Le livre des morts
Les Egyptiens du Nouvel Empire
étaient ensevelis avec
le Livre des Morts, un rouleau de papyrus déposé dans le sarcophage
lors de l'enterrement, véritable cartographie du monde de l'au-delà.
Canaux, lacs, chemins, portes gardées par des génies armés y étaient
décrits en détail.
Le livre des morts
Recueil d'incantations
et de formules magiques, souvent magnifiquement illustré, le Livre,
des morts était déposé dans les tombes égyptiennes, placé sur le
sarcophage ou glissé dans les bandelettes de la momie. Les textes
qui le composent, apparemment incohérents, ne remontent pas au-delà
du XVIIe siècle av. J.-C. Ils s'inspirent des Textes des sarcophages
que l'on trouve inscrits dans les grandes cuves où reposaient les
momies et qui sont très antérieurs (entre 2300 et 1700 av. J.-C.).
Ces derniers avaient été eux-mêmes précédés des Textes des pyramides,
qui, figurant sur les parois de la salle du sarcophage de celles-ci,
étaient réservés aux rites solennels du culte funéraire royal. Le
Livre des morts reflète donc un processus de démocratisation, les
formules réservées jadis aux souverains pouvant être désormais reprises
par la classe moyenne.
Le
mort devait connaître les formules qui lui permettaient de franchir
tous ces obstacles jusqu'au royaume des bienheureux.et ainsi
de rejoindre la barque solaire pour accompagner Rê dans son voyage
vers l'invisible.
Le Livre des
Morts renferme 165 chapitres et, de son vivant, chaque Egyptien
l'apprenait littéralement par cœur, comme une sorte de catéchisme,
afin d'être en mesure de prononcer exactement les formules, de réciter
opportunément les prières et d'accomplir les rites voulus après
sa mort. C'est pour remédier au manque de mémoire des défunts que
l'on plaçait un exemplaire sur papyrus du Livre des Morts sous les
bandelettes des momies, tantôt sur le sein, tantôt sur le bras,
tantôt entre les jambes, pour qu'il pût être utilisé à tout moment.
Ces exemplaires, copiés d'avance et en série par les scribes attachés
aux temples, comportaient une partie en blanc destinée à recevoir
le nom du défunt. Celui-ci était uniformément désigné sous le nom
d'Osiris Un Tel. Parfois, cette lacune n'était point comblée. Par
contre les rituels funéraires des puissants et des riches étaient
d'une plus noble matière et ornés d'illustrations.
Ré dieu Soleil était censé traverser le Monde souterrain
lors de son voyage nocturne, illustré dans d'énormes "Livres
des morts" . Ceux-ci étaient inscrits dans les tombes royales
du Nouvel Empire pour que le pharaon puisse participer au cycle
solaire dans l'au-delà. Les Livres des Morts comportent douze parties
correspondant aux douze heures de la nuit. Chaque heure est consacrée
au dieu Soleil dans sa barque, entouré des êtres qui peuplent cette
région. Une composition entière montre près de mille figures : élus,
démons et divinités de la région, damnés éternellement torturés.
En passant, le dieu Soleil s'adresse aux êtres de chaque heure qui
lui souhaitent à leur tour la bienvenue et sont ranimés par la lumière
qu'il dispense. Les descriptions très exactes donnent les dimensions
des espaces qu'il parcourt. Sa barque emprunte surtout un chemin
aqueux mais à partir d'un carrefour, elle se déplace sur des sables
éternels, remorquée par un groupe de chacals. Sur certaines représentations,
le dieu Soleil descend, au milieu de la nuit, dans les profondeurs
extrêmes du Monde souterrain et fusionne avec son souverain Osiris.
L'image qui en résulte porte la légende « Rê qui repose en Osiris
» et « Osiris qui repose en Rê ». Mais si Rê pouvait être associé
à Amon en une divinité portant un nom unique (Amon-Rê), Rê et Osiris
étaient trop fondamentalement différents. Leur brève association
suscitait le renouveau quotidien mais ne pouvait pas être permanente.
Toute la nuit, le dieu Soleil devait lutter contre son ennemi juré,
le serpent Apopis (p. 45), mais les dernières heures, il entrait
dans un grand serpent dont il ressortait rajeuni, pour renaître
à l'aube.
