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une
représentâtion
de Satan,
datée
du XIXe siècle.
Satan
Sur trois mille ans, la conception de lenfer a évolué.
Il en est de même de limage du Diable. Dabord, matérialisation
des peurs collectives sous la symbolique des monstres de labîme,
des esprits souffles porteurs de maladie et de mort, du serpent associé
au feu, des morts-spectres qui menacent la vie des vivants,... cette
approche plus ou moins animiste saccompagne de la présence
de nombreux démons horribles, redoutables, dont il faut se
prémunir par magie. Ensuite, par un processus de personnification
dont nous avons parlé, apparition du diable sous la forme dun
Ange (Elohim) adversaire de lhomme, tentateur, puis aussi adversaire
de Dieu, donc puissance dualiste rassemblant tout le Mal contre Dieu
qui ne peut être que le Bien. La multiplicité de ces
personnages se réduit peu à peu pour aboutir au Prince
des Enfers. Bien des noms ont été progressivement abandonnés
: Belzebuth, Azazel... Il ne subsiste en fait que Satan et Lucifer.
Or ce dernier nom nexiste pas dans lA.T. ni dans le N.T.,
il provient dune erreur de traduction de Saint-Jérôme
pour la Vulgate. La rébellion des " astres-entités
" contre lordre de lUnivers, qui est un thème
mésopotamien, repris dans le livre dEnoch, où
astres et anges sont confondus et assimilés aux Elohim, est
décrit aussi par Isaïe.
Le Satanisme

Actuellement, beaucoup de faits dits sataniques recouvrent
plutôt un anti-christianisme exacerbé, le satanisme figurant l'impur,
l'opposition au sacré religieux et au divin. Croire en Satan ou l'évoquer
ne signifie pas adhérer à des rites sataniques. Actuellement les sociopathies
et les psychopathies semblent conforter la typologie littéraire du
satanisme criminel, mais sur le mode du fantasme. Allier une psychopathologie
satanisante à un fondamentalisme évangélique est une démarche que
connaissent certains chrétiens pour qui le diable représente le défi
nécessaire à l'homme dans son processus de libération.
La possession

Le phénomène qui se présente à nous
sous la forme très complexe de la possession nous est rapporté,
à toutes les époques, indépendamment de l'arrière-plan
culturel. Depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, en passant
par les récits bibliques, ce phénomène se présente
sous des modèles uniformes.
Les signes
Les signes physiques consistent d'abord dans les changements mimique.
Le possédé devient méconnaissable, diffère
de lui même au point qu'à Loudun, les grands seigneurs
et les curieux venaient voir la figure du Diable qui se substituait
à la figure ordinaire des religieuses.
Si la possession est déjà ancienne, le changement
de mimique est complété par l'amaigrissement et le ballonnement
du ventre. Les traits expriment la colère, la haine, la moquerie,
l'insulte. Les viscères contractés et spasmés
altèrent en même temps les fonctions de l'organisme.
Le teint change, les nausées, les vomissements, l'aérophagie,
l'aérocolie apparaissent avec les borborygmes, la langue sale,
la fétidité de l'haleine. Des viscères spasmés
dont la sensibilité n'est pas perçue dans l'état
de santé, montent des sensations pénibles et angoissantes
; des irritations de la peau et des muqueuses les complètent.
Le malade explique ces douleurs angoissantes par la présence
d'un animal ou d'un diable qui se déplace souvent, dans son
ventre, le mord, le pince, le brûle, le torture de toutes manières.
Le tableau est complété par des vertiges, des maux de
tête, sensations paraissant provenir de l'extérieur :
douleurs de la nuque violentes, imposant la conviction d'un coup qui
vient d'être reçu, douleurs de la colonne vertébrale,
du même ordre avec la même interprétation. Il faut
ajouter des tiraillements, des crampes, des impressions de gonflement
et de tension plus ou moins mobiles que le sujet décrit comme
des pénétrations du Diable dans son corps ou des sorties
de ce même Diable. La voix change aussi. Elle n'a plus le même
timbre, elle devient grave, menaçante, ou sardonique, moquant
les personnes les plus respectables, tenant des propos érotiques
ou scatologiques inaccoutumés. L'écriture automatique
apparaît par crises au milieu d'une page de l'écriture
habituelle. Il arrive que le porte-plume soit arraché et jeté
au milieu de la pièce. Parfois la page est sabrée d'un
trait rageur qui déchire le papier ou l'éclabousse de
taches d'encre. Les écrits automatiques des possédés
diffèrent par leur caractère violent de ceux des médiums.
Le possédé se représente le diable qui l'habite
comme ayant un corps plus petit que le sien. Cette représentation
de la petitesse de corps du Diable explique les innombrables diablotins
des cathédrales gothiques et ceux qui assaillent certaines
statues du Bouddha. Du fait de sa petitesse, le Diable malgré
qu'il soit toujours méchant peut changer de caractère,
devenant une sorte d'enfant pervers ou d'animal redoutable et pourtant
attachant, traduisant sous des formes symboliques l'ambivalence affective
sur laquelle nous reviendrons. Les réactions des possédés
ont un caractère commun : l'impulsivité agressive qui
peut être remplacée par son contraire : l'inhibition.
Les insultes, les gestes menaçants, les mots écrits
par une main qui a perdu tout contrôle, apparaissent brusquement,
d'une manière imprévisible, de même que les crampes,
les contorsions des membres, les crises convulsives. L'apparition
de l'impulsivité indique l'envahissement de la personnalité.
L'agressivité contre Dieu et contre les hommes révèle
le ton de l'affectivité de la nouvelle personnalité.
Ces réactions, bien qu'elles semblent échapper au contrôle
psychique ne sont pas inconscientes. Le possédé sait
qu'un autre pense, parle, agit par son intermédiaire et il
en souffre cruellement ; de même il aura conscience des inhibitions
et en souffrira.
Une sensation revient souvent, à la fois dans les histoires
démoniaques et dans les récits d'expériences
métapsychiques. Les sujets ou les assistants éprouvent
brusquement des impressions de froid glacial, parfois semblant sortir
des murs. Au sabbat l'arrivée du Diable s'annonce par des effluves
glacées et un contact réfrigérant. Des mains
froides saisissent la nuque du démoniaque, un vent froid souffle
tout d'un coup. La chair de poule de la peur, le refroidissement des
extrémités explique en partie cette sensation de froid,
mais parfois aussi elle semble inexplicable. Elle s'accompagne généralement
de frigidité sexuelle. Les sorcières étaient
frigides et c'était là une des marques du Diable pour
les Inquisiteurs. Refroidissement et frigidité vont de pair
avec l'insensibilité à la douleur : dans la possession,
les sujets peuvent être brûlés, piqués sans
se plaindre, sans faire de mouvement, sans changer de couleur. La
possession trouble les fonctions féminines, crée des
grossesses fictives avec distension exagérée du ventre
et mêle ses effets à ceux de l'âge critique. Elle
jette le désordre dans toute la vie instinctive, supprime l'appétit
ou fait apparaître des boulimies, avec besoins impérieux
d'aliments étranges ou répugnants.
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