Hypothèses biologiques

Les EMI peuvent également être présentées comme une hallucination
déclenchée par la réaction du cerveau à certains produits pharmaceutiques
administrés pour soulager la douleur d'un mourant.
noesysLe cerveau est un organe excessivement complexe avec ses
dix milliards de neurones et ses innombrables connexions où interfèrent
des processus chimiques et électriques multiples.
Le cerveau fabrique ses propres morphines (les endorphines),
emploie des neuromédiateurs, molécules à actions hormonales, telles
les catécholamines (dopamine, adrénaline, noradrénaline) aux fonctions
spécifiques variées.
Anesthésie
à la Kétamine
La kétamine (qui n'est plus utilisée depuis la fin des années
80) est un anesthésique hallucinogène à courte durée d'action
provoquant une anesthésie dite "dissociative" car les patient
déconnectés de tous stimuli extérieurs se sentaient
à tel point séparés de leur corps qu'ils
ne percevaient plus la douleur de l'opération avec l' impression
de mourir, de quitter son corps, de traverser un tunnel;
La kétamine provoquant des dissociations
de personnalité, fut pour ces raisons supprimée.
L'état altéré de conscience qui en résulte se rapproche semblerait-il
beaucoup de celui associé à une NDE,
L'étude de l' action de la Kétamine (Karl Jansen) montre qu'elle
se fixe sur les récepteurs neuronaux NMDA: N-méthyl-D-aspartate
et les bloque. Les récepteurs NMDA sont normalement activés par
une molécule naturelle: le glutamate.
Le glutamate
Le glutamate joue un rôle vital dans tous les processus
cognitif auquel participe le cortex : la pensée, la
mémoire et la perception. Les neurones à glutamate sont
essentiellement situés dans le cortex et dans l'hippocampe, formation
cérébrale impliquée dans les processus de mémoire et dans les
émotions, qui intègre les signaux en provenance de nombreuses
parties du cerveau. Lorsque survient un manque d'oxygène,
une réduction du flux sanguin ou du taux de sucre dans
le sang ou encore une crise d'épilepsie, le glutamate est
libéré en quantité excessive. A forte dose
cette molécule est toxique pour les neurones, il y a donc
de fortes chances pour qu'en cas de surproduction de glutamate
, le cerveau dispose de moyens de protection naturels qui viennent
également bloquer le récepteur afin d'éviter
une surexcitation fatale aux neurones.
Cela pourrait être une explication des NDE non médicamenteuses.
Cependant ce modèle ne s'applique qu'aux cas où il y a anoxie
et s’accorde mal avec l'exceptionnelle mémorisation associée à
ce type d'expérience.
Les
endorphines
Substances proches de la morphine, naturellement sécrétées par
le cerveau en période de stress, les endorphines masquent la douleur
immédiate dans, par exemple, un accident corporel important.
Les visions naîtraient d'une dernière décharge
d'endorphines émise par le cerveau dans la transe mortelle.
En effet, au seuil de la mort, les endorphines, molécules proches
de l'opium, sont sécrétées en abondance dans les états de mort
imminente sans provoquer aucune hallucination. Sans être directement
à l'origine des NDE, les endorphines sont certainement responsable
de la sérénité décrites par les témoignages.
En génant l'activité de l'hippocampe (rôle fondamental
dans les processus de mémorisation) , la réactivation simultanée
de nombreux souvenirs s'expliquerait également.
L'explication fondée sur les endorphines comporte des failles.
Si le cerveau cherchait à nous protéger de la douleur, il le ferait
avec des images agréables. Or toutes les EMI ne sont pas agréables:
certaines de ces expériences sont en effet associées à d'affreuses
visions.
On pourrait reproduire les effets des NDE à l'aide de molécules
appropriées. Paul Minaki donne des exemples de ce genre d'effets,
dus à certains anesthésiques, dans l'introduction du second livre
de R. Moody Lumières nouvelles sur 'la vie après la vie'(Robert
Laffont, 1978).
