A
l'aide
A
l'aide
Mon beau frère et ma belle soeur viennent de prendre il y a
un mois, Laura petite fille ainée de 8 ans dans un accident de
...... avec son papa, le papa a été blessé, mais
ma petite filleule est partie dans l'autre vie.
Drame affreux lorsqu'il s'agit d'un enfant, pourquoi ???? tant de questions
on se pose, mais pour les parents qu'elle atrocité éternelle,
comment les aider ?? la maman ne mange plus, ne dort plus, elle a perdu
8 kilos et dois s'occuper d'une petite fille de 3 ans et d'un bébé
de 4 mois. Mon beau frère se culpabilise, bien sur puisqu'il
conduisait, il veut rejoindre sa petite fille, n'a plus goût à
rien, et moi et mon mari, souhaitons de toute nos forces les aider mais
comment ????
Nous recherchons donc effectivement des personnes qui ont vécu
cette douleur inconsolable, d'autant que votre histoire à vous,
se trouve dans le même lieu puisqu'ils habitent
.
J'ai tellement besoin et envie de les sortir de leur souffrance de les
aider mais vraiment QUE FAIRE tout en respectant leurs sentiments que
nul ne peut connaître si l'on a pas vécu un drame similaire.
Le 27 août 2004 -Marie :
Chère Sonia, j'ai été très touchée
à la lecture de votre message, où perce le chagrin du
départ prématuré de Laura et la souffrance que
vous partagez avec ses malheureux parents.
Drame affreux dites-vous. C'est très juste. C'est, à mon
sens, l'épreuve la plus horrible, la plus violente, qu'un humain
ait à subir. Rien ne saurait justifier un tel drame.
Un accident, c'est la somme d'une multitude d'éléments
infimes, qui, une fois réunis, aboutissent inexorablement. On
appelle cela le Destin.
Que son papa se sente directement responsable est logique, même
si c'est faux, car il s'agit d'un événement involontaire.
Alors ? On se demande ce qu'on a bien pu faire dans sa vie pour être
puni d'une façon aussi épouvantable. On ne comprend pas,
c'est surtout cela qui est si dur à vivre. On ne comprend pas.
Alors, on pose la seule question sans réponse ici-bas : POURQUOI
? Pourquoi mon enfant ? Pourquoi lui, elle, si innocents, alors que
tant de monstres vivent encore et longtemps, pourquoi eux et pas telle
personne malfaisante, tel vieillard qui s'attarde encore ? POURQUOI
?... On peut encore et encore ajouter à la litanie des "pourquoi",
il n'y aura jamais de réponse satisfaisante pour nos âmes
douloureuses !!
La perte d'un enfant laisse hébété, effondré,
incrédule, révolté ; on n'est plus qu'une plaie
qui saigne en permanence... La vie est un fardeau plus lourd à
porter, à supporter chaque jour. C'est l'impuissance face à
l'irréversible qui est à mon sens le plus pénible.
Savoir, même si on refuse de l'admettre, qu'on ne verra plus,
qu'on n'entendra plus, qu'on ne touchera plus notre adoré est
indicible. Savoir qu'il a suffi d'un instant, que si...., rien ne se
serait passé, qu'il serait là, près de nous, est
intolérable.
Et pourtant, il a bien suffi d'un seul minuscule instant, d'une seconde
de trop ou en moins pour tout faire chavirer :
- le bonheur (auquel on ne faisait pas particulièrement attention,
puisqu'il était là !)
- les projets (pour les parents de Laura, c'était la rentrée
à préparer, sans doute)
- le désir d'offrir à l'enfant tant aimé le plus
bel avenir possible, les rêves qu'on a faits pour lui, etc..
Comment vivre après tout cela ??
Mon fils bien-aimé aurait eu - a eu ! - 27 ans hier. Il est
parti dans son ailleurs le 2 juillet 2000. Mais pour moi, la souffrance
est aussi immense qu'au premier jour.
Je comprends que le papa de Laura songe au suicide ; c'est une réaction
inévitable dans ce cas. En effet, comment imaginer pouvoir supporter
l'insupportable ? Comment SE supporter après CA !
Reste la REALITE. Deux autres enfants, une épouse douloureuse,
un foyer éploré où chacun, à sa manière,
doit déjà apprendre à exister sans l'AUTRE,
l'irremplaçable ! Il faudrait être capable d'apprendre
à vivre au présent autant qu'au passé et ce n'est
pas possible, tant les deux sont enchevêtrés.
A trois ans, un enfant ne sait pas encore vraiment dire les choses,
et pourtant il comprend, même confusément, qu'il y a, à
la maison, quelque chose d'effrayant : la douleur. On devine que l'absente
est devenue une place vide et que cela durera... On le sent parce que
papa, maman, sont effondrés, l'esprit ailleurs, égarés
dans le quotidien, que leurs gestes, leurs mots, n'ont plus la même
couleur. On sent que les repères confortables qui rassurent et
aident à grandir sereinement ne sont plus là. On sent
l'angoisse vibrer dans la maison. Tout cela, à trois ans, on
le sent. C'est alors que les parents ont un rôle encore plus essentiel,
primordial même, à jouer, pour ces petits, dépassés
par un événement jamais vécu, jamais même
imaginé.
