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Le spiritisme se développe à partir d'événements
survenus aux Etats-Unis en 1848, lorsque les soeurs Fox prétendent
entrer en contact avec un esprit qui, des murs de leur chambre,
fait entendre des craquements auxquels elles répondent par
un nombre déterminé de coups. Que ces deux premières
médiums aient été authentiques ou non
a peu d'importance : le spiritisme venait de naître.
Où allons-nous après la mort? Dans la Bible,
le roi Saul consulte une sorcière qui interroge l'esprit
du prophète Samuel. Les Grecs interrogeaient l'oracle
de Delphes. En fait, dans toutes les cultures, on retrouve ces
personnes qui prétendent être capables de communiquer
avec les esprits de personnes décédées.
Mais ce n'est qu'au siècle dernier, lors de la grande
vague spirite qui déferla en Occident, que des scientifiques
ont sérieusement étudié ce phénomène
et tenté de communiquer avec l'au-delà. Dans la
seconde moitié du XIX siècle, le phénomène
spirite met en évidence les pouvoirs psychiques de certaines
personnes et pose le problème de leur explication. C'est
à cette tâche que se consacre la parapsycologie.
Une preuve de la survie
de l'esprit
On se trouvait enfin devant une preuve de la survie de l'esprit.
Un antidote à la tristesse du matérialisme ! Les spiritualistes
croient démontrer de façon indiscutable l'existence de la vie
après la mort. Au cours de certaines séances, des esprits font
mouvoir des tables, jouent d'instruments de musique et apportent
des objets. Des morts parlent à leurs parents encore en vie
ou à leurs amis, avec une voix reconnaissable, évoquent des
événements connus d'eux seuls et même, parfois, se matérialisent
dans leur ancien aspect devant ces personnes. Ce
fut le début du mouvement spirite, qui allait faire fureur à
Paris et dans de nombreuses villes d'Europe.
Mais des médecins psychiatres ont dès le début alerté sur les
effets nocifs de la pratique du spiritisme pour la santé mentale.
Le médium, en s'effaçant passivement devant la personnalité
de l'hypnotiseur, affaiblit son contrôle volontaire, jusqu'à
se dédoubler involontairement à certaines occasions. Les participants,
dans le climat hyperémotionnel des séances, surtout dans l'état
de vulnérabilité causé par la perte d'un proche, peuvent être
pris par la contagion du délire. A l'époque de la grande frénésie
spirite (1855), le quart des 200 aliénés de l'hôpital de Zurich
étaient adeptes du spiritisme, et les deux cinquièmes de l'asile
de Gand.
Dès les années 1870, les tables tournent, les
ectoplasmes (formes fumeuses représentant un esprit) apparaissent
ici ou là ; les plus grands savants, physiciens, médecins ou
psychologues tentent de tester l'hypothèse des pouvoirs de l'esprit
à émettre à distance des rayons semblables aux rayons X que
l'on vient de découvrir. Charles Richet, qui sera Prix Nobel
de médecine en 1913, s'illustre ainsi dans un vaudeville spirite
à Alger en 1905, dont il sort persuadé de l'existence de revenants
; il crée pour étudier ces phénomènes une discipline, la métapsychique,
et un institut destiné à cette étude. La plupart des savants
investis dans ces expériences aventureuses se retirent cependant
assez vite de ce mouvement, qui donne naissance à la parapsychologie.
Le
principe
Le spiritisme a pour principe qu'il y a deux mondes, le visible
et l'invisible, peuplés d'êtres temporels et « incorporels »,
et que l'esprit est une substance réelle, formée de matière
quintessentielle inaccessible à nos cinq sens normaux, matière
qui s'unit au corps physique au moyen d'un corps « péri-spirite
» demi-temporel intermédiaire. A la naissance, nous revêtons
des formes matérielles temporaires et périssables, et lorsqu'el
les sont détruites par la mort physique, l'esprit demeure, pour
revenir éventuellement sous une autre forme incarnée. Dans notre
vie, selon la doctrine spirite, nous devons viser à la perfection,
et nous nous réincarnons autant de fois qu'il le faut en vue
d'atteindre ce but. Nous sommes la somme totale de tout ce que
nous avons été, avons vécu. ou avons pensé dans des vies précédentes.
Kardec insiste sur le fait que ce processus n'est ni miraculeux
ni surnaturel, mais, en fait, l'aboutissement de lois naturelles
et immuables. D'après Kardec, le spiritisme s'intéresse à «
la relation du monde matériel avec les esprits », des entités
bien réelles et constam ment en rapport avec nous.
