Mandalas

Le mandala cosmique
Sunyata, l'innommé, le vide,
Jung et les Mandalas

Un mandala est une représentation symbolique de l'univers, un «cosmogramme» pour ainsi dire. Puisque tout est créé, et donc toutes les créatures, font sans exception partie de l'univers, cette image du cosmos est aussi une image de l'homme dans sa structure psychique, un «psychogramme» en quelque sorte.
Le mandala dans son langage imagé est une sorte de carte de l'univers et, en même temps, du paysage intérieur de notre âme.
Le mandala se dit en tibétain kyil-khor (centre-périphérie).

 

Malgré leur diversité, tous les mandala sont construits sur des principes semblables: trois cercles qui symbolisent le cosmos encerclent un «palais» terrestre avec quatre angles; le palais comporte quatre portes; la cinquième direction, «la direction du ciel», se trouve au milieu, là où se touchent les sommets des quatre triangles. Parce qu'un mandala est pensé en trois dimensions, ce milieu est la pointe d'une pyramide à base carrée. Des quatre angles jaillissent des arêtes qui s'unissent au sommet: celui-ci représente la quinta essentia, la quintessence du monde et de l'homme. Sur son chemin d'individuation, l'homme doit d'abord traverser un cercle de feu qui purifie et transforme.
Dans la pensée occidentale, nous connaissons la légende du phénix qui se lève de ses cendres: «Meurs et deviens.» Dans certains mandala qui initient à un aspect terrifiant d'une déité, il faut traverser un champ de cadavres avant de pénétrer le cercle de feu.
Le deuxième cercle cosmique est clair et dur, indestructible comme un diamant (Vajra), et symbolise le spirituel, l'«esprit nu», comme les Tibétains l'appellent. Le troisième, le cercle du lotus, symbolise la renaissance spirituelle.
Après avoir traversé les cercles, l'adepte arrive devant le palais terrestre avec ses quatre portes surveillées par les «gardiens du seuil». C'est là que commence, chaque fois différemment selon le genre de mandala concerné, la véritable initiation. Celle-ci est toujours conduite par un maître spirituel (en tibétain: lama, en sanscrit: guru) et se termine par l'octroi d'une «autorisation» spéciale à l'adepte.

 

Le «mandala» cosmique

A Paro-Dzong, dans l'Ouest du Bhoutan, on peut voir ce «mandala» cosmique dans la cour intérieure du monastère. C'est une image de l'univers en devenir, montrant la première naissance du monde A partir du «rien» mystérieux du milieu, un tourbillon cosmique, dont l'énergie se transmet vers l'extérieur dans une sorte d'«onde de choc», se met en branle Les formes en devenir des éléments sont seulement indiquées dans le cercle bleu. L'espace est rempli d'«éther», la semence de tous les éléments est encore dénuée de forme Les pistes colorées qui se recoupent de façon concentrique -sont-ce des étoiles, ou des électrons? - entourent le milieu Une auréole rouge de feu ferme le «mandata» vers l'extérieur. N'est-ce pas une image qui convient à notre époque nucléaire? Elle contient le microcosme et le macrocosme, et même l'être de l'homme qui tourne autour de son propre centre.

 

Sunyata, l'innommé, le vide,

Chaque cercle, chaque sphère est constituée d'un centre et d'une périphérie. Tandis que le périmètre - comme tout ce qui est saisissable par les sens - est défini dans l'espace-temps, le milieu, le centre, demeure un mystère. Le périmètre entoure le centre. Le centre reste au-delà de toute conception, il est simplement hors du temps, hors de l'espace, inimaginable. Ce centre, mystérieux dans sa totalité insaisissable, est dans toutes les cultures et depuis toujours un symbole de Dieu. Dans le bouddhisme tibétain, il désigne sunyata, l'innommé, le vide, ce qui n'a pas de qualité: le commencement et la fin de tout être. Tout naît du centre, tout y retourne.

 

Jung et les Mandalas
Le 24 juin1947, en survolant une région montagneuse de l'Etat de Washington, Kenneth Arnold, un businessman américain, voit neuf objets plats et brillants traverser le ciel en face de lui. Dans les mois qui suivent ce genre de « mirage » se met à proliférer à une cadence effrénée, selon des cycles, des vagues donnant naissance au mythe des soucoupes volantes.
Intrigué, Jung considère d'abord ces phénomènes comme des visions collectives. En 1958, dans la première interview qu'il donne sur ce sujet, il reste sceptique quant à la réalité physique des Ovni. L'existence matérielle de ces prétendus objets l'intéresse beaucoup moins que le fait indéniable que nombre de personnes observent partout dans le monde des objets ronds - la sphère étant par excellence le symbole du soi, de la totalité - dans le ciel.
Par la suite, le scepticisme de Jung se nuance lorsque les témoignages deviennent de plus en plus nombreux et précis. « Mais, dit-il, en tant que psychologue, je ne suis guère qualifié pour étudier la réalité physique des Ovni.. Il compare les soucoupes volantes à des mandalas : « Le mandala est ici un schéma ordonnateur qui vient en quelque sorte se poser au-dessus du chaos psychique, un peu comme le réticule d'une lunette de visée, comme un cercle divisé en quatre parties égales, ce qui aide chaque contenu à trouver sa place et à maintenir dans leur cohésion les éléments d'une totalité en danger de se perdre dans un vague indéterminé. »
Le mandala apparaît dans les situations de trouble, de désorientation et de perplexité, et pendant lesquelles le besoin d'un processus d'individuation et de centrage se fait sentir.

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