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Des hommes d'exception

Croire en une autre forme de vie est une énigme humaine constante dans le temps et dans l’espace, exigence qui fait partie intégrante de notre espèce et que l’on retrouve dans les religions et les philosophies ou le témoignage des initiés et des " éveillés.

Il n'est pas très facile de s'imaginer comment les hommes de la Préhistoire voyaient l'autre vie. D'après leurs rites, tels que nous les suggèrent les vestiges de leurs nécropoles, on peut penser qu'ils concevaient l'après-mort à la manière d'une continuation moins périlleuse de leur existence. On préparait de la nourriture pour le défunt, on lui mettait à boire. Il était inhumé avec ses armes et parures. Sans doute pensait-on qu'il entrait avec sa mort dans une sphère d'existence privilégiée où il devait paraître à son avantage.
Avec les religions structurées sont apparus les dieux des Morts, les portiers de l'au-delà auxquels il fallait payer tribut, les passeurs qui assuraient la traversée du fleuve séparant cette vie de l'autre, à condition qu'on le mérite... La notion d'épreuve de l'âme, de jugement au seuil de sa nouvelle existence, de mérite, en définitive, s'est imposée. L'âme était pesée selon les actions terrestres du défunt, afin de déterminer si elle pouvait être admise en un lieu de récompenses posthumes ou précipitée dans les affres de la punition infernale.

C'est Thot l'Ibis, scribe des dieux, qui s'en charge sur les représentations égyptiennes. Le terrible Yamatanka, dieu des Morts tibétain, dispose lui aussi d'une gigantesque balance pour mesurer les mérites. De même, la divinité totonaque de l'ancien Mexique, Mictiantecuhtii, dont la caractéristique est le plus souvent d'avaler l'âme afin d'en reconnaître la saveur...

Des sociétés traditionnelles semblent présenter des aptitudes à la décorporation presque naturelle, bien que son usage soit habituellement réservé aux initiés. Quelle différence alors entre les extases que connût Sainte Thérèse d'Avila et le samadhi d'un ascète bouddhiste, voire le phénomène vécu par un expérienceur contemporain ? Leurs consciences ne se sont-elles pas élevées de façon identique.La tradition biblique rapporte que le prophète Elie est monté au ciel dans un char de feu, tiré par des coursiers solaires.

La transe du chamane, a pour objectif de projeter sa conscience hors de son corps dans un but de voyance, de guérison ou encore pour accompagner l'esprit d'un défunt vers le territoire de la chasse éternelle. Certains courants du soufisme utilisent un contexte très particulier, fondé sur une exacerbation des sens, afin de permettre au fidèle de développer une EHC à forte connotation mystique. Leur rituel favorise la projection de la conscience de l'individu hors de son corps afin de l'unir à Dieu. Qui ne connaît les transes des fameux derviches tourneurs ? Ces danseurs de l'Éternel qui, dans une chorégraphie tournoyante, atteignent la "transe en danse" Ainsi, la plupart des religions orientales préconisent leur mise en sommeil par la méditation. Celle-ci vise à sublimer la perception de la réalité ordinaire -- illusoire, impermanente, disent-elles -- afin de pénétrer de façon "éveillée " dans le monde de la pure conscience ; la Lumière venant cette fois-ci de l'intérieur,. Selon les obédiences, ces états de conscience supérieurs portent des noms différents : satori pour les adeptes du zen, samadhi ou bodhi pour les bouddhistes, Pilule d'or pour les taoïstes, moksha pour les hindous ou encore fana' pour les soufis, Sainte Thérèse d'Avila et le samadhi d'un ascète bouddhiste

 

 


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