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Johanna

Johanna, mon amour

 

 

 

 


Le message de Jean-Jacques

Témoigner me permet d'une certaine façon, de montrer à ma petite fille disparue (si besoin était) combien je l'aime et combien le lien qui m'unit à elle est important et fort.
Parler d'elle sur votre site et que l'histoire de sa disparition circule sur le Net et soit lue par des personnes ayant vécu cette même expérience, participera certainement un tant soit peu (tout comme les autres témoignages de votre site, pour d'autres âmes) à son ''évolution'' et à unir et rendre plus forts et sereins ceux qui croient et savent que la mort n'est que physique, et non pas la fin d'une existence.
Témoigner sur votre site est également important pour moi car après être passé par une douleur indescriptible après son ''départ'', j'ai, comme beaucoup d'entre nous sans doute, eu besoin de comprendre, de parler, d'exprimer. Puis ensuite, j'ai eu envie de partager avec certains de mes proches, les émotions intenses que j'ai pu ressentir lorsque les premiers signes sont arrivés. Signes qui m'ont aidé à me reconstruire. Je n'ai eu droit alors qu'à des regards interloqués (parfois même méprisants) sur ce que devait être sans doute pour eux, l'état mental d'un père gagné par je ne sais quelle démence. Alors je n'ai plus parlé à personne de mon ''expérience''. Aussi, j'ai plaisir à partager aujourd'hui avec des personnes ouvertes parce que concernées.

 


Le témoignage
( Août 2005)

 

Ma fille Johanna est décédée à l'age de huit ans, le soir du 14 mars 1994 dans un accident de voiture sur une route de Guadeloupe (Antilles françaises). Etant divorcé, mon ex-épouse avait ce soir là, la garde des enfants. Me trouvant moi-même ce soir là au tennis club de ma commune afin d'y voir jouer un ami dans un match de tournoi, je fus pris d'une terrible angoisse aux alentours de 19h00. J'éprouvais le très fort besoin de me rendre immédiatement au domicile de mon ex-épouse afin de voir mes enfants. Mais une fois sur place, je trouvais la maison fermée. L'angoisse se faisait plus grande encore et je tournais en rond comme un lion en cage, ne pouvant rentrer chez moi sans les avoir vus. J'appris plus tard qu'ils avaient eu un accident à juste quelques centaines de mètres de là, à 19h00. Sa mère conduisait la voiture dans laquelle se trouvait également son frère. A l'entrée d'un virage, une voiture en situation de dépassement interdit donc dangereux déboucha face à eux. La maman de Johanna eu juste le temps de donner un coup de volant à droite pour éviter le face à face (qui se serait révélé bien plus dramatique). Mais la voiture fit plusieurs tonneaux sur le bas côté et ma fille fut éjectée de la voiture avant que sa tête ne frappe un pieu métallique planté dans un champs. Elle fut la seule victime. Le chauffard ne s'arrêta pas et fut retrouvé après appel à témoins. Cela n'empêchera pas cette personne jusqu'à aujourd'hui de circuler librement dans le département. Je n'évoquerai pas ici la suite des démarches entreprises auprès des autorités dites ''compétentes'' et restées à ce jour sans résultats. Un scandale.

Mon fils ne fut que légèrement blessé. Les blessures sont psychologiques et encore très profondes. Inutile de dire combien notre vie a basculé depuis. Rien n'est plus pareil. Après presque sept années épouvantables, j'ai réussi à faire, seul, le deuil de ma fille et j'ai la chance aujourd'hui de recevoir des signes (j'en ai reçu quelques-uns durant les années qui suivirent son décès), signes que je n'étais pas en état à l'époque de recevoir, d'accepter et d'interpréter.

 

Premier signe
Le premier signe de Johanna, et non des moindres, je l’ai reçu deux jours après son ‘’départ’’. Son corps fut exposé dans son cercueil à la maison, comme c’est la tradition dans mon île, afin de recevoir les condoléances et derniers ‘’hommages’’ de la famille et des proches. La dernière fois que j’avais eu la chance de voir ma fille, vivante, c’était trois jours auparavant car étant divorcés, sa maman et moi avions la garde partagée des enfants et depuis trois jours donc, ils étaient chez leur maman. Effondré par son ‘’départ’’, j’avais toutes les difficultés à faire le lien entre l’image de la merveilleuse petite fille, gaie et heureuse que j’avais vu trois jours auparavant et celle de cet Ange allongé dans ce cercueil que je ne pouvais toucher et que je ne regardais qu’au travers de la vitre de celui-ci. C’était encore plus dur.