Le papa : fuir cette horreur chargée en outre de culpabilité,
de sentiment de honte, ("je suis indigne, j'ai tué ma fille,
je suis un monstre...")
Bien sûr, ce serait tellement plus simple de disparaître,
de s'anéantir, de se punir définitivement. Seulement...
Si commettre ce geste fatal serait un soulagement définitif face
à ce qui nous dépasse, ce serait aussi - et SURTOUT !
- abandonner à ceux qui restent, et qui souffrent, EUX AUSSI,
le terrible poids de cette douleur supplémentaire. Ce serait
"ajouter la souffrance à la souffrance". L'horreur
de la perte de Laura n'est-elle donc pas suffisante ? TOUS les membres
de la famille seront à peine assez nombreux pour la porter, sans
qu'un de ses piliers indispensables en rajoute encore..
Quelle vie laissera-t-il derrière lui s'il part ? Des enfants
déjà amputés d'un membre, qui le seront - en plus
- d'un des seuls repères fondamentaux sur lesquels ils sont en
droit de pouvoir compter ; une épouse désespérée
qui devra, seule, assumer la charge épuisante de remplacer un
père dont il faudra protéger l'image, ce qui provoquera
inévitablement un sentiment de colère. Un drame, dans
une famille, c'est bien suffisant, non ?? De plus, quelle image de leur
père auront ces enfants tout au long de leur propre vie, obligés
qu'ils seront de s'inventer un modèle, faute d'avoir pu recevoir
de leur papa les leçons de vie nécessaires à la
construction de leur personnalité. Ce papa a bien sûr le
droit d'avoir envie de rejoindre sa petite fille (encore faudrait-il
que ce soit le cas et rien n'est moins sûr quand il y a suicide,
j'en suis absolument convaincue, sinon, je serai déjà
auprès de mon fils, malgré tout l'amour que je porte à
mon autre garçon !).
Nous le savons tous, plus ou moins, la vie est, entre autres choses,
une continuelle alternance de droits et de... devoirs.
La maman : son rôle de maman, après une telle horreur,
a forcément perdu de son sens à ses yeux ; peut-être
pense-t-elle qu'elle aussi aurait dû, pu, faire... Mais faire
QUOI ? La vérité est sans doute AILLEURS.
Cette souffrance-là, c'est dans notre ventre qu'elle cogne le
plus fort, j'en sais quelque chose !!
Nous ne sommes, chacun d'entre nous, que de passage sur cette planète,
mais la mort reste pourtant une notion abstraite quand elle ne frappe
pas à notre porte, n'est-ce pas ? Croire en un Au-Delà
dont personne ne sait s'il existe ou non reste une démarche personnelle,
intime, issue de notre propre et seule histoire, de notre légende
personnelle. La religion est un moyen puissant de donner du sens à
notre vie. Ceux qui croient en Dieu, en Bouddha, en Allah, ou en un
Etre Supérieur, quel qu'il soit, peuvent s'aider eux-mêmes
à vivre (je dirais plutôt à survivre) après
la perte d'un être aussi cher qu'un enfant. Prier est un acte
profond, intime, secret même. Prier, ce n'est pas seulement réciter
! C'est dire, avec les mots du coeur, les plus beaux, les plus purs,
à l'aimé parti, à l'Autre quel que soit son Nom,
ce qui est au plus profond de soi. C'est un acte noble, qu'on peut faire
partout, à l'église, au temple, en balayant... Qu'importe.
Celui qui le reçoit, LE RECOIT ! Comprenez-vous, Sonia ? Il reçoit
ces vibrations, ce message d'Amour, et il en reçoit donc tous
les bénéfices. Alors, peu importe où et comment
: priez si et quand vous le pouvez, encouragez-les à prier pour
leur petite, pour son bien là où elle est désormais,
pour que ce qui est son nouvel Etat d'Etre puisse s'épanouir.
Si votre beau-frère et votre belle-soeur sont croyants, essayez
de comprendre comment ils conçoivent leur croyance. Cela vous
permettra de deviner ce qu'ils espèrent pour leur enfant, et
donc de trouver tout naturellement les mots appropriés pour les
aider à retrouver l'espoir.
L'espoir. C'est tout ce qui nous reste quand on a tout perdu. De quel
espoir s'agit-il ? D'une vie après la vie ? De retrouvailles
célestes ? D'une évolution dans une "dimension"
différente ? Peu importe au fond. Pour ces parents désespérés,
il s'agit pour le moment d' ETRE LA, simplement, attentif, chaleureux
et surtout sincère. A partir de là, il faut se rappeler
que le deuil est une succession désordonnée, impulsive,
de sentiments, de comportements. L'âme, le coeur, sont déstructurés,
déchirés, en lambeaux, à vif ! Vivre un deuil,
c'est, pour certains, aller chaque jour sur la tombe de l'aimé,
pleurer, lui parler, se recueillir, déposer des fleurs, des objets,
des symboles secrets de notre amour. Pour d'autres, c'est de se murer
-involontairement - dans le silence, dans l'immobilisme, rester figé
dans un dédale de pensées et de sensations en mouvement
continuel, d'ignorer tout ce qui n'est pas sa propre douleur. D'autres
encore plongeront jusqu'au vertige dans l'action, pour s'étourdir
à défaut d'oublier, pour faire diversion à la douleur.