Hypothèses neurologiques

Les neurologues soulignent que les désordres consécutifs à des
attaques cérébrales présentent des analogies avec les N.D.E. :
Le Dr Michael Persinger, professeur de neurosciences au Canada,
estime que les forces électromagnétiques sont à la source d'un
grand nombre d'expériences dites paranormales. Persinger effectua
plusieurs expériences au cours desquelles, en soumettant le cerveau
de sujets à des impulsions électromagnétiques, il parvenait à
déclencher chez eux des expériences de mort imminente. Il prétend
ainsi pouvoir provoquer «n'importe quelle expérience d'un genre
similaire». Selon l'avis de Persinger, la totalité des phénomènes
dits parapsychologiques trouveraient leur explication dans l'activité
des lobes temporaux: « Toute expérience provient du cerveau ;
il nous faut donc simplement déterminer à quel type d'activité
électrique correspond telle ou telle expérience. »
Le lobe temporal :
Les lésions du lobe temporal provoquent un " bruit " annonciateur
du début de la crise. De plus, si on admet que le lobe temporal
puisse jouer un rôle dans la mémorisation, il peut être à l’origine
de la vision panoramique de la vie passée. En fait, dans les attaques
cérébrales, il arrive effectivement que le passé défile rapidement
dans la mémoire, mais de façon non sélective, sans ordre logique,
sous la forme de flashs successifs non cohérents.... alors que
dans les N.D.E., le passé est panoramique, ordonné, lié à un jugement
moral de l’existence. Au " réveil ", le souvenir résiduel après
une attaque cérébrale est généralement confus, alors que celui
lié à une N.D.E. est précis et net.
En 1955, le neurochirurgien W. Penfield a mené des expériences
de stimulation électrique directe sur certaines zones du lobe
temporal qui ont provoqué chez les patients des sensations diverses
fréquemment associées aux NDEs, comme la sensation de décorporation,
l'impression de traverser un tunnel ou des visions mystiques (Penfield,
1975). Les zones du cerveau qui assurent le traitement et la redistribution
de l'information (hippocampe, amygdale et système limbique) sont
directement reliées au lobe temporal, en particulier par des neurones
dont le neurotransmetteur est la sérotonine. Cependant, la grande
majorité des neurones du cortex cérébral utilisent le glutamate
comme neurotransmetteur et seulement très peu de cellules utilisent
la sérotonine.
Les lobes occipitaux :
Les lobes occipitaux sont le siège de la vision. Il est possible
qu’une anoxie de ces lobes puisse donner une impression de lumière.
Toutefois, les neurologues n’arrivent pas à comprendre comment
les sujets ayant une N.D.E. (comme lors de voyages hors du corps
d’ailleurs) sont capables d’assister aux événements qui se passent
autour d’eux - considéres comme morts ou tout au moins inertes
-(gestes des équipes médicales, conversations, appareillages utilisés...)
aussi bien dans la salle que dans d’autres lieux voisins... avec
une netteté et une précision absolues, alors que les membres de
l’équipe médicale gardent beaucoup moins de souvenirs.
E. Kubler Ross cite le cas d’un aveugle, en état de mort clinique,
qui ramené à la vie, fut capable de raconter l’agitation de l’équipe
médicale autour de son corps, avec les couleurs des blouses, les
gestes, les cheveux... qui lui étaient inaccessibles à l’état
normal !
Selon Bruno Duroux, neurochirurgien, " l'hypothèse neurophysiologique
la plus probable à propos des N.D.E. est celle d'une libération
finale de neuropeptides, molécules servant à la circulation des
informations dans le cerveau. sorte de réaction programmée du
cerveau face â l'ultime épreuve. " Mais cette hypothèse n'a pu
être vérifiée car " aucune équipe scientifique n'accepterait de
poser des capteurs d'électro-encéphalogramme sur le crâne d'une
personne à l'agonie.
Une protection :

Selon certains, la NDE serait un phénomène
pathologique de dépersonnalisation, voisin de la schizophrénie.
