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Le message de Sabine

Si mon témoignage peut donner une lueur d’espoir et réconforter autant que faire se peut les personnes comme moi, c’est avec une grande joie que je vous autorise à publier les quelques lignes que je vous ai envoyées.

Avec toute mon amitié, Sabine et bien sûr, Jean François.

 


Le témoignage

Le témoignage de Sabine :

 

Divorcée depuis plus de 12 ans, j’avais fait ma petite vie, heureuse, avec mes deux fils. Mon monde, ma vie, était mes fils, nous sortions souvent ensemble, et depuis une année, plus particulièrement avec mon plus jeune, Jean François. Ciné, resto, boutiques, nous étions heureux d’être ensemble. Il avait 17 ans.

Un matin, son frère a voulu lui faire plaisir en l’emmenant en moto. Pourquoi ne l’ai-je pas empêché ! Je m’en voudrais toujours, et chaque jours je me pose la question. Je lui ai fermé son blouson de cuir, je les ai regardé partir. La moto a glissé à 200 m de la maison, mon fils aîné est passé entre deux arbres, pas Jean François, il a été tué sur le coup.Je pleure en écrivant ces lignes, ma souffrance est un gouffre sans fin. Comme beaucoup, je me dis que le plus beau jour de ma vie sera celui de ma mort, heure bénie où je retrouverai enfin mon Fils.

Avant que ce drame n’arrive, j’avais lu les livres du Dr Moody, d’Elisabeth Kübbler Ross et d’autres qui traitaient de l’après vie. J’étais sûre que quelque chose existait. Peut être grâce à cela, et Jean François savait que j’y croyais, dés la première semaine, j’ai eu des « signes » le tout premier se fit avec mon téléphone portable. Porte fermée, clavier bloqué, pour choisir un correspondant dans le répertoire, il fallait déplacer un curseur. Sortie d’avoir rendu visite à Vincent au CHR, je pris mon téléphone pour que l’on vienne me chercher. Après avoir ouvert la porte du téléphone, l’écran était bloqué sur le nom « Jean François » Cherchant le « truc » par tous les moyens, impossible d’arriver à ce résultat sans au moins 3 manipulations. J’ai compris tout de suite, c’était mon Fils qui me faisait savoir qu’Il était là, prés de moi.

J’abrége les autres petits coucous pour arriver aux plus magnifiques, pour moi. Jean François a eu (je m’exprime au présent, puisqu’il est toujours là) 17 ans le dimanche 25 juillet 2004. Je lui est déposé sur sa chaîne hifi, une carte, un poème plus exactement, afin de lui dire combien je l’aime. Deux jours après, alors que la fenêtre ainsi que la porte étaient fermées, j’ai retrouvé sa casquette qui était accrochée dans sa chambre, en dessous de cette carte. Le surlendemain, alors que je me débattais avec un collier emmêlé avec une boucle d’oreille, j’ai tout laissé en l’état et partis travailler. Le soir, mon regard fut attiré sur ma coiffeuse … le collier était détaché de la boucle d’oreille ! Dimanche 3 octobre, jour de la St Gérard, prénom de mon Père. Le mardi suivant, en allant se coucher, mon Père découvre (après avoir tirer le couvre lit) sur son oreiller, une petite rose en soie posée au beau milieu. Ma mère aussi a eu droit au coucou de Jean François, elle a entendu distinctement sa voix qui l’appelait (comme vous, pas dans sa tête, une vraie voix).

Quelque part, ceci est réconfortant de savoir que mon Fils est vivant ailleurs, mais cela n’empêche pas que son absence m’est insupportable, que ma vie s’est brisée ce 21 février et que, jusqu’à mon dernier jour, c’est une plaie qui ne se refermera jamais. Je suis condamnée à vivre. La douleur physique n’est rien à côté de ce que l’on endure.

Cela me réconforte de savoir que mon Fils vit autrement mais n’enlève pas ma peine de ne plus le voir, le toucher, l’embrasser. Mais j’espère que ce message pourra aider des parents, des personnes endeuillées, afin qu’ils sachent que l’Amour est plus fort que tout et que ce lien ne peut être détruit. Je sais pertinemment que c’est Jean François qui viendra me chercher le moment voulu, qu’il m’attend et qu’enfin nous serons réunis pour toujours, ce jour là sera le plus beau de ma vie.

Soyez attentifs vos proches ne sont pas « disparus » ils sont là prés de vous, sans cesse et continuent de vous aimer.

Très sincèrement, Sabine


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