Chers
amis,
8 juin 2007, c'est déjà l'été à Metz
"l' Eté du Livre ", grand évènement littéraire
annuel en Lorraine.
Les badauds flânent autour des stands de leurs auteurs préférés
et moi, tout émue, j'ai rendez-vous avec le mien, en l'occurrence
Didier Van Cauwelaert, venu pour présenter son dernier ouvrage,
" Le père adopté ".
Dans cet hommage émouvant à ce père disparu,
personnalité contrastée, généreux et égoïste,
drôle mais parfois déprimé, revivent les personnages
qui ont marqué l'enfance et l'adolescence de l'écrivain,
tous surprenants d'énergie, d'originalité, de créativité,
en tous cas pétris d'humanité. Ceux qui apprécient
le mélange d'humour et de tendresse, de distance et d'émotion
propre à l'auteur, se régaleront de ses anecdotes surprenantes
et savoureuses.
Parmi ces anecdotes, certaines retiendront tout particulièrement
l'attention des lecteurs de ce site car elles témoignent d'une
probable survie après la mort : une bougie éteinte qui
se rallume d'elle-même, des messages en transcommunication instrumentale
et par contact médiumnique, rapportant des détails surprenants
et incongrus, non dénués d'humour, véritable signature
de leur auteur.
Quel a été le parcours de notre romancier ? quelles
réflexions cette rencontre a-t-elle suscitées ? Didier
Van Cauwelaert veut bien satisfaire notre curiosité en répondant
à quelques questions.
Elisa.- Comment s'est éveillé chez vous l'intérêt
pour le paranormal ? Avez-vous vécu des expériences ou
des évènements déterminants dans votre jeunesse
?
Didier Van Cauwelaert.- Je n'ai jamais eu d'expérience paranormale
consciemment. Le grand tournant a été mon roman, "
La vie Interdite ". Tout ce que j'ai inventé, ou cru inventer,
en creusant cette situation (un personnage qui se retrouve parfaitement
conscient après sa mort), par intuition, par tâtonnements,
se retrouve dans les témoignages de personnes ayant vécu
une NDE (expérience de mort imminente). Tous me disaient "
toi aussi, tu as vécu une NDE ! ". J'ai creusé mon
passé : un jour j'ai eu un accident de voiture à pédale
quand j'avais 8 ans, serait-ce à ce moment là ?
A la fin de ce livre ont commencé à m'arriver certaines
choses d'ordre paranormal, des changements se sont produits car j'étais
préparé. Il y a trois ans, un ami informaticien, doué
d'une médiumnité naturelle se dit persuadé, lui
aussi, que j'avais fait une NDE dans mon enfance. Surpris j'appelle
ma mère qui confirme : j'étais étranglé
par le cordon ombilical et mon cur s'est arrêté.
Il est vrai que je n'ai jamais eu peur de la mort, et toujours eu une
conscience très nette de ce pourquoi j'étais fait, un
élan vers les autres, un besoin d'harmonie, toutes ces choses
que partagent les gens qui ont eu une NDE.
E.- L évocation de cette dimension est de plus en plus fréquente
dans votre uvre : quelles sont les réactions de vos lecteurs
? curiosité, ouverture, ou timidité voire réticence
?
Dès mon premier livre il y avait une séance de spiritisme
et une familiarité avec le monde invisible. Ce qui m'intéresse
c'est le point de rencontre entre le fantastique, le merveilleux et
le rationnel, le scientifique. C'est ce point de rencontre-là
qui est porteur de vérité, d'interrogations, de quête
de sens et donc mes lecteurs lisent tout et ne sont pas dépaysés.
Dans la grande majorité des cas les gens m'apportent leurs propres
témoignages parce qu'ils savent qu'ils peuvent me le dire. C'est
une dimension qui n'arrête pas de grandir.
E.- Peut-on espérer une plus grande ouverture à ces
phénomènes ? un changement progressif des mentalités
?
