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Le
rituel
Par le passé, le rituel
d'une séance de spiritisme se déroulait schématiquement
comme suit. Après un instant de recueillement, de prières
et d'invocations silencieuses, dirigé par le responsable
du groupe, les participants s'asseyaient autour d'un guéridon
ou d'une table en bois, ronde de préférence. La
pièce où se déroulait le rituel devait
se trouver à l'écart du bruit et plongée
dans la pénombre. Parfois le groupe se mettait préalablement
d'accord sur la nature des questions, ou sur un thème
précis, qu'il tenterait d'adresser aux esprits. Puis
chacun posait ses mains en contact léger avec le plateau
de la table et l'officiant, investi de pouvoirs médiumniques,
tentait alors d'établir le contact avec un ou plusieurs
de ses contrôles (les esprits qui avaient coutume de se
manifester à travers lui).
Manifestations des esprits
et fond de la croyance
Le succès n'est pas garanti mais lorsque la séance
est positive l'esprit prend possession du médium, qui peut
donner l'impression d'être en transe, et répond aux
questions de la petite assemblée. Pour ce faire il utilise
la parole, par la bouche même du médium dont le style
d'expression et le ton de la voix sont parfois sensiblement modifiés.
Le contrôle peut également se servir de la main de
celui-ci et lui dicter un message, transcrit sous l'emprise d'une
écriture automatique ou médiumnique,
aussi appelée psychographie. À moins que
l'esprit ne guide cette main vers les lettres et les chiffres
gravés sur une tablette en bois, le oui-ja, donnant
ainsi, peu à peu, un sens au message. Après sa prestation
il arrive que le médium demeure amnésique, ne se
souvenant pas des événements intervenus pendant
la transe ou ne gardant qu'un souvenir confus de leur déroulement.
La séance s'achève habituellement par une prière
de remerciement, éventuellement suivie des commentaires
des uns ou des autres.
Dans
l'utilisation du oui-ja ou de l'écriture automatique, à
croire certains témoignages la main du sensitif échapperait
à sa volonté. D'ailleurs il n'est pas rare qu'il
ne reconnaisse pas comme siens l'écriture et le style utilisés.
Autre curiosité, la qualité des messages n'est pas
toujours de très haute tenue, ne reflétant pas systématiquement
le niveau intellectuel du médium. Inversement on a signalé
des textes d'une grande portée philosophique recueillis
par des médiums peu cultivés. Les spirites expliquent
cet étrange paradoxe, et ce n'est pas très original,
par le fait que le monde des esprits est en tout point pareil
au nôtre pour ce qui est des traits de la personnalité
et du niveau d'instruction des entités qui le composent.
Lors de séances un
peu plus spectaculaires, dont on trouve trace dans de nombreuses
chroniques du siècle dernier, les esprits frappeurs se
manifestaient (thorybisme) en communiquant par des coups
(les raps) frappés selon un code défini.
Dans ce cas, la forme de la communication est le plus souvent
conditionnée par un type de réponse binaire (oui/non).
Selon la puissance des énergies mise en oeuvre des séances
donnaient parfois lieu à des matérialisations :
spectres ou objets divers, les plus incongrus quelquefois. À
l'occasion, certains de ces objets se déplaçaient
sans aucune intervention humaine (télékinésie)
ni aucun motif là non plus.
De nos jours, dans les groupes
qui se prétendent sérieux, chaque réunion
est préparée à l'avance et organisée
dans un but précis et utile : soins spirituels, développement
médiumnique, études et recherches, etc. La séance
commence habituellement par une communication du guide spirituel
qui la préside, à laquelle succèdent les
interventions de divers médiums, pour s'achever par une
prière de remerciement. L'étude critique et comparative
des communications reçues est systématique. En outre,
les spirites actuels ont pour la plupart abandonné l'emploi
de guéridons, tables, corbeilles, oui-ja et autres artifices.
Ils sont estimés peu commodes pour les communications d'une
certaine longueur et assez exigeants du point de vue de l'investissement
d'énergie demandé aux médiums.
Les esprits semblent eux
aussi s'adapter à notre technologie, puisque des témoignages
assez récents font état de communications enregistrées
sur bandes magnétiques ou sur l'écran d'un ordinateur
ou d'un téléviseur. Il existe sur ces derniers thèmes,
regroupés sous le terme transcommunication, une
littérature abondante.
- Spiritisme et religion
Le spiritisme carioca ( brésil) , apparu
dès la fin du XIXe siècle, est lié au développement des idées
progressistes diffusées par le spirite français Allan Kardec et
à la distance que les milieux bourgeois prenaient à l'égard du
catholicisme. Il se présente comme une religion rationnelle qui
entend expliquer l'Univers en termes d'ondes et d'électrons émis
par des esprits. Mais il reste imprégné par le christianisme :
il prétend diffuser le message des évangiles et les centres spirites
brésiliens sont organisés comme des églises. Le président du centre
ainsi que les médiums sont assis à une table qui peut être considérée
comme le choeur ou l'autel. Sur cette table, on dispose un vase
de fleurs blanches, le livre d'Allan Kardec, l'Evangile selon
le spiritisme, et des bouteilles d'eau qui seront magnétisées
par les médiums. Après la lecture, la salle est plongée dans la
pénombre, et les esprits viennent posséder, dans un ordre défini,
les médiums pour se repentir de leurs fautes. La réunion s'achève
par une prière et par la distribution aux participants de l'eau
qui vient d'être « fluidifiée » par les médiums.
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Mars 2003.
Conception et design
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