Bosch
Le Bardo Thödol tibétain
Le Bardo est l’état intermédiaire entre la mort terrestre et
la renaissance lors d’une réincarnation ultérieure. Il est constitué
de plusieurs phases et il est remarquable de constater que,
globalement, on retrouve des éléments décrits dans les phases
des N.D.E. d’évolution vers la mort :
- Approche de la mort : suspension dans le vide au-dessus de
son corps physique avec audition de bruits étranges , dans une
lumière grise et brumeuse .
- Le mourant est mort : surprise devant son nouvel état, alors
qu’il se sent inchangé, capable de vois ses proches mais incapable
de les contacter, il a de nouveaux pouvoirs, il assume son propre
jugement avant son retour vers le monde des vivants, la réincarnation.
Antiquité
Platon dans
La République - L'aventure d'Er le Pamphylien - relate la plus
ancienne description d'une expérience de mort imminente.
Il était mort dans une bataille ; dix jours après, comme on
enlevait les cadavres déjà putréfiés, le sien fut retrouvé intact.
On le porta chez lui (...), mais le douzième jour, alors qu'il
était étendu sur le bûcher, il revint à la vie ; quand il eut
repris ses sens, il raconta ce qu'il avait vu là-bas. Aussitôt,
dit-il, que son âme était sortie de son corps, elle avait cheminée
avec beaucoup d'autres et elle était arrivée en un lieu divin.
(...) Celles qui se connaissaient se souhaitaient mutuellement
la bienvenue. (...) Elles parlaient de plaisirs délicieux et
de visions d'une extraordinaire beauté.
Par la suite Er dit s'être retrouvé dans la
cohorte des âmes ayant à choisir leur futur support physique,
humain (réincarnation) ou animal (métempsycose). Ce choix s'effectuait
le plus souvent " d'après les habitudes de la vie précédente
", ajoute Platon dont le récit se poursuit par une scène au
cours de laquelle les âmes, regroupées dans la plaine du Léthé,
boivent l'eau du fleuve Amélès qui rend amnésique. " Quant à
lui, disait Er, on l'avait empêché de boire de l'eau ; cependant
il ne savait point par où ni comment son âme avait rejoint son
corps ; ouvrant tout à coup les yeux, à l'aurore, il s'était
vu étendu sur le bûcher. "
" La République ", Platon utilise
le mythe d'Er afin d'illustrer sa conception de l'immortalité
de l'âme.
Plutarque
(50 -125) décrit le mythe (De sera), extrait de ses
Moralia, la vision " d'après la mort " de Thespesios de Soles
;
Étant tombé d'un endroit assez élevé, la tête la première, il
n'eut point de blessure grave, mais seulement une contusion
qui le fit s'évanouir. On le crut mort, mais trois jours après,
comme on se préparait à l'enterrer, il revint à la vie. Il reprit
en peu de jours ses esprits et ses forces et il se fit dans
sa vie le changement le plus merveilleux. Dans toute la Cilicie,
on ne connut point, de son temps, d'homme plus juste dans les
affaires, plus religieux envers les dieux, plus sûr pour ses
amis et plus redoutable aux ennemis. (...)
Il disait qu'au moment où il perdit connaissance il se trouva
dans le même état qu'un pilote qu'on aurait précipité au fond
de la mer ; qu'ensuite, s'étant peu à peu relevé, il lui sembla
qu'il respirait parfaitement, et que, ne voyant plus que des
yeux de l'âme, il portait ses regards vers tout ce qui l'environnait.
Il ne vit plus aucun des objets qu'il avait coutume de voir,
mais des astres d'une prodigieuse grandeur, séparés entre eux
par des intervalles immenses. Ils jetaient une lumière éblouissante
et d'une couleur admirable. Son âme portée sur cet océan lumineux,
comme un vaisseau sur une mer calme, voguait légèrement et se
portait partout avec rapidité (...).
