|
Deux chercheurs hollandais, Titus et Esteban
Rivers, ont interrogé plusieurs des sujets de Stevenson. Ils
ont noté que, dans la plupart des cas, les prétendues incarnations
antérieures appartiennent à la famille du sujet ou sont connues
d'elle. Il peut donc s'agir simplement de souvenirs subconscients.
Sur les centaines de cas répertoriés par Stevenson, trois seulement
ont résisté à l'examen critique des Hollandais. Selon eux, ce
sont peut-être des exemples de « souvenirs d'une réincarnation
réelle ».
A la fin de sa vie Ch. Dickens (Angleterre - 1812-1870) commença
un roman fantastique " Le mystère d’Edwin Drood ", mais mourut
à la moitié de sa rédaction. Le 3 octobre 1872, un jeune ouvrier
imprimeur, Th. James, ayant une instruction rudimentaire annonça
que l’esprit de Ch. Dickens lui avait donné l’ordre d’achever
le roman commencé. Chaque jour, au retour de son travail, il
dormait quelques heures, puis se réveillant, se mettait à écrire
à toute vitesse sous l’action d’une " dictée mentale " qu’il
avait peine à suivre. Le texte était écrit d’un seul jet, sans
la moindre correction (" il n’en avait pas le droit "). Le travail
fut terminé en novembre 1873, et est un parfait pastiche du
style de Dickens. T. James n’écrivit plus rien par la suite,
et tomba dans l’oubli.
Les hypothèses émises à propose de ces cas ont été les suivantes
:
- Intervention de l’esprit de Dickens sur celui de James. -
Expression d’une personnalité secondaire subconsciente du sujet.
- Contacts entre plans de réalités différentes.
- Correspondance croisée entre psychismes.
- Mémoire akashique contenant l’oeuvre de Dickens, restituée
au sujet par un processus inconnu.
Elles se ramènent en fait à deux catégories : survivance de
l’esprit de Dickens après sa mort avec contact entre celui-ci
et celui de James ; état de conscience modifié de celui-ci lui
donnant accès à une autre réalité dans laquelle se trouve l’esprit
de Dickens ou tout au moins son oeuvre. Dans ce cas, c’est James
qui a été le médium (inconscient) de la manifestation de cet
esprit.
En juin 1913, à Saint-Louis (U.S.A.), au cours d’une séance
de spiritisme chez M. et Mme Curran, la planchette " oui-ja
" indiqua " Je suis Patricia Worth ", née en 1649 dans le Dorsetshire
en Angleterre... " Toutes les descriptions du pays furent vérifiées
et reconnues conformes. Elle dicta un poème " Telka ", en dialecte
anglo-saxon du 16ème siècle, comportent 60.000 mots. Aucun mot
utilisé n’appartenait aux acquisitions de la langue anglaise
postérieures à 1600, et les formes grammaticales étaient archaïques
et typiques de l’époque.
"
Le 19 janvier 1951, Ashok Kumar (...) fut entraîné
dans un jeu et sauvagement tué par deux voisins avec
un couteau ou un rasoir. Âgé de six ans, il était
le fils de Sri Jageshwar Prasad (...). Le corps décapité,
la tête mutilée et certains vêtements de
l'enfant furent découverts par la suite (...).
Quelques années plus tard, Sri Jageshwar Prasad apprit
qu'un garçon, né en juillet 1951 (six mois après
la mort de Ashok Kumar) (...) s'était présenté
comme le fils de Jageshwar (...). Il avait donné des
détails sur son meurtre, nommant les meurtriers, l'endroit
du crime, et donné d'autres précisions sur la
vie et sur la mort de Ashok Kumar (...). Sa mère certifia
qu'il avait une marque rectiligne en travers du cou, semblable
à la cicatrice d'une blessure faite par un grand couteau.
Elle déclara s'en être aperçue pour la première
fois quand son fils avait trois ou quatre mois. C'était
apparemment congénital.
Stevenson verra l'enfant en 1964, et fera la constatation suivante
:
Dans le haut du cou, légèrement sur la droite,
je remarquai une marque rectiligne. Elle avait à peu
près cinq centimètres de long et entre trois et
six millimètres de large. De pigmentation plus foncée,
elle avait l'aspect grenu d'une cicatrice. Cela avait tout à
fait l'air d'une ancienne balafre cicatrisée faite par
un couteau.
"
Le premier enfant est mort, non pas neuf mois, mais seulement
six mois avant la naissance du deuxième. L'âme
du défunt se serait donc réincarnée dans
un foetus déjà âgé de trois mois.
