Jeanne d'Arc
La voix m'était
envoyée de par Dieu, et après que je l'ai entendue
trois fois, je connus que c'était la voix d'un ange. »
C'est donc vers 1425, en pleine guerre de Cent Ans, que Jeanne d'Arc,
jeune bergère du village de Domrémy, en Lorraine,
entendit l'appel d'une voix dont elle sut par la suite que c'était
celle de saint Michel ; il lui dit « la pitié qui était
au royaume de France » et l'exhorta à « venir
au secours du roi de France ». L'appel se renouvelle «
deux ou trois fois la semaine » et Jeanne y répond
d'abord dans le secret en faisant voeu de virginité, signe
de consécration à Dieu : elle se fera appeler la «
Pucelle ». Comme elle l'expliquera lors de son procès
à Rouen, cette voix lui disait qu'elle lèverait le
siège d'Orléans et ferait sacrer le roi à Reims.
L'histoire de Jeanne est
celle d'une mission que ses voix lui décrivent avec précision
: « Fille de Dieu, il faut que tu quittes ton village et que
tu ailles en France... Prends l'étendard de par le Roi du
Ciel... Dieu t'aidera. » L'exactitude de ses prédictions,
sa fermeté devant le roi comme parmi les soldats qu'elle
entraîne vers la victoire, les actes de son procès,
garantissent l'authenticité de son témoignage ; mais
pour accomplir son destin, il lui a fallu vaincre l'incrédulité
de ses contemporains.
Avant de convaincre le
roi, elle dut justifier la pureté de sa foi devant une assemblée
de théologiens : ni magicienne, ni sorcière, mais
bien « envoyée de Dieu », tel fut le verdict
des « experts ».
Capturée par les
Anglais, c'est au terme d'un procès politique qu'elle fut
déclarée hérétique et condamnée
au bûcher. Ses révélations lui ont procuré
une destinée héroïque, à laquelle jamais
sa condition initiale ne l'aurait promise : elles éclatèrent
en son temps comme une provocation.