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Krishna fut, comme Jésus et d’autres, un Christ, un envoyé, un
avatar. L’hindouisme a ainsi exprimé très tôt une idée nouvelle,
qui est que " la divinité s’incarne et se manifeste dans l’homme,
pour aider et sauver l’humanité toute entière ". - Destinée humaine
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L’idée de délivrance de l’âme vers Dieu par la rédemption s’affirme
progressivement, faisant de l’existence humaine un emprisonnement
d’un principe spirituel dans la matière, ce qui entraîne la souffrance
dont on ne sera libéré que par le libération de la matière. Bien
avant le bouddhisme, l’hindouisme ressentit la mort comme une étape
de l’existence, et comme la mort est la base d’une autre vie, la
destinée humaine se passait comme une migration d’un être vivant
à un autre, dans le va et vient des existences (Samsara). Mais l’élévation
du sens moral et de la conscience conduisit rapidement à la notion
de réincarnation liée à la conduite terrestre présente, bonne ou
mauvaise : le karma, bilan des actes d’une vie, entraîne automatiquement
les conditions de la réincarnation suivante, ou de la libération.
Il n’y a pas de jugement divin ! L’homme peut se libérer du karma
par la connaissance ou par le détachement, la sérénité : c’est le
Yogin. La libération totale (mukti) conduit au nirvana, qui est
l’accomplissement par l’anéantissement dans la suprême réalité.
L'âtman. - Nous avons le sentiment
d'être restés la même personne tout au long de notre vie bien que
notre corps, nos pensées et nos sentiments changent continuellement.
C'est donc qu'il existe en nous un principe permanent : l'âtman.
Celui-ci est étemel : il existait avant notre naissance et perdurera
après notre mort. L'Hindouisme ne peut admettre en effet l'idée
chrétienne d'une âme commençant dans le temps à la conception, et
continuant d'exister pour l'éternité. L'âtman est éternel et immuable,
mais l'âme, elle, évolue dans le temps.
Le nirvana représente l'extinction de cette soif. C'est
la béatitude de celui qui a atteint l'illumination et vit à l'abri
de toute crainte et de toute renaissance car il agit avec un détachement
tel qu'il ne peut plus produire des fruits l'obligeant à se réincarner
à nouveau. Telle est la quatrième des « Quatre Nobles Vérités »
du Sermon de Bénarès où le Bouddha enseigne la Voie de la délivrance.
Il faut pratiquer « visée juste, intention juste, vigilance ardente
et juste, juste Samadhi ». Au terme, c'est la sérénité parfaite.
Le seul au-delà concevable pour un disciple du Bouddha.
Les Bodhisattvas : Certains êtres d'exception, animés d'une
compassion sans borne, accepteront toutefois de différer leur entrée
en nirvana : les Bodhisattvas. Ces « Êtres d'Éveil » qui possèdent
déjà les deux perfections fondamentales, la sagesse lucide et l'amour
universel, et ont échappé au cycle des naissances et des morts,
choisissent en toute liberté de revenir dans notre monde d'ici-bas,
et de s'y dépenser, réincarnation après réincarnation pour aider
tous les êtres vivants à atteindre l'Eveil suprême et le véritable
au-delà.
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L'Hindouisme classique invite à préparer les vies suivantes, mais
les instants précédant le décès revêtent la même importance capitale.
Ils peuvent en effet, s'il sont bien conduits, mener à une libération
immédiate de la ronde des réincarnations. A tout le moins, ils détermineront
la qualité du karma qui sera transporté dans la vie ultérieure. L'entourage
va donc réciter continuellement des invocations sacrées - des mantras
- pour orienter les dernières pensées du mourant dans la bonne direction,
car c'est la dernière pensée occupant l'esprit qui déterminera l'orientation
de l'âme dans l'au-delà.
