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Karl
PRIBAM
Le cerveau hologramme infini.

L'hologramme
L'hologramme mis au point par Denis Gabor s'obtient en divisant
un unique rayon de lumière pure (un laser) en deux faisceaux distincts.
Le premier rebondit sur l'objet à reproduire. Le second, acheminé
par un jeu de miroir, entre en collision avec les ondes lumineuses
diffractées du premier. Il en résulte un système de franges d'interférences
qui va s'enregistrer sur une émulsion photosensible. Mais, à la
différence de ce qui se produit en photographie, l'ensemble des
informations sont enregistrées sur chaque fragment du support.
Même si l'on brise une plaque holographique en mille morceaux,
chaque fragment pourra être utilisé pour reconstituer l'image
entière.
L'hologramme et le cerveau

Cet aspect fascina Pribram, neurochirurgien américain
d'origine tchèque, car il y vit une métaphore du
mode de répartition des souvenirs dans le cerveau qui abrite,
dans chacune de ses parties, de quoi reconstruire un souvenir
dans son intégralité. Le cerveau est donc un hologramme, capable
d'emmagasiner d'énormes quantités d'informations dans un très
petit espace, de même qu'un seul centimètre cube de film holographique
peut contenir jusqu'à dix milliards de bits d'informations. Cette
découverte fondamentale allait s'avérer vraie à l'échelle du cosmos
sous l'impulsion de David Bohm.
Selon David Bohm notre appareil
sensoriel ne nous permet pas en temps normal d'exister consciemment
de manière simultanée à la fois dans
le passé et dans le futur, ou d'être à
la fois ici et là-bas. Ce qui, en revanche, est "
possible " dans certains des états modifiés
de conscience traités. Voilà qui laisse à
penser que ces EMC pourraient relever, en plus des modalités
biochimiques dont on a fait l'hypothèse, d'un fonctionnement
holographique de la conscience.
En définitive, le plan
de la réalité dans lequel vibrent
les ondes électro-magnétiques est
aussi celui de l'ordre implié de
Bohm. Pribam reprend d'ailleurs à son compte
les arguments du physicien et se demande si la
spiritualité et la science, dans leur conception
de la conscience, ne se seraient pas finalement
rejointes :
Les limites
ordinaires de l'espace et du temps, telles
que n'importe quelle espèce de lieu,
disparaissent (...). D'une certaine manière,
tout se produit en même temps, synchroniquement.
Mais on se trouve à même de
discerner ce qui se passe par l'interprétation
de diverses coordonnées, dont l'espace
et le temps sont les plus utiles à
notre perception du domaine ordinaire des
apparences.
-
(...) En tant que moyen
de concevoir la conscience, la théorie holographique
est très proche des mystiques et des philosophies orientales.
Il faudra un certain temps avant que l'on se familiarise avec
un ordre de réalité différent de celui
du monde des apparences. Il me semble que certaines des expériences
mystiques décrites depuis des millénaires commencent
à paraître scientifiquement vraisemblables.
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