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Des chanceux ?

 


La caste sacerdotale druidique, tout en étant étroitement associée au pouvoir politique, était dépositaire du savoir sacré et profane, des sciences théologiques et médicales. Les druides étaient à la fois des guides religieux, des enseignants, des philosophes, des conseillers.

 

 


Les Druides représentent le niveau le plus élevé de la classe des prêtres chez les Celtes des îles Britanniques et en Gaule. La caste sacerdotale druidique, tout en étant étroitement associée au pouvoir politique, était dépositaire du savoir sacré et profane, des sciences théologiques et médicales. Les druides étaient à la fois des guides religieux, des enseignants, des philosophes, des conseillers. Ils avaient des contacts avec les religions étrangères : Pythagore et les penseurs grecs, probablement les Egyptiens.... On retrouve une structure sociale typiquement Indo-européenne primitive, avec un conseiller politique et moral qui est le druide représentant la " conscience ", et un roi qui prend les décisions et ordonne, symbolisant " l’action ", et c’est ce couple qui dirige le groupe (comme Odin Wotan et Tyr, ou Merlin et Arthur...).

 

Croyance en l'immortalité de l'âme

Les témoignages antiques sont unanimes à souligner dans l'enseignement druidique la croyance en l'immortalité de l'âme. L'abondance de sépultures et la richesse qui les accompagne - outils, bijoux, aliments, mobilier funéraire - témoignent pour l'ensemble des pays celtes de cette croyance. La mort n'est qu'un voyage vers d'autres contrées merveilleuses, peut-être l'île décrite dans le Voyage de Bran où l'on coule une vie semblable à celle de dieux dans un pays de rêve. La conception cosmique du druidisme est que tout, dans l’univers, est énergie, et que l’action est de l’énergie manifestée. Le symbole du cosmos est la spirale (que l’on retrouve dans le Triskell ou le jeu de l’oie). L’esprit et la matière sont deux aspects de la réalité de l’Etre. Il n’y a pas de distinction " bien - mal " basée sur un code d’observance de règles morales fixes : le péché n’est pas la transgression d’un commandement, c’est l’incapacité d’accomplir ce qui doit être accompli, l’incapacité du dépassement de soi-même. Il en résulte un comportement spécifique : ardeur de vivre, mépris de la mort, communion avec la nature, confiance dans l’autonomie personnelle, sérénité métaphysique... La prière est la tentative pour se mettre à l’unisson du Tout universel, et ce que l’on souhaite se réalisera si cela concorde avec le plan divin cosmique.

 

 

Harmonie universelle des êtres

On peut dire que le fondement de la pensée druidique est l’accomplissement de l’harmonie universelle des êtres et des choses dans une réalisation permanente et perpétuelle à la fois. Les druides enseignaient l’immortalité de l’âme, en une autre renaissance " ailleurs ", d’où la notion de réincarnation et le mépris de la mort. Dans cette conception, Dieu n’est pas, il " devient " en permanence. Dieu a besoin des hommes et de l’univers, car il est cet univers qui est " se faisant ". Ceci explique que le héros soit toujours prêt à aller jusqu’au bout, qu’il soit prêt à l’impossible : il lui faut pénétrer le secret du monde pour agir sur lui par le dépassement de lui-même et rendre ainsi ce monde davantage conforme à l’ordre cosmique divin qui est supérieur. Car rien n’est achevé tant que ce plan supérieur du Dieu Unique ne sera pas réalisé et cette réalisation passe par l’homme-héros. Nous sommes ici, avec cette pensée indo-européenne occidentale, aux antipodes de la pensée orientale du " Non Vouloir " et du " Non Etre ". La représentation de Dieu est monothéiste et totalement abstraite, les autres divinités n’étant que des symboles d’attributs divins, concrétisés pour être plus accessibles au grand nombre, comme c’était le cas aussi en Egypte.

 

 

Le séjour dans l'au-delà

L'Irlande se représente cet au-delà comme un séjour permanent, le Si'd (« paix ») localisé dans ces îles où sous des tertres s 'abolissent temps, espace, guerre, hiérarchie sociale, - à la différence du Valhalla, germanique réservé aux héros et en particulier aux guerriers tombés sur le champ de bataille. Les âmes des défunts y sont conduites par une déesse prenant fréquemment l'aspect d'un cygne ou d'un oiseau merveilleux.

Le Gaulois par contre est toujours enterré avec ses armes, parfois son cheval : car il mènera par la suite dans l'autre monde - l'orbis alius dont parle Lucain (I, 453) - une vie glorifiée mais semblable à celle d'ici-bas, avec ses combats et sa vie sociale. « Valère Maxime affirme même que les gaulois empruntaient de l'argent, et trouvaient prêteur en s'engageant à rembourser dans l'autre monde, ou confiaient à leurs défunts des lettres pour leurs proches déjà décédés. ». D'où la bravoure au combat des combattants gaulois, leur total mépris d'une mort qui ne représentait pour eux qu'un passage vers une forme infiniment supérieure.
On suppose aussi que cette témérité tenait à l'espérance d'une réincarnation future. De fait les druides ont pu enseigner, dans la suite des pythagoriciens, la métempsycose, l'âme du défunt pouvant même émigrer dans un animal.

 

 


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