Sciences

 

La S.P.R.
J. B. Rhine
L'expérience du Docteur A.J. Ellison
Carl Gustav Jung

 

 

La S.P.R.

 

Le matériel réuni par la Société britannique et d'autres sociétés semblables situées dans d'autres pays forme ce qu'on pourrait appeler un lourd dossier qui pousse vraiment à se poser la question : « Qu'arrive-t-il après la mort ? » .

 

L'analyse objective des prétendues preuves de la survie humaine est la préoccupation essentielle de la S.P.R. (Société des recherches psychiques), fondée à Londres en 1882. Les membres fondateurs étaient un groupe d'intellectuels britanniques qui s'opposaient aux positions tranchées des croyants et des sceptiques et qui sentaient qu'il était temps d'étudier de manière objective certains phénomènes inhabituels.


Le philosophe Henry Sidgwick, professeur à Cambridge fut le premier président et d'éminentes personnalités y adhérèrent tels Edmund Gurney, Frederic Myers, le savant William Barret, les physiciens William Crooks et Lord Raleight, Sir Arthur Balfour (futur premier ministre) ou encore Henri Bergson (qui en assura la présidence en 1913), et beaucoup plus tard Sigmund Freud lui-même.
La branche américaine vit le jour en 1885. Elle comptait parmi ses sociétaires le célèbre médecin, psychologue et philosophe William James. Du côté français, beaucoup plus tard, en 1919, sous l'impulsion de Charles Richet (prix Nobel de physiologie en 1913), des intellectuels et des scientifiques de diverses disciplines (dont l'astronome Camille Flammarion) fondèrent l'Institut Métapsychique International (IMI). Mais les métapsychistes, pour la grande majorité, étaient loin d'être acquis à la cause du spiritisme. Le médecin et sociologue Gustave Le Bon (spécialiste de la psychologie des foules) ou Pierre et Marie Curie, se passionnèrent à leur tour pour le sujet et travaillèrent à définir les meilleurs moyens d'observation.



L'énorme quantité d'informations recueillies depuis 1882 peut être classée dans les catégories suivantes : les apparitions, les communications par l'intermédiaire de médiums, les correspondances croisées, les apparitions de « bienvenue » vues par les mourants, les expériences de certains sujets au cours de la mort clinique, les expériences extracorporelles, la preuve de la réincarnation ou les phénomènes de voix électroniques.

Parallèlement, l'activité de la SPR se limitait à vérifier l'existence des manifestations spirites qui lui étaient signalées. N'hésitant pas à dénoncer les fraudes elle se gardait néanmoins, en règle générale, de tirer quelque conclusion que ce soit. Faute de pouvoir fournir une explication rationnelle, ce qui demeurait néanmoins son objectif, elle s'employait à collecter avec soin les témoignages qui lui étaient soumis. Leur traitement, ainsi que des enquêtes de grande ampleur, puis par la suite des études expérimentales consacrées à différents thèmes paranormaux, formeront un corpus de données extrêmement riche, encore utilisé des chercheurs actuels.

La S.P.R. a eu la chance, à ses débuts, de pouvoir recourir aux services de médiums extrêmement intelligents, cultivés et à l'esprit ouvert, dont les noms sont encore connus des chercheurs actuels dans ce domaine. Il s'agit notamment de Mrs. Piper, Mrs. Thompson, Willett (un pseudonyme pour Mrs. Coombe-Tennant) ou de Léonard et de Garrett.
Certains de ces médiums étaient des médiums physiques, la plupart étant néanmoins des médiums mentaux. Un point intéressant à noter dans la mesure où les médiums physiques sont devenus de plus en plus rares au fur et à mesure que les méthodes d'enquête devenaient plus élaborées...
Bien que l'équipe des médiums de la S.P.R. ait obtenu des résultats fort convaincants, ses membres se sont montrés partagés sur une question essentielle : celle de la survie après la mort. En revanche, ils furent d'accord sur la transmission de pensées, la communication d'idées, de sentiments, d'images, de sons et même d'odeurs, considérant que cette faculté avait fait ses preuves et qu'on n'en pouvait nier l'existence.

 

 

J. B. Rhine

Mac Dougall, véritable pionnier de la parapsychologie scientifique psychologue à l'université Duke, en Caroline du Nord, offrit à un jeune chercheur, J. B. Rhine, et à son épouse, le soin de diriger son laboratoire. Le premier mérite de Rhine fut de démythifier l'étude des manifestations parapsychiques en leur appliquant un traitement statistique et en établissant clairement les limites théoriques du domaine de la recherche sur les phénomènes psi.

Il est capital de savoir que le cadre ainsi défini par Rhine s'inscrivait dans l'ambiance particulière d'une fin d'époque longtemps préoccupée de trouver une réponse aux manifestations spirites.

