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Partant du principe que la vie est placée sous le double
signe de la souffrance et de l'éphémère, le Bouddha enseignait
qu'il était possible d'y remédier en suivant la voie du
nirvana (« extinction »). L'état de non- souffrance et de
non-devenir peut être atteint par tous ceux qui se sont
«éveillés» à la vérité (les bouddhas) par l'illumination
qui leur dévoile la réalité cachée derrière les apparences.
Ainsi le nirvana n'est-il pas l'anéantissement, comme on
a encore tendance à le croire en Occident, mais l'état ultime
de l'existence pure. Pour le bouddhisme -religion philosophique
sans dieux (au moins dans sa pureté originelle)-, l'homme
a en lui-même la clef de sa délivrance: encore lui faut-il,
pour accéder au nirvana, se plier aux règles de la morale,
pratiquer la méditation et acquérir la sagesse.
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Dans les
religions hindouiste et bouddhiste, les âmes enchaînent
les existences humaines ou animales
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| Samsara,
la mort est dans la vie |
Le bouddhisme et la plupart des mystères de l'hindouisme
ont pour base le karma et pour pivot la transmigration des
âmes. Tout homme est le résultat de ses actions passées,
non seulement dans cette vie mais encore dans les existences
qui ont précédé. Et ses actions présentes conditionnent
ses vies futures suivant une rigoureuse causalité. Autrement
dit, il n'y a pas de jugement individuel après la mort,
ni de jugement dernier, ni de sentence quelconque portée
par Dieu sur les hommes. La rétribution du bien et du mal
se fait automatiquement à travers les existences, chaque
cause engendrant nécessairement son effet. En un mot, les
hommes récoltent ce qu'ils ont semé et nul ne peut s'en
prendre qu'à lui-même de ce qui lui arrive de bon ou de
mauvais.
Dans les Ecritures, ce cycle des renaissances est appelé
Samsara. La mort n'est donc pas définitive. Elle est perçue
comme un sommeil dans lequel nous perdons notre corps. «Où
et comment subsistons-nous entre notre mort et notre prochaine
incarnation?» est une question du même type que «Où sommes-nous
quand nous dormons sans rêver?».
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Le Bouddha
connaissait la suite interminable des vies qu'il avait vécues.
Même au cours de l'existence terrestre, certains hommes,
à la veille d'échapper à la Roue des naissances, se remémorent
leur passé lointain.
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La réincarnation ou renaissance est étroitement liée à
la notion du karma qui peut être traduite par «destinée»,
une destinée que l'homme a engendrée lui-même. La loi du
karma est basée sur les enchaînements de causes et d'effets,
elle garde ainsi le cycle des renaissances en mouvement.
Le Karma est ainsi la seule doctrine capable d'expliquer
l'inégalité des conditions humaines et l'apparente injustice
du monde terrestre, où l'on voit souvent pâtir les Justes
et triompher les méchants. Le Karma est patient, complet,
impersonnel, inéluctable. La multiplicité des vies est destinée
à le reconnaître et à l'épuiser. Tant qu'il crée du nouveau
Karma, c'est-à-dire de nouvelles responsabilités, l'homme
doit se résigner à liquider son passif par une renaissance.
Le jour où sa page de débit est vierge, il est dispensé
de renaître dans un organisme cellulaire et, par suite,
affranchi de la souffrance et de la mort. Toute mort charnelle
donne lieu à un entracte durant lequel l'âme ou Atman retrouve
la mémoire de ses vies précédentes, additionne ses conquêtes
et fait la somme de ses erreurs. Sa réintégration corporelle
sera donc amenée par la balance inéluctable de ce bilan
et chacun retrouvera une condition déterminée, non point
laissée au hasard, mais rigoureusement provoquée par l'enchaînement
des causes et des effets.
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Au Tibet, on se sert du Livre des morts pour préparer le
mourant au voyage qui l'attend dans l'au-delà. Les bouddhistes
tibétains attachent une énorme importance à ces formules
et figures sacrées qui passent pour favoriser l'illumination.
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Le mot mantra signifie littéralement «outil pour la pensée
méditative» ou encore «outil de l'esprit». Il peut consister
en un simple son, comme «Aum» ou «Om», en une phrase très
brève ou en un fragment de texte sacré. La formule est inlassablement
répétée, afin de provoquer dans l'esprit un état de vide
propre à la réceptivité. Le mantra tibétain par excellence
est le «joyau du lotus» : Om mani peme hung, attribué à
Avalokiteshvara lui-même.
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Mandala signifie littéralement «arc de cercle», mais le
mot se réfère surtout, aujourd'hui, à un symbole imagé,
utilisé dans la méditation comme un diagramme cosmique.
Généralement composés de figures géométriques remarquables
par leur symétrie, ils contiennent aussi bien des représentations
du Bouddha. Au Tibet, ils sont faits avec du sable de couleur
ou, plus souvent, peints sur étoffe (thangko), mais ils
peuvent être visualisés par le méditant, hors de toute concrétisation.
Dans le tantrisme tibétain, ces diagrammes servent de support
à la méditation, aidant à concentrer l'attention sur les
«portes» qui entourent la figure centrale, Le «voyage» au
coeur du mandata symbolise la quête intérieure du méditant,
qui part des multiples motifs de la vie pour atteindre un
état de conscience unifiée.
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L'état d'esprit d'une personne qui est sur le point de
mourir est extrêmement important, car il conditionne aussi
sa renaissance. La famille, les amis et les moines restent
donc toujours à son chevet pour réciter les Ecritures et
l'aider à méditer.
Les bouddhistes attachent une grande importance aux funérailles.
Les défunts sont généralement incinérés trois jours après
leur mort (il existe d'autres rites, comme les enterrements
au Japon). Avant et pendant les funérailles, les moines
chantent des passages des Écritures et évoquent l'impermanence
des êtres et des choses. Après la crémation, on procède
souvent à des cérémonies, afin que les bonnes actions du
défunt président à sa renaissance. De telles cérémonies
ont également lieu à la date anniversaire du décès.
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| MAYA, monde de l'illusion
et de l'école divine de BHAKTI
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La vie est réputée illusion (Maya). Tout ce qui tombe sous
nos sens est irréalité, donc trompeur et destiné à nous
maintenir, par le désir et sa réalisation, dans le monde
de l'apparence. Le salut ne peut venir que d'une renonciation
à l'acte et à la vie, puisque celle-ci n'est faite que de
désirs satisfaits et insatisfaits. L'âme reste donc, après
la mort, entourée d'un « corps de désir » qui le ramène
vers la terre, après un stage probatoire plus ou moins long,
suivant le détachement de chacun. Le but suprême est l'anéantissement
dans le non-désir et, par suite, dans la non-réalisation,
désir comme réalisation étant de conception inférieure et
empêchant l'Atman de se fondre dans le monde impersonnel.
La croyance au Karma, à la transmigration, à Maya,n'est
pas une découverte ni un monopole du Bouddhisme, celui-ci
constituant une frontière perméable à d'autres sectes ou
clans religieux. Védisme, Hindouisme, Shivaisme, Vishnouisme,
etc., inclinent, plus ou moins, vers les mêmes fins générales,
tout en différant par leurs systèmes particuliers.
Il existe même une religion de Bhakti, débarrassée de tout
préjugé de caste, dont l'influence spirituelle est de premier
ordre et qui se rapproche singulièrement de l'apport du
Christ. C'est l'école du chemin direct vers Dieu (Rama)
considéré comme le Père-très-clément de tous les hommes,
et qui permet, dès cette vie, de s'unir à lui.
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