Une démarche comme la mienne est importante car j'ai un peu
ouvert la littérature française à ces sujets-là.
D'autres sont venus, à des degrés différents, au
point d'en faire une mode
Mais ce n'est pas une mode, c'est quelque-chose
qu'il est important de traiter, de partager avec les gens. Il y a encore
une fermeture chez certains journalistes, certains médias mais
ça se craquelle
hors micro ils avouent volontiers qu'ils
y croient totalement.
Le grand obstacle vient des querelles entre les gens de ces milieux,
l'ego de certains médiums ou voyants qui créent de grandes
tensions entre eux. Si le support n'est pas net, c'est un obstacle à
la circulation de l'information qui est déviée et va ailleurs.
Ainsi, certains médiums ne sont plus bons car ils ont laissé
polluer leur canal de réception par un besoin de reconnaissance,
un ego, une vanité, et desservent la cause encore plus que le
charlatan de base qui dit aux gens ce qu'ils veulent entendre. Là,
c'est dangereux car des entités négatives peuvent passer
par ce canal. Il faut donc parfois se méfier et prendre ses distances,
non pas avec ces phénomènes mais avec ces gens qui réagissent
en êtres basiques.
E.- Les scientifiques commencent-ils à accepter de considérer
les phénomènes paranormaux et de les examiner sans préjugés
? Où en est la recherche en France ?
DVC.- En France il ne se passe pas grand'chose, à part Yves
Lignon qui a un laboratoire de parapsychologie à Toulouse, le
seul dans notre pays. Hélas, il est sur le point de prendre sa
retraite. D'autres chercheurs se manifestent mais hélas, les
universités bloquent toute initiative.
Il y aura demain deux approches différentes : celle du chercheur
en laboratoire qui travaillera sur l'approche théorique de ces
phénomènes et celle du médium qui vit ces phénomènes.
C'est le même tunnel qui se creuse de chaque côté
de la Manche, donc il faut attendre le moment de la jonction entre les
gens qui travaillent sur ces voies-là et ceux qui travaillent
sur des théories expliquant ces phénomènes par
la physique quantique, en particulier.
E.- Cependant, vous ne recherchez pas de preuves, les détails
incongrus vous semblent parfois plus convaincants que les théories
!
Oui, l'anecdote concernant la bougie (qui se rallume toute seule après
l'avoir bien éteinte), ou la chanson que je chantais à
mon père à l'agonie, perçue par une amie médium,
sont des signes qui annoncent que mon père est bien arrivé.
Mais ces signes ne peuvent se répéter trop souvent, car
il y a un stade d'évolution où l'être doit se détacher
de la matière et là c'est le contraire. Il faut revenir,
comme pour les voix enregistrées en TCI, à une autorisation
spéciale pour transmettre des messages. Avant toute tentative,
il est indispensable de se recueillir pour éviter l'intrusion
d'esprits malveillants ou farceurs car tout et n'importe quoi peut arriver.
E.- Comment peut-on imaginer la vie dans l'au-delà ? D'après
vous, y a-t-il continuité, évolution ou réincarnation
?
DVC.- C'est à la carte
Je pense que tout est possible,
ça dépend du niveau de la personne, de ce qu'elle veut
ou de ce dont elle a besoin. Y compris cette chose qui m'intéresse
beaucoup dans la réincarnation, qui n'est pas une réincarnation
de l'égo mais un réassemblage. C'est-à-dire qu'on
s'embarque dans d'autres projets de vie, on arrive avec la mémoire
d'avant associée à d'autres choses et peut-être
que ce nouveau scénario de vie se construit dans l'au-delà,
un nouveau plan de vie qui nous décidera ou non à revenir
sur terre. D'autres n'auront peut-être pas besoin de revenir travailler
sur le plan terrestre.
