Toutes les mythologies du monde cherchent à conférer à l'univers
sensible du quotidien une essence invisible, subtile, que l'on pourrait
dénommer « âme » ou «' esprit ». L'essence spirituelle d'objets
impressionnants, tels que le soleil, est tout naturellement considérée
comme une divinité particulièrement puissante. Il en va de même
pour la lune, la terre et des éléments spectaculaires du paysage,
tels que montagnes, lacs ou grands arbres.
Le principe immatériel qui survivrait après la mort est souvent
perçu comme un double impalpable et invisible échappant par sa subtilité
même à la destruction du corps. Dans l'animisme plus évolué des
sociétés archaïques, écrit L. V. Thomas1, « on s'efforce de nier
la mort en affirmant qu'elle est privation existentielle et l'existence
est alors celle de l'individu, plutôt que négation essentielle :
destruction du tout apparent qu'est le moi, mais jamais destruction
de tout.