Il vit l'âme d'un de ses parents, qu'il eut de la peine à reconnaître,
parce qu'il était mort dans son enfance. Mais elle s'approcha
de lui et lui dit : " Bonjour Thespesios ". Surpris de s'entendre
nommer ainsi, il lui fut répondu : " Vous n'êtes pas mort, seulement
la partie intelligente de votre âme est venue ici par une volonté
particulière des dieux ; ses autres facultés sont restées unies
à votre corps comme une ancre qui le retient. La preuve que
je vous en donne, c'est que les âmes des morts ne font point
d'ombre et que leurs yeux sont sans mouvements. " À ces mots,
Thespesios, rentrant en lui-même et s'examinant avec plus d'attention,
voit autour de lui une sorte d'ombre assez obscure qui suivait
tous ces mouvements, au lieu que ces âmes étaient transparentes
et environnées de lumière. (...).
Là il vit encore plusieurs lacs parallèles et remplis l'un d'or
en fusion, et tout bouillant, un autre d'un plomb plus froid
que la glace, le troisième d'un fer très rude. La garde en était
confiée à des génies qui, armés de tenailles semblables à celles
des forgerons, plongeaient dans ces lacs et en retiraient, tour
à tour, les âmes de ceux que l'avarice et une insatiable cupidité
avaient conduits au crime. (...)
Jusque là Thespesios n'avait été que simple spectateur de tous
ces objets, mais comme il était sur le point de s'en retourner
il éprouva toutes les angoisses de la frayeur. Une femme6 d'une
taille et d'une beauté admirable le prit par la main, en lui
disant : " Approchez, je veux que vous conserviez parfaitement
le souvenir de tout ce que vous venez de voir. " En même temps
elle fit mine de le toucher avec une petite baguette rougie
au feu et semblable à celle dont les peintres se servent, mais
un autre l'en empêcha. Alors il se senti saisi par un vent violent
et impétueux qui, l'entraînant avec force, le fit rentrer dans
son corps, et il ouvrit les yeux au moment même où on allait
l'ensevelir.
Thèse de Pierre Dayot," Expérience de l'Imminence
de la Mort - Approche Traditionnelle
Religions et
NDE
La plupart des religions font référence, dans leurs textes
sacrés, à la notion de lumière divine.
Saint-Grégoire (540 - 604)
Pape en 590 fait état dans ses Dialogues de visions rapportées
par certains religieux à l'instant de trépasser ou de personnes
ayant été tenues pour mortes :
Ce vénérable prêtre, ayant vécu fort longtemps,
tomba malade la 40ème année de sa promotion aux Ordres, et fut
travaillé d'une violente fièvre qui le réduisit à l'extrémité
(...). Il était tout épuisé de force et étendu sur son lit comme
une personne morte. Il s'efforça de parler et dit d'un ton assez
vigoureux : " Messieurs soyez les bienvenus. Quelle est votre
bonté de vivifier ainsi votre petit serviteur ? Je m'en vais,
je m'en vais, je vous rends grâce ". Comme il répétait toujours
ces mots, ses amis qui l'assistaient lui demandèrent à qui il
parlait. Il leur répondit avec étonnement : " Ne voyez-vous
pas que les Saints Apôtres sont venus ici ? " Puis, s'étant
de nouveau tourné vers ces saints, il dit : " Me voici, je viens,
me voici, je viens " et, prononçant ces paroles, il rendit l'esprit.
Un soldat fut attaqué de la peste et réduit
à l'extrémité. Il sortit de son corps qui resta mort et sans
âme, mais il y rentra bientôt, et il raconta ce qui lui était
arrivé. Il disait donc qu'il y avait un pont sous lequel passait
un fleuve dont l'eau était noire et d'où s'élevait un nuage
obscur d'une puanteur insupportable. Mais après que l'on avait
passé le pont, l'on entrait dans des prairies bien vertes, riantes
et ornées d'herbes et de fleurs d'une odeur fort agréable, où
il paraissait de petites compagnies d'hommes vêtus de blanc.
L'air y était rempli d'une senteur si douce que ceux qui s'y
arrêtaient en étaient tout parfumés (...). Il y avait aussi
diverses demeures pour chacun, qui étaient pleines d'une grande
lumière, faites d'un assemblage de lames d'or.
