Les Druides
Les Druides représentent le niveau le plus élevé de la classe des
prêtres chez les Celtes des îles Britanniques et en Gaule. Nous connaissons
ce peuple qui, venant des régions du Danube, envahit le pays gaulois
dans le Ve siècle avant notre ère, à travers les descriptions des
auteurs romains et en particulier de César. La caste sacerdotale druidique,
tout en étant étroitement associée au pouvoir politique, était dépositaire
du savoir sacré et profane, des sciences théologiques et médicales.
Or les témoignages antiques sont unanimes à souligner dans l'enseignement
druidique la croyance en l'immortalité de l'âme. L'abondance de sépultures
et la richesse qui les accompagne - outils, bijoux, aliments, mobilier
funéraire - témoignent pour l'ensemble des pays celtes de cette croyance.
La mort n'est qu'un voyage vers d'autres contrées merveilleuses, peut-être
l'île décrite dans le Voyage de Bran où l'on coule une vie semblable
à celle de dieux dans un pays de rêve. L'Irlande se représente cet
au-delà comme un séjour permanent, le Si'd (« paix ») localisé dans
ces îles où sous des tertres s'abolissent temps, espace, guerre, hiérarchie
sociale, - à la différence du Valhalla, germanique réservé aux héros
et en particulier aux guerriers tombés sur le champ de bataille. Les
âmes des défunts y sont conduites par une déesse prenant fréquemment
l'aspect d'un cygne ou d'un oiseau merveilleux.
Le Gaulois
Le Gaulois par contre est toujours enterré avec ses armes, parfois
son cheval : car il mènera par la suite dans l'autre monde - l'orbis
alius dont parle Lucain (I, 453) - une vie glorifiée mais semblable
à celle d'ici-bas, avec ses combats et sa vie sociale. « Valère Maxime
affirme même que les gaulois empruntaient de l'argent, et trouvaient
prêteur en s'engageant à rembourser dans l'autre monde, ou confiaient
à leurs défunts des lettres pour leurs proches déjà décédés. »' D'où
la bravoure au combat des combattants gaulois, leur total mépris d'une
mort qui ne représentait pour eux qu'un passage vers une forme infiniment
supérieure. On suppose aussi que cette témérité tenait à l'espérance
d'une réincarnation future. De fait les druides ont pu enseigner,
dans la suite des pythagoriciens, la métempsycose, l'âme du défunt
pouvant même émigrer dans un animal. Tuan, personnage mythique du
Livre des conquêtes de l'Irlande incarnerait la mémoire historico-légendaire
de l'île qu'il aurait reçu mission de révéler après plusieurs vies
animales.