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Le
taoïsme
Le Bouddhisme
Le confucianisme
L'âme des ancêtres
Le Yin et le Yang
Les chinois reconnaissent l'existence d'une triple tradition religieuse
dans leur pays: le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme. Les deux
premiers courants remontent au VIe siècle avant J.-C., époque où vécurent
leurs pères fondateurs, Confucius et Lao-tseu. C'est Confucius qui devait
avoir le plus de poids sur l'histoire de la Chine. Sa pensée inspira
un courant fortement lié aux valeurs morales traditionnelles: piété
filiale (considérée comme étant la vertu suprême), respect des rites,
maîtrise de soi, modestie, humanité, loyauté envers l'Etat...
Le bouddhisme établit peu à peu une relation tripartite avec les deux
autres traditions déjà en place depuis un demi-millénaire. Ces trois
aires d'éthique et de spiritualité s'entrecroisèrent peu à peu, fusionnèrent
avec les croyances éparses de la religion folklorique, parvenant ça
et là à un véritable syncrétisme. D'autres religions devaient s'implanter
en Chine, comme le christianisme et l'islam, mais à une moindre échelle
(à noter qu'une forte communauté de musulmans chinois existe encore
dans le pays ).
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A l'origine, le taoïsme fut une philosophie mystique particulièrement
attachée au fait d'être «naturel», simple et vertueux, visant à
libérer l'homme des contingences d'ici-bas pour qu'il ne fasse plus
qu'un avec le Tao, qui est à la fois le vrai monde, la voie qui
y conduit et l'apaisement qu'on y trouve (Tao signifie d'ailleurs
«la Voie»). Peu à peu, le désir de devenir spirituellement éternel
pour vivre en communion avec le Tao se transforma en quête de l'immortalité
pure et simple, et le taoïsme devint une religion populaire multipliant
les dieux, les rites, les élixirs et autres « recettes » pour obtenir
le salut auquel chacun aspirait.
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Le bouddhisme a fleuri en chine sous la dynastie tang (618-907)
et continue d'exercer une grande influence religieuse et culturelle.
Son succès est venu de ce que sa conception de l'éveil, de la renaissance
et du karma (loi de causalité morale) permettait aux individus d'être
responsables de leur destinée tout en empruntant une voie de salut.
Par la méditation, le rituel, la psalmodie, le prêche et l'étude
des textes bouddhiques, les moines et les nonnes acquéraient des
mérites en vue de leurs vies futures mais aussi en faveur de leur
famille et de leurs mécènes laïcs. La philosophie raffinée des commentateurs
bouddhistes intéressait les lettrés chinois tandis que l'art et
l'architecteure impressionnaient les gens ordinaires qui, par ailleurs,
espéraient en une renaissance favorable dans le paradis occidental
du bouddha Amitâbha. Les rites funéraires contribuaient à calmer
l'anxiété concernant le sort des proches disparus.
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Le
philosophe chinois du vie-ve siècle. Portrait aquarellé, dans un
recueil du xviie siècle. BNF, Paris.
Selon le confucianisme, le respect des ancêtres, expression de la
piété filiale était nécessaire à l'ordre. La tombe est en croissant,
forme favorable parce qu'équilibrant le yin et le yang. Fils et
filles faisaient aussi des offrandes devant une tablette consacrée
aux ancêtres sur l'autel domestique. Incliner la tête est signe
de révérence envers le père tout comme envers l'empereur. Le confucianisme
insiste sur l'importance de relations correctes entre père et fils
comme entre souverain et fonctionnaire, ainsi que l'expose la Doctrine,
du Milieu. Cette attitude était jugée nécessaire au maintien de
la cohésion sociale.
Le confucianisme règle l'éthique et les rites de passage (naissance,
mariage, mort) et cherche à créer puis à pratiquer l'ordre et l'harmonie
(en équilibrant le yin et le yang) dans la famille et dans la société.
Le respect pour les maîtres et la tradition y est fondamental. Il
ne parle ni de Dieu ni de révélation mais enseigne un humanisme
tourné vers un agent ou principe d'ordre moral. Il insiste sur l'observance
de relations correctes entre le dirigeant et le sujet, le mari et
la femme, le père et ses fils (dans une perspective de piété filiale,
voir pp. 90-91), et il encourage les sacrifices rituels aux ancêtres.
Les bonnes relations entre supérieur et inférieur s'obtiennent par
le culte du Ciel (Tian), source et garant de l'ordre. Cela permet
aux souverains de se considérer comme dépositaires d'un mandat du
Ciel
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L'ancêtre reste le modèle à suivre, et chaque fois qu'un vivant
accomplit un exploit, c'est l'ancêtre qu'on décore ». C'est un des
éléments du Taoïsme. Le culte des ancêtres est fondé sur l'idée
que l'homme est un élément du divin. Il descendrait en effet de
la divinité par la chaîne de ses ancêtres « et participe au divin
par le miracle de la génération et de la naissance ». On comprend
que tout un chacun s'efforce de procréer de nombreux enfants, pour
être convenablement honoré quand il aura rejoint le monde des défunts.
S'ils ne croient plus que chaque individu ne possède qu'une ame,
les Chinois traitent l'ame des morts de manière différente, selon
que ces derniers appartiennent ou non à leur famille.
A l'intérieur d'une famille, les rites de passage accomplis lors
des funérailles élèvent le défunt au rang des ancêtres. Des modèles
en papier des biens désirables sont confiés au feu, qui, en les
consumant, les expédie dans le monde des esprits, où l'âme de l'ancêtre
peut en profiter. On peut aussi faire appel au clergé bouddhiste
ou taoïste pour transférer dans l'au-delà le mérite religieux du
défunt. Les ancêtres sont vénérés sous la forme de tablettes funéraires
qui portent leur nom et abritent leur âme, pieusement conservées
sur l'autel familial où brûle toujours de l'encens. La «tablette
de l'âme du très saint ancêtre et professeur Confucius» est gardée
dans son temple, où l'autel est dédié «au maître et modèle de dix
mille générations».
Les esprits des morts étrangers à la famille peuvent apporter le
malheur, s'ils ont été négligés. On les apaise donc par des rites
annuels, ou bien on les exorcise. Le maintien de l'ordre du monde
des morts incombe aux dieux supérieurs, selon une hiérarchie calquée
sur celle de l'ancienne bureaucratie impériale.
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II y a une quatrième « voie » : la religion de la vie quotidienne,
avec ses fêtes pittoresques, ses mondes peuplés d'esprits, ses techniques
de magie (concernant tout, de la maladie à l'achat d'une maison)
et son culte des morts et des ancêtres. On tient beaucoup à la géomancie
(fengshuî) pour installer les demeures des morts comme des vivants

Le Yin et le Yang |
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Le Yang, qui désignait, à l'origine, le
côté ensoleillé d'une colline, et le Yin, qui désignait l'autre
côté, furent choisis pour exprimer les deux principes fondamentaux
qui, opposés en tous points, complémentaires et alternatifs, gouvernent
le monde: le Yang lumineux, chaud, dur et masculin, et le Yin
obscur, froid, doux et féminin .

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