Mais ce soldat vit aussi certaines âmes qui ne pouvaient franchir
le fleuve immonde et qui devaient y séjourner en souffrant de
grands tourments, dûs à leur mauvaise vie. Il vit même une âme,
sous forme humaine, qui au passage du fleuve fut tirée par les
jambes par deux êtres infernaux et au même moment deux êtres
célestes, resplendissants, vinrent en le tirant par les bras
pour l'aider.
Bède le vénérable
(673 - 735) Ce moine anglo-saxon, qui vécu lui aussi dans la période
du Haut Moyen-Âge, nous rapporte dans son Historia Ecclesiastica
Gentis Anglorum (Histoire Ecclésiastique de l'Angleterre) l'expérience
à l'approche de la mort que vécut Drythelm.
En 731, ce père de famille, décrit comme un pieux laïc, habitait
la région de Cunningham, tout près de la frontière Écossaise
:
Il tomba gravement malade et, un soir, mourut.
À l'aube, il revint à la vie, mettant en fuite ceux qui veillaient
son cadavre, à l'exception de sa femme terrorisée mais heureuse.
Par la suite, Drythelm partagea ses biens en trois parts, un
tiers pour son épouse, un tiers pour ses enfants, un tiers pour
les pauvres et se retira dans un ermitage isolé de Malros, dans
un méandre de la Tweed. Il y vécut dans la pénitence et quand
il en avait l'occasion racontait son aventure :
Un personnage brillant, de blanc vêtu, l'avait
conduit vers l'est dans une vallée très large, très profonde
et infiniment longue, entourée à gauche de flammes épouvantables,
à droite de terribles rafales de grêle et de neige. Ces deux
versants étaient pleins d'âmes humaines que le vent faisait
passer d'un côté à l'autre sans trêve. Il passa ensuite dans
des lieux de plus en plus obscurs où il ne voyait plus que la
tache claire de son guide. Et soudain surgirent des boules de
feu sombres sautant d'un grand puits et y retombant. Drythelm
se retrouva seul. Dans ces flammes montaient et descendaient,
comme des étincelles, des âmes humaines. Ce spectacle était
accompagné de pleurs inhumains, de ricanements et d'une odeur
fétide. Drythelm remarqua plus particulièrement les tortures
que des démons infligeaient à cinq âmes, dont l'une était un
clerc reconnaissable à sa tonsure, une autre un laïc, une troisième
une femme. Alors qu'environné de diables qui menaçaient de le
saisir avec des pinces de feu, Drythelm se croyait perdu, soudain
une lumière apparut, grandit comme celle d'une étoile brillante.
Les diables se dispersèrent et fuirent.
Son compagnon était revenu et, changeant de
direction, le ramena en des lieux lumineux. Ils parvinrent à
un mur d'une longueur et d'une hauteur que son oeil ne put embrasser,
mais ils le franchirent d'une façon incompréhensible et Drythelm
se retrouva dans une prairie vaste et verte, pleine de fleurs,
brillante et parfumée. Des hommes vêtus de blanc y tenaient
par groupes innombrables de joyeuse réunions11
Drythelm traversa la prairie, une lumière encore
plus douce s'intensifia peu à peu, des chants très doux s'élevèrent,
un parfum l'entoura auprès duquel celui qu'il avait senti dans
la prairie n'était qu'une toute petite odeur, et la lumière
était devenue si brillante que celle de la prairie ne lui apparaissait
plus que comme une faible lueur. Il espérait entrer dans ces
lieux merveilleux quand son guide le força à rebrousser chemin
jusqu'au séjour riant des âmes vêtues de blanc.
" Tu dois maintenant retourner à ton corps et
revenir parmi les hommes. " Sur ces mots Drythelm fut triste
d'avoir à retourner à son corps et contempla avidement le charme
et la beauté du lieu où il se trouvait, et la compagnie qu'il
y voyait. Mais pendant qu'il se demandait, sans oser le faire,
comment poser une question à son guide, il se retrouva vivant
parmi les hommes.
