La " corde d’argent " assure la continuité du contact
entre le " corps physique "resté sur place et le " corps-esprit "
qui se déplace dans l’espace.
La notion de corde d’argent figure constamment dans les traditions
hindoues et bouddhistes depuis de nombreux siècles, portant des
noms différents : " corde d’argent ", " fil de
lumière ", " ruban mince lumineux "... Tous ceux
qui en ont fait l’expérience décrivent ainsi cette liaison réelle
et vivante entre le corps inerte et l’esprit libéré.
La Bible parle d'une « corde d'argent » qui retiendrait
l'âme au corps et raconte qu'avant le péché
les élus pouvaient la rompre à volonté pour
visiter les royaumes divins.
Cette corde d’argent émane généralement soit du cerveau (zone
pinéale), soit de l’ombilic. Elle est souple et extensible, accompagnant
l’esprit dans l’espace, sans être arrêtée par les obstacles. Le
sujet garde la conscience qu’elle ne doit pas être rompue sans
risque grave.
La plupart des livres sacrés décrivent la mort
comme une séparation de l'âme et du corps, la premiére
entreprenant un étonnant e voyage dans une nouvelle dimension
de conscience. Le phénoméne parapsychologique dit
"de sortie en astral" ou, dans la terminologie anglo-saxonne,
out-of- the-body- experience (OOBE), est-il assimilable á
une sorte de " petite mort " au cours de laquelle une
partie de nous-même serait en mesure de visiter les mystérieux
territoires interdits de l'au-delá?
Une croyance tahitienn, rapportée par le Père Brune
dans son livre "Les morts nous parlent", - Editions
du Félin, 1993- décrit l'insant précis de
la mort :
« L'âme est attirée en dehors du corps,
d'où elle a été enlevée, pour être
lentement et graduellement unie avec le dieu de qui elle était
émanée... Les Tahitiens en ont conclu qu'une substance,
prenant forme humaine, sortait du cadavre par la tête.
Car, parmi les rares privilégiés ayant le don
sacré de voyance, certains affirment que peu après
l'arrêt de la respiration du corps humain, une vapeur
s'élève de la tête et plane un peu au-dessus
en lui restant reliée par une corde vaporeuse. La substance,
dit-on, augmente peu à peu de volume et prend la forme
d'un corps.
Un autre récit d'un médecin du XXe siècle
qui possédait certainement des dons de médium. Voici
donc comment le docteur R.B. Hout nous décrit la mort de
sa tante :

"L'âme planant au-dessus du corps"
(allégorie de William Blake")
«Mon attention fut attirée... juste au-dessus de
son corps physique, par quelque chose en suspension dans l'atmosphère
à peu près à une soixantaine de centimètres
au-dessus du lit. Je n'ai tout d'abord distingué rien de
plus que le vague contour d'une substance brumeuse semblable à
du brouillard. Il semblait n'y avoir là, en suspension,
qu'une brume immobile. Mais, comme je regardais, peu à
peu cette vapeur inexplicable prit du volume,
devint plus dense, compacte, et se condensa sous mes yeux. Puis
je fus ahuri de voir se dessiner des contours précis pendant
que cette substance brumeuse prenait une forme humaine.
Je compris rapidement que je voyais un corps ressemblant au corps
physique de ma tante... Le corps astral [le terme est de Hout]
restait en suspension, horizontalement, à moins d'un mètre
au-dessus de sa contrepartie physique... J'ai continué
de regarder et... le corps de l'esprit [ce terme est à
nouveau de Hout] me sembla devenu complet. Je distinguais nettement
ses traits. Ils étaient similaires à ceux du visage
physique, mais rayonnaient de paix et exprimaient la vigueur au
lieu de la vieillesse et de la douleur. Les yeux étaient
fermés comme sur un
sommeil paisible et une luminosité paraissait irradier
du corps de l'esprit.