Chacun fait ce qu'il peut, comme il peut, c'est la règle ici-bas,
finalement. Nul n'a le droit de juger tel ou tel comportement. Pour
comprendre ce qui se passe dans les méandres de nos âmes,
il faudrait que les autres soient nous. Impossible. Alors, le mieux
est encore de respecter et d'accompagner discrètement, pour éviter
que celui qui souffre ne s'égare trop. Malgré cela, il
est, à mon avis, nécessaire de le laisser effectuer ce
que j'appelle "ses rituels de survie", qui sont, d'après
ma propre expérience, autant de béquilles mentales pour
marcher sur le chemin du deuil, pour se lever chaque matin, pour accomplir
les actes du quotidien "d'avant", pour tenir un jour de plus.
En ce qui me concerne, je me dis que chaque jour me rapproche de mon
fils. Critiquer, vouloir empêcher cela, c'est faire courir à
l'autre le risque d'enfouir profondément son mal à l'âme,
mal qu'il aura peut-être l'air de surmonter, mais qui restera
une bombe à retardement.
Je pense qu'il faudrait, au contraire, laisser se dérouler les
étapes, chacune en son temps, comme elles viennent, pour qu'elles
puissent s'exprimer au moment où elles sont encore visibles,
où on a des chances de les laisser s'évacuer librement.
Contraindre à avoir l'air "normal", un être en
souffrance, c'est "ajouter de la souffrance à la souffrance"
!. Je le sais.
Exemples :
- ne pas dire "ne pleure pas", quand l'autre a justement besoin
de le faire;
- ne pas dire "il faut faire un effort", puisque, justement,
il n'en n'a pas la force
- ne pas vouloir à toute force le distraire s'il refuse. Pourquoi
lui faire faire quelque chose qu'il ne PEUT pas faire, pour le moment
?
- ne pas rompre obligatoirement certains de ses silences (on ne sait
pas ce qu'ils contiennent).
Toutes ces petites maladresses, bien intentionnées certes, sont
autant de freins et de souffrances supplémentaires. Cela relève
le plus souvent des conventions sociales et/ou du besoin qu'on a soi-même
de se rassurer.
Par contre, sans jamais s'imposer, savoir ETRE LA ! Ne pas toujours
tenir compte des demandes de solitude que parfois les personnes en deuil,
surtout au début, semblent préférer. Même
quand on dit vouloir être seul, un geste, un regard, un baiser
chaleureux, un petit coup de fil "en passant", une petite
visite rapide, une offre de service, un petit bouquet, un petit cadeau
personnalisé sont autant de témoignages d'affection et
de présence auxquels la personne est sensible, même si
elle le ne montre pas toujours.
Vous, Sonia, qui aimez votre famille au point de rechercher des soutiens
et de l'aide pour eux, vous savez tout cela et plus encore, j'en suis
certaine. Alors, laissez juste parler votre coeur, votre sensibilité,
votre délicatesse, votre tact. La patience, les preuves de votre
compréhension, et surtout de votre amour inconditionnel, seront
des plus efficaces.
Ne craignez jamais le ridicule quand vous avez un élan chaleureux
envers eux. Faites ce que vous ressentez, simplement, discrètement,
avec amour.
Etre simplement là, discret, vraiment présent, à
l'écoute, vigilant et chaleureux, tranquille, c'est ce que
vous pouvez faire de mieux, croyez-moi.
Il arrive souvent que les parents cherchent le contact avec leur enfant,
c'est on ne peut plus légitime et il ne faut surtout pas vous
opposer à eux le cas échéant. Cherchez plutôt
avec eux ou pour eux, le moyen le plus sain de les aider. Les bibliothèques,
les librairies, sont abondamment fournies désormais en bons
livres sur le sujet. Je ne vous donnerai pas de références,
volontairement. Je suis convaincue qu'il vaut mieux chercher soi-même,
feuilleter, se renseigner, pour découvrir l'ouvrage qui vous
"parlera" le mieux.
Il existe également, notamment dans certains hôpitaux,
des professionnels compétents, formés spécialement
à l'accompagnement du deuil. Il peut être intéressant
de vous informer.
Suggérez-leur peut-être également, mais avec une
infinie prudence, d'être attentifs, comme je le suis encore et
toujours, aux signes. Il arrive plus souvent qu'on ne le pense (mais
y est-on attentifs ?) que ceux-ci se produisent parfois, surtout les
premiers mois. Mais attention ! Il faut être vigilant, et là,
votre attitude modérée et raisonnable sera indispensable,
il faut impérativement veiller à ce que l'un ou l'autre
ne s'accroche pas désespérément à cet espoir.
Je vous affirme et vous l'avez lu dans mon témoignage, qu'ils
se produisent parfois, mais toujours de façon spontanée,
inattendue, jamais parce qu'on les appelle. Ces petits signes d'amour
sont toujours discrets, doux, fugaces, et ils laissent toujours un sentiment
de bien-être, de paix.