Saint Paul,
apôtre des païens, vécut lui-même une NDE :
« Je connais quelqu’un, confie-t-il à propos de lui-même,
qui, voici 14 ans (étais ce avec son corps? Je ne sais ; Etait-ce
hors de son corps? Je ne sais ; Dieu le sait), cet homme là
fut ravis jusqu’au troisième ciel. Et cet homme là (était
ce en son corps? Je ne sais ; Dieu le sait). Je sais qu’il
fut ravis jusqu’au paradis et qu’il entendit des paroles ineffables,
qu’il n’est pas permis à un homme de redire ».
Aveugles et NDE
Marlyse Tschui ( Edicom - Edipresse Publications
s.a.)
“C’était comme si j’avais toujours été capable de voir. C’était
si naturel, presque comme si j’avais pu voir pendant toute ma
vie. D’ailleurs je n’ai jamais compris pourquoi je n’arrivais
plus à voir une fois que j’étais retourné dans mon corps, parce
que c’était tout à fait normal de voir. Je me suis dit que je
devrais pouvoir ramener cela avec moi en revenant à la vie.
Comme si la vue était quelque chose que j’avais toujours eu,
je me sentais tout à fait à l’aise avec le fait de voir.”*
Aveugle de naissance, cet homme s’est confié dans le cadre d’une
enquête menée aux Etats-Unis par le professeur Kenneth Ring.
Objectif de cette nouvelle investigation sur les NDE, ou near
death experiences (lire encadré): vérifier des rumeurs affirmant
que des aveugles disposaient de la faculté de voir au moment
précis où ils se trouvaient aux portes de la mort.
Comme les voyants avant eux, les aveugles ont décrit la scène
qui se déroulait “sous leurs yeux” entre le moment où ils ont
été déclarés mort cliniquement et celui où ils ont été réanimés.
Ils ont pu non seulement restituer les dialogues des soignants
sur le lieu de l’accident ou dans la salle d’opération après
leur arrêt cardiaque, mais aussi fournir des détails visuels
vérifiables sur leur environnement, les personnes présentes
et les gestes entrepris pour leur réanimation. A leur grand
étonnement, ils voyaient! Et à leur grande déception, ils se
sont retrouvés aveugles en revenant à la vie. Pour nombre d’entre
eux, le fait d’accéder subitement à la vision a été très troublant.
“Au début, c’était effrayant. J’avais de la peine à établir
un lien entre ce que je voyais et percevais par rapport à
ce que j’avais l’habitude de reconnaître par le toucher. Voir
ne correspondait en rien à ce que j’avais connu pendant toute
ma vie.” “Bien sûr j’ai tout vu, l’équipe médicale, mon corps
disloqué, la voiture qui tombait dans le ravin, les gens qui
couraient dans tous les sens; j’ai tout vu, mais pourtant
je ne suis pas convaincu que “voir” est le terme juste.” "J'avais
de la peine à établir un lien entre ce que je voyais et percevais
par rapport à ce que j'avais l'habitude de reconnaître par
le toucher."
“Comment expliquer cela avec des mots? C’était comme entendre
des paroles et ne pas être en mesure de les comprendre, tout
en sachant qu’il s’agit bien de paroles, en partant du principe
qu’avant on n’avait jamais rien entendu. Il s’agissait de quelque
chose de complètement nouveau pour moi.”
“La seule chose dont je sois sûr concernant
ces images, c’est qu’elles venaient à moi sous forme de conscience
et que j’étais conscient de ces images d’une manière que je
ne m’explique toujours pas à ce jour. Je ne pourrais pas vraiment
dire qu’elles étaient visuelles, parce que je n’avais jamais
rien connu de tel auparavant.”
Carl Gustav JUNG
Carl Gustav JUNG (1875 - 1961) lorsqu'il fut hospitalisé
à la suite d'une crise cardiaque, au début de l'année 1944 fit
la description dans son autobiographie d'une NDE.
