Accueil

 

Témoignages

Lohengrïn
Johanna
Amélie
Benoît
Laurent
Petite soeur
L'accident
Laura

 

La villa Sonnehof

Sonnenhof
Le voeu d'Emma

 

 

 

 

Témoigner
Pour témoigner, envoyez
votre récit
à Xourim.

 

Benoît

 


Le message de Marie

Le temps ne change rien à rien et je revis en permanence ses derniers jours, ses dernières heures. Je n'y peux rien. Je n'accepte pas, n'accepterai jamais ce drame, qui a privé ce merveilleux être humain d'un avenir brillant et lumineux, comme il l'est lui-même et pour l'éternité. Je ne crains pas la mort désormais, qui sera un cadeau, un soulagement, puisque je suis sûre qu'il m'attend et qu'il sera près de moi, comme il l'est chaque jour, les signes qu'il m'envoie me le prouvent si besoin était. Je sais bien que - hélàs ! - des milliers de mères dans le monde vivent les affres de cette douleur sans fond, sans fin. Quand on me dit cela, je suis irritée et réponds toujours que le malheur des autres ne peut en aucun cas soulager le mien, au contraire. Comment peut-on croire que cet argument servirait un tant soit peu à relativiser ma douleur ? Je pense que ces mots, qui se veulent de consolation, ne sont que conventionnels et vides de sens, pour ceux qui les prononcent, leur seule excuse étant qu'ils croient bien faire et surtout qu'ils ne savent pas de quoi ils parlent (et c'est tant mieux pour eux !!).

 


Le témoignage

Le mercredi soir précédant le départ pour l'au-delà de mon adoré, (la nuit du samedi 1er au dimanche 2 juillet 2000), alors que nous étions en train de dîner tous les deux (nous vivions ensemble depuis mon divorce), j'ai eu soudain le pressentiment qu'il allait lui arriver malheur.

J'ignore d'où cela m'est venu, mais j'ai ressenti un grand froid et une souffrance immense, comme si j'allais m'effondrer, et j'ai très nettement ressenti qu'il allait partir ! Je ne saurais trop dire comment cela s'est produit. Toutefois, c'est la huitième fois que ce phénomène se produit : je ressens à chaque fois le départ prochain de la personne qui est devant moi. Pour mon Benoît, cela a été comme une évidence et très violent, vous vous en doutez. J'étais en état de malaise profond. Je le regardais sans pouvoir me détacher de son profil. Il m'a également regardé et j'ai eu l'impression très nette qu'il ressentait quelque chose d'analogue ! Nous sommes des personnes pudiques et n'avons rien dit ni l'un ni l'autre ; nous avons essayé de parler d'autre chose, mais difficilement. Ce soir-là, nous sommes restés très près l'un de l'autre, ce qui arrivait peu souvent, pour regarder la télé, et nous nous observions à la dérobée, infiniment tristes.
C'était très dur ! !

Il devait rejoindre ses copains à Angoulême le vendredi après-midi.
J'étais invitée par mes élèves au repas de fin d'année (avec lesquels il se trouvait la veille au soir !) et je lui ai donc dit au revoir vers midi ce jour-là, dans le couloir. Je n'arrivais pas à partir et lui non plus. Nous nous parlions de choses et d'autres. Je l'ai finalement embrassé très fort. Il m'a prise dans ses bras et m'a serrée très fort.
J'avais affreusement peur et ne voulais pas le montrer. Je lui ai dit « surtout sois très prudent et n'oublie pas que je t'aime » Il m'a répondu, « moi aussi je t'aime, maman ». Je suis partie à contrecoeur, avec l'envie violente de revenir chez nous.

