
L'évolution des sociétés
se fait
grâce à la survivance de rites
qui frappent le conscient
et
l'inconscient au travers des siècles.
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Longtemps, pour l'Occident chrétien, les enfants morts avant leur
baptême étaient susceptibles de revenir sur Terre parce qu'ils erraient
dans un entre-deux, ni vraiment nés, ni vraiment morts.
Partout également, les enfants nés avec la coiffe amniotique sur la
tête sont réputés entretenir un rapport particulier avec le monde
des morts ; l'amnios appartient à ce monde, en est un résidu, et certains
en portaient des restes en amulette autour du coup ; le sort réservé
à la poche placentaire est partout codifié par des rites précis.
Au Japon, par exemple, les rites fixés par les Règlements de l'ère
Engi (début du IXe siècle) prescrivent qu'à la naissance l'on enterre
le placenta et l'on coupe soigneusement le cordon ombilical à l'aide
d'un instrument en bois. Si l'enfant tombe malade, le cordon lui est
administré en infusion. Le nouveau-né est revêtu d'un vêtement ample
pour que les âmes ou les forces de vie qui viennent de lui être conférées
ne puissent s'échapper de son corps. L'appartenance de l'enfant au
monde des humains n'est reconnue qu'au moment du rite d'attribution
du nom qui, ici comme dans de nombreuses cultures, détache complètement
le nouveau-né du monde des âmes et des dieux.
Les chats sont encore plus sinistres que les chiens, car ce sont
des animaux nocturnes, associés en conséquence aux pouvoirs des ténèbres
et de la mort. Dans de nombreux pays d'Europe, tout comme aux Etats-Unis,
les chats noirs ont une réputation maléfique. En Angleterre, des sacs
contenant des chats vivants étaient autrefois jetés dans les feux
de j'oie pendant la nuit de Guy Fawkes (le 5 novembre) ; à Aix-en-Provence,
lors de la fête annuelle de Corpus Chnstt, un chat mâle était enveloppé
dans des langes et vénéré sur un autel spécial avant d'être brûlé.
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Les mythes funéraires des Tiwis
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Les
mythes funéraires des Tiwi
Les Tiwi se sont rendus célèbres par leurs mâts funéraires richement
colorés, dont les premiers furent érigés, selon le mythe, à la suite
d 'un conflit . Lorsque meurt un membre du clan tiwi, le corps est
aussitôt enterré, mais le rite des funérailles est repoussé de plusieurs
mois, jusqu'à ce que le chagrin de la famille soit apaisé. Lors des
funérailles, appelées pukimani, on érige des mâts aux couleurs vives
qui marquent l'emplacement de la tombe, leur nombre variant en fonction
de l'âge et du statut social du mort. En outre, ces mâts symbolisent
implicitement le lien entre le monde des vivants et celui des morts.
mybordas
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Les croyances des Tahitiens
sur la mort
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Voici le récit, fait par un missionnaire
au XIXe siècle, des croyances des Tahitiens sur la mort. Ils croient
qu'au moment de la mort : « L'âme est
attirée en dehors du corps, d'où elle a été enlevée, pour être lentement
et graduellement unie avec le dieu de qui elle était émanée... Les
Tahitiens en ont conclu qu'une substance, prenant forme humaine, sortait
du cadavre par la tête. Car, parmi les rares privilégiés ayant le
don sacré de voyance, certains affirment que peu après l'arrêt de
la respiration du corps humain, une vapeur s'élève de la tête et plane
un peu au-dessus en lui restant reliée par une corde vaporeuse. La
substance, dit-on, augmente peu à peu de volume et prend la forme
d'un corps inerte. Quand elle est tout à fait refroidie, la corde
de liaison disparaît et l'âme à forme corporelle s'éloigne en flottant,
comme emportée par des porteurs invisibles. ».
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Les mythes funéraires des mexicains
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Les Mexicains, héritant du mépris aztèque pour la
mort, en ont fait l'objet d'une fête collective violente, où ils
flirtent outrageusement avec la camarde aguicheuse...
