
Le web proposent des centaines de sites ouvrages,
recettes, stages qui marient communion avec la nature, maniement
du tambour ou des maracas, voyages intérieurs et «états de conscience
altérée».
A l'origine de cette vogue, le Chamanisme
et les techniques archaïques de l'extase, un ouvrage publié par
le très mystique historien des religions Mircea Eliade en 1951,
à une époque où les chamanes de Sibérie et de Mongolie étaient persécutés
par le pouvoir communiste, leurs costumes et accessoires jetés au
feu ou enfouis dans les réserves des musées. Deuxième responsable
: r«ethnologue» nord-américain Carlos Castaneda.
À la fin des années 60, le récit de son initiation
auprès de Don Juan, un Indien Yaqui du Mexique, enflamma les esprits.
Sur la côte ouest des États-Unis, puis en Europe. Parmi ses émules
les plus influents, Michael Harner, ex-ethnologue ayant séjourné
chez les Indiens Jivaro, qui dirige à présent la prospère fondation
d'Etudes chamaniques à Vienne, en Autriche. Sans doute n'est-ce
pas un hasard si dans cette même ville, une exposition d'envergure
sur le sujet est organisé par le musée d'ethnologie. Elle a le grand
mérite de révéler à la fois l'ampleur, la complexité et l'ancienneté
du phénomène.