Dans l'idéal, on donne à boire à celui qui va mourir de l'eau sainte
du Gange, et pour que son âme s'en aille en paix, on l'exhorte à répéter
le nom de Dieu ; Aum Aum (ou Om, ou Ram), syllabe sacrée signifiant
«je fais révérence». Quand la mort est venue, on baigne le défunt
et on l'habille de neuf. Tous ses proches (les adultes) entrent pour
dix jours dans un état de souillure rituelle. Les hommes de la famille
préparent une civière en bambou, sur laquelle ils déposent le corps;
après l'avoir recouvert d'un suaire blanc (rouge pour une femme) et
paré de fleurs rouges, ils l'attachent solidement, Traditionnellement,
c'est l'aîné des enfants du défunt qui précède le convoi funéraire
vers la rive du fleuve où doit avoir lieu la crémation, en portant
les braises dans un pot en terre.
La
coutume veut que tous les hindous soient incinérés, sauf les bébés
et les « renonçants» (samnyds'in : celui qui a renoncé au monde
pour vivre dans le plus total dénuement). Quand le cadavre a été
placé sur le bûcher, le fils du défunt accomplit son devoir religieux
en y mettant lui-même le feu, tandis qu'un prêtre récite les montra,
formules sacrées chargées d'une mystérieuse énergie, qui sanctifient
les flammes. Puis le fils fait trois, cinq ou sept fois le tour
du bûcher en levant sa torche vers le ciel.
Le troisième jour après l'incinération, les os du mort sont pieusement
recueillis et, au bout de dix jours au minimum, lavés dans l'eau
d'un fleuve sacré avant d'être déposés dans une jarre qui est alors
enterrée dans un cimetière.
En inde tout rituel est cuisson (symbolique ou réelle). On n'incinère
pas les morts par souci d'hygiène, mais parce que les flammes purificatrices
constituent un rite de passage qui ne laisse derrière lui que la
quintessence impérissable. La mort est la suprême cuisson, le sacrifice
où l'hindou offre son corps éphémère. On ne brûle pas les renonçants,
parce que c'est inutile : ils sont déjà « cuits » par leur sagesse,
leur ascèse.
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Les Écritures recommandent seize rites de passage au cours de la
vie, mais beaucoup d'hindous font seulement l'expérience de l'initiation,
du mariage et de l'incinération. Toutefois, les garçons des trois
premières castes peuvent participer à une cérémonie qui leur donne
le droit de porter le «cordon sacré» qui symbolise leur seconde
naissance (à la vie spirituelle), d'où le titre de «deux fois nés»
réservé aux membres de ces trois premières varnas.
Le rite est accompli par le jeune garçon (entre 7 et 10 ans) et
son père au son des montra (versets sacrés chantés par un prêtre).
Celui qui est ainsi appelé à naître une seconde fois adresse sa
prière au soleil divin, fait une offrande de beurre clarifié au
dieu Agni - le feu - et reçoit le cordon blanc qu'il portera désormais.
C'est le moment du «triple chant»; récitation de la Gayath, trois
des vers les plus saints du reg-Veda, qui s'adresse à la déesse
Savitri, le soleil créateur «qui fait vivre les choses» (épouse
de Brahma, elle est mère des Veda et des «deux fois nés»):
«Méditons sur la lumineuse splendeur de Savitri. Qu'elle éclaire
en nous le chemin de la vérité ! »
Immortelle, l'âme humaine transmigre donc d'un corps à un autre
à travers un cycle de naissances, de morts et de renaissances qui
a nom samsara («migration»). Le seul moyen pour l'homme d'échapper
à ce cycle est de prendre conscience de l'identité de son âme individuelle
(atman) avec l'Ame universelle (Rrahman). Dans d'autres mondes,
chaque âme, après un certain nombre de réincarnations, parvient
à la délivrance finale (moksha).
