| La
momification volontaire
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Au Japon, jusqu'à ces dernières années,
on trouvait encore des moines bouddhistes qui entraient « vivants
» dans la momification, par un jeûne progressif de sept ans. Cela
s'appelle « entrer en Niûjô ». Les moines s'éteignent par inanition.
Leurs momies dites « vivantes » sont ensuite adorées dans des châsses.
Ces momies de bonze assis en position de lotus sont offertes à la
vénération des fidèles. On les appelle « Shokushin Butsu », les
« Bouddha au corps présent » ou encore « Nikushin Butsu », les «
Bouddha au corps de chair ». Certains sont déjà vieux d'une dizaine
de siècles. Ces momies posent une énigme. Car aucun procédé de momification
n'a jamais été pratiqué sur les corps des moines. Il semble qu'ils
soient entrés vivants dans la momification.
Aux
yeux des croyants japonais, ces bonzes entrés vivants en
momification sont toujours en vie. Leurs âmes, toujours
présentes et comtemplatives, se sont unies avec l'absolu.
Momie d'un bonze, temple de Yamagata
Ken, Japon
L''odeur de sainteté est un phénomène très curieux rapporté par
les hagiographes et les médecins.
« Mourir en odeur de sainteté, écrit le docteur Georges Dumas, c'est,
dans le langage courant, mourir en état de grâce ; vivre en odeur
de sainteté, c'est être assez pieux pour être regardé comme un saint.
Ces formules ont plus qu'un sens figuré et représentent un
fait réel ; quand les historiens des mystiques racontent qu'un saint
a été gratifié, ils veulent dire que, durant sa vie ou après sa
mort, son corps a exhalé des odeurs agréables.
Waldemar Deonna, dans son livre "Croyances antiques et modernes,
l'odeur suave des dieux et des élus" , compte au moins 30 saints
parfumés de leur vivant, 103 saints parfumés au moment de leur mort
ou de leur ensevelissement, 347 saints dont les corps et les reliques
demeurèrent parfumés longtemps après leur inhumation.
Chez les morts, l'odeur de sainteté s'accompagne d'autres manifestations
physiques remarquables telles que l'incorruption de la chair et/ou
des sécrétions huileuses qui les font qualifier de myrobîytes, c'est-à-dire
d'organismes qui, au lieu de se corrompre, assurent leur propre
embaumement en sécrétant des huiles odoriférantes. L'odeur de sainteté,
si l'on se réfère aux témoignages des biographes des mystiques,
sent bon.
Sainte Thérèse d'Avila
De toutes les odeurs de sainteté, celle de sainte Thérèse d'Avila,
qui mourut à l'âge de soixante-sept ans, fut certainement l'une
des plus tenaces. Les bollandistes et ses historiens en témoignent
: « L'odeur que l'on avait déjà remarquée à diverses reprises durant
sa vie, beaucoup plus pénétrante pendant sa dernière maladie, le
devint encore davantage après sa mort, si bien que les religieuses
durent laisser la nuit entière la porte et la fenêtre ouvertes malgré
la saison. Le lis, le jasmin, la violette, semblaient avoir uni
leurs plus suaves senteurs dans cet arôme auquel rien ne pourrait
être comparé. ». La foule remarqua tout de suite le parfum merveilleux
qui émanait de Thérèse pendant le transport du corps sur un brancard.
Le corps fut déposé sans être embaumé dans un cercueil de bois.
Il fut descendu dans une fosse très profonde recouverte d'une grande
quantité de pierres, de chaux, de terre humide et d'une pierre sépulcrale.
Pendant les neuf mois qui suivirent les obsèques, le parfum, traversant
l'épaisse couche de pierres et de terre sous laquelle reposait le
corps.