Ceci est contraire à toute logique. Stevenson, conscient
de ce problème, interprète le phénomène
comme étant la possession du corps du deuxième
enfant par l'âme d'Ashok Kumar. Dans ce cas, qu'est-il
advenu de l'âme originelle du deuxième enfant
? Nul ne sait. Peut-être s'est-elle réincarnée
dans un autre corps... Quoi qu'il en soit, ces objections
nous amènent à penser que ces témoignages
ne reflètent pas nécessairement une réincarnation.
En 1935, la famille Deva en Inde fut troublée
par l'étrange comportement de leur fille Shanti. Elle parlait
continuellement d'une localité du nom de Muttra où elle prétendait
avoir vécu lors d'une vie antérieure. Son nom aurait été Ludgi.
Elle aurait été mère de trois enfants et serait morte à la naissance
du troisième.
On prit son histoire pour de la fabulation, jusqu'au jour où
l'on découvrit qu'une femme du nom de Ludgi était effectivement
morte à Muttra dans ces circonstances-là. Conduite à Muttra,
Shanti se mit à parler le dialecte local qu'elle n'avait jamais
appris, reconnut son «mari» et les deux aînés de ses enfants
et décrivit son ancienne maison avant de l'avoir vue.
- En 1955, au village de Kampa, dans l'ouest du Bengale, Sukia
Gupta a environ dix-huit mois quand elle commence à bercer
son oreiller et à l'appeler Minu. Quand on lui demande qui
est Minu, elle répond : « Ma fille. »
Pendant les trois années qui suivent, l'enfant parle souvent
à sa famille de son mari, de sa fille et de la vie qu'ils ont
menée ensemble. Elle leur dit qu'elle est la réincarnation d'une
femme nommée Mana et que son mari, ses beaux-frères Khetu et
Karuna, et Minu vivent à Rathtala dans le Bhatpara, à 18 km
de là.
Sukia demande qu'on l'emmène là-bas et, comme sa famille n'a
jamais entendu parler de cette région, elle propose de l'y conduire.
Un peu plus tard, son père apprend que Rathtala existe vraiment,
qu'un certain Khetu y habite et que celui-ci a eu une belle-sœur
appelée Mana, morte quelques années plus tôt en laissant une
petite fille, Minu. Poussé par la curiosité, le père de Sukia
arrange une rencontre entre les deux familles.
Sukia se rend à Rathtala en compagnie de ses parents pendant
l'été 1959. C'est elle qui les conduit chez son supposé beau-frère.
Elle identifie tous les gens dont elle parlait depuis des années.
Mais, fait très surprenant, elle appelle son beau-frère Karuna,
alors que tout le monde le nomme Kutu. Même ses plus proches
voisins ignorent son vrai nom. Sukia reconnaît de nombreux objets
dans la maison et sort les saris de Mana d'un coffre plein de
vêtements ayant appartenu à diverses personnes. Elle fait preuve
d'une extrême affection envers son « mari » et Minu.
Par la suite, on ne pourra jamais relever la moindre trace de
fraude dans cette affaire, ni le moindre motif de frauder.
En 1955, Kumkum Verma n'a jamais quitté son
village de Bahera, à 40 km de Darbhanga, dans l'actuel Bangladesh.
À trois ans et demi, elle commence à parler de sa vie précédente.
Elle a vécu à Urdu Bazar, un quartier de Darbhanga, et a épousé
un forgeron. Kumkum a eu un fils, Misri Lai, qui à son tour
est devenu forgeron, et un petit-fils, Gouri Shankar. Elle affirme
que sa belle-fille l'a empoisonnée. Souvent, quand elle parle
de sa vie passée, Kumkum dit : « Appelez-moi Sunnary », ce qui
signifie belle - c'est du moins ce que croit sa famille.
En 1959, le docteur Verma veut savoir la vérité. Il découvre
que Misri Lai est réellement forgeron à Urdu Bazar et qu'il
a bien un fils nommé Gouri Shankar. Sa mère s'appelle Sundari
qu'il prononce Sunnary, Misri Lai confirme tout ce que Kumkum
a dit. Sundari, née vers 1900, est morte en 1950. Après son
mariage, elle a eu deux garçons dont Misri Lai. Cinq ans après
la mort de son époux, elle s'est remariée. Mais cette union
n'est pas heureuse et, en 1950, Misri Lai, persuadé que son
beau-père a dilapidé l'argent de la famille, le poursuit en
justice en demandant à sa mère de témoigner.
Mais elle meurt subitement, juste avant le procès. Ces faits
et d'autres détails de la vie de Sundari que Kumkum a racontés
sont confirmés par d'autres enquêteurs. Stevenson n'a trouvé
aucun mobile suspect dans le récit de Kumkum, pas plus que des
contacts antérieurs entre les familles.
| Gnanatilleka Baddewithana
|
Née en 1956 au centre de Ceyian (aujourd'hui Sri Lanka),
Gnanatilleka Baddewithana stupéfie ses parents quand, à l'âge
d'un an, elle leur dit qu'elle a d'autres père et mère. À
deux ans, elle parvient à expliquer que ces parents sont dans
une autre vie. Elle donne des détails sur leur village, Talawa-kele,
situé dans les montagnes à 30 km de là. Elle nomme ausi ses
deux frères aînés et ses sœurs. Elle prétend avoir été un
garçon.
