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Pendant plusieurs semaines, d'étranges lumières apparurent
près de sa tombe (comme ce fut le cas pour saint Jean de
la Croix, mort en 1591, et dont le corps, exposé pour la
dernière fois en public en 1955 à Ségovie, était toujours
souple et ferme, quoique légèrement décoloré). Ces lumières
insolites poussèrent les autorités monastiques à ordonner
l'exhumation, et la fosse fut ouverte quarante-cinq jours
plus tard. Le corps de saint Charbel était parfaitement
intact, en dépit de la pluie et des inondations qui avaient
transformé la tombe en bourbier. Le cadavre fut alors lavé
et revêtu de vêtements neufs avant d'être placé dans un
cercueil de bois dans la chapelle du monastère. Au bout
d'un certain temps, un liquide huileux ayant l'odeur du
sang frais - on aurait dit un mélange de sang et de sueur,
dirent les témoins - commença à sourdre des pores du saint.
Cet épanchement devint bientôt si abondant que les vêtements
durent être changés deux fois par semaine, et les lambeaux
de linge ainsi imbibés furent gardés comme autant de précieuses
reliques auxquelles on attribua nombre de guérisons miraculeuses.
Les restes de saint Charbel demeurèrent en cet état jusqu'en
1927, date à laquelle un examen médical fut ordonné. Le
corps fut placé dans un autre cercueil de bois doublé de
zinc, et un document contenant les observations faites par
les médecins fut scellé dans un tube de zinc et déposé aux
pieds du saint. Puis le cercueil fut lui-même emmuré au
milieu d'une paroi du monastère.
Vingt-trois ans plus tard, en 1950, des pèlerins venus visiter
le sanctuaire remarquèrent qu'un curieux liquide suintait
hors du mur renfermant le cercueil, qui fut à nouveau ouvert,
toujours en présence d'autorités religieuses et médicales.
Saint Charbel restait parfaitement conservé : son corps,
souple, gardait toutes les apparences de la vie, alors que
ses vêtements, imbibés par l'étrange fluide, tombaient en
lambeaux (par suite de la dessiccation, une grande partie
du liquide formait une masse solide dans le cercueil). Le
tube de zinc, par contre, apparaissait fortement corrodé.
Depuis cette date, la tombe a été ouverte chaque année et
le corps très soigneusement examiné. Chaque fois, il est
apparu dans un inexplicable état de fraîcheur, et le fluide
huileux (qui forme dans le cercueil un dépôt de 8 cm) est
précieusement recueilli en vue d'obtenir des guérisons miraculeuses.
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