Le 1er janvier 1586, les religieuse se rendîrent au monastère des
Carmélites et ouvrirent la châsse ... Elles considératent la sainte
très attentivement. Son corps était entier, intact, et d'une odeur
céleste. Les os étaient si bien joints, les nerfs si bien liés les
uns avec les autres, qu'il se tenait debout à l'aide du moindre
appui. La chair était si souple, si tendre, si flexible, qu'elle
s'abaissait quand on y mettait le doigt, puis se relevait comme
si la sainte Mère eût été en vie ; et, bien qu'elle eût conservé
son embonpoint, le poids du corps était léger comme celui d'un enfant
de deux ans. » Les historiens de la sainte insistent tous sur la
suavité de l'odeur que répand son cadavre, sur la fraîcheur des
chairs qui semblent encore en vie. En 1598, un monument de pierre
fut érigé sur l'emplacement de la sépulture primitive. Le corps
de sainte Thérèse fut transféré dans une somptueuse châsse offerte
par la duchesse d'Albe.
D'après Hubert Larcher, Lydwyne de Schiedam exhalait sept parfums
; François Forgione,
plus communément appelé Padre Pio, six parfums ; Thérèse d'Avila,
quatre parfums ; Trévère, trois parfums ; Basilissa, deux parfums.
Le parfum de sainte Lydwyne, d'après Gerlac, fut sujet à des modifications
: « La chambre de sainte Lydwyne sentait si bon que tous ceux qui
entraient croyaient qu'on y avait caché diverses espèces d'aromates.
Le parfum qui s'en dégageait frappait non seulement l'odorat, mais
le goût : c'était comme si on eût mangé du ginmbre, du girofle ou
de la cannelle : la saveur ardente et forte mordait la langue et
le palais avec douceur. » Par la suite, au parfum des épices succéda
celui de la rosé, de la violette, du lis, des fleurs fraîchement
coupées. »
| Incorruptibilité physique |
De toutes les manifestations miraculeuses
liées à la sainteté, l'incorruptibilité physique est aussi troublant.
Un peu partout dans le monde, on relève en effet la même croyance
populaire spontanée et instinctive : les corps des saints, après
la mort, échappent à la loi commune de la dissolution de la chair.
Cette propriété miraculeuse a été énoncée par saint Cyrille, évêque
de Jérusalem, au IVe siècle de notre ère : « Même lorsque l'âme
s'est enfuie, sa vertu et sa sainteté imprègnent encore le corps
qui l'a hébergée. ».
En vérité, si l'on étudie la vie des saints de la chrétienté,
on constate pourtant que cette marque de la faveur divine a été
refusée à de nombreux bienheureux, aussi vertueusement exemplaire
qu'ait été leur vie. De même, ce phénomène d'incorruptibilité
a été observé en l'absence de béatification ou de canonisation.
C'est ainsi que sainte Thérèse de Lisieux, sur son lit de mort,
répondait à la jeune novice qui lui assurait que la miséricorde
divine lui épargnerait la corruption du corps : « Oh non ! Je
ne souhaite pas ce miracle... » Son vœu fut exaucé.
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A la fin du XIXe siècle, le père
Herbert Thurston, à qui l'on doit la première étude systématique
des cas d'incorruptibilité, a noté que les corps inexplicablement
conservés présentaient six phénomènes caractéristiques :
- un parfum suave émanant de la
dépouille mortelle,
- une absence de rigidité cadavérique,
- le corps peut conserver assez longtemps une certaine
tiédeur,
- il est épargné par la putréfaction,
- des saignements anormaux, même plusieurs jours après
la mort effective (il s'agit le plus souvent de stigmates
ou de blessures ayant entraîné la mort par martyre),
- d'étranges mouvements post mortem du cadavre, qui ne
pouvaient être attribués à des contractions musculaires
purement mécaniques (gestes de bénédiction, par exemple).