Formule pour sortir au jour
« Les portes du ciel se sont ouvertes pour moi, les portes de.
la terre se sont ouvertes pour moi;/• les verrous de Geb [le dieu
de ïa terre] se sont ouverts pour moi, la voûte céleste s'est ouverte
pour moi. Celui aui me gardait m'a délié, celui oui avait attaché
son bras à moi l'a détaché vers le soi... ]'ai [à nouveau] l'usage
de mon coeur, l'usage de mon muscle cardiaque, l'usage de mes bras,
l'usage de mes jambes, l'usage de ma bouche, l'usage de [tous] mes
membres, je peux disposer des offrandes funéraires, disposer de
l'eau, de la brise, du flot, du fleuve, disposer de ceux oui agissent
contre moi et de celles oui agissent contre moi dans l'empire des
morts, disposer des ordres édictés contre moi sur terre... Je me
soulève sur mon côté gauche et je me mets sur mon côté droit; je
me soulève sur mon côté droit et je me mets sur mon côté gauche;
Je m'assieds, je me mets debout, je secoue ma poussière. Ma langue
et ma bouche sont des guides habiles. Celui aui connaît ce livre,
il peut sortir au jour et se promener sur terre parmi les vivants,
et il ne peut pas périr, jamais. Cela s'est révélé efficace des
millions de fois. »
Livre des morts, Le Cerf, Paris.1976-
Similitudes avec les N.D.E.
Le " Livre des Morts " égyptien est à la fois un témoignage d’une
longue tradition de bouleversements cosmiques, dont d’autres mythologies
font état (Apocalypses - Popol Vuh...) mais aussi une affirmation
d’une foi et une haute expression métaphysique. Les Egyptiens croyaient
en la survie d’un principe spirituel, ils avaient la certitude de
pouvoir gagner l’immortalité " en suivant la voie de Dieu ", leur
morale était noble, à base de préceptes de sagesse. Ils croyaient
en une force suprême de l’énergie cosmique, Dieu unique créateur.
- Les fouilles de la pyramide du pharaon Pepi I (-2400) ont permis
de retrouver les plus anciens textes religieux du monde, connus
à ce jour, qui expriment les notions de résurrection et de l’éternel
recommencement des cycles cosmiques. - Le domaine des morts est
la " montagne d’Occident ". L’âme, ayant franchi le " portail de
la mort ", arrive dans l’Au-Delà. Elle est éblouie par la " pleine
lumière du jour ", reprend conscience de son état, et veut réintégrer
son corps, mais les entités chargées de la guider l’entraînent.
Elle traverse alors une " région des ténèbres " avec détresse et
désespoir !... et arrive devant Osiris " le dieu bon au coeur qui
sait ", qui vit dans l’Amenti, le pays d’Occident (l’autre partie
du monde des mort est le Duat, lac de feu dans une île de feu avec
des champs de feu...). Il se dégage d’Osiris une telle puissance
de sainteté, de compassion, de lumière... que l’âme comprend qu’il
est le salut pour elle. Elle comparaît devant le tribunal de Maat
(la justice) avec ses quarante-deux juges, et Anubis pèse le coeur
du mort : s’il y a condamnation, il y aura réincarnation ; s’il
y a acquittement, l’âme entrera dans le domaine divin, et deviendra
en quelque sorte rédemptrice, l’essence de sa sainteté nourrissant
le potentiel divin. Car certaines réalisations cosmiques ne peuvent
avoir lieu que par l’intermédiaire d’un être humain ayant atteint
le plus haut degré de perfection (c’est " l’Avatar " des Hindous,
mais cette tradition est commune à l’Egypte, aux Aryens, aux Perses,
aux Hindous, aux bouddhistes, à maître Eckart !...). - On ne peut
s’empêcher de constater les très nombreuses similitudes avec d’autres
recherches modernes : le seuil de la mort; la lumière..... (Moody
et les expériences à la limite de la mort).
Le défunt divinisé
Le Livre des morts témoigne d'une spiritualité certaine et élevée,
car c'est en somme devant lui-même que le mort se justifie, le jugement
d'Osiris n'étant que la sanction de celui porté par son cœur. Très
frappante aussi est la confiance dans la vie après la mort, grâce
au processus de divinisation de l'homme par lui-même. Le Livre des
morts témoigne du degré d'initiation atteint par les Egyptiens,
très supérieur à celui des peuples contemporains. Il s'inscrit donc
- étant de loin le premier - dans la grande lignée des enseignements
spirituels. En le lisant aujourd'hui, on assiste au déroulement
saccadé d'une suite d'images, où une étrange fantasmagorie accompagne
les invocations aux dieux et les enseignements reçus d'eux en réponse
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Outre-vie.com, Mars 2003.
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