Témoignages
"
j'ai entendu le pas à ma droite dans l'intérieur
de mon mur, puis il est sorti de ma chambre ".
Victor
Hugo
Au petit jour,
j'ai entendu le bruit d'un pas, non d'être humain,mais
d'animal. [...] J'ai écouté ; j'ai entendu le pas
à ma droite dans l'intérieur de mon mur, puis il
est sorti de ma chambre dont la porte était fermée
et je l'ai entendu descendre l'escalier ; en s'éloignant,
il se dénaturait et devenait comme un pas d'homme ou de
femme. Arrivé en bas, il m'a paru s'évanouir dans
une sorte de frémissement qui n'avait d'analogie avec aucun
bruit connu. Alors, je me suis mis à prier pour ceux qui
sont dans l'épreuve [...] : "S'il y a, près
de moi, quelque être qui souffre, quel qu'il soit, qu'il
soit béni, et qu'il prie pour moi comme je prie pour lui."
En ce moment-là, j'ai entendu deux coups très distincts
dans mon mur. »
A de nombreuses
reprises, Victor Hugo notera ce genre de manifestation qui se
produisait dans sa demeure d'Hauteville-House, à Guernesey,
dans les îles Anglo-Normandes.
Mme Camille Flammarion
Mlle Renaudot, future Mme Camille Flammarion, ayant été invitée
en avril 1918, par le docteur Bonnefoy, veuf et remarié, à venir
passer quelques jours à Cherbourg,occupa une chambre renfermant
de nombreux objets ayant appartenu à la défunte Mme Bonnefoy,
et, en particulier, le lit dans lequel elle était décédée. Des
liens d'affection profonde avaient uni Mme Bonnefoy et Mlle
Renaudot.
Je la revoyais si heureuse d'une vie
à la fois active et harmonieuse, puis sur ce lit qui avait été,
pendant trois nuits, son lit mortuaire. ».La première nuit,
je ne dormis pas, songeant à elle, à sa maison. Le lendemain,
je me promis une bonne nuit. Je m'endormis, chassant mes anciens
souvenirs.». A 4 heures du matin, le 27, un bruit formidable
m'éveilla: à gauche du lit, des craquements terribles se faisaient
entendre dans le mur. Ils se propageaient autour de la chambre.
Et puis, des craquements plus doux, comme d'une personne se
retournant dans un lit, se produisirent à plusieurs reprises.
Enfin, j'entendis un pas léger et glissant, partant à gauche
du lit. Dans mon émotion, je me levai, et j'allumai une bougie.
A 5 heures, en proie à une terreur irraisonnée, je montai chercher
la cuisinièreThionnet. Elle descendit avec moi. Dès son arrivée,
nous n'entendîmes plus rien. Vers 6 heures, le docteur, au second
étage, s'est levé et est allé dans son cabinet de toilette:
les bruits qu'il fit en se levant et en marchant ne ressemblaient
pas à ceux que j'avais entendus.
Dans la journée, je cherchai l'explication du phénomène: chats,
rats... j'examinai le mur à la gauche du lit: sans aspérités.
D'ailleurs les bruits mystérieux étaient très différents de
ceux qui auraient pu être produits par des animaux, chats ou
chien.
Le samedi, je me couchai, déjà nerveuse. A 11 heures, les bruits
recommencèrent comme le matin. Aussitôt, en proie à la plus
vive émotion, je montai chercher la cuisinière. Elle descendit
et s'étendit sur le lit, à côté de moi. Pendant une demi-heure,
les bruits continuèrent.Les coups étaient si forts que nous
craignions à tout instant de voir tomber le cadre qui soutenait
le portrait de Mme Bonnefoy. Des pas glissants parcouraient
la chambre. La cuisinière entendit tout cela comme moi. Elle
est âgée de vingt-six ans.A 11 h 30, les bruits cessèrent.
Ces manifestations étant extrêmement désagréables, surtout parce
que l'on sait qu'on a affaire à une cause inconnue, incompréhensible,
je me recueillis dans la journée du lendemain. Je suppliai la
morte de m'en épargner la douloureuse émotion.:Je suis restée
dans cette maison jusqu'au samedi 4 mai.
Etant redevenue plus calme, j'ai prié la morte de se manifester
et de me faire savoir d'une manière quelconque ce qu'elle pouvait
désirer.Mais je n'ai rien observé depuis, malgré mon désir (mêlé
d'effroi) de pouvoir contrôler le phénomène, et d'obtenir, si
possible, l'explication de cette étrange manifestation
Mlle Renaudot, alors jeune astronome à l'observatoire de Juvisy,
mathématicienne distinguée, directrice du bulletin mensuel de
la Société astronomique de France, membre de l'Association des
journalistes parisiens, était très sceptique en ce qui concerne
les phénomènes psychiques et passait des nuits entières à observer
les étoiles.