(...) Les images avaient une telle violence que j'en conclus
moi-même que j'étais tout près de mourir.
Mon infirmière me dit plus tard : " Vous étiez
comme entouré d'un halo lumineux ! " C'est un phénomène
qu'elle avait parfois observé chez les mourants.(...)
Je croyais être très haut dans l'espace cosmique.
Bien loin au-dessous de moi j'apercevais la sphère terrestre
baignée d'une merveilleuse lumière bleue (...)
Évidemment je voyais aussi les sommets enneigés
de l'Himalaya, mais tout y était brumeux et nuageux (...)
Je savais que j'étais en train de quitter la terre. (...)
Le spectacle de la terre vue de cette hauteur était ce
que j'ai vécu de plus merveilleux et de plus féerique.
(...) Quelque chose de nouveau entra dans mon champ visuel.
À une faible distance, j'aperçus dans l'espace
un énorme bloc de pierre, sombre comme un météorite,
à peu près de la grosseur d'une maison, peut-être
même plus gros. La pierre planait dans l'univers et je
planais moi-même dans l'espace.
J'ai vu des pierres semblables sur la côte du Bengale
(...). Ma pierre était aussi un de ces sombres et gigantesques
blocs. Une entrée donnait accès à un petit
vestibule ; à droite, sur un banc de pierre, un indien
à la peau basanée était assis dans la position
du lotus, complètement détendu, en repos parfait
; il portait un vêtement blanc. Ainsi, sans mot dire,
il m'attendait. Deux marches conduisaient à ce vestibule
; à l'intérieur, à gauche, s'ouvrait le
portail du temple (...)
Quand je m'approchai des marches par lesquelles on accédait
au rocher, je ressentis une très étrange impression
: tout ce qui avait été jusqu'alors s'éloignait
de moi. Tout ce que je croyais, désirais ou pensais,
toute la fantasmagorie de l'existence terrestre se détachait
de moi ou m'était arrachée ; processus douloureux
à l'extrême. Cependant quelque chose en subsistait,
car il me semblait avoir alors, près de moi, tout ce
que j'avais vécu ou fait, tout ce qui s'était
déroulé autour de moi. Je pourrais tout aussi
bien dire : c'était près de moi et j'étais
cela ; tout cela en quelque sorte me composait. J'étais
fait de mon histoire et j'avais la certitude que c'était
bien moi. (...) Cet événement me donna l'impression
d'une extrême pauvreté, mais en même temps
d'une extrême satisfaction. Je n'avais plus rien à
vouloir, ni à désirer ; j'étais pourrait-on
dire, objectif, j'étais ce que j'avais vécu. (...)
Plus aucun regret que quelque chose fût parti ou enlevé.
Au contraire : j'avais tout ce que j'étais et je n'avais
que cela.
J'eus encore une autre préoccupation : tandis que je
m'approchais du temple, j'avais la certitude d'arriver dans
un lieu éclairé et d'y rencontrer le groupe d'humains
auquel j'appartiens en réalité. Là je comprendrais
enfin, cela aussi était pour moi une certitude, dans
quelle relation historique je me rangeais, moi ou ma vie. Je
saurais ce qui était avant moi, pourquoi j'étais
devenu ce que je suis et vers quoi ma vie continuerait à
s'écouler...
Tandis que je méditais sur tout cela, un fait capta mon
attention : d'en bas, venant de l'Europe, une image s'éleva
: c'était mon médecin, ou plutôt son image,
encadrée d'une chaîne d'or ou d'une couronne dorée
de lauriers. Je me dis aussitôt : " Tiens ! c'est
le médecin qui m'a traité ! "
Dans une vie antérieure il aurait été le
roi de cette île où l'on avait érigé
un temple en hommage à Esculape, dieu romain de la médecine,
mais aussi lieu de naissance d'Hippocrate, modèle de
l'éthique médicale. Jung poursuit :
Quand il fut arrivé devant moi, planant comme une image
née des profondeurs, il se produisit entre nous une silencieuse
transmission de pensées. Mon médecin avait été
en effet délégué par la terre pour m'apporter
un message : on y protestait contre mon départ. Je n'avais
pas le droit de quitter la terre et devais y retourner. Au moment
où je perçus ce message, la vision disparu.
