| |
,
Les musulmans qui sont
sur le point de mourir récitent la shahada : « II n'y a de Dieu qu'Allah,
et Mahomet est son prophète. » Après la mort, le corps est emporté dans
une morgue musulmane, où il est lavé et enveloppé dans des pièces de
tissu (trois épaisseurs pour les hommes, cinq pour les femmes), à la
suite de quoi on procède à l'enterrement le plus tôt possible
Rite
Funéraire
Le jugement
Les cimetières musulmans
Baraka et djinns
|
|
Le rite funéraire consiste à jeter de la terre sur le cercueil,
tandis que les personnes présentes récitent cet extrait du Coran:
«De la terre, nous vous avons créé; en elle nous vous ramènerons,
et d'elle nous vous ferons sortir une fois encore».
|
|
Dieu seul sait quand aura lieu la résurrection des morts.
Le Dernier Jour, l'ange Izra'il soufflera dans sa trompette, et
tous les morts se lèveront de leur tombe (sauf les martyrs, qui
gagnent directement leur demeure éternelle).
S'ils font partie des justes et des pardonnes, les anges placeront
dans leur main droite le livre contenant le verdict de leur jugement.
Ils pourront alors entrer au Paradis (gardé par l'ange PJdwan),
où les attendent toutes les formes de félicité spirituelle et
matérielle.
S'ils font partie des damnés, le même livre sera placé dans leur
main gauche. Ils seront condamnés aux tourments de l'Enfer, dont
la porte est gardée par l'ange Malik, Les damnés subiront également
le supplice du feu «dans leur cœur», car l'expérience de l'Enfer,
comme celle du Paradis, est autant spirituelle que physique.
Après le jugement, la Mort elle-même sera convoquée par Dieu,
qui la tuera. Ainsi, la certitude de ne plus la rencontrer sera-t-elle
source de joie pour ceux qui sont au Paradis, source d'horreur
pour ceux qui sont en Enfer.
|
|
Les cimetières musulmans témoignent de cette vision dépouillée
de la mort. Elle couche tous les hommes dans la même terre, le
riche et le pauvre aussi démunis devant Allah. Il n'y a que dans
les villes où les puissants se font parfois bâtir des mausolées,
dérogeant ainsi à la loi coranique de la simplicité. Ailleurs,
les cimetières sont nus. Aucun mur d'enceinte, aucun monument
commémôratif à prétention artistique ou sentimentale... Les tombes
tranchent à peine sur le désert. Isolées ou groupées, elles ne
sont que des repères anonymes, marqués de pierres qui orientent
le corps vers La Mecque; Parfois, les dalles funéraires portent
des calligraphies raffinées. Le plus souvent, elles indiquent
seulement l'appartenance sexuelle du mort : une meule à grains,
pour une femme, un turban stylisé pour un homme. Au fur et à mesure
des ans, les tertres se nivellent, jusqu'à se confondre avec l'espace
caillouteux, ne portant plus sur le paysage qu'une trace arasée,
légère, à peine le renflement d'un mort très ancien...
|
|
Les cimetières sont souvent situés à proximité d'une mosquée,
d'un ou plusieurs tombeaux ou cénotaphes afin de « demeurer dans
la mouvance de la baraka », c'est-à-dire de l'influx bienfaisant
qui émane des saints. Les femmes aiment à s'y retrouver. Elles
déposent sur les dalles de menues offrandes qui concrétisent leur
passage : un peu d'eau fraîche dans une poterie pour abreuver
l'âme du mort qui erre à la recherche de son éternité, quelques
dattes, des pièces de monnaie... Les pauvres les ramasseront.
Leurs louanges sont bénéfiques pour le mort, elles seront comptées
au nombre de ses mérites. L'usage de jeter des pierres est très
répandu. Il y va d'un geste de conjuration pour lutter contre
la contagion de la mort et chasser les revenants, les « djinns
». Mais ces amoncellements prennent un autre sens quand on les
appelle « menzeh ». On les élève sur les tombes de ceux dont la
mort éveille la pitié...
|
|
©
          
Tous droits réservés,
Outre-vie.com, Mars 2003.
Commentaires et suggestions à xourim@outre-vie.com
Conception
et design
|
|
Quand il sent venir l'ange de la mort, le musulman récite sa profession
de foi. Ses proches la rediront encore, sur son corps, en même
temps que la sourate 36 du Coran, quand il aura expiré.
Pour l'Islam, la mort n'est que le seuil à franchir pour être
admis dans l'intimité d'Allah. Le croyant qui s'en remet à Dieu
pour sa vie, lui accorde pareillement sa mort. « Inch'Allah! »
c'était écrit... Dieu sait tout.
.
|
|