S'ils sont attentifs, sans tomber dans la superstition ou pire, dans
l'obsession, peut-être auront-ils l'immense joie d'être
récompensés - et également un peu rassurés
-, par les signes que nos adorés nous envoient. Donc, pas de
quête éperdue, jamais ! Juste s'ouvrir, attentif, rien
d'autre, rien de plus...
Cela signifie par conséquent qu'il faut absolument, si le besoin
s'en faisait sentir, les aider à fuir impérativement tous
ces marchands d'espoir, ces escrocs à la douleur, qui envahissent
les journaux notamment mais pas seulement. Si on est ouvert à
une autre dimension de vie, cela ne doit pas empêcher d'être
discriminant. De toutes façons, les personnes vraiment marquées
d'un don (médiumnité par exemple), ne font jamais état
de leur don. Ils sont toujours discrets, jamais fortunés, ne
se vantent jamais, n'ont pas pignon sur rue. Modestes, ils se contentent
humblement de dire ce qu'ils perçoivent, et seulement quand c'est
le cas. De toutes façons, il faut toujours contrôler la
situation et ne pas gober n'importe quoi. Les charlatans se vendent
toujours à prix d'or, vous incitent à revenir, obtiennent
toujours des résultats éblouissants, tous les jours et
à chaque "consultation", à la demande, vous
parlent d'envoûtements, d'actions mystérieuses à
mener... si vous payez cher leur "prestation"!
Il faut être TRES discriminant, vérifier, vérifier
encore, ne pas se laisser berner.. J'insiste et ne le redirai jamais
assez !! Soyez - d'abord et à priori ! - incrédules.
Voilà, Sonia, une longue lettre qui, je l'espère, sera
un petit écho à vos attentes. Je ne peux que vous féliciter
de votre démarche courageuse, qui prouve combien vous souhaitez
aider vos proches dans le désarroi. C'est plus rare que vous
le pensez. En effet, le plus souvent, la famille, les amis, ne savent
pas quoi faire, donc... ils ne font rien ! Ils sont eux-mêmes
désemparés face à la mort que personne ne nous
apprend encore à intégrer dans notre vie. Ils laissent
donc rapidement seuls ceux qui souffrent, prétextant souvent
ne pas vouloir les déranger.
Pourtant, entre déranger et ne rien faire, il y a toute une gamme
de comportements appropriés dans ces circonstances. Là
encore, c'est la sensibilité qui fait la différence.
Que vous dire de plus ? Que je suis à votre écoute, dans
la mesure de mes moyens et de mon expérience hélas, si
vous le désirez.
Je m'associe de tout coeur (et ce ne sont pas que des mots !) à
la souffrance de vos proches comme à la vôtre. Je prierai
pour Laura.
Je vous embrasse. Marie
Le 1 septembre 2004- Sonia
OUI , du fond du coeur un grand Merci pour votre longue et enrichissante
lettre.
Je l'ai lu et relu et ne finirais jamais de la lire encore et encore,
elle est arrivée au bon moment !!
OUI, aujourd'hui plus que les autres jours je me sens très triste,
je ressens la douleur de la perte de ma petite reine, ma filleule LAURA.
Et oui, la rentrée scolaire alors que moi j'ai emmené
mon petit bonhomme de 5 ans à l'école, MON DIEU, que mon
beau frère et ma belle soeur souffrent....
Plein d'élan d'amour vis à vis d'eux alors que nous n'étions
pas du tout en osmose puisque comme dans beaucoup de famille il y a
des désaccords et donc cela faisait 5 ans que je ne leur avait
pas parlé, mais je recevais par l'intermédiaire de mes
beaux parents, Laura de temps en temps.
ET nous voilà à présents, tous les week-end en
, mon mari est prêt à déménager
pour se rapprocher d'eux...
Pourquoi faut il un décès pour que les gens se rapprochent
plus que tout au monde ??? Je reste comme vous le dites, très
discrète, un regard, un silence, je respecte complètement
la situation, leur comportement aussi bien celui de mes grands parents
puisque Laura vivait aussi chez son papy et sa mamie (la maison est
face à face), je respecte plus que jamais leur souffrance, leur
désir, leur récit. Mais toujours est il que j'ai du mal
à établir un vrai contact concernant la disparition de
Laura, de peur de leur faire mal, peut être même de me reprocher
de ne pas avoir aussi souvent que j'aurais peut être dû
le faire m'occuper d'elle, même les peu de moments que j'ai partagés,
vécus avec elle, sont et resteront gravés dans mon coeur,
par toutes les photos aussi que j'ai pris d'elle, les dernières
étaient le 13 juin 2004, elle est parti le 22 juillet 2004.
Et plus frappant, est que sa petite soeur de 4 ans bientôt (le
1er novembre), Mickaëla que l'on appelle Mimi, est très
proche de moi, me réclame, aime que je la câline, elle
me renvoie tout l'amour que j'aurais voulu donner à ma filleule.