Tandis que j'observais le corps de l'esprit en suspension, mon
attention fut attirée, de nouveau intuitivement, par une
substance argentée qui ruisselait de la tête du corps
physique vers celle de l'esprit du double. Puis je vis la corde
de liaison entre les deux corps. Et, tout en regardant, je me
disais intérieurement : la La corde était attachée
après chacun des corps à la protubérance
occipitale, juste à la base du crâne. À son
point de liaison avec le corps physique, elle s'épanouissait
en éventail et de nombreuses brindilles séparées
se rattachaient séparément à la base du crâne.
Mais, en dehors de ses points d'attache, la corde était
ronde et d'un diamètre d'environ deux centimètres
et demi.
Sa couleur était celle d'un rayonnement lumineux translucide
et argenté. Elle semblait vibrer sous l'effet d'une énergie
intense. Je voyais des pulsations lumineuses la parcourir depuis
le corps physique en direction de l'esprit du double. À
chaque pulsation, le corps de l'esprit prenait vigueur et densité
tandis que le corps physique paraissait plus apaisé et
inerte... À ce moment, les traits devinrent très
distincts. Toute la vie se trouvait dans le corps astral... les
pulsations de la corde s'étaient arrêtées...
Je regardai les brindilles de la corde qui s'ouvraient en éventail
à la base du crâne. Chaque brindille claqua... la
séparation finale était imminente. Un double processus
de mort et de naissance allait s'ensuivre... la dernière
brindille de connexion de la corde d'argent craqua et le corps
de l'esprit fut libre.
Le corps de l'esprit, qui se trouvait jusque-là en lévitation
(étendu sur le dos) se redressa... Les yeux fermés
s'ouvrirent et un sourire éclaira les traits rayonnants.
Elle m'adressa un sourire d'adieu et disparut.
J'ai été témoin du phénomène
ci-dessus comme d'une réalité entièrement
objective. J'ai vu les formes de l'esprit par mon regard physique.
»
Dans le cas de mort définitive, l'existence d'un second
corps, corps « subtil » ou « spirituel »,
est certaine. Et même, très probablement, de plusieurs
corps emboîtés les uns dans les autres comme des
poupées russes. Mais la façon dont ce second corps
se dégage de l'enveloppe charnelle peut varier.
Il semble, sur ce point, qu'on puisse admettre les témoignages
recueillis à propos des NDE comme également valables
pour les morts définitives.
La sortie, comme le retour, peuvent se faire par le haut de la
tête, pratiquement par la fontanelle. Certains ont l'impression
de se trouver comme aspirés hors de leur corps ou à
nouveau introduits dans leur corps, comme par un entonnoir, mais
sans douleur ; d'autres se sont sentis glisser hors de leur corps
par le côté : « Entre le matelas et la barre
de côté du lit, relate l'un des témoins, il
me semblait que je passais à travers cette barre. »
La sortie peut aussi se faire par la bouche, comme l'idée
du corde d'argent. J'en comprenais la signification pour la première
fois. Cette corde d'argent était le lien de connexion entre
les corps physique et spirituel, de même que le cordon ombilical
unit l'enfant à sa mère...
Quand elle est tout à fait refroidie, la corde de liaison
disparaît et l'âme à forme corporelle s'éloigne
en flottant, comme emportée par des porteurs invisibles.
»
Ce récit est tout à fait confirmé par des
témoignages d'observateurs modernes et occidentaux. R.
Crookall, dans son ouvrage Out of thé Body Expériences,
en donne une vingtaine d'exemples dont deux sont cités
par K. Ring.
Estelle Roberts décrivit ainsi la transition de son mari
:
« J'ai vu son esprit quitter le corps. Il est sorti par
sa tête et s'est peu à peu modelé en une réplique
exacte de son corps terrestre. Il est resté en suspension
à environ trente centimètres au-dessus de son corps,
étendu dans la même position horizontale et relié
à la tête par une corde. Puis la corde s'est brisée
et la forme spirituelle s'est éloignée en flottant
et a traversé le mur. ».