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S'il n'est pas possible de changer de caste pendant sa vie, rien
n'empêche, après la mort, de renaître dans une autre. Ainsi le système
des castes n'est-il pas injuste pour l'hindou qui croit en la réincarnation
: on ne naît pas noble ou intouchable par hasard, mais bien en vertu
des mérites ou des fautes qu'on a accumulés dans sa vie précédente.
C'est la loi de cause à effet du karma, principe de la rétribution
des actes: chaque action ou pensée entre en ligne de compte dans
la somme «spirituelle» de l'être et pèse de tout son poids sur son
devenir cosmique, conditionnant sa prochaine incarnation.
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La tradition védique tardive enseigne la réincarnation, c'est-à-dire
la possibilité de continuer dans des vies ultérieures ce qui a été
commencé dans les nombreuses vies antérieures.
La loi de l'évolution cyclique s'applique aussi à l'individu puisqu'il
ne périt pas par la mort, mais qu'il revit, au lieu même où son
évolution a été interrompue, par la perte de son vieux corps. Il
aura un vêtement neuf, sans souvenir des vies antérieures, bien
que les expériences qu'il y a faites lui restent acquises. Les désirs
inassouvis, la soif de vivre amènent toujours à rechercher une nouvelle
incarnation terrestre.
Durant ces nombreuses vies, l'homme inscrit son karma, sa destinée
personnelle. Ce n'est pas une destinée inéluctable qui lui serait
comme imposée de l'extérieur par une puissance, mais une destinée
qu'il se crée entièrement lui-même. Le karma est dû la loi de causalité.
Il doit être compris comme auto-déterminisme, sans être considéré
comme positif ou négatif. C'est fort simplificateur de dire: «bonne
action, bon karma», «mauvaise action, mauvais karma». D'autant plus
que l'évaluation de nos actions ne peut, pour un hindou, être attribuée
à un pouvoir supérieur qui le jugerait.
Pour un hindou, la mort n'interrompt pas la loi de causalité, tout
comme le sommeil le la nuit ne me protège pas au lever des effets
de mes actions passées. Comme chacun le nos actes a des causes et
des effets, ainsi tout événement dans le monde est le produit l'une
causalité. Le karma individuel est lié au karma collectif. Enfin,
n'oublions pas que les forces dirigeant le karma n'ont pas seulement
leurs sources dans le passé mais aussi dans l'avenir. Nos intentions
influencent notre karma de la même façon que des événements antérieurs.
C'est dans cette connaissance que se trouve le fondement de la liberté
humaine.
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L'âme humaine transmigre donc d'un corps à un autre à travers un cycle
de naissances, de morts et de renaissances qui a nom samsara («migration»).
Le seul moyen pour l'homme d'échapper à ce cycle est de prendre conscience
de l'identité de son âme individuelle (atman) avec l'Ame universelle
(Brahman). Dans d'autres mondes, chaque âme, après un certain nombre
de réincarnations, parvient à la délivrance finale. |
La
«roue de la vie» représente la conception hindouiste de la réincarnation.
Ses partisans se croient pris dans un cycle intermi-nable de vies,
destinés à renaître continuellement jusqu'à ce qu'ils atteignent
une pureté suffisante pour cesser de revenir à la vie. Arrivés à
ce stade, ils perdent toute identité personnelle et sont absorbés
dans l'Infini impersonnel qu'ils appellent Brahman.
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| Le yoga, méthode de délivrance |

Dans l'hindouisme, le but de la vie étant la maturation spirituelle
qui seule permet d'échapper au cycle des naissances et des morts,
le yoga, méthode de délivrance, joue un rôle évidemment central.
Une telle fin ne peut être obtenue que par la reconnaissance préalable
etle contrôle, grâce à une ascèse très stricte, des éléments constitutifs
de l'être humain, en particulier ceux qui transmigrent par-delà
la mort, le corps « subtil », qui ne se dissoudra que lors de la
libération finale, tandis que ne survivra purifié que l'intellect
(buddhî) en sa nature propre, qui est Conscience absolue et inconditionnée,
« Etre-Conscience-Béatitude » (Saïchîchida-nanda), l'être individuel
(Jîvâtman) s'étant identifié au Principe suprême, Paramâtmafî, ou
Brahman. Quels que soient les moyens mis en oeuvre par les diverses
formes de yoga, tous visent ce but unique.
