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Des chanceux ?
 

 

 

Hildegarde

J'eus une vision
dont le mystère
était si profond,
qui tellement
me bouleversa,
que mon corps
tout entier
se mit à trembler »
La vision cosmogonique d'Hildegarde de Bingen, d'ordre mystique, se rattache à une certaine forme de merveilleux chrétien.

Les cercles qui figurent au-dessus
de l'illustration ne représentent-ils pas
le fameux tunnel décrits
dans le cadre des N.D.E.?

BNF - La vision de sainte Hildegarde Hildegarde de Bingen, Scivias, Codex illuminatus vers 1180. Monastère de Rudesheim (Allemagne),Fac-similé sur parchemin réalisé en 1925. Le manuscrit original ayant été détruit durant la Seconde Guerre mondiale, seul subsiste ce fac-similé exécuté en 1925.

   

 

Visionnaire depuis la petite enfance, Hildegarde dut obéir à l'injonction qu'elle reçut en 1141 : «Ecris ce que tu vois et ce que tu entends. ». Elle rédige alors « le Livre des oeuvres divines » et sera pourtant l'auteur d'une oeuvre immense et variée qui lui est directement inspirée par ses visions. Les puissants l'ont reconnue comme une conscience de l'Europe entière. Elle écrivait aux trois papes successifs, à l'empereur Frédéric Barberousse, au roi d'Angleterre, Henri II.

 

« Tout ce que j'ai écrit en effet lors de mes premières visions, tout le savoir que j'ai acquis par la suite, c'est aux mystères des cieux que je le dois. »

 

Une vision

«Depuis mon enfance avant que mes os, mes nerfs et mes veines se fussent affermis jusqu'à ce temps où je suis plus que septuagénaire, je vois toujours en mon âme cette vision. Selon le bon plaisir de Dieu, mon âme tantôt monte dans les hauteurs du ciel et dans les diverses régions de l'air, tantôt se promène parmi des peuples différents, quoiqu'ils habitent des régions lointaines, des lieux inconnus. Eî parce que je vois les choses en mon âme selon ce mode, je les considère aussi selon les vicissitudes diverses des nuages et des autres créatures. Ces choses, je ne les entends pas de mes oreilles, je ne les perçois point par les pensées de mon cœur, ni par l'action confinée de mes cinq sens , je les vois seulement en mon âme, et les yeux de mon corps restent ouverts, car je n'ai jamais souffert la défaillance de l'extase ; Je les vois, éveillée, le jour et la nuit [...] La lumière que je vois n'est pas locale, mais elle est infiniment plus Mianîe que la nuée qui enveloppe le soleil [...] Pour moi, cette lumière se nomme l'ombre de la lumière vivante. Comme le soleil, la lune et les étoiles se réfléchissent dans les eaux, ainsi les écrits, les discours, les vertus et certaines couvres Humaines revêtues de formes resplendissent pour moi dans cette lumière... »

 

Autre vision

« Au milieu de la poitrine de la figure que j'avais contemplée au sein des espaces aériens du midi, voici qu'apparut une roue d'une merveilleuse apparence. [...] La figure de l'homme occupait le centre de cette roue géante. Le crâne était en haut, et les pieds touchaient la sphère de l'air dense, blanc et lumineux. Les doigts des deux mains, droite et gauche, étaient tendus en forme de croix, en direction de la circonférence, les bras de même. [...] Au-dessus du chef de ladite figure se faisaient face les sept planètes. »

Hildegarde de Bingen, De modu visionis suae.




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