Alors, çà me fait mal, et en même du bien de savoir
que cette petite que j'apprends à connaître et qui ressemble
comme 2 gouttes d'eau à Laura (même odeur dans ses cheveux,
même voix, même couleur, même boucles, même
regard), cette ressemble est vraiment marquante, et peut être
ai je le sentiment voir Laura sachant que c'est Mimi, j'ai du mal à
mettre des mots sur ce que je ressens vis à vis de cette petite
et surtout pourquoi ??
Alors je me dis qu'il est dans mon devoir de la protéger (mais
de quoi ??), quelque chose en moi fait que je dois m'occuper d'elle,
peut être Laura veut me dire
qu'il ne faut pas oublier sa petite soeur et que elle aussi à
mal, et qu'elle connaît sans aucun doute le même manque
que nous !!
Quant à mon beau frère, il est allé voir une magnétiseuse
qu'il voyait déjà bien avant et qui lui avait annoncé
la mort d'une de ses filles (il avait pensé à son bébé
puisqu'elle a eu qqs problèmes de santé lorsqu'elle est
née). Alors il est retourné la voir car il venait de dire
à sa femme qu'il voulait mourir, et lorsqu'il est revenu, il
était métamorphosé, car elle lui a dit qu'il était
égoïste et que sa femme avait besoin de lui, qu'il ne fallait
pas un autre drame comme vous le dites avec des mots si juste.
Moi et mon mari sommes sincèrement bouleversés, il a retrouvé
contact avec son petit frère et lui a dit qu'il était
fier de lui, mon beau frère s'est littéralement écroulé
de pleurs !!! Je ne peux m'empêcher de penser à Laura,
est elle vraiment bien là bas ??? On dit que le passage est difficile
est ce vrai ?? et dans quelle mesure ?? A t elle été bien
accueilli ?? et par qui ??? j' aimerais tellement avoir des signes d'elle,
comprendre pourquoi elle est DEJA partie ?? Je prie aussi le plus souvent
possible.
Dimanche, je suis allée au cimetière (je sais qu'elle
n'est pas là puisqu'elle est ailleurs !!), çà m'a
bouleversé j'allais m'écroulé sous les larmes lorsque
mon petit bonhomme Anthony est venu me rejoindre, et là j'ai
su qu'elle ne voulait pas que je pleure. Anthony m'a demandé
si ses os étaient en dessous, puis il lui a dit au revoir en
tirant la langue. C'est encore plus dur dans la bouche d'un enfant pour
un enfant.
Et depuis ce passage, où le papa à mis plein de photos
(que c'est dur de voir ce visage que l'on ne pourra plus jamais admiré
!!!), je garde en tête toutes ces photos et je continue à
me demander pourquoi ?? je sais, c'est le destin ...qu'elle a été
sa mission à elle, cette petite, en 8 ans de sa petite vie ??!!!
Et là je me dis, que je ne peux pas laisser mon beau frère
et ma belle soeur, seuls, qu'à chaque fois que l'on pourra nous
serons là avec eux, à chaque fête quelle qu'elle
soit, je vous assure que tout est transformé, c'est vrai que
beaucoup de choses me paraissent anodines maintenant, nous avons des
problèmes d'argent avec mon mari, nous avons été
obligé de constituer un dossier de surendettement, mais je ne
vais pas dire que je m'en fiche, mais cela me semble quelque chose de
franchissable, facile à faire face, même si nous avons
connu de longues années de difficultés suite à
une liquidation d'un commerce lors de la tempête de 1999.
Je suis assistante maternelle, et je reprends mon activité la
semaine prochaine, car nous avons eu Romain qui a 14 mois, et la petite
que je vais garder n'a pas eu un début de vie heureux, sa maman
a voulu l'abandonner car son mari a demandé le divorce, je vous
dis tout çà, car je pense que je suis là pour lui
donner tout l'amour qui déborde en moi, UN ENFANT, pour moi,
RIEN n'est plus important, plein d'avenir, tant d'innocence, de spontanéité,
et parfois pour certains des souffrances que nous les adultes ne devinons
pas assez tôt !!
Je voudrais tellement AIDER, voir faire disparaître la souffrance
des personnes qui souffrent !!! encore plus les gens qui ont perdu comme
mon beau frère et ma belle soeur leur enfant !!! Je vous assure
que j'aimerais tellement faire quelque chose, déjà avant
je voulais aider les enfants hospitalisés, mais là, je
veux être présente pour les aider à survivre quotidiennement
leur déchirement.
J'ai bien entendu vos conseils, et je suis totalement compréhensive,
très a l'écoute et prête à vous écouter
encore....
Je prierais également pour votre fils pour que grand bien lui
fasse.
Je vous remercie encore,
Amicalement Sonia.
Le 8 septembre 2004 - Marie :
Bonjour Sonia et merci de votre message. En effet, cette rentrée
des classes a dû être un moment extrêmement pénible
pour vous tous. A chaque période symbolique, il est impossible
d'échapper aux souvenirs de tels moments déjà vécus
avant, impossible de s'empêcher d'imaginer ce qu'aurait dû
être ce nouveau moment, si... La vie devient AVANT et APRES. C'est
l'horreur renouvelée encore et encore. Notre cerveau, notre intelligence,
comprennent très bien, mais notre coeur, lui, place l'événement
sur un autre plan et cela change tout. Vous comparez votre situation
et celle des vos beau-frère et belle-soeur, c'est inévitable
et si cela vous permet d'apprécier votre bonheur, alors, ce chagrin
n'est pas inutile.