Même débat que pour les pigeons voyageurs ! pendant des
années on a discuté pour savoir d'où vient leur
sens de l'orientation : le magnétisme, le soleil, les étoiles,
la carte olfactive ? en fait, on s'est rendu compte que c'est tout à
la fois. Il faut oublier cette vision réductrice, " c'est
blanc ou c'est noir ". Non, c'est blanc ET c'est noir.
On est au bord d'une vérité énorme qui arrive par
les expériences scientifiques et non plus par la révélation
chrétienne ou la foi. On dirait vraiment que c'est la science
qui a les moyens, actuellement, de comprendre les mystères.
E.- Allons-nous vers la découverte de véritables preuves
de la survie ?
DVC.- Le but n'est pas de convertir les gens car certains refusent
de voir celles qui commencent à apparaître car ils ne les
supporteraient pas, toute leur colonne vertébrale, si on la leur
enlève, tombe. Ils sont devant la preuve mais ne veulent pas
la voir, c'est leur libre arbitre. On arrive à une époque
où la science détient ces preuves, par l'expérimentation
reproductible, par des objets
A l'université de Toronto,
par exemple, on est arrivé à matérialiser des pensées
en les enregistrant sur bande magnétique. Mais ça n'annule
pas le fait que l'on capte d'autres voix venant de l'au-delà.
Mais il y a ça aussi. On n'avancera plus dans la science s'il
n'y pas le " ça aussi ". Le plus bel exemple est celui
de la lumière qui est tantôt onde, tantôt particule,
ce qui est impossible scientifiquement et est pourtant la réalité.
Il faut bien changer nos grilles, un moment donné, quand elles
ne nous expliquent plus rien, ou supprimer le principe même de
grille.
E.- Quel rôle pensez-vous jouer dans ce débat ?
DVC.- Le but de ma démarche, mon devoir, est de faire circuler
l'information. Ce que j'ai fait sur le linceul de Turin, sur le danger
de clonage (" Cloner le Christ "), Après, les gens
en font ce qu'ils veulent
Mais qu'est-ce qu'elle était verrouillée,
cette information ! Elle est venue à moi par des gens censurés
qui ont vu, par mes livres, qu'ils pouvaient m'en parler. J'ai fait,
je pense, ce que j'avais à faire là-dessus, maintenant
aux gens de se débrouiller avec ça ou de continuer à
refuser ces phénomènes. Mais pour ceux qui demandent autre
chose à la vie, essayons de leur donner des éléments
de réflexion. Je suis ravi quand autour de moi les gens disent
: " Ma vie a changé depuis que j'ai lu " Cloner le
Christ " et par la suite j'ai lu toutes sortes de livres ".
Et souvent ce sont des scientifiques, des médecins. Alors là,
je suis ravi, j'ai vraiment fait uvre de passeur.
Je fais passer ces choses avec légèreté et densité
parce que c'est mon style. Il ne faut surtout pas avoir l'idée
d'apporter un message, je ne suis pas un gourou ! Tout ce qui m'arrive
est de l'ordre du clin d'il, de l'échange et c'est ainsi
que les gens l'acceptent le mieux. Il faut donc y aller en douceur,
mais toujours avec l'esprit critique : ce n'est pas parce que cette
chose arrive qu'elle est vraie, que ce message enregistré est
authentique. Mais il ne faut pas non plus faire le procès inverse
: certains ont tellement peur, manifestent une telle crispation devant
ces phénomènes que cela peut aller jusqu'au fascisme intellectuel.
Prudence et distance sont donc indispensables.
Merci, Didier, pour votre témoignage. Souhaitons que tous ceux
qui s'intéressent à ces mystères ou les expérimentent,
aient la même ouverture et la même tolérance que
vous. Je citerai simplement, pour conclure dans ce sens, une phrase
de votre livre : " Je n'ai pas besoin de croire. Pas envie d'être
sûr. La probabilité me suffit ".
Ecrire
à Elisa