Aux États-Unis, les disciples de Rhine ont établi des statistiques sur le caractère des messages paranormaux. Selon ces chiffres, 73 % des informations sont perçues avec des images ; 8 % donnent lieu à des impressions tactiles ou, plus rarement, à des odeurs venues de nulle part. Le reste (19 %) est constitué de messages auditifs. En chiffrant, dans un second temps, ce dernier pourcentage, l'équipe de la Duke University s'est aperçue que le quart seulement des informations auditives était donné par la voix du correspondant lui-même. Dans la majeure partie des cas, c'est donc cette fameuse et mystérieuse voix off qui intervient.
Cette étude statistique, comme aiment en faire les adeptes de la recherche psi travaillant avec les méthodes de Joseph Rhine, nous apporte d'autres précisions fort utiles. Ainsi, la perception paranormale liée à l'audition est plus fréquente lorsqu'il s'agit d'uneinformation dramatique. On pourrait dire que celui ou celle qui annoncent leur mort à des parents, celui ou celle qui communiquent extra-sensoriellement pour dire qu'ils sont en grand danger... préfèrent le faire de vive voix !

 

 

L' expérience du Docteur A.J. Ellison

Le docteur A.J. Ellison, professeur d'électronique avancée à la City University de Londres, et certainement l'un des plus grands spécialistes actuels de l'OOBE.

 
Ellison a commencé à travailler sur la question au début des années cinquante, reprenant des travaux antérieurs un peu oubliés que l'on doit à deux grands pionniers de la parapsychologie moderne, S. Muldoon et H. Carrington, auteurs de La Projection du corps astral (1929).
Dans cet ouvrage sont répertoriées plusieurs méthodes pour provoquer la sortie en astral. Toutes indiquent qu'il faut commencer par s'installer confortablement sur le dos dans un lit moyennement moelleux. Ensuite, il s'agit d'utiliser volonté et imagination d'une certaine manière. L'important est de parvenir à rompre temporairement le lien qui retient à notre corps physique ce que les auteurs appellent « corps astral » ou « corps subliminal ».
 
Une série d'exercices précis est préconisée pour cela. Une autre technique consiste à s'imaginer, au moment de s'endormir, par exemple, dans un ascenseur. On se persuade que le sommeil conduit de palier en palier et on se donne tout simplement un étage pour surgir éveillé dans l'astral. C'est une forme d'induction hypnotique très imagée que d'aucuns vont trouver naïve, mais qui est souvent un système de programmation d'une grande efficacité. D'autres encore ne boiront pas dans la journée afin de se coucher très altérés. Et ils se forceront, en esprit, à se rendre dans leur cuisine et à se verser un verre d'eau fraîche. Ils se seront pénétrés de l'idée qu'au moment de la nuit où leur désir se réalisera psychiquement le voyage dans l'astral commencera...
 
Ellison a expérimenté personnellement ces méthodes pendant un mois à raison d'une heure tous les soirs avant de s'endormir.
D'abord il arriva à un stade physique très particulier de catalepsie (impossibilité de remuer les muscles) qui avait été précisément décrit par Muldoon et Carrington. Puis, toujours en s'entraînant, il passa au deuxième stade qu'il décrit ainsi : « J'utilisai ma volonté — ou peut-être était-ce mon imagination — pour flotter au-dessus de mon corps, et l'expérience fut véritablement fascinante.
Je me ressentais comme envasé au fond d'une rivière. L'eau pénétrait insidieusement
dans toute cette vase, de sorte que la viscosité de cette dernière en était réduite, ce qui me permettait de remonter périodiquement à la surface de l'eau. Doucement, je me mis à flotter en l'air, alors que mon corps était toujours en catalepsie, un peu à la manière d'un dirigeable détaché de ses amarres. Je gagnai le plafond et le traversai pour me retrouver dans l'obscurité des combles. Puis je passai le toit, et le ciel avec lune et nuages me devinrent visibles. » Un effort supplémentaire de « volonté » (ou d'imagination ?) et je montai de plus en plus vite vers le ciel. Je me souviens très clairement aujourd'hui encore du vent qui me passait dans les cheveux... »
Le docteur Ellison ajoute avoir gardé toute sa conscience durant cette étrange ascension. Mais, comme il a l'honnêteté scientifique de le préciser à plusieurs reprises, tout cela n'était-il pas le fruit de son imagination ?
Se référant aux travaux de Muldoon et Carrington, il arrive à la conclusion que, pour trancher cette incertitude, il faut que le sujet se libère de la fameuse « corde d'argent' » qui maintient le corps astral dans la dépendance du corps physiologique. Ce lien supposé autorise certains déplacements psychiques, mais ils sont extrêmement limités et il n'est pas facile de faire la part de l'imaginaire dans leurs manifestations.
Une fois ce lien brisé, l'état cataleptique du corps gisant sur le lit disparaît et il n'y a plus de bornes aux possibilités exploratrices de la conscience astrale. « II deviendrait alors possible, écrit le docteur Ellison, de se promener en ville, d'examiner le contenu d'une vitrine que l'on n'a jamais vue auparavant, d'en mémoriser tous les objets, de revenir à son corps, de tout noter et d'aller soigneusement vérifier cette description le lendemain... »
Plus question de prétendre alors que tout le voyage astral est un simple rêve, fruit d'une imagination débordante ou malade. Le chercheur britannique recommença donc ses tentatives dans ce sens. Il commença par arrêter le mouvement de flottaison de sa conscience au niveau du plafond et à apprendre à contrôler sa direction. Il parvint à gagner, toujours pendant un état corporel de catalepsie, la fenêtre située au premier étage. Il sortit et entreprit de décrire une douce parabole astrale en direction du jardin.
Il se dit alors qu'il devait se trouver à la limite de latitude laissée par le mystérieux « fil d'argent ». Et il fit soudain l'une des plus étranges expériences de sa vie. Il eut l'impression que deux mains lui prenaient la tête et le reconduisaient à son corps. Il n'entendit aucun bruit et ne vit rien.