Cela permet de comprendre combien la vie est fragile, donc précieuse,
et combien nos enfants sont autant de trésors à protéger,
sans pour cela les étouffer et les empêcher de vivre, bien
entendu. C'est très important de veiller à ne pas sombrer
dans cette erreur qui serait alors préjudiciable au bien -être
des autres enfants, à leur épanouissement indispensable,
dont nous, les parents, devons être les gardiens vigilants. C'est
très dur à faire, mais ce défi, car c'en est un,
en vaut la peine, car, finalement, c'est le seul but dans notre vie,
le plus noble, celui qui fera leur futur et celui des générations
qui suivront. L'un de nos premiers devoirs de parents est de penser
d'abord à eux, non pas en fonction de ce que nous voulons qu'ils
deviennent, ce qui serait égoïste et stérile, mais
en fonction de ce que nous pensons être le mieux pour eux. Nous
nous trompons forcément parfois, mais le plus important est d'être
attentifs et sincères dans notre rôle de parents.
Vous dites penser à vous rapprocher des parents de Laura, ce
qui est fort louable de votre part. Toutefois, je crois devoir vous
suggérer de bien y réfléchir. En effet, ce changement
important dans votre vie, puisqu'il va conditionner votre propre avenir
familial, risque de provoquer de nouvelles contraintes.., alors il deviendra
vite un erreur que vous finirez par regretter, ce qui ne manquera pas
d'altérer votre comportement à tous, et, par voie de conséquence,
d'altérer également la qualité de vos relations
avec votre entourage. Le paramètre affectif, pour important qu'il
soit, n'est pas le seul à prendre en considération, dans
un tel cas. Il convient également de l'inscrire dans un cadre
général. Ce changement va entraîner des conséquences
économiques, sociales, pour chacun d'entre vous. Trouver un nouvel
emploi dans lequel vous pourrez vous-mêmes vous épanouir,
un cadre scolaire efficace pour vos enfants, un environnement social
satisfaisant... sont, entre autres, autant de paramètres à
considérer avec beaucoup d'attention.
Il ne faut surtout pas oublier que si nous ne sommes pas équilibrés,
nous ne pouvons jamais transmettre cet équilibre à notre
entourage. Le vieil adage qui dit que "la plus belle fille du monde
ne peut donner que ce qu'elle a" est on ne peut plus réaliste.
En effet, on ne peut véhiculer d'harmonie que si en est soi-même
harmonieux, d'amour que si on est soi-même épanoui affectivement,
de paix que si on est soi-même en paix, etc. Cela signifie que
pour être utile à autrui, il faut posséder en soi,
bien ancrés, les éléments qui leur sont nécessaires.
Donc, si votre souhait de changement n'est pas mûrement réfléchi,
si tous les paramètres ne sont pas réunis, si vous-mêmes
n'êtes pas sûrs à cent pour cent de trouver mieux
en
que ce que vous vivez aujourd'hui à
.,
vous prenez des risques qui, à terme, se répercuteront
sur ceux que vous voulez aider. Pensez combien il est difficile d'avoir
l'air content quand on va travailler alors qu'on est de mauvaise humeur
au fond de soi et vous comprendrez ce que je veux dire. Dans ces moments-là
on ne trompe personne ; les autres ressentent et subissent de plein
fouet notre état d'esprit et, forcément, nous le renvoient
en pleine figure par leurs propres réactions, ce qui entraîne
des malentendus inextricables, ajoutant un problème supplémentaire
au problème initial.
Vous vous occupiez de Laura et ressentez donc d'autant plus fortement
son départ, sa perte. Vous vous posez, en tant que maman, toutes
les questions qu'on se pose. Est-elle bien là où elle
est ? Où est - t'elle ? Souffre - t'elle ? De quoi a- t'elle
besoin ? Comment l'aider ? QUE FAIRE pour elle ? Il y a quelque chose,
peut-être la seule chose ici-bas que nous puissions faire pour
nos Aimés, c'est de ... les aimer ! Encore et toujours, chaque
fois que nous y pensons, autant que nous le souhaitons, leur envoyer
des messages d'amour, des voeux de paix, d'évolution spirituelle,
les confier aux Etres Supérieurs dont nous ne savons rien mais
que nous pressentons Dieu, les Anges, les Guides.. Peu importe le Nom
que nous leur attribuons, ce qui compte, c'est les élans de votre
coeur, leur authenticité, leur sincérité, leur
profondeur. Cela, nos Aimés le sentent, j'en ai la certitude,
la preuve intime. Leur parler, leur envoyer nos élans du coeur,
je suis sûre que cela leur insuffle l'énergie bénéfique
qui les aide à évoluer dans leur nouvel état d'être
! La force de l'Amour est une réelle puissance, dont nous ne
sommes hélas pas assez conscients.
