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Un vendredi aprés-midi de juin 1943. Dans la Hongrie occupée, quatre
amis discutaient lorsque, tout á coup, Hanna prononça des paroles
qui, de toute évidence, ne lui appartenaient pas. Pendant dix-sept
mois, chaque vendredi, une a voix " parlera par sa bouche. Ces entretiens
seront publiés sous le titre de "Dialogues avec l'ange"
(Aubier), dont Gitta Mallasz, derniére survivante du groupe, s'est
faite le scribe. Ce texte internationalement célébre vient d'être
réédité en version intégrale.
Dans le numéro 79 de "Psychologies", Gitta
Mallasz nous indiquait : " De nous quatre, Hanna était
la plus terre á terre, la plus consciente d'elle-mìme, la
plus vive d'esprit. En mìme temps, elle était trés intuitive.
C'est ce pouvoir de concentration qui lui a ouvert les portes
pour une dimension de vie plus intense. Lorsqu'elle s'est
écriée : " Attention, ce n'est plus moi qui parle ! ", je
savais qu'une force qui nous dépassait s'exprimait á travers
elle. Pourtant, elle n'était jamais en transe : elle était
simplement plus lucide. Et cela ne nous a pas du tout surpris,
c'était naturel. Puis, chaque vendredi, á 3 heures, nous avons
reçu l'ange comme si nous recevions natu-rellement un ami.
Evidemment, la plu-part des gens'qui ont des révélations sont
en transe, un phénoméne bien connu dans toutes les religions.
Mais tel n'est pas le cas ici. Tout état de pos-session médiumnique
ou de transe n'a donc rien á voir avec celui d'Hanna. En fait,
il s'agit d'un état d'éveil plus conscient... parce que, dans
la vie ordi-naire, nous ne sommes pas éveillés, mais endormis
! Nos yeux sont encore fermés.
DIALOGUES AVEC L'ANGE
Edition intégrale Recueillis par Gitta Mallasz
Editeur : AUBIER ISBN : 2-7007-2833-5
En 1943, alors que la Hongrie n'est encore qu'au bord de
la guerre, quatre jeunes gens - Hanna, Lili, Joseph et Gitta
- décident d'installer leur atelier de décoration
dans un petit village, pour y vivre une vie plus attentive
à l'essentiel. Si une même faim spirituelle les
rapproche, aucun d'entre eux, pourtant, n'a jamais pratiqué
sa religion.
Le jour où ils entreprennent de faire le point par
écrit sur leurs problèmes personnels, Gitta
se dérobe, se réfugie derrière des banalités.
Hanna tout d'abord s'en irrite, puis a juste le temps de prévenir
son amie - "Attention, ce n'est plus moi qui parle !"
- avant de prononcer, en toute conscience, des paroles qui
manifestement ne peuvent lui appartenir.
Pendant dix-sept mois, des forces de Lumière - que
les quatre amis appelleront "Anges" ou "Maîtres
intérieurs" - s'exprimeront par la bouche d'Hanna.
Dix-sept mois qui deviendront de plus en plus dramatiques
: juifs tous trois, Joseph, Lili et Hanna partiront pour les
camps de la mort. Seize ans plus tard, Gitta, la seule survivante,
pourra enfin emporter en France les petits cahiers où
avait été consigné mot par mot, lors
de chaque rencontre, ce véritable "reportage sur
une expérience spirituelle".
Les commentaires
de Gitta Mallazs sont en italiques, la lettre L. Signifie
que la question est posée par Lili. Les textes sans
autre mention émanent directement de l'ange, les capitales
signalant un moment d'intensité particulière.
Lili: Pouvons-vous
quelque chose contre les horreurs de la guerre ?
Lili est arrêtée net par un geste fulgurant de
défense.
- NON ! LA GUERRE EST L'HABITUEL.
IMPOSSIBLE DE LUTTER CONTRE LE PASSE.
TOURNEZ-VOUS VERS LE JAMAIS-ENTENDU !
Je comprends que seule la Force nouvelle à venir peut
transformer le vieil instinct de tuer.
Tu te mens encore.
Le mensonge est peur.
Mais tu n'as pas de raison d'avoir peur.
Sois attentive !
Le chemin n'est pas pesant...
Sois légère !
(...)
Si c'est pesant pour toi, tu t'égares.
La ville est coquille vide,
elle n'est plus, elle est malédiction pétrifiée,
même sa poussière est malédiction,
car rien n'y pousse.
Je vais te dire un secret :
La LUMIERE est la même que la lumière,
seule l'intensité est différente.
JE NE SUIS PRESENT QUE DANS LA JOIE.
Le vrai sentiment est immobile,
IL AIME TOUT ET RAYONNE.
Chacun est responsable de sa propre voix.
Ainsi elle ne peut pas être fausse.
Le Destructeur ne peut pas s'y glisser -
Seul dans le faux il le peut.
LA PAROLE EST PORTEUSE DE LUMIERE.
LA PAROLE VRAIE A SON POIDS.
LA PAROLE MENSONGERE EST SANS POIDS.
Le Destructeur se réjouit de la faille,
lui, le père de tous les mensonges,
il effrite, démolit.
Ce n'est pas la violence qui détruit les murs,
mais le mensonge.
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Outre-vie.com, Mars 2003.
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