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Yoruba, Brésil et Afrique
noire
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L'au-delà des Yoruba se comprend dans
le contexte de la cosmogonie nago, explication culturelle et spirituelle
de l'Univers. Elle est dominée par l'Orun, principe de vie
impérissable. Des rites assurent le passage de la condition
terrestre au paradis céleste éternel. Ce passage peut
être perturbé par des esprits malveillants, les Orixa,
responsables de nos faiblesses et de nos malheurs (J. Ziegler, les
Vivants et les Morts, Seuil, 1975.)
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Les mythes funéraires des Vietnamiens
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L'au-delà
vietnamien est une projection idéalisée de la vie
terrestre. Les morts y parviennent guidés par de bons génies.
Les vivants doivent leur faire des cadeaux afin d'apaiser les angoisses
du défunt inquiet de ne pouvoir surmonter les épreuves
des mauvais génies, condition de sa réincarnation.
Les présents sont en papier : une maquette du bateau et du
char qui assureront le voyage jusqu'au royaume des morts, des billets
pour la « banque du ciel », des visas pour l'au-delà,
etc. Brûlés, ces cadeaux s'élèvent dans
le ciel et deviennent symboliques.
(P. Metcalf et R. Huntington, Celebrations of Death, Cambridge Univ.
Press, 1991.)
La
capture des âmes
Les habitants des forêts d'Amazonie et d'Asie du Sud-Est estiment
fréquemment que l'âme humaine réside dans la tête, comme en témoignent
de nombreux mythes. Aussi certaines tribus tentaient-elles autrefois
d'intégrer l'esprit d'ennemis valeureux à leur « fondsH spirituel
pour en augmenter le pouvoir, en leur coupant la tête et en procédant
à des rites comprenant la réduction des crânes ou des transferts
symboliques sur des parures rituelles (colliers de têtes en bronze,
cheveux ornant les carquois, etc.). Le cannibalisme pouvait avoir
des motivations similaires.
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Les mythes funéraires des Bara
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L'au-delà
des Bara est essentiellement un univers d'ancêtres impérissables
qui se manifestent en provoquant la naissance d'un enfant. La vie
terrestre est le passage de l'utérus maternel au tombeau
mégalithique paternel ou, en termes symboliques, de la vitalité
à l'ordre. Chaque année, le culte des ancêtres
est l'occasion d'un troc : les manifestations de vitalité
et de cohésion (fêtes orgiaques, sacrifices, contrats
sociaux, déplacement de monolithes...) plaisent aux ancêtres
qui, en retour, dispensent leur énergie cosmique.
(J.-P. Mohen, les Rites de l'au-delà, O. Jacob, 1995.)
| La vallée roumaine de la
Tissa |
Dans la vallée roumaine de la Tissa,
la mort est l'occasion de fêtes et de plaisanteries sur la
personnalité et le statut du défunt qui restent intacts
après son décès. Les pleureuses sont des professionnelles
qui savent convaincre les âmes des ancêtres de l'accueillir
au paradis. Il arrive que le cadavre soit exhumé et interrogé
pour vérifier qu'il y soit bien parvenu. (M. Bran, «
Ce cimetière où l'on rit », Le Point, 26-10-1996.)
Quand la mort est brutale, violente. elle est dite « anormale
». Et il y a bien des chances que le défunt se manifestera
auprès des vivants, car son esprit va errer sur la terre.
Les revenants malgaches ont le profil des morts errants traditionnels.
Ils se manifestent par des bruits divers, dont on ne peut localiser
l'origine. Puis viennent des jets de pierres, des sifflements très
longs, parfois apparaît une silhouette au faciès défiguré,
ou sans visage. Ils portent le nom de « lolo », revenants,
et viennent toujours la nuit ou à midi, quand le soleil à
son zénith ne porte pas d'ombre sur la terre. Car le revenant
n'a pas d'ombre, et il ne se reflète pas dans les miroirs.
Il vient de l'autre réalité, dont ce monde-ci ne se
fait aucune image. Le « lolo vokatse », esprit qui sort
de sa tombe, revient dans sa famille à la tombée du
jour demander à manger. Chez les Antandroy , on croit que
le défunt revit encore deux fois, et pour conjurer ce malheur
ressenti comme une honte, il faut faire cuire des haricots que le
chef de famille déposera dans le cimetière, sur la
tombe du défunt, en disant : « Si ces haricots ne poussent
pas, ne reviens plus... » Les Malgaches ressentent comme terrifiantes
ces apparitions de morts car elles sont souvent présages
de malheurs.
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