A partir du XVe siècle, l'Eglise affirme que des femmes bossues
et laides comme le mal s'envolent la nuit, sur un balai ou sur
un animal, consommer un sabbat avec Satan. Elles s'aident de formules
magiques, de décoctions infâmes et dialoguent avec les pires animaux
de la création. Les forces avec lesquelles elles sont en contact
s'incarnent dans des pierres, des sources, qui leur permettent
d'opérer leurs maléfices. Cette thèse prend pour cible les femmes
qui, dans les villages, étaient censées guérir et intercéder avec
les forces surnaturelles. Des démonologues décrivent leurs pratiques
anthropophages, leurs sacrifices d'enfants et leurs accouplements
avec le démon. Les manuels d'Inquisition répertorient ces indications
et bien vite, au fur et à mesure que sont instruits les procès
en sorcellerie, les témoignages et les confessions des sorcières
reprennent toutes ces précisions.
C'est aujourd'hui dans certaines sectes « néopaïennes », animées
par des « druides » ou des « serviteurs de Satan », qu'on trouve
systématisée toute la mythologie de la sorcellerie : on sacrifie
sous la Lune et dans les cimetières des coqs avec une épée à deux
tranchants. Inspirés librement de la mythologie celtique dégradée,
les rituels supposent par exemple l'exposition à un bûcher d'une
roue solaire mais aussi éventuellement la profanation rituelle
de tombes.