Dans la nuit du samedi au dimanche, je n'ai pas réussi à dormir et suis restée sur le divan jusqu'à 4h du matin, de plus en plus angoissée, angoisse liée à Benoît, mais que je ne parvenais pas à définir clairement. A 4h15, j'ai décidé de me coucher et me suis endormie aussitôt. A 5h exactement, j'ai très nettement entendu Benoît crier « Maman ! ! » très fort. Je me suis réveillée en sursaut en l'appelant, affolée. Il n'était pas dans sa chambre, bien sûr. J'ai pris le téléphone mobile près de moi et je suis restée inerte, glacée, avec une sensation de chagrin sans fond, à chaque instant plus fort. Cela m'écrasait de façon indicible. J'ai prié intensément pour lui et , soudain, me suis rendormie brutalement. Il devait être 5h15 environ. Le téléphone a sonné à 7h30. Mon ex-mari m'a fait comprendre ce qui s'était produit et je suis partie à Angoulême, comme une folle...

Après la cérémonie, je suis rentrée à Niort où nous habitions à ce moment-là et, aussitôt arrivée, j'ai constaté qu'un bibelot d'ambre, offert par Benoît pour la Fête des Mères précédente, ( un gros effort financier pour lui bien sûr!) n'était plus à sa place sur la table, mais un peu plus loin et incliné anormalement. Ce bibelot représente un oeuf d'ambre posé sur un socle spécial et il était dans un angle précis de la table du salon, afin que le soleil se reflète sur lui et révèle les inclusions qu'il contient. Mon fils savait que j'admirais cet objet depuis longtemps et me l'avait offert ; nous l'admirions tous les jours et nous l'aimions vraiment beaucoup. Je suis sûre, absolument sûre qu'il n'avait pas été dérangé entre le mercredi soir et le dimanche matin ! Je l'ai replacé et me suis allongée sur le canapé. J'étais épuisée et ai somnolé un moment. Un bruit léger, un froissement régulier m'a réveillée. J'ai regardé autour de moi et j'ai vu arriver un lustre rond, très léger, en papier japonais, que j'avais coincé entre mon lit et mon armoire, afin que, agacée par sa présence qui me gênait chaque soir et chaque matin, je me décide enfin à aller chercher l'escabeau à la cave pour le remettre en place dans la salle de bains, ce que j'oubliais toujours de faire !. Cela amusait beaucoup mon fils qui se moquait de moi et me disait que le meilleur endroit pour qu'il m'agace encore davantage serait le milieu du salon .Et c'est là qu'il est arrivé, tout seul, ce qui signifie qu'il a fallu qu'il se décoince (impossible, il était bloqué entre la couette et l'armoire !), qu'il sorte de ma chambre, qu'il bifurque deux fois pour traverser le couloir
et atteindre le salon où ... il se dandinait sur place ! J'étais ébahie et j'ai senti fortement la présence de Benoît. J'ai fini par penser que c'était lui qui l'avait déplacé jusque là, comme insgine de sa présence, un appel . A ce moment précis il a cessé de bouger ! Tout était fermé chez moi et il n'y avait aucun courant d'air... Quelques jours plus tard, vers 7h30, j'ai été réveillée par la voix de mon fils qui
m'appelait. Je l'ai très clairement entendu dire deux fois « Maman ! », comme quand on insiste pour avoir une réponse. Je me suis assise au bord du lit et j'ai dit « Benoît ? C'est toi mon chéri ? ? » J'étais complètement réveillée. Il m'a répondu « Oui, c'est moi. Au revoir maman » . C'était très net et pas dans ma tête.. J'ai senti qu'il était dans le couloir et m'y suis précipitée. Là, nous avions accroché une petite clochette qui « chantait » quand nous ouvrions et fermions la porte.
Elle s'est mise à chanter un court instant, bien que la porte soit fermée. Je ne comprends pas ce qui a pu se passer, mais je suis sûre, absolument sûre, que mon fils m'a envoyé des messages, des signes.

Depuis, il arrive que j'entende presque quotidiennement des craquements discrets mais très nets, près de moi, dans l'appartement, ce qui n'était jamais arrivé auparavant. Cela se produit quand je pense à lui en regardant l'une de ses photos accrochées aux murs. Je lui dis alors combien je l'aime et cela s'arrête.

