| La
résurrection chrétienne |
A la différence de la croyance à la réincarnation qui s'appuie
sur une réflexion philosophique et religieuse, la foi en la résurrection
s'appuie sur des témoignages. La plupart des récits ont été rapidement
consignés par écrit. Jamais aux origines, au plus proche de l'événement,
ils n'ont été mis en doute par les communautés qui les ont transmis.
Entre 67 et 80, la foi des premières Églises chrétiennes trouve
son expression définitive dans quatre livrets rapportant les faits
et dits de Jésus de Nazareth : les Quatre Évangiles. Pour la mettre
par écrit, Matthieu, Marc, Luc et Jean utilisent des récits transmis
par leurs communautés. Les plus significatifs des récits d'apparitions
de Jésus après sa mort sont ceux de Marc (16, 1-8), Matthieu (28,
1-8), Luc (24, 13-55) et Jean (11-29).
Message de la résurrection proclamé par le Nouveau Testament
:
1 / La résurrection est un acte de Dieu faisant sortir un homme
ex nihilo du néant où l'a plongé la mort. Il lui donne d'être
à nouveau, par un acte comparable à celui de la création. La résurrection
reconstitue ainsi un corps, une âme, une personne qui n'avaient
plus aucune existence.
2 / Cet acte de ré-création signe la défaite de la mort, vaincue
par la puissance de Dieu se manifestant en Christ. L'âme n'est
pas immortelle par nature, mais par une intervention de Dieu.
Mais la victoire que Dieu a remportée sur la mort à Pâques ne
deviendra manifeste qu'à la fin des temps avec la transformation
eschatologique totale de l'univers. Alors seulement se produira
la résurrection définitive, et les ressuscites recevront un corps
nouveau adapté au « monde à venir » : quand viendront « les nouveaux
cieux et la terre nouvelle » qu'annonce le Livre de l'Apocalypse.
Le diable ne sera vaincu et la mort surmontée que lorsque l'âme
et le corps seront réunis, au jour du jugement dernier. « II ne
peut être question pour un chrétien de désirer la perte de son
corps. » Aussi les cimetières sont-ils - au sens littéral du mot
grec « je dors » - les dortoirs où reposent les corps, dormant
de leur dernier sommeil, en attendant que ne les réveillent les
trompettes de l'Apocalypse. De là aussi, le soin extrême apporté
à la sépulture en territoire occidental, et le refus par l'Église
de l'incinération, jusqu'au début du siècle. Car il faut préserver
et perpétuer l'identité du mort jusque dans la mémoire des vivants
afin que ne s'éteigne jamais l'espoir de le voir resurgir « tel
qu'en lui-même l'éternité le change ».
L'apôtre Paul reprend à son compte la vieille comparaison cosmique
de la semence et de l'épi de blé : le corps ressuscité ne sera
pas plus identique au corps mortel que la plante l'est à la graine.
Il s'en distinguera comme l'épanouissement définitif de la matière
encore corruptible ; et dans une radicale nouveauté : « Semé corruptible,
le corps ressuscite incorruptible. Semé périssable, il ressuscite
éclatant de gloire. Semé dans la faiblesse, il ressuscite plein
de force. Semé corps animal, il ressuscite corps spirituel » (1
Co 15, 42-44).
Car il y aura transfiguration de la chair. Le corps qui disparaît
dans la tombe n'est que terre, poussière, faible, animal, corruptible.
Celui qui se lèvera à la résurrection, tout en restant charnel,
sera transfiguré, « débarrassé du fardeau du sexe », et il vivra
au ciel comme un ange.
« Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils étaient tous ensemble,
dans un même lieu [le Cénacle]. Tout à coup, il vint du ciel un
bruit comme celui d'un vent qui souffle avec force et il remplit
toute la maison où ils étaient assis. Et ils virent paraître comme
des langues de feu qui se partagèrent et se posèrent sur chacun
d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et ils se mirent
à parler d'autres langues, selon aue l'Esprit-Saint leur donnait
de s'exprimer. Or, parmi les Juifs résidant à Jérusalem, il y
avait des hommes pieux de toutes les nations qui sont. sous le
ciel. Au bruit qui se fit entendre, ils accoururent en foule,
et ils étaient tout hors d'eux-mêmes de ce que chacun les entendait
parler dans sa langue. Stupéfaits, ils disaient : « Ces gens qoui
parlent, ne sont-ils pas tous galiléens ? Comment se fait-il aue
nous les entendions parler chacun l'idiome particulier de notre
pays natal. Nous tous, Parthes, Mèdes, Elamites, habitants de
la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de
l'Asie, de la Phrygie, de l'Egypte et des contrées de la Libye
voisines de Cyrène, Romains de passage ici, soit Juifs, soit prosélytes,
Crétois et Arabes, nous les entendons annoncer dans nos
langues les merveilles de Dieu. ».
Alors Pierre, se présentant avec les Onze, éleva la voix et leur
dit : «...Enfants d'Israël, écoutez ces paroles. Jésus de Nazareth,
cet homme à qui Dieu a rendu témoignage pour vous par les prodiges,
les miracles et les signes qu'il a opérés par lui au milieu de
vous, comme vous le savez vous-mêmes; cet homme ayant été livré
selon le dessein immuable et la prescience de Dieu, vous l'avez
attaché à la croix et mis à mort par la main des impies. Dieu
l'a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, parce
qu'ill n'était pas possible qu'il fût retenu par elle... ».
Actes des Apôtres, II, 1-12, 22-2.5.
| La résurrection
islamique |
La mort est décrite de deux manières différentes. Pour les anciens
et dans certaines croyances populaires, elle est présentée comme
la disparition totale de l'homme, à la fois de son corps et de
l'âme corporelle qui anime celui-ci à la manière d'un « corps
subtil ». Le défunt sera recréé par la suite par Allah au Jour
de la Résurrection, à partir de l'os résiduel du coccyx. Pour
les Maîtres postérieurs, la mort est séparation de l'âme et du
corps, comme dans l'Hellénisme, l'âme allant à la rencontre de
Dieu son juge, et le corps se transformant en poussière Jusqu'à
la résurrection qui le réunira à l'âme.
Certains enseignements (Hadith) situent au moment de la mort l'interrogatoire
du défunt dans le tombeau par les anges Munkar et Nakîr, suivi
de l'attribution des récompenses ou des châtiments. Les anges
enregistreurs des actes de chaque homme, pesés préalablement par
l'ange Gabriel dans la balance, en remettent à chacun la liste
: au juste croyant dans sa main droite, à l'infidèle pécheur dans
sa main gauche. C'est alors la traversée du pont du Sirat, « fin
comme un cheveu et tranchant comme un sabre », jeté sur la partie
supérieure de l'enfer. Pour ce passage critique Dieu aidera les
justes, les fidèles croyants, tandis que tomberont dans la géhenne
les réprouvés, les non-musulmans en général.
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Outre-vie.com, Mars 2003.
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