Des scientifiques ont trouvé que les personnes ayant eu
des expériences de mort imminente seraient
différentes des autres, c'est-à-dire qu'elles présenteraient
plus fréquemment des désordres du cycle du sommeil
et que, chez elles, la frontière entre le sommeil et l'éveil
serait "floue".
Une étude publiée dans lédition davril
2006 de Neurology, le journal scientifique de lAcadémie
américaine de neurologie a comparé 55 personnes qui
avaient eu des expériences de mort imminente à 55
personnes du même âge et même sexe qui navaient
jamais eu dexpérience de mort imminente.
Parmi ceux qui ont fait des expériences de mort imminente,
60 % ont rapporté avoir ces états dintrusion
de sommeil paradoxal, comparé à 24 % des gens qui
nont pas eu dexpérience de mort imminente.
De tels états sont, par exemple, que la personne a la sensation
de ne pas pouvoir bouger quand elle se réveille, dentendre
des bruits juste avant de sendormir ou juste avant de se réveiller,
ou davoir des faiblesses soudaines dans les muscles des jambes.
La sensation dêtre en dehors de son corps est associée
à des expériences de mort imminente, à létat
de sommeil paradoxal et aux états de paralysie du sommeil,
de narcolepsie et dattaques.
Dans ces états, les mouvements rapides des yeux (qui ont
lieu durant le sommeil paradoxal) pourraient être causés
par la réponse du corps à ce que la conscience est
effectivement en train de vivre.
Pendant létat de sommeil paradoxal, les muscles peuvent
aussi perdre leur tension normale. On pourrait expliquer cela par
une perte de la connexion qua normalement la conscience avec
le cerveau, où, comme le propose Dr Nelson, labsence
de force musculaire due à une intrusion du sommeil paradoxal
pourrait renforcer l « illusion » de mort.
« Pendant une crise qui a lieu durant une intrusion de sommeil
paradoxal, cet absence de force musculaire pourrait renforcer la
sensation de mort dune personne et de donner limpression
à dautres quelle est morte », dit il.
Principaux résultats: les chercheurs ont conclu que
les personnes du premier groupe (avec EMI) «étaient
plus susceptibles davoir un système sommeil-éveil
dont les frontières entre le sommeil et léveil
ne sont pas aussi clairement régulées». Il est
probable que la frontière entre les états éveillés
et endormis soit moindre chez les gens ayant eu des expériences
de mort imminente et quil est plus probable quils fassent
lexpérience de ce que létude appelle «
des états dintrusion du sommeil paradoxal » pendant
que la personne est éveillée.
On peut expliquer ces résultats de deux façons.
Soit lexpérience de mort imminente était le
résultat dune réelle sortie de la conscience
de la personne hors du corps, ayant parfois comme résultat
une connexion plus souple entre la conscience et le corps, ce qui
fait que ces personnes sont plus enclins à avoir des états
dintrusion du sommeil paradoxal. Soit, les personnes étant
prédisposés dans un premier temps à des états
dintrusion de sommeil paradoxal pourraient être plus
susceptibles de faire des expériences « illusoires
» de mort imminente ou dexpériences en dehors
du corps, qui sont en fait eux-mêmes des intrusions du sommeil
paradoxal.
Lauteur de létude, Kevin R. Nelson, MD, de luniversité
du Kentucky à Lexington pense que « Les gens qui font
des expériences de mort imminente pourraient avoir un système
déveil qui les prédispose aux intrusions du
sommeil paradoxal », dit-il. Le Dr Nelson affirme que la sensation
dêtre entouré de lumière pourrait être
basée sur lactivité visuelle qui a lieu durant
létat de sommeil paradoxal.
A déterminer quand même, lequel est apparu en premier
: lintrusion du sommeil paradoxal ou la mort imminente ?
Pour ce qui est de la nature des EMI, deux écoles
de pensée continuent à saffronter sur ce sujet
fortement débattu: ceux qui affirment que ce phénomène
est une preuve de lexistence et de la survie dune conscience
après la mort, et les sceptiques qui estiment que les expériences
vécues lors des NDE peuvent sexpliquer par le délire
dun cerveau mourant en manque doxygène.
Dans le premier clan, on remarque Pim van
Lommel qui estime que 18% des patients ayant vécu une "mort
clinique" disent avoir eu une EMI et que cette proportion devrait
être plus élevée si elle était provoquée
par un manque d'oxygène (anoxie) du cerveau. Dans le clan
adverse, on peut notamment mentionner la parapsychologue Susan Blackmore
qui a été la première à faire des liens
entre les expériences caractéristiques des EMI (tunnel,
lumière intense, etc.) et l'anoxie cérébrale.
En résumé : terrain particulier prédisposant
à ce genre de sensations et troubles d'un cerveau en manque
d'oxygène pour le tunnel.
L'étude : [Référence
: People with Near Death Experiences Can Differ in Sleep-Wake Control
par Kevin R. Nelson (Neurology 2006; 66:1003-1009), article paru
dans la section Views & Reviews de la revue Neurology de l'American
Academy of Neurology (édition du 11 avril 2006).