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Dans l'Inde ancienne existaient des familles d'entités non humaines,
les unes propices, les autres de mauvais augure. Entre les humains
regroupés en castes et de grands dieux comme Shiva ou Vishnou, l'hindouisme
a multiplié les troupes d'êtres intermédiaires souvent dirigées
par un chef: les Âditya, les Vasu, les Rudra (des divinités), les
Brahmarshi (des sages), les Prajâpati (des géniteurs), les Gandharva
(des musiciens célestes), les Apsaras (des nymphes ou naïades),
les Yaksha et les Yakshî (des génies), les Vidyâdhara (des détenteurs
d'incantations); puis encore d'autres forces plus ambiguës comme
les Asura, les Dânava, les Daitya, les Pishâca, les Râkshasa, les
Nâga (des dragons), les Bhûta (des Êtres), etc. La plupart de ces
groupes sont innombrables. Ils existent davantage dans les récits
mythiques qu'ils ne sont honorés dans des cultes. On raconte qu'ils
s'affrontent dans des combats épiques et qu'ils ont fini par se
soumettre à un Dieu souverain.
Les hindous vénèrent déjà dans leurs villages de nombreuses divinités
de tout rang; certaines de ces divinités mineures sont des âmes
errantes par suite de male mort ou des héros ou des héroïnes qui
ont mérité qu'on leur rende un culte.
Mais la seule énumération de toutes ces castes d'êtres surnaturels
atteste que les dieux et les déesses dont on connaît les noms ne
représentent en fait qu'une infime partie d'un monde infiniment
plus complexe. Cela dit, et en dépit des affirmations à l'emporte-pièce
que l'on peut lire maintenant, on peut affirmer sans hésitation
qu'au sein de ces populations d'êtres spirituels, il n'existe pas
à proprement parler d'anges ou d'envoyés de Dieu au sens où l'on
utilise ce terme dans le judaïsme, le christianisme ou l'islam.
Le bouddhisme du Sri Lanka conserve à toutes fins pratiques toutes
les divinités qui étaient actives dans la ou les religions dont
il a triomphé. « Il y a longtemps, note Mohân Wijayaratna, que les
bouddhistes singhalais ont pris l'habitude de vivre entourés de
dieux et de démons, mais tout en demeurant bouddhistes. ». Ces dieux,
ils les honorent lorsqu'ils ont besoin de secours pour résoudre
des problèmes de la vie de tous les jours. Par contre, pour se libérer
du monde des renaissances, seul vaut l'enseignement du Buddha. On
dit que ces divinités ont rompu avec l'hindouisme ambiant: elles
auraient jadis accepté de suivre le Bouddha, ou encore exerceraient
leurs pouvoirs conformément à la permission que celui-ci leur a
octroyée de son vivant. « Ce mécanisme de "permission", commente
encore Wijayaratna, place tous les dieux, les demi-dieux et les
esprits malins sous l'autorité du Bouddha ». Ces différents stratagèmes
permettent à toutes sortes d'entités de continuer à exister à l'intérieur
du bouddhisme et de recevoir un culte de la part des laïcs. On est
dans un monde qui tolère l'existence de tous les êtres, mais refuse
de niveller leurs pouvoirs qui restent dûment hiérarchisés.
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Dans le livre saint du Rigveda, Vamrita, ou soma, produit les effets
suivants : « Nous avons bu le soma, nous sommes devenus immortels,
nous sommes entrés dans la lumière, nous avons connu les dieux. »
Le soma est un hallucinogène d'origine végétale. |
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