 

 

 

Carl Gustav Jung (1875-1961)

Psychologue suisse et figure marquante de la psychanalyse, eut l'occasion d'étudier les manifestations paranormales et rassembla le fruit de ses travaux dans sa thèse de doctorat où il expose un point de vue radicalement différent. Il s'agit d'une enquête qu'il mena sur une adolescente dotée de pouvoirs médiumniques spécifiques.

La jeune fille en question avait commencé à s'intéresser aux tables tournantes après en avoir entendu parler chez elle et chez des amies (comme je l'ai déjà dit, cette pratique était très en vogue à l'époque, à savoir en 1899). Elle demanda donc à participer à des séances et se révéla tout de suite un excellent médium, capable de communiquer à l'aide d'un verre se déplaçant sur un carton où l'on avait tracé les lettres de l'alphabet. Les premières phases de somnambulisme firent ensuite leur apparition (Jung emploie ce terme pour désigner ce que nous appelons aujourd'hui « état de transe », et non le fait, pour certaines personnes, de marcher en dormant). Lors de ces épisodes, la jeune fille parlait en imitant des parents et amis décédés, et reproduisait avec une impressionnante fidélité aussi bien leur timbre de voix que leur gestuelle. Il lui arrivait par ailleurs d'avoir des « absences », qui pouvaient survenir n'importe où et n'importe quand, indépendamment de sa volonté. Elle avait alors régulièrement des visions et s'avérait également capable de « voyager », c'est-à-dire qu'elle perdait le contact avec son corps et se rendait dans des endroits lointains. Ces expériences la fatiguaient énormément.

Un jour, au terme de l'une de ces « absences », elle fut victime d'un accès de cécité hystérique qui dura environ une demi-heure. Ses pupilles réagissaient normalement à la lumière, en se dilatant et en se rétractant, mais elle était incapable de distinguer la lampe posée sur la table et avait besoin d'un guide pour se déplacer. Elle estimait avoir trouvé ainsi le véritable but de son existence, en raison aussi du respect et de l'admiration dont elle jouissait, grâce à ces expériences, auprès de ses proches et de ses connaissances qui sollicitaient ses conseils sur les sujets les plus variés.

Ces phénomènes étaient bien entendu pour elle parfaitement naturels et réels, et elle s'offensait quand quelqu'un osait émettre le moindre doute à leur propos. Tout le temps (plusieurs mois) où Jung assista aux séances, diverses personnalités apparurent et s'exprimèrent par l'intermédiaire de l'adolescente. Chacune prit de l'ampleur avant de s'effacer progressivement, pour finir par disparaître complètement. L'un des premiers et des plus importants personnages à se manifester fut le grand-père de la Jeune fille. Un spirite aurait sans aucun doute qualifié ces entités d'« esprits » ; Jung, en vrai rationaliste, leur donna le nom de « figues somnambuliques ». Elles avaient pour caractéristique commune d'exercer un contrôle absolu sur la mémoire, même inconsciente, de la médium, et de connaître les visions dont cette dernière était l'objet pendant la transe. L'un de ces personnages, dénommé Ivenes, développa un système complet de réincarnations à la suite d'une allusion faite par certains participants aux réunions. Un système au sein duquel les principaux individus avec qui la jeune fille entretenait alors des liens de parenté ou de simples relations avaient une place. Un habitué des séances avait ainsi été son fils dans une vie antérieure, un autre son cousin, etc. Le dernier phénomène notable rapporté par Jung eut lieu en mars 1900, quelques mois après le début des communications. Il s'agit de l'exposé d'une théorie complexe de l'univers, une sorte de « science mystique ». Selon le savant, cette théorie renferme des notions que l'adolescente aurait entendues de la bouche de divers participants aux réunions, puis reconstituées inconsciemment. Après cet épisode, les pouvoirs du médium commencèrent à décliner, la transe perdit de sa vigueur. Débutèrent alors des heures de bavardages puérils, puis plus rien de nouveau ne se produisit. Voyant son crédit se réduire, la jeune fille tenta de l'augmenter en provoquant d'autres types de phénomènes, par exemple des apparitions et des lévitations, jusqu'au moment où elle fut convaincue de fraude. Elle abandonna les séances spirites, trouva un emploi et reprit une vie ordinaire.

 

 

 


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