Les premières allusions à une substance indéfinie et amorphe
faisant penser à l'ectoplasme des réunions spirites figurent dans
les écrits des alchimistes du XVIIe siècle qui évoquent l'existence
d'une « substance froide et passive », d'une « lymphe trouble
», d'une espèce de « glaise molle et subtile », d'une « masse
visqueuse et gluante ». On peut la voir et la toucher, elle se
trouve à l'origine de toutes les formes et se manifeste sous l'apparence
de n'importe quelle image à même de se refléter dans un miroir.
Les études systématiques sur l'ectoplasme s'avèrent néanmoins
directement liées au développement des séances de spiritisme.
Elles débutèrent vers le milieu du XIXe siècle et, de 1870 à 1930,
des centaines d'expériences furent réalisées afin de tenter de
découvrir et de cerner la nature de cette substance, mais aucune
ne permit d'aboutir à une conclusion définitive.
Les caractéristiques de l'ectoplasme et ses propriétés sont on
ne peut plus variées.
Il s'agit dans certains cas d'une vapeur légère et luminescente
qui se dégage du corps du médium ; dans d'autres, d'une masse
fluide ; dans d'autres encore, d'un amas de fils, d'un filet,
d'une gaze ou d'une sorte de tissu.
Tantôt gris, tantôt blanchâtre ou au contraire d'une blancheur
éclatante, il est parfois lumineux ou bien présente quelques points
luminescents à l'intérieur.
Il redoute quoi qu'il en soit la lumière qui semble avoir la faculté
de le désintégrer : les séances durant lesquelles on souhaite
obtenir des effets de matérialisation doivent par conséquent se
dérouler dans le noir ou avec un éclairage très faible diffusant
de préférence une lumière rouge.
Les formations ectoplasmiques peuvent se déplacer lentement ou
rapidement, émaner d'une région du corps du médium, se mouvoir
et disparaître en rentrant par là où elles sont sorties ou bien
par un endroit différent. Elles ont généralement tendance à s'enfuir
quand on fait mine de les toucher, mais se laissent aussi quelquefois
effleurer, auquel cas elles s'avèrent presque toujours froides,
visqueuses et moites .
L'ectoplasme, qui apparaît tout d'abord comme une masse inconsistante,
a généralement une irrésistible tendance à se muer en une forme
intelligible, traduisant ainsi un besoin d'expression et de création.
Le processus de matérialisation, plus ou moins lent, a été mis
en évidence par une série de photographies prises avec des temps
de pause excessivement brefs. Il débute habituellement en un point
unique de la masse initiale où l'on voit progressivement se constituer
une partie de la figure (par exemple, un doigt ou une main), cette
dernière revêtant à la fin une précision très grande, presque
absurde et inconcevable.
Quelques secondes suffisent pour que les observateurs aient sous
leurs yeux une forme vivante dotée d'une circulation sanguine
propre (apparemment du moins), d'une respiration et d'une sorte
de personnalité distincte de celle du médium qui l'a engendrée.
Y aurait-il moins d’expression des facultés psychiques (cognitives
ou kinésiques) avec le développement de la civilisation technique
et rationnelle car on constate actuellement un déclin de ces phénomènes.
Il est vrai que les conditions opératoires sont de plus en plus
rigoureuses, les observateurs fréquemment sceptiques voire hostiles
(et nous savons que les phénomènes paranormaux demandent un climat
psychologique positif).
Alors ?