Nul ne peut savoir ici-bas si "le passage est difficile",
comme vous l'évoquez dans votre message. On ne peut que spéculer
en fonction de sa propre sensibilité, de sa propre légende
de vie. Cela relève de l'intime conviction et , au fond, cela
seul importe. Quoi que vous fassiez, vous ne pourrez jamais le savoir
vraiment, mais ce dont vous devez être sûre, c'est que chaque
élan d'Amour portera ses fruits !!!
La petite Mickaëla appelle elle aussi cet amour, et le fait que
vous y répondiez aide aussi Laura, aussi étonnant que
cela paraisse. Bien sûr, vous devez veiller à ne pas faire
de transfert, de confusion entre ces deux enfants. Chacune est unique
! Je vous dis cela car vous parlez de Mimi comme si c'était une
autre Laura, ce qui n'est pas le cas, même si elle porte en elle
les mêmes traits, les mêmes odeurs, les mêmes gestes,
etc.. Mimi, c'est Mimi et Laura c'est Laura. Au fond de vous vous le
savez bien j'en suis sûre ; il faut donc veiller à ne pas
tomber dans cette erreur, qui serait préjudiciable alors au développement
de Mimi. J'ai moi-même été la soeur suivante d'une
enfant morte à trois mois et j'ai trop souvent entendu ma mère
me parler d'elle comme si elle avait grandi en même temps que
moi. A mon adolescence encore je ne savais pas si j'étais moi
ou cette soeur, que je n'avais jamais connue, et j'ai mis de longues
années, trop longues et pénibles, à me trouver
enfin comme être humain à part entière. Les souffrances
qu'une telle situation engendre obligatoirement chez un enfant sont
indescriptibles. Alors, soyez très vigilante, chère Sonia,
car vous n'imaginez pas les dégâts que cela risque d'entraîner
! Protéger Mimi est indispensable, mais cela implique de veiller
attentivement à ne pas étouffer en elle ce qui fait sa
particularité. Comme chacune être humain, elle est UNIQUE,
donc irremplaçable. Comme pour ses parents, il suffira d'être
présente de coeur, avec discrétion, comme vous le faites
déjà, ce dont je vous félicite car je sais combien
c'est difficile.
Votre beau-frère a pu rencontrer quelqu'un qui a su avec intelligence
réveiller en lui cette part de conscience qui lui échappait
et c'est une chance dont j'espère qu'il tirera les bénéfices
désormais, dans son chemin de souffrance. Aider ces parents douloureux,
c'est aussi les ramener autant de fois que nécessaire sur le
plan de leur réalité, dont la douleur donne envie de s'échapper
sans cesse. Il est normal et légitime de vouloir fuir la souffrance
et de se réfugier dans des ailleurs néfastes, pour soi
et les autres. Cela fait de nous, les parents désespérés,
des êtres égarés, aux comportements a-normaux, hors
normalité, c'est logique puisque c'est le moyen le plus simple
d'échapper à la souffrance. Nous avons alors des attitudes,
des pensées, qui font peur aux autres, qui à la longue
les agacent, et les poussent à nous fuir, faute de savoir comment
réagir.
Je ne souhaite pas influencer votre démarche de recherche dans
vos lectures sur ce sujet si sensible et personnel,je vous l'ai déjà
dit ; toutefois je pense utile de vous dire ici que Madame Elizabeth
Kubler Ross, dans un de ses livres si bien documentés sur la
mort, parle de cinq étapes post-deuil : le refus (ou déni),
la colère, la négociation (ou marchandage), la dépression
et l'acceptation.
Ces étapes ne se déroulent pas forcément dans cet
ordre. Elles se déplacent, vont et viennent en permanence, leur
durée est infiniment variable, comme leur intensité. Quatre
ans après le départ de mon Aimé, je le sais. Mais
elles sont exactes. Si vous savez voir et écouter, ce qui semble
être le cas, vous le constaterez pour eux et pour vous-même.
A chaque étape, il faudra ajuster alors votre propre comportement,
pour être vraiment efficace pour ces parents, pour votre mari,
vos enfants et... vous-même ! Prenez cela comme un défi
à relever chaque jour. Il portera également ses fruits,
soyez-en sûre, auprès des enfants qui vous sont confiés
en assistance maternelle (quels jolis mots n'est-ce pas !).
Vous ne pouvez, ni ne devez, vous substituer aux parents , mais les
accompagner avec tendresse, vous le savez bien, et ces qualités
vous ont été reconnues, donc vous comprenez certainement
ce que je vous en dis, n'est-ce pas ?
Je vous remercie de votre message et aussi ET SURTOUT, de votre élan
qui vous pousse à prier pour mon Benoît Bien Aimé.
Ainsi, vous aussi, vous m'aidez, vous l'aidez !!!
Merci donc à vous, Sonia et : COURAGE.
Je vous embrasse. Marie.
Le 25 octobre 2004 - Sonia
Merci du fond du coeur de m'avoir répondu, merci aussi pour votre
échange.