J'étais déçu à l'extrême ;
maintenant tout semblait avoir été en vain. Le
douloureux processus de " l'effeuillement " avait
été inutile : il ne m'était pas permis
d'entrer dans le temple ni de rencontrer les hommes parmi lesquels
j'avais ma place. (...) En réalité, il se passa
encore trois bonnes semaines avant que je pusse me décider
à revivre, je ne pouvais pas me nourrir, j'éprouvais
du dégoût pour tous les mets.
Par la suite, le compte rendu relate la déception de
Jung d'être revenu à la vie, " La vie et le
monde entier m'apparaissaient comme une prison... ", avant
de s'achever sur une funeste prémonition :
Je ressentais de la résistance face à mon médecin
parce qu'il m'avait ramené à la vie. Par ailleurs,
j'éprouvais du souci à son sujet : " Par
Dieu, il est menacé ! Ne m'est-il pas apparu sous sa
forme première ? Lorsque quelqu'un en est arrivé
à cette forme, c'est qu'il est sur le point de mourir
" (...). J'essayai de mon mieux de lui en parler, mais
il ne comprît pas. (...) J'avais la ferme conviction qu'il
était en danger parce que je l'avais rencontré
dans sa forme originelle.
En effet je fus son dernier malade. Le 4 avril 1944, je sais
encore très exactement la date, je fus autorisé,
pour la première fois, à m'asseoir sur le bord
du lit et ce même jour, il se coucha pour ne plus se relever.
(...) Après cette maladie commença pour moi une
période fertile de travail. Bon nombre de mes oeuvres
principales ne furent écrites qu'après. La connaissance
ou l'intuition de la fin de toutes choses me donnèrent
le courage de chercher de nouvelles formes d'expression.
On ne peut certainement pas écarter du
récit de Jung l'influence de ses thèmes d'étude,
de ses voyages et de son attrait pour les cultures orientales,
hindoues plus particulièrement. Il n'empêche que
l'on y rencontre de fortes similitudes, riches de composantes
transcendantales, avec notre " EMI standard "
C. G. Jung, " Ma vie ", pages 331 à 337,
Liz Taylor
Liz Taylor a fait 'une allusion discrète à une NDE dans
une interview réalisée Paris-Match, numéro 2228
du 6/02/92
Ce qui m'a sauvée, c'est mon opiniâtreté. Ma rage de vivre.
Je sais, tout au fond de moi, que la vie est une bonne chose
et que tout va s'arranger. C'est une force vitale qui me vient
de Dieu. Peut-être aussi du fait que je n'ai pas peur de la
mort, puisque je suis déjà morte une fois. Il y a trente ans,
à Londres, j'ai été déclarée morte. J'avais une très forte pneumonie,
et j'ai arrêté de respirer pendant cinq minutes. Et, pendant
que j'étais morte, j'ai traversé un long tunnel, jusqu'à ce
que je vois de la lumière. Mike Todd (son mari défunt) m'attendait
au bout du tunnel, et il m'a dit : " Tu dois repartir, tu ne
peux pas t'en aller maintenant. Il faut que tu retournes là-bas
et que tu te battes. " Et c'est ce que j'ai fait.
E. Kubler-Ross
Le cas de M. Schwartz, souvent cité, a
été rapporté par E. Kubler-Ross.
La patiente perdit connaissance à la suite dune
hémorragie interne et fut mise en réanimation.
Dans cet état, elle se vit flotter dans lair, assister
aux efforts de léquipe médicale, entendant
dialogues et remarques, consciente des circonstances mais incapable
de communiquer. Considérée comme morte, elle fut
envoyé à la morgue de lhôpital et
provoqua la frayeur des agents hospitaliers quand elle revient
à elle et se dressa. Elle fit alors état de son
expérience " à la frontière de la
mort " à E. Kubler-Ross.