En quelque sorte, une réponse de l'organisme à la
peur de la mort par un phénomène de neuroprotection qui serait à
l'origine d'une "déconnexion" de la conscience et du besoin de se
protéger face à l'imminence de sa propre mort en se réfugiant dans
un monde de fantasmes construit à partir de croyances conscientes
et/ou inconscientes.
Hypothèse psychanalytique
La thèse psychanalytique, défendue en particulier par R. Noyes
(Université de Iowa - U.S.A.) suppose que l’inconscient, gravement
menacé à la mort, cherche une issue dans le souvenir de l’utérus
maternel protecteur. Le souvenir de l’accouchement pourrait aussi
réapparaître : tunnel obscur, lumière... Sur 104 cas examinés
par lui, la vision de la vie passée ou le sentiment de paix sont
confirmés, mais Noyes pense que l’esprit rejette la réalité de
la mort à l’aide d’un processus complexe associant le sentiment
de dépersonnalisation (détachement du corps) à une extrême vigilance
de l’attention (sens aiguisées, notion perturbée du temps, pensées
exaltées...), et que ce processus permet alors de faire face au
traumatisme énorme de la mort.
Etats altérés
de la conscience et phénomènes paranormaux
Il ne fait aucun doute que ces expériences sont réelles,
mais sont-elles dues au fait que l'esprit se détache du corps
à l'approche de la mort ? Cet état de perception accrue correspondrait-il
alors à des capacités psychiques inexploitées?
Les travaux de K. Ring, psychologue, spécialiste des états altérés
de conscience (Université Connecticut - U.S.A. - 1980), ont confirmé
ceux du Docteur R.Moody : existence des N.D.E., absence de l’influence
culturelle ou religieuse... Ils ont aussi confirmé l’existence
de processus physiologiques particuliers : métabolisme plus lent,
tension artérielle abaissée, augmentation importante de la sensibilité
électrique (pouvant même provoquer des dysfonctionnements des
appareillages électriques : on rejoint les phénomènes paranormaux
!).
Le cardiologue B. Sabom (Université Atlanta - U.S.A. - 1982),
d’abord opposé et sceptique attribuait les phénomènes décrits
soit à l’anoxie modifiant les réactions neuronales, soit à l’action
de drogues médicamenteuses administrées aux mourants. Après l’étude
de 116 cas, il admit la réalité des phénomènes, ce qui, compte
tenu de la diversité des personnes et de la concordance de leurs
témoignages, conduit à supposer l’existence d’un état de conscience
très particulier " à la limité de la vie et de la mort ". Il "
se passe quelque chose ".
Les expériences de mort imminente pourraient être générées
par des circonstances particulières au cours desquelles se produirait
plus facilement la libération d’un formidable potentiel de l’esprit
humain, insoupçonné mais à la portée de tout un chacun à n’importe
quel moment de sa vie. Cet état de perception accrue correspondrait-il
alors à des capacités psychiques inexploitées?
Drogues psychédéliques
Certaines substances hallucinogènes, comme le fameux LSD,
surexcitent l'activité cérébrale et la perturbent, induisent un
état mental très différent de celui associé aux NDEs et impliquent
en général un accroissement énorme de l'entrée de stimuli sensoriels
en provenance de l’environnement qui contraste avec la perte de
contact avec le monde extérieur qui accompagne une NDE.
Extases religieuses
Les grandes traditions religieuses
préconisent le jeûne, l’ascèse, la solitude pour accéder aux plans
supérieurs de conscience. Ce qui obligent
à se poser des questions sur les rapports entre conscience et
cerveau, certaines caractéristiques récurrentes obligent aussi
à envisager une réflexion sur notre conception de l'univers, certaines
implications des NDE rejoignant parfois des conceptions millénaires
plus ou moins universelles , en particulier dans les mystiques
orientales.
Le père Patrick Verspieren , conseiller scientifique à l'Episcopat
et directeur du département d'éthique biomédicale du centre de
Sèvres, ainsi que rédacteur à la revue Etudes, considére
que les N.D.E.ne doit être assimilée à la mort, celle-ci étant
un phénomène total, définitif et irréversible.
Inconscient collectif