Un prêtre de la région entend parler des propos de la fillette.
Il identifie la famille qu'elle a décrite. Un fils appelé
Tillekeratne y est mort quinze mois avant la naissance de
Gnanatilleka. En 1961, elle se rend à Talawakele pour y rencontrer
la famille de Tillekeratne. Elle reconnaît sept de ses membres
et deux des villageois qu'elle identifie au milieu de la foule.
C'est avec chaleur qu'elle embrasse son ancienne mère et aussi
son ancien professeur, si gentil autrefois. Gnanatilleka éprouve
les mêmes sentiments que Tillekeratne.
Il y a d'autres similitudes frappantes : Tillekeratne était
efféminé alors que les parents de Gnanatilleka la trouvent
vaguement masculine, le bleu est leur couleur favorite à tous
deux, il a fait une chute dont il est mort, elle évite toute
hauteur et a peur de ce qui touche à la médecine.
Là encore, Stevenson n'a trouvé aucun motif de fraude ni aucune
preuve de contact entre les familles. Une fois de plus, les
sceptiques devront admettre la seule explication plausible
: Gnanatilleka a dit la vérité.
-
C’est le cas véridique, cité par I.
Pisani, de Thomas Orville (pseudonyme), 42 ans, frappé en 1972
par la mort accidentelle de son épouse Miguelle, enceinte de
sept mois, et obsédé depuis par sa part de responsabilité et
par le sens de la vie. Prenant contact avec le Dr. D. Kelsey
psychiatre anglais et sa femme Joan Grant Delsey, psychothérapeute,
il accepte la régression sous hypnose.
Thomas Orville souffre constamment
du côté gauche, à hauteur de la rate, où il ressent " comme
un coup de poignard ". Les examens radiologiques ne montrent
rien. Sous hypnose, il se souvient
d’un costume style Henri II et d’une torche fumeuse ; il ressent
une impression de froid, de sang qui coule, la conscience qu’il
va mourir et qu’il en est content ; il revit cette mort en quelque
sorte, avec son esprit qui regarde son corps inerte, qui n’a
pas peur, qui a toujours su qu’il était " autre chose "
que ce corps... il a l’impression de " revenir " chez
lui "... Il a donc été poignardé au 16ème siècle en Italie.
Mais les séances ne le libèrent pas
de sa douleur au côté gauche, et les Kelsey sont impuissants
à la guérir, car lui-même ne se libère pas : on peut mourir
en haïssant ou en pardonnant, la colère et la haine sont plus
terribles que la mort, car ce sont des puissances capables de
lui survivre.
En remontant dans le passé, il revit
une autre existence en 1450, où il a tué son cousin qui était
aussi son supérieur hiérarchique. Il le détestait à cause de
son comportement, de sa morgue, de son injustice. Il a expié
ce crime dans un couvent, mais il eut mieux valu qu’il fasse
le bien autour de lui !
Après cette régression, Thomas Orville
prend alors conscience que rien n’est définitif, que tout acte
est réparable par un comportement ultérieur positif.
- Remontant encore dans le passé, il
retrouve d’autres vies, en particulier celle d’un jésuite accusé
d’hérésie par l’Inquisition, condamné et ne recevant aucun témoignage
de compassion ni même d’humanité de la part de ceux qu’il avait
défendus, ce qui a entraîné une grande souffrance pour lui,
qui n’acceptait pas ce comportement, car " il y a l’amour
qu’on donne et celui que l’on espère ".
- A la lumière de ces régressions,
Thomas Orville comprend qu’il faut accepter et pardonner, que
c’est cela qui enlève la souffrance faite et reçue, que la plénitude
de l’être ne peut être obtenue que par l’acquisition de cette
connaissance qui est compréhension, et par l’amour pour tous,
sans réserve...
Il retrouve l’apaisement et peut psychiquement
enlever la dague plantée dans son côté, car il reconnaît que
l’assassin qu’il croyait être son ami ne l’était pas, qu’il
le savait en lui-même mais qu’il refusait de l’admettre et qu’il
était en colère contre lui-même pour s’être trompé.
Le même processus de colère contre
lui-même, après la mort de sa femme, avait fait réapparaître
la douleur éprouvée en Italie au 16ème siècle.
©
          
Tous droits réservés,
Outre-vie.com, Mars 2003.
Commentaires et suggestions à xourim@outre-vie.com
Conception
et design
|