Peu de temps après, épuisée,
E. Kubler-Ross décida daller se reposer. Marchant dans
le couloir de lhôpital, elle vit Mme Schwartz, apparemment
valide, se rendre dans son bureau, y signer une note attestant sa
visite, avant de disparaître... Lécriture et
la signature étaient sans contestation celles de la patiente
vivante ! La malade mourut un peu plus tard sans avoir quitté
sa chambre.
La NDE et l'OOBE
Le Dr Jean-Pierre Jourdan a étudié ces expériences qui regroupent
aussi bien des expériences contemporaines que des techniques décrites
depuis des millénaires par d’autres cultures et qui peuvent être
classées en deux catégories :
- Dans la première catégorie, les expériences spontanées dont
font partie les NDEs et où l’on retrouve aussi les OBEs (out-of-body
experience) au cours desquelles une personne se perçoit comme
étant à l’extérieur et à distance de son corps physique. On trouve
aussi dans cette première catégorie les expériences mystiques
et religieuses.
- La deuxième catégorie concerne les expériences provoquées ou
recherchées, soit par différentes techniques de relaxation (utilisant
par exemple la maîtrise de la respiration ou l’isolement sensoriel)
ainsi que par le neurobiofeedback qui peuvent aider à vivre une
OBE, soit par des techniques physiques et/ou spirituelles comme
le yoga ou la méditation transcendantale, qui peuvent conduire
à ce qu’on appelle un "réveil de kundalini". La kundalini est
dans la tradition hindoue une "énergie ou force évolutive" symbolisée
par un serpent lové à la base de la colonne vertébrale, dont l’éveil
puis l’ascension va ouvrir les différents centres énergétiques
appelés chakras, puis, atteignant le dernier au sommet du crâne,
éveillera la conscience à une réalité supérieure. Cet éveil qui
peut se faire sur des mois ou des années est accompagné de symptômes
physiques et psychiques ainsi que de conséquences étonnamment
similaires à ceux rapportés par les témoins de NDEs.
En dehors de la tradition hindoue, de nombreuses autres traditions
semblent posséder ainsi leur propre technique, élaborée de manière
empirique, permettant d’accéder à un état de conscience particulier,
et qui, quelle que soit la méthode utilisée, présente toujours
de grandes similitudes avec les NDEs. Ainsi, il existe beaucoup
d’états modifiés de conscience, spontanés ou recherchés, possédant
de nombreux points communs avec les NDEs, tant au niveau du déroulement
de l’expérience qu’au niveau de ses répercussions ou de ses effets
à long terme sur les témoins, et tous semblent conduire à une
transformation allant dans le sens d’une évolution personnelle.
La sensation de faire partie d’un Tout, une conscience élargie,
ainsi que l’apparition de facultés psychiques extraordinaires
sont couramment décrites à la suite de ces expériences.
En essayant d’établir un parallèle entre ces techniques et les
expériences de Penfield ou celles vécues sous kétamine, le Dr
Jourdan aboutit à une hypothèse complexe et intéressante. L’hippocampe
apparaît alors comme la cible commune à tous ces chemins d’accès
à un autre état de conscience qui permettraient d’isoler et de
libérer la conscience du flux d’information dont les organes des
sens la saturent constamment, lui permettant d’accéder à un autre
niveau de perception. Cette précision quant aux circonstances
où surviennent de telles expériences est importante car, vu sous
cet angle, les expériences de mort imminente pourraient être en
fait interprétées comme des expériences de "vie imminente", c’est-à-dire
des circonstances particulières au cours desquelles se produirait
plus facilement la libération d’un formidable potentiel de l’esprit
humain, insoupçonné mais à la portée de tout un chacun à n’importe
quel moment de sa vie. D’autre part, l’étude de ces états de conscience
particuliers associés à des techniques très bien codifiées pourrait
être plus facile que l’étude des états associés aux NDEs pour
lesquels nous n’avons pour l’instant que des témoignages à posteriori.
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