Tables
tournantes, champignons hallucinogènes, transe, « channeling
», trancommunication, rêves, TCI ...
autant de techniques
utilisées par l' homme pour contacter l'Au-delà.
Le spiritisme
Au XIX eme siecle, les spirites
introduisent une ligne directe avec l'au-delà.
Léon Hippolyte Rivail, un comptable
qui changera son nom en celui d'Allan Kardec, reçoit la première
illumination, en France du moins. Les esprit lui dictent littéralement
le nouveau message : « Non ! les morts ne sombrent pas dans le
néant ! Ils vivent dans d'autres sphères de réalité selon leurs
mérites sur la Terre et ils brûlent d'envie d'entrer en contact
avec ceux qui sont restés de ce côté-ci de la Porte... »
Le Livre des médiums et Le Livre des esprits véhiculent la nouvelle
doctrine, qui se répand comme une traînée de poudre. Partout,
les guéridons, les tablettes de oui-ja et autres supports de communication
entrent en action.
La Society for Psychical Research
(S.P.R.)
Certaines de ces communications
méritaient cependant que l'on s'y arrête. C'est ce que firent
les fondateurs de la Society for Psychical Research, en Angleterre.
L'un d'entre eux, Frédéric Myers, écrivait en 1891 : « ... Nous
avons réuni des milliers de cas qui nous paraissaient présenter
suffisamment de critères intéressants pour qu'on puisse en tirer
des conclusions favorables en ce qui concerne la survie de l'âme.
Certains demeurent néanmoins litigieux. Mais il en est un grand
nombre qui prêchent en faveur d'une communication des vivants
avec les morts par le vecteur d'une faculté parapsychique inconnue...
»
Myers et ses collaborateurs n'ont jamais admis les histoires où
il est question d'une vie après la mort qui ressemble à un mauvais
farce : des villages d'élus où les anges côtoient les heureux
défunts qui ont retrouvé leurs proches, partis avant eux, des
réminiscences d'images pieuses avec vierges extasiées et petits
nuages...
En revanche, ils s'arrêtent aux communications qu'il n'était pas
possible pour le médium leur servant de vecteur d'extraire de
son subconscient ou de celui des assistants. D'ailleurs, ils ne
s'intéressent pas qu'aux spirites. Ils recueillent toutes les
éventuelles manifestations ici-bas de l'autre monde : rêves, messages
d'avertissement, interventions directes du supposé défunt. Cela
donne une fantastique documentation, avec dépositions de témoins,
cosignatures de personnes au-dessus de tout soupçon et de tout
mysticisme inutile, procès-verbaux...
Voyance et Décorporation
La voyance et l'expérience
hors du corps apportent quantité d'indices en faveur de
l'hypothèse d'une autonomie de la conscience ainsi que
certaines télépathies spontanées qui connectent
brusquement un sujet endeuillé à un proche défunt.
Les romantiques « parlent aux
fantômes »
Camille Flammarion, le grand savant
français du début du siècle, fera exactement la même chose. Il
est de ceux qui estiment que la science doit prendre en considération
certains témoignages, car ils le méritent en tant que données
objectives sur l'après-vie. Ses divers ouvrages, La Mort et son
mystère, Après la mort, etc., constituent une mine prodigieuse
d'exemples dont il paraît difficile de douter. Avec lui, c'est
un homme de raison qui prend les choses en main. En conclusion
de son enquête, il déclare : « Nous savons que l'homme spirituel
existe et qu'il ne meurt pas. Tout tend à prouver qu'il nous est
possible de savoir ce qu'il devient après que son corps physique
a disparu. » II faudra plus de cinquante ans pour que d'autres
savants décident d'aller plus loin. De plus en plus nombreux sont
les chercheurs objectifs qui voudraient en avoir le cœur net et
apporter enfin une réponse à « la question la plus fondamentale
qui se soit jamais posée à l'homme », comme l'écrivait le pionnier
de ces enquêtes qu'était Camille Flammarion...
Ainsi Victor Hugo et le physicien anglais William Crookes (l'inventeur
du radiomètre) sont célèbres pour avoir prétendu
communiquer avec des morts ou voir des fantômes et ne s'en
être jamais « remis ».
La transcommunication - TCI
La transcommunication demeure un phénomène
étrange, qui mériterait d'être davantage étudié,
ne serait-ce que par souci de comprendre comment un signal peut
être enregistré sans source sonore identifiée.
Il faudrait notamment définir des protocoles adaptés
aux conditions psycho-sociales des expérimentateurs, filmer
les séances en plusieurs points, placer différents
dispositifs d'enregistrement dans la pièce, etc.
En outre, si la TCI est accessible á
tous, on doit veiller á ce qu'elle ne donne pas lieu á
un commerce, contrairement á ce qui se produit dans d'autres
domaines touchant au plus profond au plus fragile et au plus mystérieux
de nos existences.
L' état
limite de conscience
Des personnes sont plongées
dans un état limite de conscience proche de la mort sous
l'effet d'un produit hallucinogène ou par des phénomènes
extatiques. Certains spécialistes pensent d'ailleurs que
les near death experiences (NDE), visions extatiques relatées
par des sujets ayant frôlé la mort, pourraient être
provoquées par la libération, dans le cerveau, d'une
grande quantité de glutamate, hypothèse contreversée.
L
Le Channeling
Depuis les années soixante, des
magnétophones ont enregistré les voix de personnes mortes. Le
phénomène a été découvert par Jurgenson et Raudive et est devenu
depuis une sorte de culte. Cependant, tout ce que l'on peut dire,
dans l'état actuel de nos connaissances, c'est que quelle que
soit la source de ces voix, elles n'ajoutent rien à ce que nous
savons de la vie après la mort.
Mythologie et tradition
La mythologie témoigne de la conviction
partagée par de nombreux peuples que le monde visible est doublé
d'un autre monde et qu'un ordre caché préside à ce qui ici-bas
n'apparaît que comme chaos. La volonté d'accéder à cet ordre ou
de convoquer ses émissaires et d'assurer aux défunts les meilleurs
voyage et séjour dans cet au-delà ont provoqué le développement
de techniques rituelles de contact dont le succès, fondé sur une
expérience hallucinatoire, a renforcé la conviction partagée que
« la vérité est ailleurs ».es passeurs modernes
A côté de ces récits mythiques
porteurs d'un savoir sur les contacts avec l'au-delà, il existe
dans la tradition occidentale des techniques expressément utilisées
pour évoquer les habitants de l'au-delà. Les spirites modernes
ont pour ancêtres les théurges hellénistiques qui, à côté de ceux
qui discouraient sur les dieux (les théologiens), prétendaient
agir sur eux. La théurgie se fonde sur la conviction que la transe
médiumnique correspond à un état de possession par une divinité
; on recourt à la transe mais aussi aux tables tournantes et même
aux chèvres parlantes, comme l'atteste l'écrivain latin chrétien
Tertullien au IIe siècle. L'Eglise à, condamné à
maintes reprises les théurges. Cependant ces pratiques ont traversé
les siècles et sont réapparues de façon plus visible avec la sorcellerie
et, au XIXe siècle, lors de la laïcisation croissante de la société
occidentale.