Jürgenson

L'une des premières observations, qui remonte au mois de juin
1959, eut lieu dans un bois près de Stockholm : pour la bande-son
d'un de ses films, le metteur en scène suédois F. Jiirgenson
avait enregistré le chant des oiseaux. Imaginez un instant sa
surprise lorsqu'on réécoutant la bande il s'aperçut qu'outre
le gazouillis des oiseaux, elle contenait également des chuchotements
et des sons qu'il n'avait absolument pas entendus. Jûrgenson
était non seulement un réalisateur réputé et un chanteur célèbre,
mais aussi un puissant médium habitué à ce genre d'épisodes
inexplicables. En 1957, lors d'un enregistrement avec un pianiste,
il avait déjà constaté une série d'incompréhensibles baisses
de volume sur une bande qui n'avait pourtant subi aucune coupure
et s'avérait sans le moindre défaut. Après cette curieuse aventure
dans la forêt, il ne laissa pas échapper l'occasion de se livrer
à de nouvelles expériences : la bande commença à révéler d'étranges
voix qui affirmaient appartenir à des êtres humains décédés.
L'une d'elles, qui se détachait nettement des autres, se définit
comme l'esprit-guide de Jûrgenson lui-même, et lui donna quelques
conseils à propos de sa vie privée et de la poursuite de ses
expérimentations. Il convient de préciser que les voix enregistrées
parlaient en différentes langues et s'avéraient identiques à
celles de personnages célèbres et de défunts connus du chercheur.
Raymond Bayles et von Szalay
Les chercheurs américains Raymond Bayles et Von Szalay réalisèrent
ensuite des expériences analogues. Ils utilisèrent au début
un micro placé à l'extrémité d'un cornet médiumnique, lui-même
enfermé à l'intérieur d'une boîte en carton garantissant une
bonne isolation acoustique. Là encore, le magnétophone enregistra
des sons que les personnes présentes n'avaient pas entendus.
Le phénomène revêtait une telle ampleur qu'il suscita l'intérêt
d'un grand nombre de spécialistes, de parapsychologues et
de savants qui s'efforcèrent de l'expliquer, chacun suivant
son propre courant de pensée.
Pour Jurgenson et von Szalay, il s'agissait de véritables
messages en provenance de l'au-delà. Le fait que beaucoup
d'enregistrements contiennent des précognitions ou bien des
informations sur des événements et des épisodes inconnus des
participants tendrait à confirmer cette hypothèse, par ailleurs
réfutée pour la raison suivante : les voix s'expriment souvent
dans un langage non seulement hermétique et difficile à décoder,
mais dont le déchiffrage nécessite aussi une bonne dose d'imagination.
Les séances de spiritisme les plus classiques ne donnent néanmoins
pas lieu à ces manifestations.