J'ai en outre trouvé, durant les 3 permières années, très régulièrement, de minuscules billes couleur d'ambre, comme un rappel de son dernier cadeau, à des endroits innatendus, même après avoir fait le ménage. Il est même arrivé une fois qu'une de ces billes apparaîsse spontanément, et se pose sans rouler (surprenant pour une bille !) après un bruit de "clac", juste entre mes mains, alors que je posais un paquet de cigarettes sur le plateau du meuble de la cuisine. Je suis absolument
certaine qu'il n'y avait rien auparavant. Un autre fois, son amie se trouvait dans mon appartement et nous parlions de Benoît, chacune à la porte de nos chambres respectives et nous avons - en même temps exactement -, poussé un cri : il y avait, à nos pieds, une petite bille pour chacune de nous !!

Son amie me disait par ailleurs qu'il arrivait certains soirs à son chat de se redresser, de miauler, inquiet, et de regarder dans une certaine direction, comme s'il suivait quelque chose du regard, puis il venait se réfugier près d'elle et se calmait.

Benoît faisait des études de psycho-socio et il lui arrivait de me parler de la mort et de me demander si je croyais en l'au-delà. Je répondais que j'étais tentée de le croire, bien que n'en sachant rien. Il y croyait, il pensait qu'il y avait autre « chose », après ! Je suis convaincue qu'il a voulu me dire que c'était vrai, mais je me demande également s'il ne souhaiterait pas que nous établissions un contact, ce
que je voudrais de toutes mes forces. J'ai souvent l'impression très nette qu'il cherche à me contacter je ne sais pas quoi faire, ce qui me désespère !

J'ai parfois des prémonitions fortes, mais que je ne sais pas les interpréter, ce qui sème la confusion dans mon esprit pourtant plutôt prosaïque. Depuis que je reçois des messages en TCI, je cherche désespérement à m'assurer que c'est lui qui me les envoie, sans succès à ce jour, hélàs, car, malgré mes demandes, il ne s'identifie pas comme étant Benoît, annonçant juste q"u'il est mon fils"..

Je dois préciser que Benoît était un garçon heureux, qui venait de rencontrer une jeune fille dont il était très épris et avec laquelle il avait rendez-vous le dimanche soir. Mon fils et moi étions très proches, très liés l'un à l'autre. Je dirais que nous avions une relation d'osmose exceptionnelle. Il connaissait mes élèves, avec qui il sortait parfois, mes collègues, et tous étaient étonnés de la qualité et de la
force de notre lien. Je vis seule et il avait choisi de vivre avec moi ; nous avions organisé une vie heureuse, très plaisante et gaie. Il avait beaucoup d'humour et me taquinait sans arrêt. Sa présence faisait ma joie quotidienne et nous nous entendions merveilleusement bien !. Nous sortions fréquemment au restaurant, au cinéma, en semaine, et il rejoignait ses copains et son amie à Angoulême, chaque week-end, allant parfois dormir chez son père qui habite près de la ville. Nous allions ensemble en voyage, que ce soit au Tibet ou en Tunisie, ou encore à Paris... Nous étions toujours ensemble et heureux. Son accident, selon le témoin qui suivait sa voiture, est sûrement lié à un moment d'assoupissement. Il a eu lieu entre 5h moins 5 et 5h du matin ! !

Malgré l'immense espoir que ce soit lui qui me contacte par la TCI, malgré les coups qui continuent ici, dans mon nouveau logement, et le bonheur que j'en reçois, ma souffrance est intacte. Seul mon espoir de le rejoindre, à mon heure, me permet de supporter l'insupportable.

Voilà l'historique complet de ce qui s'est passé, dans le détail. Si cela peut aider, soutenir, rassurer les parents qui, comme moi, souffrent de l'irréparable perte de leur enfant, je suis prête désormais à aider.

Je vous remercie encore et à bientôt.

Marie

 


Ecrire à Marie

Pour écrire à Marie ou réagir sur ce récit.


 


Accueil
©

Pour discuter, echanger, informer, ...N'hésitez pas à nous envoyer vos témoignagesQui sommes nous ?Une sélection de livres !!!Pour ne pas vous perdreNotre sélection

Tous droits réservés, Outre-vie.com, Avril 2003.
Conception et design
Ecrire au webmaster