Aux confins de l'Afrique du Sud, le 22 janvier, les Zoulous avaient,
en moins d'une heure, surpris, attaqué et tué huit cents
soldats et trente officiers de la vaillante armée britannique.
Dès qu'il en est informé, le cabinet de Londres décide
l'envoi de troupes importantes pour une expédition punitive,
et les engagements de volontaires et de jeunes officiers se multiplient.
Le Prince impérial Louis Napoléon, fils de Napoléon
III fait part au ministre de la Guerre de son désir de s'engager,
mais le duc de Cambridge refuse. Ne se tenant pas pour battu, le prince
supplie sa mère, l'impératrice Eugénie, éxilée
en angleterre, d'intervenir auprès de la reine Victoria et,
devant une telle pression, mais avec beaucoup de réticences,
l'autorisation est enfin accordée, le 24 février.
Il s'embarque à Southampton et arrive Au Cap le 26 mars.
Quelques jours plus tard, la division se met en marche pour gagner
le pays zoulou. Le 30 mai au soir, le colonel Harrison donne au prince
une mission de reconnaissance. Il s'agit, sous la protection d'une
petite escorte, de repérer, au pied du mont Itelezi, le prochain
lieu de campement de la division et de faire les relevés topographiques
indispensables. L'escorte, commandée par le lieutenant Carey,
assisté d'un sergent, sera formée de cinq hommes de
troupe et conduite par un indigène rallié. La consigne
du colonel Harrison à Carey est claire : "You will look
after the prince" ("Vous veillerez sur le Prince").
A 8 heures, le dimanche 1er juin, le groupe quitte le camps et après
plusieurs arrêts, décide de mettre pied à terre
dans un Kraal (village) abandonné prés d'un cour d'eau
l'imbazani. Les herbes hautes qui entourent le kraal cachent la vue
tout autour. C'est alors qu'un des hommes qui faisait le guet aperçoit
des zoulous tout proche! Le départ est alors immédiatement
ordonné quand soudain une cinquantaine de zoulous jaillirent
à l'assaut du groupe. C'est la panique! Louis tente de partir
également et essaie de s'accrocher à la selle de son
cheval "Fate" (destin), mais celle-ci se rompt.
Le prince est alors seul face aux zoulous. Dans sa chute son sabre,
celui offert par le Prince d'Elchingen, lui a échappé
mais il réussit, de la main gauche, à tirer trois coups
de pistolet sur ses assaillants, qui ne sont pas atteints, tandis
que de son bras droit, meurtri par son cheval, il tente de repousser
les sagaies qui pleuvent sur lui. Percé de 17 coups, tous reçus
par devant, il s'écroule, mort.
Le corps du Prince impérial sera retrouvé le 2 juin
dans le donga près duquel il est mort. Embaumé dès
le retour au camp, il sera ramené en bateau en Angleterre et
débarqué le 11 juillet à Woolwich. Transporté
à Camden Place sur un affût de canon, c'est le lendemain
que seront célébrées des obsèques mililtaires
solennelles auxquelles la reine Victoria, suprême hommage, tiendra
à assister.
L'année suivante, l'impératrice Eugénie, toujours
folle de douleur, décide de se recueillir sur les lieux du
drame le jour anniversaire de la mort de louis.Arrivée sur
place et accompagnée d'une escorte, l'impératrice part
à la recherche de l'endroit. Mais la nature luxuriante a repris
le dessus et le lieu du drame demeure introuvable. Au bout de quelques
journées harassantes, la petite troupe se rend à l'évidence
et commence à faire les préparatifs du départ.
C'est alors que l'impératrice, touchée d'une inspiration
subite s'enfonce dans la forêt suivie de son escorte. Pendant
des heures, au travers d'une nature hostile, elle se dirige sans hésiter
vers un point mystérieux et finit par trouver dans les broussailles
le tas de pierres, souvenir du drame. L'impératrice se recueille
durant de longues minutes. quand elle se relève, Sir Evelyn
Wood lui demande une explication.
Eugénie explique qu'elle a senti un extraordainire parfum
de violette, parfum fétiche du prince. L'impératrice
a interprété ce fait comme un signe et a suivi cette
senteur.
Source
:
Histoires magiques de l'histoire de France - ( à lire absolument).
Guy Breton et Louis Pauwels -
Albin michel 1977-1982 et Omnibus ( France Loisirs), 1999
