En 1964, la vraie vie de Rosemary
Brown commence : plusieurs musiciens célèbres la « contactent
». Elle transcrit l'essentiel de leurs symphonies inachevées
et cherche à faire partager ses convictions sur la survie
après la mort. Les morceaux qui lui sont transmis ne sont
pas de simples ébauches. Ce sont de vraies compositions, le
plus souvent pour piano. Parfois, il s'agit d'œuvres plus
vastes, prévues pour être interprétées par un orchestre au
complet. Rosemary Brown n'a aucun doute : la musique est déjà
composée quand elle lui est dictée. Les musiciens veillent
seulement sur sa transcription.
Ce qui donne lieu à d'étonnants dialogues. Une chose surprend
toujours les témoins deces dictées : la vitesse à laquelle
Rosemary Brown écrit cette musique. Une autre chose déroute
les spécialistes : la qualité musicale des partitions enregistrées,
qui dépasse infi niment ce que pourrait produire un musicien
ordinaire. Et Rosemary Brown n'est pas musicienne !

C'est
une femme entre deux âges, de condition plutôt modeste, qui
ne possède que des rudiments de culture musicale. Elle est
la première à reconnaître que les œuvres qui lui sont dictées
dépassent largement son talent musical personnel. Rosemary
Brown se considère avant tout comme la « main » et comme l'amie
de ces compositeurs...
Ces œuvres sont-elles vraiment celles de Liszt, de Chopin,
de Brahms ou de Beetho ven ? Il est difficile, de toute façon,
de prou ver quoi que ce soit dans ce domaine... Pour tant,
la réaction des spécialistes est étonnante. Ainsi, le pianiste
Hephzibah Menuhin considère les manuscrits de Rosemary Brown
avec un « immense respect », car « chaque morceau a le style
distinct du compositeur ». Léonard Bemstein, de son côté,
a déjà été en contact avec Rosemary Brown. Lui aussi a été
très impressionné, à la fois par la sincérité du médium et
par la qualité de la musique reçue de l'au-delà.
Si ces musiques ne sont pas le fait des grands compositeurs,
d'où viennent-elles ? Certainement pas de l'esprit - conscient
- des médiums, car Rosemary Brown est bien incapable d'écrire
autant de partitions en aussi peu de temps et avec une telle
sûreté ! Alors, créations venues de l'au-delà ou talent propre
à chaque médium ? La question reste ouverte et nous n'en connaîtrons
peut-être jamais la réponse. Pour certains chercheurs spécialisés
dans le paranormal, il est possible que l'art automatique
ne soit que l'expression d'une face cachée de la person nalité
du médium, qui exprimerait sa sensibilité refoulée. Ce n'est
qu'une hypothèse...
Rosemary Brown, qui compte de nom breux fidèles dans les
cercles spirites et de nombreux amis en dehors, n'est cependant
pas la seule à recevoir de telles communications musicales.
Le pianiste de concert John Lill croit également recevoir
une inspiration de l'au-delà, notamment quand il joue sur
scène. Le lauréat du prestigieux prix Tchaïkovski de piano
a pourtant eu des difficultés à faire carrière ; on l'a vu,
à ses débuts, frapper sur des pianos de bar, dans l'East End
londonien !
Certains chercheurs pensent que ces musiques pourraient faire
partie d'une sorte de « connaissance universelle » de l'humanité,
dont quelques rares esprits auraient la clé, grâce à leur
sensibilité autant que grâce à leurs talents de médiums.