Réincarné
en anon !!!
Alexandra David Neel rapporte l' anecdote suivante :
" Un grand lama Tulkou avait passé sa vie dans la fainéantise.
Bien qu'on lui eùt donné d'excellents professeurs dans
sa jeunesse, que sa bibliothèque, héritée de ses
prédécesseurs, fùt considérable et qu'il
eût toujours été entouré par des lettrés
distingués, il savait á peine lire. Or ce lama vint á
mourir.
En ce temps, vivait un homme étrange, thaumaturge et philosophe
de rude allure, dont les excentricités parfois grossières
-fort exagérées par ses biographes - ont donné
naissance á nombre de contes rabelaisiens très goûtés
au Tibet.
Dougpa Kunlégs, tel était son nom, voyageait suivant sa
coutume vagabonde, lorsque, arrivant prés d'un ruisseau, il rencontra
une jeune fille qui venait y puiser de l'eau. Sans mot dire, il se jeta
soudainement sur elle, cherchant á lui faire violence. La fille
était robuste, et Dougpa Kunlégs, déjà âgé.
Elle se défendit si vigoureusement qu'elle parvint á lui
échapper et courut d'un trait au village raconter son aventure
á sa mère.
La bonne femme fut abasourdie; les gens du pays avaient de bonnes moeurs
nul d'entre eux ne pouvait être soupçonné, le misérable
devait être un étranger. Elle demanda á sa fille
de décrire minutieusement le vilain personnage.
Tandis que cette dernière lui donnait les détails requis,
la mère réfléchissait. Elle se rappelait avoir,
au cours d'un pèlerinage, rencontré le doubtob Dougpa
Kunlégs et le signalement qui lui était donné correspondait
parfaitement á celui de ce saint et incompréhensible excentrique.
Le doute n'était pas possible, c'était Dougpa Kunlégs
qui avait voulu abuser de sa fille.
La villageoise se mit á réfléchir. Les principes
qui régissent la conduite du commun des hommes, pensa-t-elle,
ne s'appliquent point á ceux qui possèdent des connaissances
supranormales. Un doubtob n'est tenu á l'observation d'aucune
loi, morale ou autre, ses actes lui sont dictés par des considérations
supérieures qui échappent au vulgaire.
Ma fille, dit-elle alors, l'homme que tu as vu est le grand Dougpa Kunlégs.
Tout ce qu'il fait est bienfait. Retourne au ruisseau, prosterne-toi
á ses pieds et consens á tout ce qu'il voudra.
La jeune fille s'en retourna et trouva le doubtob assis sur une pierre,
plongé dans ses pensées. Elle se prosterna et s'excusant
de lui avoir résisté, faute de le connaître, elle
se déclara sa servante pour tous services.
Le saint haussa les épaules.
- Mon enfant, dit-il, les femmes ne m'inspirent aucun désir.
Mais voici: le grand lama du monastère voisin est mort comme
un ignare, après une vie indigne, ayant négligé
toutes les occasions qu'il avait de s'instruire. .T'ai vu son esprit
errant, dans le Bardo, entraîné vers une mauvaise renaissance
et, par charité, j'ai voulu tenter de lui procurer un corps humain.
Mais la force de ses mauvaises oeuvres ne l'a pas permis. Vous vous
êtes échappée et tandis que vous étiez au
village, cet âne et cette ânesse que vous voyez là-bas,
dans ce pré, se sont accouplés. Bientôt, le grand
lama renaîtra sous la forme d'un ânon.
La nature de l'Enfer

La question suivante a été réellement
posée en ces termes à l'université de
chimie de Washington : "l'Enfer est-il exothermique (dégage-t-il
de la
chaleur) ou endothermique (absorbe-t-il la chaleur) ?
Justifiez votre réponse avec une preuve."
La plupart des étudiants écrivirent comme preuve de leurs
théories la loi
Boyle (les gaz se réchauffent quand ils sont comprimés
et se refroidissent
quand ils se dilatent) ou une variante.
Un étudiant, toutefois, a écrit ce qui suit :
" Premièrement, nous avons besoin de savoir comment la
masse de l'Enfer
évolue dans le temps. Ce qui signifie que nous avons aussi besoin
de
connaître le rythme auquel les âmes vont en Enfer et le
rythme auquel elles
en sortent. Je pense que nous pouvons sans crainte affirmer qu'une fois
qu'une âme est en Enfer, elle n'en sortira plus. Par conséquent,
aucune âme
ne sort des Enfers. Pour ce qui est des nombreuses âmes qui vont
en Enfer,
examinons
les différentes religions qui existent de par le monde aujourd'hui.
Certaines d'entre elles décrètent que si vous n'êtes
pas membre de leur
religion, vous irez en Enfer. Comme plus d'une religion possède
ce dogme, et
comme les gens ne pratiquent qu'une seule religion à la fois,
nous pouvons
en déduire que tout le monde (donc toutes les âmes) vont
en Enfer. Etant
donné le rythme des naissances et des morts, nous pouvons en
déduire que le
nombre des âmes en Enfer augmente de façon exponentielle.
Maintenant occupons-nous du rythme d'évolution du volume de
l'Enfer. En
effet, la loi Boyle définit que pour que la température
et la pression
restent les mêmes, le volume de l'Enfer doit s'agrandir proportionnellement
aux âmes qui s'ajoutent.
Ceci nous donne deux possibilités :
1) Si l'Enfer s'accroit à un rythme plus lent que celui des
âmes qui y
arrivent, alors la température et la pression s'accroissent jusqu'à
ce que
l'Enfer craque de partout.
2) Si l'Enfer s'agrandit à un rythme plus rapide que le nombre
d'âmes en
Enfer s'accroît, alors la pression et la température baissent
jusqu'à ce que
l'Enfer gèle tout entier.
Qu'en est-il donc ?
Si nous acceptons le postulat qui m'a été donné
par Melle Therese Banyan
pendant ma première année d'université : "Il
gèlera en Enfer avant que je ne
couche avec toi !", et prenant en compte le fait que je n'ai toujours
pas
réussi à avoir de relations sexuelles avec elle, alors
et jusqu'à preuve du
contraire, l'Enfer est exothermique."
Cet étudiant a obtenu le seul A.
Un ange passe

Une dame avait la réputation de voir son ange gardien.
Elle parlait avec lui sans arrêt, et tout le monde la
prenait soit pour une folle, soit pour une sainte. Un jour, une voisine
s'approche de cette dame et lui demande comment elle réussit ce prodige.
L'autre, par malice, lui répond : " C'est très simple, j'emploie une
formule : "Ange gardien, monte et descends."
La voisine naïve dit : "Ange gardien, monte et descends", et elle voit
son ange gardien. En revanche, celle qui s'était moquée d'elle n'a plus
jamais revu le sien...
Xavier Emmanuelli," J'attends Quelqu'un", Albin
Michel, Paris, 1996.