Au moment de la mort, le corps physique se corrompt, et l'âme
libérée continue son existence personnelle, enveloppée du périsprit.
Cet « Esprit » cherche à entrer en communication avec les hommes
pour les aider et en particulier leur révéler les mystères de
l'au-delà. Parmi ces « révélations » : - Dieu est l'Énergie
cosmique universelle ; - les Esprits ont été créés égaux ; -
au terme tous deviendront parfaits ; - l'homme est justifié
par lui-même et par son effort moral ; - l'âme se purifie par
ses réincarnations successives. Entre deux réincarnations, elle
devient esprit-errant, avant d'habiter les différents « globes
» ou « sphères » ; et c'est alors qu'elle essaie d'entrer en
contact avec nous. Le spiritisme anglais toutefois n'admet pas
la réincarnation.
Allan
Kardec
En arrivant en France, le spiritisme frappe
un esprit original, un pédagogue renommé et progressiste, Denizard
Hippolyte-Léon Rivail, et le transforme en Allan Kardec, ancien
barde celtique réincarné. Kardec développe, dans la Revue spirite
qu'il fonde en 1858, des thèses aux allures étrangement scientifiques
: il existe deux mondes, l'un matériel, l'autre spirituel, qui
peuvent communiquer entre eux grâce au « périsprit », enveloppe
matérielle (donc accessible aux sens et à l'expérience) dans
laquelle demeure l'esprit après la mort du corps ; cette enveloppe
(qui rappelle le corps de lumière de saint Augustin ou le corps
astral des occultistes) permet à l'esprit de continuer à agir
matériellement après la mort en frappant ou en faisant tourner
guéridons et autres objets. Evolutionnisme oblige, Kardec propose
une métempsycose selon laquelle l'esprit se réincarne successivement
en progressant (comme le soutenait déjà Platon dans le Timée)
: de corps en corps, les esprits progressent en savoir et morale.
Le spiritisme existe-t-il
toujours ?
Si le déclin du spiritisme, intervenu il y a plus d'un
demi-siècle, fut aussi brutal que son essor, il reste
cependant vivace et compte à ce jour des dizaines de
millions d'adeptes de par le monde, dont deux courants encore
actifs en France
Il s'agit de l'Union scientifique et francophone pour l'investigation
psychique et l'étude de la survivance (USFIPES) et l'Union
spirite française et francophone (USFF).
Il reste assez fortement implanté
au Brésil, première nation spirite par le nombre
de sympathisants, au Venezuela, aux Philippines, de même
que dans les pays de l'ancienne Indochine, dans une moindre
mesure aux Etats-Unis et dans certaines républiques de
l'ex-URSS. Mais dans la plupart de ces pays, en plus de l'influence
des différents courants qui ont divisé le mouvement
spirite au fil du temps, la pratique s'est adaptée aux
coutumes et croyances locales.
Supercherie ?
Des illusionnistes ont reproduit par prestidigitation la plupart
de ces faits étonnants. La supercherie était le fait des médiums
les plus célèbres, qui l'ont confessée à la fin de leur vie,
tels Douglas Home ( « le médium ne peut pas croire à des êtres
qui n'existent que par sa seule volonté » ) ou les deux sœurs
Fox ( « le spiritisme est du commencement à la fin la plus grande
duperie du siècle » ). Il reste cependant un noyau de faits
irréductibles, inexplicables dans l'état actuel de nos connaissances.
Un groupe de savants, dont C. Flammarion (1842-1925), poursuivit
l'investigation du côté de l'existence d'une faculté psychique
spéciale chez les médiums.
Le
Oui-ja sujet à caution ?

En
dépit d'un indéniable succès commercial, le Oui-ja s'inscrit
dans la catégorie des phénomènes paranormaux sujets à caution.
Pour beaucoup de sceptiques, ce sont-ce les tressaillements
involontaires des muscles des joueurs qui provoquent les déplacements
du «pointeur» sur le plateau de Oui-ja. Pourtant, de l'avis
de nombreux chercheurs et expérimentateurs du Oui-ja, il est
improbable que de tels tressaillements suffisent à mouvoir le
«pointeur» de manière significative et l'amènent à formuler,
via l'alphabet figurant sur le tableau, des phrases cohérentes.
Il est finalement plus vraisemblable que les messages soi-disant
émis proviennent tout simplement du subconscient des pratiquants.
Quoi qu'il en soit, si l'on considère le nombre de cas où la
pratique du Oui-ja a perturbé ou traumatisé les joueurs, le
phénomène va bien au-delà de simples spames .
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