Les fondateurs de deux autres grandes religions,
l'Islam et le Bouddhisme, connurent eux-aussi la révélation
dans un contexte identique. Ce fut le cas de Mahomet (Muhammad
ibn Abdullah) auquel l'ange Gabriel (Djibril, en arabe) apparut
au cours de l'une de ses méditations dans une caverne du
mont Hirâ et du prince Siddharta Gautama, le Bouddha (également
nommé Çakyamuni), " éveillé "
lors de sa méditation sous un figuier à Bodh Gaya
en Inde. Ces trois adeptes de la méditation solitaire que
furent Jésus, Mahomet et Bouddha, se mirent ensuite en
devoir d'éclairer les hommes. Peut-on raisonnablement en
appeler au hasard dans le fait que les trois fondateurs des plus
grandes religions actuelles ont vécu une expérience
identique ? Une expérience dont les répercussions
pèsent aujourd'hui encore sur le comportement de plusieurs
milliards d'hommes.
Extase, NDE ou expérience mystique profonde
?
Leur enseignement initial, qui puisait ses ressources
dans la puissante expérience intérieure qu'ils venaient
de vivre, insistait sur l'importance de l'amour, sur la notion
d'interdépendance et sur les vertus du bien. Pour un expérienceur
ordinaire cette puissante expérience intérieure
débouche, nous le savons, sur des répercussions
positives du même ordre. Mais sachant qu'une EMI est influencée
par des éléments d'ordre culturel on en déduira,
dans le cadre de la présente hypothèse, que les
nuances entre les religions s'expliquent de la même façon
: chaque religion a été marquée, dès
l'origine, de l'empreinte culturelle de son initiateur, puis de
celles de ses disciples et chroniqueurs successifs.
Les fondateurs des grandes religions et leurs prophètes
ont probablement connu un état modifié de conscience
d'un réalisme saisissant, de l'ordre d'une NDE ou d'une
expérience mystique profonde. Ils se trouvèrent
alors en présence de cette lumière, identifiée
à Dieu, qui leur délivra un message d'amour similaire
à celui dont nous parlent les expérienceurs et qu'ils
interprétèrent à partir de leurs traditions.
L'analogie entre les " pouvoirs surnaturels
" que l'on prête aux initiateurs des grandes religions,
tels que pouvoirs de précognition et de guérison,
et ceux dont certains expérienceurs font preuve intéresse
également notre propos. Le charisme de celui qui a fusionné
avec la " Lumière de Vérité " favorise
incontestablement le prosélytisme et il ne fait-il guère
de doute que, dans le contexte de l'époque où vivait
Jésus, considéré ici comme un expérienceur-modèle,
ses disciples aient voulu voir en lui le Messie dont parlaient
les Écritures. Mais les disciples, on ne le sait que trop,
vont parfois bien au-delà des enseignements du maître
et ne sont pas nécessairement des chroniqueurs objectifs.
Aussi, pour asseoir la valeur de sa doctrine, est-il vraisemblable
qu'ils aient été tentés d'amplifier l'efficacité
de son pouvoir de guérison et lui aient prêté
la faculté d'accomplir des miracles.