Le spectre de Miss Morton
Extrait du compte rendu rédigé
en 1892 par une étudiante en médecine, Miss Morton.
« J'ai vu la forme d'une dame de haute taille,
habillée de noir, qui se tenait en haut de l'escalier. Au bout
de quelques instants, elle descendit les marches, et je la suivis
du regard sur une courte distance, curieuse de ce qu'elle pouvait
être. Je n'avais qu'un petit bout de chandelle, et tout d'un
coup, elle se consuma et s'éteignit. Incapable alors d'en voir
plus, je me dirigeai vers ma chambre. »
Ce spectre s'est de lui-même prêté à l'étude : durant les sept
années suivantes, six personnes, en plus de Miss Morton, ont
vu le fantôme, qui ressemblait énormément à une personne connue
qui avait précédemment occupé la maison. Et, coïncidant avec
ces apparitions, des bruits, apparement produits par ces dernières,
furent entendus par une vingtaine de personnes. Les visions
suivaient un modèle régulier : la silhouette descendait l'escalier,
entrait dans le salon et se tenait dans l'embrasure de la fenêtre.
Puis elle quit tait la pièce par la porte, longeait le corridor
et disparaissait.
Miss Morton, pleine de ressources, noua quelquefois des fils
à travers les marches de l'escalier, mais ils demeurèrent intacts.
Miss Morton, qui devait être une jeune femme exceptionnellement
courageuse, a fait de fréquentes tentatives pour amorcer la
conversation avec le spectre. Mais, bien qu'il parût au courant
de sa présence, il ne répondit jamais. Elle essaya aussi de
le toucher, mais il s'écarta toujours. « En le coinçant dans
une encoignure, comme je l'ai fait une fois ou deux, a écrit
notre témoin, il disparut. » Miss Morton essaya même de saisir
la dame en noir, mais ce fut avec le même résultat négatif.
Un jour, voyant l'apparition à la fenêtre habituelle, elle demanda
à son père s'il la voyait lui aussi, mais il n'en était rien.
Lorsque celui-ci s'avança vers la fenêtre, le fantôme se mit
promptement à tourner autour de lui.
Il y avait un chat chez les Morton. Pourtant, il ne parut nullement
être conscient de la présence de la dame en noir. Quant aux
chiens, ils réagirent comme s'ils avaient vu quelqu'un : l'un
d'eux courut au pied de l'escalier, remua la queue et sauta
comme s'il attendait d'être caressé, mais ensuite il recula,
la queue entre les jambes, et se coucha sous le sofa.
La Voyante de Prevorsf
Un témoignages qui ne laissent
planer aucun doute quant à l'objectivité d'une apparition.
Celui rapporté par Justinus Kemer (1786-1862), médecin et poète
allemand auteur, entre autres, de l'œuvre intitulée Die Seherin
von Prevorst (La Voyante de Prevorsf), est célèbre.
Kemer raconte qu'une détenue répondant au nom d'Elisabeth Eslinger
fut plusieurs fois visitée dans sa cellule par le fantôme d'un
prêtre.
Lors de ces apparitions, ce dernier demandait avec insistance
que l'on priât pour lui car il devait expier de graves péchés.
A l'occasion de ces visites, les compagnes de la prisonnière
percevaient des vents froids, voyaient une sorte de lumière
phosphorescente et réussissaient parfois à distinguer la silhouette
du fantôme. A l'occasion de ces visites, les compagnes de la
prisonnière percevaient des vents froids, voyaient une sorte
de lumière phosphorescente et réussissaient parfois à distinguer
la silhouette du fantôme. Lorsqu'il arrivait à l'entité de toucher
l'une des femmes, celle-ci éprouvait une douleur cuisante à
l'endroit du corps où s'effectuait le contact. Puis les marques
évidentes d'une brûlure apparaissaient en ce point précis. Le
directeur de la prison voulut mettre la détenue à l'épreuve
et la défia d'inviter le fantôme à se rendre chez lui. Le religieux
alla le trouver deux nuits de suite et lui infligea deux brûlures,
la première sur le coude droit, et la seconde sur le coude gauche,
exactement là où il l'avait touché. Quand elle fut libérée,
Elisabeth Eslinger se plia au désir de l'entité qui s'était
ainsi manifestée et se rendit sur les lieux où cette dernière
affirmait avoir vécu
A peine s'était-elle agenouillée afin de prier
pour cette âme errante que l'ensemble des témoins virent clairement
la silhouette du malheureux prêtre. Le fantôme prit congé en
lui serrant la main et en lui laissant, pour la dernière fois,
les marques de brûlure caractéristiques. .