En 1847, dans une ferme réputée hantée à Hydesville (État de
New York), deux jeunes filles, Margaret et Kate Fox, de 15 et
22 ans, établissent un contact par coups frappés, raps, avec
un supposé « esprit ». La nouvelle se répand comme une traînée
de poudre. Les exhibitions publiques des deux sœurs réputées
« médiums » ou « intermédiaires » avec les esprits, amènent
en moins de six ans le nombre des adeptes de la nouvelle religion
à 3 millions aux États-Unis (1852) avec 10 000 médiums et 20
revues spécialisées. La foi spirite, comme une nouvelle religion,
touche des personnalités célèbres tels V. Hugo (1802-1885) ou
C. Doyle (1859-1930), de nombreux savants et intellectuels.
Après une décrue liée à l'avènement de la rationalité pure et
des philosophies du soupçon, ces pratiques anciennes réapparaissent
vigoureusement dans le contexte actuel d'un retour de l'irrationnel.
Grâce
aux séances payantes et aux subventions de passionnés de spiritisme,
les sœurs Fox purent vivre en se consacrant entièrement à la
médiumnité. Kate fut engagée au service exclusif d'un riche
banquier de New York pour lequel elle matérialisa, entre autres,
l'illustre « fantôme » de sa défunte épouse qui laissa même
des messages écrits et apparut à maintes reprises aux côtés
du fantôme de Benjamin Franklin. Kate partit ensuite pour l'Angleterre,
où elle devint le sujet d'étude de Sir William Crookes, le grand
physicien britannique président, notamment, de la Society for
Psychical Research, l'un des plus prestigieux centres de recherches
sur les manifestations paranormales. Kate produisit en présence
du savant de remarquables phénomènes acoustiques, lumineux et
d'écriture directe.