Mais durant ce silence, j'ai un peu lu et j'ai beaucoup appris aussi
sur l'au-delà, le pourquoi et les réponses de certaines
choses. J'ai pu enfin comprendre pourquoi Laura est partie, pourquoi
nous devons sur terre vivre toutes ces épreuves. J'arrive à
comprendre et j'en suis soulagée ...!!
Mais tout çà n'empêche pas de croire difficilement
qu'une enfant si jeune et encore si innocente est disparue de façon
soudaine. Je sais aussi qu'il est normal que je réagisse comme
çà puisque je ne connais pas cet autre monde, mais je
parle beaucoup à Laura, en moi comme çà naturellement.
Une nuit j'ai rêvé d'elle, qui ne m'a soufflé aucun
mot, mais je me suis réveillée le matin en me disant,
Laura à voulu me dire que tout allait bien, qu'elle était
bien "vivante". Depuis je suis retournée au "Jardin
de Laura" comme l'appelle ma belle mère et Mimi (petite
soeur de Laura), et au moment de me retourner pour partir j'ai senti
le mal, la tristesse me tomber dessus. Ce sentiment de la laisser derrière
moi sans pouvoir la toucher, la voir, l'abandonner, je n'ai pu retenir
mes larmes, j'ai vraiment ressenti mon coeur se déchirer, depuis
je ne suis pas retourner au Jardin de Laura, mais j'écris des
poèmes pour elle, pour moi sur ce que je ressens.
En ce qui concerne notre rapprochement en
, mon mari et
moi avons donc décidé de rester sur
,
et de ne pas fusionner avec mes beaux parents, mon beau frère
et ma belle soeur. Je pense comme vous le dites, qu'il est nécessaire
de protéger nos enfants, et nous même de toute cette douleur,
cette souffrance qui ont littéralement envahit les maisons respectives
de mes beaux parents et de mon beau frère et belle soeur. Pour
mes enfants, je ne veux qu'ils soient dans cette ambiance, sachant bien
qu'un enfant ressent exactement la douleur et le mal de leurs proches,
mon fils aîné me dit souvent que papy et mamie ne vont
pas bien.
Comme il m'a dit un matin, qu'il avait été dans le ciel
mais comme il n'avait vu personne, il est redescendu pour venir me retrouver
!!
Ainsi, nous allons aussi souvent que nous le pouvons les voir, et ils
viennent également ce qui leur permet de sortir et d'arriver
à un endroit où ils n'ont pas de souvenirs avec leur fille
puisqu'elle venait toujours avec ses grands parents.
La Toussaint arrive, Mimi va avoir 4 ans le 1er novembre, bien sur tout
le monde pense à Laura, et moi j'essaie de faire passer le message
pour entendre Mimi, un petit goûter d'anniversaire lui ferait
tellement du bien. Pour ce faire, mon beau frère et ma belle
soeur ont décidé de partir une semaine en Espagne pour
éviter la Toussaint. Alors nous allons les voir cette semaine
avant qu'ils partent. Mon beau frère, lui est toujours anéanti,
vidé, monte sur le toit de sa maison en demandant à Laura
de la punir, ou bien alors il pense faire un face à face avec
un camion, ma belle soeur essaie de cacher le plus possible à
ses deux filles son chagrin qui la mine et la ronge, elle ne peut toujours
pas toucher les affaires de Laura, quant à ma belle mère
elle recouvre petit à petit chaque partie de sa maison d'une
photo de Laura, mon beau père, de part ses pensées secrètes
pour sa petite fille disparue s'est coupé les doigts avec sa
machine à bois qu'il utilise depuis une trentaine d'années.
Et deux petites filles vivent dans cette ambiance, souriantes toutes
deux, pleine de vie, Mimi commence à demander QUAND REVIENT LAURA
???? Alors la maman désemparée, a pris RDV avec un pédopsychiatre.
C'est vraiment dur la vie sur Terre, mais nous sommes là pour
essayer d'atteindre le plus possible l'amour de Dieu, mais il est impossible
d'oublier toutes ses épreuves quotidiennes d'autant plus lorsque
c'est la perte de son enfant. Décidément, je n'arriverais
jamais à admettre....toujours avec les larmes aux yeux !!
Je pense sincèrement que Vous, que toutes les personnes qui ont
connu des épreuves aussi difficiles émotionnellement,
êtes d'un courage exceptionnel, car je suppose que parfois vous
devez vous demander comment vous faites pour "tenir", pour
ne pas vous "laisser aller" complètement à la
dérive, j'entends bien les différentes étapes que
vous décrivez d'après le livre, et pour notre part, aucun
de nous à dû faire le deuil. On ne peut pas oublier les
sentiments ressentis lors de la nouvelle, c'était tellement fort
que s'est resté encré en nous, dans tout notre corps et
surtout cela fait 3 mois que Laura fait parti de l'autre monde. Mais
malgré tout, il est hors de question que mes enfants ressentent
ma douleur et donc je suis heureuse de pouvoir dire ce que je ressens
à vous qui sachez bien plus encore ce que l'on peut ressentir,
d'autant plus.
Je vous remercie Marie, Haut les Coeurs, mes prières sont pour
vous ce soir, à bientôt.
Sonia
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