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Une série de phénomènes mystérieux sont
souvent associés à l'incorruptibilité du cadavre. Ainsi, bien
souvent, le lieu de sépulture inconnu - ou oublié - de quelque
saint a été révélé grâce à un rêve ou une vision. Quelquefois,
l'inhumation elle-même s'est accompagnée de prodiges révélateurs,
comme les étranges lumières qui sont apparues près du tombeau
de saint Charbel Makhlouf
( Lire ). Il arrive encore que
les restes du saint - ou de la sainte - exsudent une huile odorante
et limpide, parfois abondante, dont on ignore l'origine et la
composition. C'est le cas de sainte Walpurgis, morte en 779 et
dont les os n'ont cessé de distiller une huile réputée miraculeuse.
Une Américaine de la Nouvelle-Orléans,
Joan Cruz, a entrepris de compléter les travaux du père Thurston,
à l'aide de toutes les sources ecclésiastiques connues. Dans un
ouvrage publié en 1977 et intitulé "The Incorruptibles",
elle signale 102 cas authentifiés par la Congrégation des rites
de l'Église catholique romaine. Mais, ajoute-t-elle, il est probable
qu'il en existe bien d'autres, dont le tombeau a conservé le secret,
ou qui n'ont jamais été rendus publics par le Vatican. Là encore,
on peut s'étonner que tous les cas troublants recensés par la
littérature hagiographique n'aient suscité aucune étude scientifique
véritable, si l'on excepte les examens ordonnés par les autorités
ecclésiastiques.
LesDogons , peuple, actuellement fixé dans la boucle du Niger,
est originaire de l’Afrique orientale (Ethiopie - Nubie ?) qu’il
a quitté au dixième siècle devant l’envahisseur arabe. Il possède
une théogonie et une cosmogonie remarquables.
A l’origine, avant toutes choses, était Amma le Dieu suprême.
Il ne reposait sur rien, il était un oeuf clos, et en dehors de
lui, rien n’existait. Il existait dans l’oeuf sous forme de vibration
et il commença à tracer en lui-même le plan de l’univers avant
de le créer. Le " signe " est dans le cerveau, il est antérieur
à la chose " signifiée " (créée) ; lorsque le signe d’Amma entre
en une chose promise à l’existence, il la rend " existante ".
La pensée précède la parole, c’est la parole qui crée le corps,
mais la pensée en est " l’âme intelligente ", base même de toute
création.
Amma réalisa une première création, mais celle-ci fut manquée,
ou imparfaite, et il la détruisit, n’en conservant que quelques
éléments. Il commença la deuxième création en " ouvrant les yeux
", ce qui va créer la lumière, sans cesser de tourner sur lui-même
pour accélérer la force explosive conférée à sa propre pensée,
projetée hors de lui pour matérialiser l’univers : l’oeuf primordial
d’Amma est ainsi " mère des étoiles ". La volonté créatrice d’Amma
s’incarna dans le pö, " la plus petite des choses ", élément qui
rayonnait des particules invisibles, qui était moins une parole
qu’une pensée... et dans ce pö était un principe plus petit encore,
qui était la vie... " Les spirales d’étoiles dans l’univers sont
elles-mêmes peuplées d’êtres vivants, car la vie est répandue
partout. - L’oeuf d’Amma, matrice du monde, avait un double placenta,
à l’intérieur duquel fut créé le premier être animé Anagonno (la
racine du mot dogon correspond au poisson silure, à la pluie,
à la sinuosité, à l’homme...). Puis Amma forma quatre paires de
jumeaux mixtes, les Nommos, donc chacun avait un rôle dans la
marche et l’équilibre de l’univers. Le quatrième jumeau, Dogo
(qui deviendra "Yurugu " le renard pâle ") se révoltera contre
Amma et introduira ainsi le désordre dans la création. Le troisième
jumeau sera alors sacrifié pour assurer la purification et la
réorganisation de l’univers, puis ressuscité par Amma sous une
forme humaine : il descendra sur terre, dans une arche venue du
ciel, avec les ancêtres des hommes, pétris par Amma dans le "
corps du pö ". La terre deviendra à nouveau fertile.
La cosmogonie des Dogons révèle des connaissances astronomiques
étonnantes.
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Outre-vie.com, Mars 2003.
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