Une amie, de mes voisines, que j’appellerais ‘’X’’se trouvait sur les lieux de l’accident, et me dit que ma fille n’était pas décédée sur le coup. ‘’X’’ me dit qu’elle avait comme l’impression que Johanna, luttait comme pour attendre l’arrivée de quelqu’un. Comme je n’étais pas sur place, j’ai pensé qu’elle était sans doute effrayée de ce qui se passait et scrutait peut-être tout simplement pour trouver le regard, peut-être rassurant, de sa maman ou de son frère qui étaient couchés non loin de là. J’ai tout de même eu cette pensée, peut-être égoïste, qu’elle ait pu chercher son papa avec lequel elle était si proche et si complice.

Des amies très dévouées de ma mère, s’étaient occupées de la ‘’préparation’’ de Johanna avant qu’elle ne soit installée dans son cercueil. Elles avaient fait la remarque que seul un de ces yeux était fermé, l’autre étant resté à demi ouvert. Ce que je pus constater quand elle fut exposée à la maison. Après avoir attendu le départ des nombreuses personnes qui étaient venues lui rendre un dernier hommage, je me suis approché du cercueil, et suis resté à la regarder et lui parler très longtemps. Puis exténué, je fini par aller m’allonger dans la chambre.

J’avais attaché à ma gourmette, la médaille qu’elle portait à son cou et qui m’avait été rendue la veille. Couché en ‘’chien de fusil’’, avec le bras qui portait la gourmette dans le vide, je continuais à lui parler intérieurement et lui demandais pourquoi elle ne m’avait pas attendu afin qu’elle puisse partir, dans mes bras en emportant avec elle tout l’amour que j’avais pour elle. Et coulaient de plus bel de mes yeux qui avaient déjà tant pleuré, des larmes. Je finis par lui dire que si au moins elle entendait ce que je lui disais, qu’elle me fasse un signe, juste un signe. J’étais conscient, malgré l’immense chagrin, que c’était là les paroles d’un père abattu.

C’est alors que le bracelet se mis à faire un tour complet de mon poignet….

Malgré le fait que j’étais tétanisé, je me trouvais alors dans un état d’émotion indescriptible. Je ne pu que la remercier du merveilleux ‘’cadeau’’ qu’elle venait de me faire.Le lendemain matin, je m’approchais de son cercueil, le cœur plein de la lumière qu’elle m’avait envoyée la veille. Ses deux yeux étaient fermés…..Chose, laquelle, médicalement ou cliniquement (je ne sais quel est le mot le plus adéquat) est impossible. Alors comment expliquer ce phénomène ? Le système de ‘’réfrigération’’ étant branché sur le secteur fonctionnait-il bien ? Et même si un disfonctionnement aurait pu entraîner un relâchement des chairs, celui-ci se serait opéré sur tout le corps, donc aurait été constaté, sans compter l’apparition d’une possible odeur…. Je vous laisse juges.

Bien d’autres signes se sont produits, mais il serait bien trop long d’en faire ici, le récit.


A la suite du décès de ma fille et afin de m'aider à comprendre, j'ai été amené à lire bon nombre d'ouvrages traitant de la vie après la vie mais sans que cela apaise ma douleur, et réponde à toutes mes questions.

Cependant, les derniers signes (récents), m'ont guidé de façon tout à fait incroyable et sans l'avoir cherché, vers un ouvrage qui était en ma possession depuis quelques années déjà et que j'avais acheté après le décès de Johanna (livre que j'avais égaré). ''Les morts nous parlent'' du Père François Brune. Livre que j'avais lu à l'époque, mais sans conviction, vu l'état de désespoir dans lequel je me trouvais. Puis par un enchaînement de différents faits et évènements liés les uns aux autres, je fus également guidé vers d'autres ouvrages et sites internet, entre autres (les plus importants) pour les ouvrages : - ''L'au-delà existe'' de Lino Sardos Albertini (éditions Filipacchi), et ''Karine après la vie'' de Yvon et Maryvonne Dray, préfacé par Didier Van Cauwelaert (éditions Albin Michel) et pour les sites internet : - http://www.sourcedevietoulouse.com/ , http://www.outre-vie.com/ , http://www.karine-tci.com/ (sites sur lesquels figurent également d'autres liens internet). Qu'il s'agisse des ouvrages ou des sites, il est question dans chacun d'entre eux, des contacts que certaines personnes ont avec leurs défunts, par le biais de la TCI. Des signes directs que j'avais pu recevoir, me dirigeaient tout droit vers des textes contenant les mots communication/médium. Je décidais alors de tenter ''l'expérience'' (je n'aime pas trop ce mot) de l'écriture automatique et de la TCI pure, par le biais d'un dictaphone. J'ai obtenu personnellement des résultats assez rapidement ainsi que par l' intermédiaire d'une amie médium que je retrouvais (toujours guidé) après que nous nous soyons perdus de vue quelques années (hasard ?).

