La Communion des Saints jetterait un
pont d'une rive à l'autre.
Une foi commune lie alors le chrétien au Christ et les chrétiens
entre eux. Et l'on appelle « saints » tous les membres du Peuple
de Dieu parce qu'ils sont tous appelés à la sainteté (cf. 1 Co 1-2
; 6, 1-2 ; Ac 9, 13, 32, 41 ;26, 10-18).
Mais cette communauté s'étendrait aussi à ceux qui nous ont précédés
sur l'autre rive : les « saints » du ciel. Et finalement, par extension,
à tous ceux qui sont en route vers Dieu, même s'ils sont encore
en chemin de purification. Église du ciel et Église de la terre
formeraient ainsi une seule communauté qui transcende les limites
de la mort, unissant les habitants d'ici-bas aux habitants de l'au-delà.
La Communion des Saints jetterait un pont d'une rive à l'autre.
Pour qualifier cette communion, l'apôtre Paul employait fréquemment
l'image du corps (cf. 1 Co 12, s.). Citoyens de la cité céleste
et de la cité terrestre, nous appartiendrions à un même corps «
mystique » dont Jésus-Christ est la tête. Et par lui, tous les membres
communiqueraient, « communieraient » de chaque côté du miroir. Car
c'est la même vie christique qui bat en chaque membre du corps.
La même sève qui parcourt chaque sarment d'une vigne dont Christ
est le cep (Jn 15).
Nous serions alors branchés les uns sur les autres parce que branchés
sur la même souche. Une communion réelle, et non pas « sensible
», fonctionnerait dans les deux sens, si bien que nos disparus ne
nous oublieraient pas car ils nous sont plus proches que jamais.
La tête du convoi serait déjà parvenue au terme du voyage à la
suite du Christ « premier né d'entre les morts », qui ne serait
pas entré en solitaire dans le pays de l'au-delà, la « terre promise
». Nos morts l'y rejoindraient tous (Ro6, 3-4; 8-11).