 

Je continue aujourd'hui ma pratique de la TCI (en toute humilité) mais souffre beaucoup du fait de ne pouvoir partager avec des personnes vivant les mêmes expériences dans mon environnement géographique. Je vis dans une région où parler des morts et de l'Au-delà est un sujet encore tabou et souvent ''réservé'' aux adeptes et pratiquants de la magie et de la sorcellerie. .
J'espère que grâce à votre site, (entre autres sites et associations), et grâce aux personnes honnêtes et sincères qui témoignent de leurs expériences, de nombreux tabous tomberont et que les personnes sceptiques, attachées aux croyances ''les plus bassement terriennes'' ouvriront enfin leur esprit, leurs yeux, leurs oreilles et leur coeur. Malheureusement, il faut souvent passer par la perte d'un être cher pour commencer à comprendre.







A Johanna..........

Le passage,

Cette nuit là était si belle,
Nous venions de fêter ton anniversaire,
L'anniversaire de tes huit ans, seulement.
Le ciel était rempli d'étoiles,
On entendait le doux murmure du vent,
Dans les branches des flamboyants,
Et le léger clapot de la mer,
Dont les vagues et leur écume,
Faisaient scintiller de mille petites lumières,
Les cristaux de sable, caressés par la lune.

Pourtant cette nuit là,
Le temps pour toi s'est arrêté,
La dame en noir est venue te chercher,
Prendre ta vie, cette nuit là,
Voler ton avenir,
Sans même te demander si tu voulais partir,
Comme jalouse de ce partage d'amour, notre partage,
Et forte de sa grande lâcheté,
Accompagnée de sombres nuages,
Est venue mettre un terme à ce bonheur partagé,
Cette immense tendresse, cette douce complicité.

J'avais encore tellement de choses à te dire,
Tellement d'amour à te donner.

Et j'ai si mal de n'avoir pu être là,
Sentir ton dernier souffle,
Pour qu'avant ton départ,
Les yeux innondés de larmes,
Je puisse te dire dans un dernier regard, ''pars'',
Emmène avec toi tout mon amour pour toi.
Comme tu as dû m'attendre !
J'aurais voulu que dans mes bras tu partes,
En paix, peut-être soulagée
De me savoir à tes côtés,
Dans ce dernier partage,
Ce douloureux partage,
Jusqu'au bout du chemin, de ton chemin de vie,
Que tu partes, peut-être rassurée
De savoir que j'étais là pour ton passage,
Dans un nouvel ailleurs,
Peut-être meilleur,
Le début d'un voyage, de ton voyage,
De l'autre côté, là où le temps n'existe plus,
Là où les âmes voyagent, sans âge.

J'avais encore tellement de choses à te dire,
Tellement d'amour à te donner.

Mais la vie continue,
Le temps s'écoule tristement,
Et je me sens nu,
De tous ces sentiments
Que je n'ai pu te faire partager,
Je suis comme amputé.
Pourtant, même si certains soirs,
La douleur se fait plus grande,
En moi je garde espoir,
Car je sais qu'un jour, c'est sûr,
Au bout de ma route,
Ensemble nous ferons ce voyage,
De l'autre côté du passage,

Car j'ai encore tellement de choses à te dire,
Tellement d'amour à te donner.

Jean-Jacques, ton papa.

(poèmes extrait d'un de mes reccueils de poèmes ''Dans la solitude de mes nuits'', tous droits protégés)


Jacques a créé une association au nom de sa fille, Association qui a pour vocation de collecter les témoignages des personnes endeuillées par le départ d'un proche et en particulier celui d'un enfant.

http://www.associationjohanna.com


 


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